Safran est un voilier monocoque de course au large appartenant à la classe des IMOCA, mis à l'eau en 2007. Premier né de la collaboration entre le cabinet d'architectes VPLP, spécialiste du multicoque, et Guillaume Verdier, et bénéficiant du soutien technique et financier du groupe Safran, ce marque une évolution importante dans la construction de ce type de voilier, en alliant légèreté et puissance, avec une carène aux bouchains très vifs et aux formes pleines à l'avant, ainsi que des dérives courbes portantes. Il est depuis considéré comme l'un des voiliers références du circuit IMOCA.

À son bord, le skipper Marc Guillemot a notamment remporté la Transat Jacques-Vabre 2009 et le championnat du monde IMOCA la même année. Dans le Vendée Globe, après une troisième place en 2008-2009, Safran perd sa quille en titane cinq heures après le départ de l'édition 2012. Après une dernière troisième place dans la Route du Rhum 2014, le est repris par Yann Eliès, sous les couleurs de Groupe Quéguiner – Leucémie Espoir. Toujours très performant dix ans après sa conception, il se classe troisième de la Transat Jacques-Vabre 2015.

Le Lanic Sport Team d'Alain Gautier rachète le voilier en 2017. Barré par Isabelle Joschke, il prend les couleurs de Generali. En 2018, le Lanic Sport Team et Joschke changent de sponsor. Le bateau s'appelle Monin. En 2019, un deuxième sponsor devient partenaire principal. Le bateau s'appelle désormais MACSF. Sa structure est renforcée. Il est équipé de foils et d'un mât-aile.

Conception et caractéristiques vignette|gauche|alt=un bateau de course dans un port.|Safran à La Trinité-sur-Mer en 2008. Le bouchain très vif et les dérives courbes portantes sont nettement visibles. Au début des années 2000, l'architecte Guillaume Verdier, ancien du cabinet Finot-Conq, commence à travailler à un projet de IMOCA avec Vincent Lauriot-Prévost, du cabinet VPLP, concepteur reconnu de nombreux multicoques.. Après des projets pour Jean Maurel et Alex Thomson, Verdier et VPLP sont approchés par Marc Guillemot en 2005 et le projet est validé par le groupe Safran en .. La gestion de projet et la conception du gréement et du plan de pont sont confiées à VPLP et Safran, tandis que Guillaume Verdier s'attache à concevoir la carène, les appendices (safrans, quille et dérives) et la structure.

La conception du a nécessité un total de heures de recherches, de développement et d'études.. Elle est axée sur deux principes forts : légèreté et puissance. , confie Vincent Lauriot-Prévost. Trois carènes ont été testées dans des bassins à Southampton. La carène retenue tranche radicalement avec les plans précédemment dessinés par Finot-Conq, alors considéré comme la référence absolue, Marc Lombard, Bruce Farr ou Owen Clarke Design. C'est des planches à dessin de ce dernier cabinet qu'est sorti Ecover 2, le que Verdier et Lauriot-Prévost considèrent comme le plus performant, performances qui serviront de référence aux architectes français.. Ainsi, pour une puissance théorique identique, les architectes ont dessiné une coque plus étroite donc moins lourde et, grâce au bouchain très marqué, créant moins de surface mouillée. Cette surface mouillée, qui réduit la vitesse du bateau, est minime à un angle de gîte de 25°, bien supérieur au 15° des autres IMOCA. Avec un tel angle de gîte, le voile de la quille crée de la portance qui sustente le voilier, réduisant encore sa surface mouillée. Verdier augmente cet effet de portance en donnant 5° de « tilt » à la quille, en décalant de 5° l'axe de rotation de la quille par rapport à l'axe de flottaison du bateau.. Enfin, les dérives courbes, inspirées de celles des trimarans ORMA, jouent également un rôle de sustentation tout en permettant de gagner de la place à l'intérieur.

Le plan de formes de Safran est considéré très performant et a servi de référence pour les autres unités de la classe IMOCA dessinées par les architectes navals Marc Van Peteghem, Vincent Lauriost-Prévost et Guillaume Verdier...

vignette|alt=le cockpit d'un voilier de course|Toutes les manœuvres traversent le rouf dans un tunnel et reviennent au centre du cockpit, où les cinq winches sont centrés, pour un meilleur équilibre du bateau. Bien qu'issu de la filière du multicoque, où les mâts-ailes sont généralisés, Marc Guillemot fait le choix d'un mât classique, à trois étages de barres de flèche. Vincent Lauriot-Prévost recule le mât d'environ un mètre, permettant de rapprocher les poids autour du centre de carène. Dans le même esprit, toutes les manœuvres traversent le rouf dans un tunnel et reviennent au centre du cockpit, où les cinq winches sont centrés, pour un meilleur équilibre du bateau. Protégé par la casquette du rouf et le rail d'écoute de grand-voile, le skipper a à portée de main l'ensemble des manœuvres nécessaires à la bonne marche du voilier..

La structure interne compte quatorze cloisons, quand les autres 60 pieds n'en ont souvent que cinq ou six, ce qui permet de réduire l'échantillonnage, c'est-à-dire l'épaisseur des bordés, donc leur poids. Le fond est constitué de trois ballasts : à l'avant, au centre et à l'arrière. La cabine est très dépouillée. Les instruments sont fixés sur un simple panneau vertical.. vignette|gauche|alt=la plage arrière d'un voilier|La plage arrière de Safran est dessinée en « dos d'âne » pour abaisser le centre de gravité et faciliter le matossage des voiles.

D'un coût de d'euros.., la construction commence en au chantier naval de Larros à Gujan-Mestras, en Gironde, dirigé par Thierry Eluère, pour une livraison prévue fin .. Le chantier arcachonais est choisi face à CDK Technologies, JMV Industries ou Multiplast car Eluère s'engage à ne construire aucun autre voilier pour se consacrer uniquement à celle de Safran. Le groupe Safran s'implique également dans la construction, en fournissant des matériaux comme le carbone et en concevant et réalisant le voile de quille en lames de carbone dans les ateliers de Profil Composites puis usinée par Aircelle. Au bout du voile de quille d'à peine se trouve un bulbe de , pour un déplacement total du voilier de . La solidité de l'ensemble a été vérifiée par les équipes de Snecma Propulsion Solide.. Le voilier est finalement mis à l'eau le , après de construction.

En 2011, la quille d'origine est remplacée par une quille en titane, conçue par Guillaume Verdier.. Voyant le comme une vitrine de son savoir-faire, le groupe Safran la réalise lui-même à partir d'un lingot aéronautique provenant sa filiale Messier-Bugatti-Dowty.. Pour Verdier, . De fait, le voile de quille est également plus fin et génère donc moins de trainée, ralentissant la marche du voilier.. Cette quille, conçue pour des raisons de fiabilité et de solidité et qui fait la fierté du projet, cède pourtant 55 milles après le départ du Vendée Globe 2012-2013.. Après avoir envisagé un choc avec un OFNI, Guillaume Verdier et Gérard Lepage, président du Safran Sailing Team, annoncent que la rupture est due à la conjonction de plusieurs facteurs, notamment à une fatigue au niveau de la soudure entre la tête et le voile.

Historique 2007-2014 : Safran – Marc Guillemot alt=un voilier à contre-jour|vignette|gauche|Safran à l'entraînement en août 2007. Après sa mise à l'eau le , Safran est baptisé au Havre le ; dans la foulée, Marc Guillemot et Charles Caudrelier rallient La Trinité-sur-Mer, ce qui les qualifie pour la Transat Jacques-Vabre 2007.. Il participe alors à plusieurs sessions d'entraînement à Port-la-Forêt avec Brit Air (Armel Le Cléac'h), Foncia (Michel Desjoyeaux), Generali (Yann Eliès) et Roxy (Samantha Davies.. Pour leur première course, Marc Guillemot et Charles Caudrelier remportent le prologue de la Transat Jacques-Vabre, au cours duquel la puissance de Safran lui permet de revenir de l'avant-dernière à la première place de la flotte de seize monocoques.. Safran s'empare de la tête à Ouessant mais la perd sept jours plus tard au sud des Canaries en raison d'un empannage raté, avec la chute du spi sous le bateau. Fragilisé, celui-ci explose quelques jours plus tard.. Arrivé finalement deuxième à Salvador de Bahia, 54 minutes après Michel Desjoyeaux, Guillemot se montre très satisfait de Safran, de sa vitesse et de sa qualité de construction.. Il prend le départ de la Transat B to B, qui ramène la flotte en France. Au contact avec le leader Loïck Peyron sur Gitana Eighty après le passage du Pot-au-Noir, Guillemot est victime d'une rupture du vérin de la quille pendulaire et arrive en cinquième position, après le Baulois..

À l'issue de la transat, Safran passe les trois premiers mois de l'année 2008 en chantier, pour réparer la quille et son vérin et fiabiliser le avant la Transat anglaise 2008.. Fin avril, Guillemot participe en équipage au grand prix Petit Navire à Douarnenez, . Avec un nouveau jeu de voile, Safran termine troisième, derrière Gitana Eighty et Foncia. Avant le départ de la Transat anglaise, Safran est équipé d'une caméra thermique développée par Sagem pour détecter les objets flottants non identifiés et notamment les growlers, des morceaux de glace détachés d'un iceberg.. Au départ de Plymouth, Marc Guillemot double le phare d'Eddystone, première marque de parcours, en deuxième position, trois minutes après Loïck Peyron. La nuit suivante, Safran est pris dans un grain et chavire. Marc Guillemot se blesse aux côtes dans la manœuvre mais, après avoir actionné la quille pendulaire et pris des calmants., il reprend la course après avoir concédé une vingtaine de milles. Il fait l'essentiel de la traversée en tête du peloton, sur une trajectoire très au sud par rapport au groupe des six puis trois leaders, en raison des abandons de Michel Desjoyeaux, Sébastien Josse et Vincent Riou, et arrive en quatrième position à Boston..

vignette|alt=Portrait de Marc Guillemot|Marc Guillemot, skipper de Safran de 2007 à 2014.