Dominique-Claude Barberie, marquis de Saint-Contest et de La Châteigneraie, est né en 1668 et mort le , est un diplomate et un homme d'État français.

Biographie

Intendant dans l'Est

Issu d’une ancienne famille normande qui avait contribué à maintenir la ville de Caen dans l’escarcelle de Louis XIII, en 1620, Dominique-Claude Barberie entra dans la magistrature dès 1687, en devenant conseiller au Châtelet de Paris. Conseiller au Parlement deux ans plus tard, il obtint la charge anoblissante de maître des requêtes ordinaire de l’Hôtel-de-Ville en 1696.

Dès lors, intendant de Metz et des Trois-évêchés (1700), intendant de l’armée de Moselle (1705) puis de celle d’Allemagne (1708), il travailla avec les maréchaux de Villars et de Bezons.

Il participa en septembre 1714, au Congrès de Bade ou premier congrès de Rastadt où il était second plénipotentiaireVoir le tableau représentant cette réunion par Johann Rudolph Hubert Le Vieux (Versailles, musée National du château.. Il profitait ainsi du refus de La Houssaye, alors intendant de Strasbourg, à qui on avait primitivement proposé le poste. Ce dernier avait très habilement évité un conflit de préséance avec le comte du Luc, premier plénipotentiaireComme le raconte le duc de Saint-Simon, dans ses Mémoires (1714, t. 11, chap. 7), le maréchal de Villars, également ambassadeur extraordinaire, n’arriva que pour la signature du traité, accompagné du prince Eugène de Savoie. Seul Saint-Contest et le comte du Luc menèrent les négociations : « Le mercredi 16 mai, jour du convoi de M. le duc de Berry, le roi quitta ce funeste Marly et retourna à Versailles. En même temps, le prince Eugène manda au maréchal de Villars que le comte de Goëz et le baron Seylern, plénipotentiaires de l’empereur avec lui à Bade, s’y acheminaient, et qu’ils avaient les pouvoirs de l’Empire pour ce qui le concernait. On fit partir aussitôt Saint-Contest, et Villars, qui ne tarda pas à le suivre, se mesura sur l’arrivée du prince Eugène à Bade. »..

Même Saint-Simon, pourtant très critique envers les intendants, reconnaissait sa compétence.

Au Conseil de la guerre À l'avènement de la polysynodie (), le Régent le nomma au Conseil de la guerre. Il y était chargé des fournitures, de l'entretien des troupes et des étapes. Il passait un grand nombre de marchés.

Avec des membres du Conseil de finances (Baudry, Gaumont, Rouillé du Coudray, Lefèvre d'Ormesson, Le Peletier de La Houssaye, Fagon), du Conseil du dedans (Roujault), et Le Blanc, Barberie de Saint-Contest est un des organisateurs de l'opération du visa de -, qui consiste à vérifier les dettes de l'Etat, dans le but avoué de les réduire.

Mais il quitta le Conseil de la guerre rapidement, en , parce qu'il était nommé conseiller d'Etat semestre, en remplacement de d’Aguesseau. Au Conseil de la guerre, Le Blanc hérita de ses attributions, ce qui en fit le conseiller le plus puissant.

Au Conseil d'État C’est surtout dans l’affaire des princes légitimés de France que Saint-Contest forgea sa réputation. Il gagna ainsi la confiance du Régent grâce à son habileté et sa prudence. Ainsi, le fut-il chargé de lire en plein conseil ministériel les conclusions favorables aux princes légitimés (Duc du Maine et Comte de Toulouse) mais qui furent néanmoins privés de succession à la couronne. Par la suite, il prit part à la notification du duc Léopold comme altesse royale, à l’issue de négociations entamées dès 1716 entre la France et la Lorraine et qui débouchèrent sur le traité du .

Nommé conseiller au conseil du commerce le , puis plénipotentiaire auprès des États généraux des Provinces-Unies (avec le comte de Morville), Dominique-Claude Barberie fut envoyé par le comte de Rottenburg comme ambassadeur extraordinaire au congrès de Cambrai, où, selon Saint-Simon, « il y eut plus à faire pour les cuisiniers que pour les maîtres » (aucune décision ne fut prise)duc de Saint-Simon, Mémoires, 1720, Tome 18, chapitre 4..

Désormais conseiller d’État ordinaire (1724), il entra au sein du conseil après la clôture du congrès.

Mariage et descendance Dominique-Claude Barberie épousera, le , Anne-Françoise Le Maître de Bellejame, « de cette ancienne et illustre magistrature de Paris, et sœur de la mère d’OrmessonÉléonore Le Maistre (1653-1681), mère d’Henri-François Lefevre d’Ormesson (1681-1756). et de la femme du procureur général sur lequel Saint-Contest porta aussitôt ses désirs »duc de Saint-Simon,Mémoires, 1717, Tome 14, chapitre 8... Ils eurent deux fils : Henri-Louis Barberie de Saint-Contest, conseiller au parlement de Paris, intendant à Limoges en 1743Les Intendants de Limoges. puis en Champagne (23 nov. 1650-1764). François-Dominique Barberie de Saint-Contest, intendant et diplomate officiera comme secrétaire d’État aux affaires étrangères.

Monsieur de Saint-Contest avait été (comme son fils François-Dominique), membre du Club de l'Entresol, fondé par l’abbé Alary, où l’on discutait politique et économie[René-Louis de Voyer Argenson], Mémoires du marquis Argenson, publiées par Baudouin frères, Paris, 1825'p. 250..

Portrait de Dominique-Claude Barberie de Saint-Contest par Hyacinthe Rigaud On sait que le portrait de Dominique-Claude Barberie de Saint-Contest fut peint par Hyacinthe Rigaud en 1699 contre 140 livres ; somme correspondant à un buste à cette époqueJ. Roman, Le livre de raison du peintre Hyacinthe Rigaud, Paris, 1919, 70, 74, 75, 76.. Quatre copies en furent réalisées la même année pour un total de pour 280 livresRoman, 1919, op. cit.. dont deux furent commandées par le modèle« Pour deux copies de monsieur de Saint-Contais » par Mélingue pour 28 livres. Roman, 1919, op. cit... On sait également que c’est l’aide d’atelier, Andrien Le Prieur, qui en réalisa le vêtement« Celuy [l’habit] de Mr de St Contais » par Prieur pour 2 livres. Roman, 1919, op. cit...

Saint-Contest reviendra chez l’artiste en 1706 pour un second portrait, payé 150 livresRoman, 1919, op. cit., 122., dont deux copies seront réalisées : l’une la même année par DelaunayRoman, 1919, op. cit., 125, 128 : Une de « M. de Saint-Contay » pour 75 livres ; « Mr de St Conté » par Delaunay pour 14 livres., l’autre deux ans plus tard par le même apprentiRoman, 1919, op. cit., 142 : « Mr de Saint Contest » par Delaunay pour 14 livres..

Notes

Voir aussi Bibliographie

Joseph Fr. Michaud, Louis Gabriel Michaud, Biographie universelle, ancienne et moderne, ou Histoire, par ordre alphabétique, de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes, […], Paris, 1825, t. 38, 534-536 Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes… / publiée sous la direction de M. Michaud, Paris, tome 37, 265-266

Articles connexes Catalogue des œuvres de Hyacinthe Rigaud Conseil de la guerre Claude Louis Hector de Villars Antoine V de Gramont Jacques François de Chastenet de Puységur François Le Danois de Joffreville Charles Armand de Gontaut Biron Charles Eugène de Lévis-Charlus François de Reynold Armand de Mormès de Saint-Hilaire Claude François Bidal d'Asfeld Claude Le Blanc François de Franquetot de Coigny

Liens externes

Généalogie des Barberie

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