Pierre de Vic, connu comme lo monge do Montodon (le moine de Montaudon en occitan), est un troubadour auvergnat né vers 1143 au Castelvielh de Vic-en-Carladès et décédé vers 1210 au Prieuré Saint-Pierre de Belloc à Vinça.
Appartenant à la famille du seigneur de Vic, il fait des études à l'abbaye d'Aurillac où il prend l'habit bénédictin. Il voyage beaucoup et chante ses vers à la cour d'Alphonse de Barcelone, roi d'Aragon (1162-1196), devenu en 1166 vicomte de Carlat, à celle de Louis VII (1137-1180) et d'Adèle de Champagne, ainsi qu'à celle de Richard Cœur de Lion, duc d'Aquitaine (1189-1199).
Il fut seigneur de la Cour de l'Épervier et mourut vers 1210 au prieuré Saint-Pierre de Belloc, alors en Catalogne.
Biographie On le connaît un peu par l'évocation qu'il fait lestement de lui-même, dans le seizième portrait que, comme avant lui Peire Alvernha, il donne d'autres troubadours: Avec le seizième, on en aura assez,Le faux moine de Montaudon Qui se dispute et se querelle avec tousil a abandonné Dieu pour du lardEt pour avoir fait un jour vers et cansos, On devrait rapidement le pendre à tous vents.
Il avait en effet avait demandé et obtenu de l'abbé d'Aurillac le prieuré de « Montaudon » (correspondant peut-être Montauban, à Monsempron ou à un lieu-dit Montaudou (Mons Odonis) sur la commune de Ceyrat, au sud-est de Clermont). Il devint si populaire auprès de la noblesse locale qu'il fut appelé à quitter son monastère pour la servir, recevant en retour honneurs et présents. Il améliora ainsi considérablement la situation de son prieuré. Selon sa vida, il fut relevé de sa vocation monastique par son abbé pour suivre Alphonse II d'Aragon, dont le vicomte de Carlat et seigneur de Vic était le vassal. Mais il est possible qu'il ait simplement abandonné l'état ecclésiastique. Les indices contenus dans ses poèmes suggèrent de vastes pérégrinations — vers le Périgord, le Languedoc et la Catalogne — ainsi que le mécénat du Dauphin d'Auvergne et de Maria de Ventadorn.
À la cour d'Alphonse, selon sa vida, il mangeait de la viande, courtisait les femmes et composait chansons et poèmes. En récompense, il fut nommé seigneur de la société poétique du Puy Sainta Maria (Puy-Sainte-Marie) au Puy-en-Velay (Podium Aniciense) et reçut un épervier, prix décerné par la société pour une poésie d'excellence. Selon sa vida, il conserva la « suzeraineté » de la « cour du Puy » jusqu'à sa dissolution.
Par la suite, il se rendit en Roussillon, où il devint prieur du prieuré bénédictin de Saint-Pierre-de-Belloch, bien que cet établissement ne dépendît pas d'Aurillac, contrairement à ce qu'affirme sa vida. On dit qu'il enrichit le prieuré et l'améliora avant d'y finir ses joursCamille Chabaneau Les biographies des troubadours en langue provençale.
Un siècle après sa mort, c'est en Italie, où la poésie lyrique est toujours à la mode, que Francesco da Barberino rend hommage au moine de Montaudon, le citant plusieurs fois dans son œuvre: Dicit namque monachus de Montalto provincialis, magis te sequor, Amorem…
Œuvres On a conservé de lui dix-neuf poésies : des cansós, des enueg, des tensós, un sirventès, un plazer et une cobla.
Un enueg et une cansó sont notés avec la mélodie.
Voir aussi Bibliographie François Raynouard, Choix des poésies originales des troubadours, contenant les biographies des troubadours et leurs poésies imprimées, Paris, Firmin-Didot, 1820, volume V, p. 263. Duc de La Salle de Rochemaure Les troubadours cantaliens Chapitre Lo môges de Motaudon, page 247 et suivantes Jean-Lucien Gandois, Le troubadour Pierre de Vic, 2003, Académie des sciences, belles-lettres et arts de Clermont-Ferrand. (thèse de l'auteur en 1942)
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