Dundee (Dùn Dèagh en gaélique écossais) est la quatrième plus grande ville d'Écosse.
Son histoire commence avec les Pictes à l'Âge du fer. Pendant la période médiévale, la ville fut le théâtre de nombreuses batailles. Durant la révolution industrielle, l'industrie locale du jute permit à la ville de prendre un essor rapide. L'industrie de la marmelade de Dundee et le journalisme permirent également à Dundee de gagner en importance, et est à l'origine de son surnom de « 3 J » (jute, jam and journalism).
Origines et étymologie
Des recherches archéologiques ont trouvé des sépultures au centre de la ville de Dundee, ce qui suggère que l'endroit a été occupé il y a 3500 ans. À l'Âge du fer, une colonie Picte était installée sur le site de Dundee. Enfin, des poteries romaines laissent à penser que les Romains y avaient établi un poste d'observation au .
Le nom que les pictes utilisaient pour leur colonie était Alec-tum, ce qui signifie « bel endroit » Hector Boece, History of the Scottish People, 1527. ; d'après William Camden, ce nom était encore utilisé par certains jusqu'en 1607. Guillaume d’Écosse accorda à la ville le statut de burgh par une charte royale en 1191 John Bartholomew, Gazetteer of the British Isles, 1887.. L'étymologie populaire veut que David d'Huntingdon, frère de Guillaume, ait nommé la ville Donum Dei (Don de Dieu) en réchappant de peu à la mort lors de son retour des croisades. Le nom vient en réalité du gaélique écossais Dùn Dèagh, signifiant « Fort de Feu »; Dun est un préfixe courant dans les noms de lieux écossais, par exemple Dunfermline et Dunkeld.
Dundee fut détenue par les Anglais pendant de nombreuses années, et soutint un siège de William Wallace Alexander Maxwell, The History of Old Dundee, narrated out of the town council register, Dundee, William Kidd Printer, 1884. Basé sur les registres de la ville, commençant le 2 octobre 1553. Partie manquante de juillet 1570 à septembre 1579, et une autre d'octobre 1582 à mars 1587.. La ville se rendit plus tard à Alexander Scrymgeour, qui reçut du gardien d'Écosse la charge héréditaire de connétable de Dundee, ainsi que des terres. La charte confirmant les droits des Scrymgeour est datée de 1298, et il s'agit de la seule ordonnance de William Wallace encore existante.
En 1309, une réunion du clergé eut lieu à l'église des franciscains, où une déclaration fut faite en faveur des prétentions de Robert Bruce sur le trône d'Écosse. En 1325, les privilèges (i.e. droits) des bourgeois n'étaient pas clairement définis puisque les chartes avaient été détruites. Robert Bruce, devenu roi, envoya des enquêteurs à Dundee pour établir ce qu'il en était exactement au temps du roi Alexandre III d'Écosse. Une nouvelle charte fut établie en 1327, confirmant les droits revendiqués par les bourgeois, et accordant également un commerce sans restriction.
En 1346, le roi David II envahit l'Angleterre mais fut défait et capturé à la bataille de Neville's Cross. Lorsque les ambassadeurs furent envoyés pour négocier, le seau du bourgh fut apposé, et à la libération de David II la ville entreprit de payer une partie de la rançon. En l'absence du roi, un conseil fut tenu à Dundee, où un traité commercial fut ratifié entre les marchands d'Écosse et la ville de Middleburgh en Hollande. En 1351, le parlement se réunit pour la première fois dans le bourgh. En revenant au pouvoir, David accorda une nouvelle charte à la ville, confirmant et étendant les privilèges de ses bourgeois.
En 1402, David Stuart, héritier du trône d'Écosse, décéda prisonnier de son oncle Robert Stuart. Le père de David, le roi Robert III d'Écosse, dota l'église paroissiale Saint Sauveur de Dundee de 100 shillings annuellement, qui devaient être utilisés pour "le bien de l'âme de notre premier-né David". Avec la mort du prince, son geôlier Robert Stuart retrouva sa charge de régent du royaume et, dans l'exercice de cette fonction, fut appelé à arbitrer sur une revendication de Perth contre Dundee, exigeant qu'aucun "bateau dans les eaux du Tay ne décharge sa cargaison avant d'arriver à Perth"; il fut décidé que les bateaux naviguant sur le Tay pouvaient jeter l'ancre à Dundee.
Jacques, frère du défunt David, fut envoyé en 1405 à la cour de France, mais son navire fut capturé par les Anglais. Son oncle Robert Stuart, alors régent, ne manifesta pas d'impatience à payer la rançon et Jacques fut détenu prisonnier pendant 19 ans (ce qui lui permit de recevoir une bonne éducation au château de Windsor et de développer son talent poétique au contact des lettrés Anglais). Finalement, après la mort de Robert Stuart, les villes d'Édimbourg, Perth, Dundee et Aberdeen se partagèrent la charge de la rançon de marcs anglais. À Durham, sur son voyage de retour, Jacques accorda à ces quatre villes une obligation (i.e. titre de créance considérant leur participation comme un emprunt de la couronne).
Lorsque le Comte d'Huntingdon fonda à Dundee l'église en l'honneur de Sainte Marie, il la plaça sous l'autorité de l'abbaye de Lindores, ce qui donna à sa fraternité accès à la dot en l'échange du maintien d'un vicaire. Les moines négligeant leurs obligations, une plainte fut déposée à l'évêque de Brechin et la discorde dura de nombreuses années. En 1442, un contrat fut fait entre le conseil, représentant les plaignants, et l'abbé John : le conseil obtint la charge de la propriété de l'égliseLe conseil obtint la charge de l'entretien "du chœur de l'église, de ses murs, piliers, fenêtres, vitraux, bois et toit, ainsi que des calices, livres, tissus et autres ornements"., et un inventaire fut ordonné par le prévôt Henry de Fothringame. En 1461, un appel aux dons fut lancé pour financer le coût du plomb sur le chœur; les donataires recevaient le droit à une concession funéraire pour eux-mêmes et leurs épouses. Une fois le chœur couvert de plomb, les dons furent dirigées vers d'autres tâches.
En 1447, le commerce maritime de la ville était devenu important mais le port était en mauvais état et présentait des risques pour les manœuvres. Jacques II d'Écosse accorda à la ville le droit de faire des prélèvements sur les bateaux et leurs cargaisons afin de financer les travaux sur le port; les bourgeois furent également exonérés de certains paiements.
Architecture et environs
Au , la population ne dépassait pas âmes, et les maisons étaient essentiellement concentrées autour du port. La ville consistait alors en quatre rues, convergeant vers le Market Gait; des allées joignaient ces rues et d'autres allaient au port. Les maisons étaient construites en pierre, la plupart d'allure modeste tandis que celles des notables se montraient plus imposantes et diverses dans leur architecture : on y trouvait des pignons à gradins, caractéristique de l'architecture écossaise, ainsi que des manteaux de cheminée sculptés, des portes en plein cintre, et des murs couverts de lambris. Avant la réforme écossaise, on trouvait à Dundee de nombreux édifices ecclésiastiques : le monastère des franciscains, celui des dominicains, la demeure des trinitaires, et également un couvent. Dundee comptait un nombre considérable de petites chapelles, ainsi que plusieurs églises : Saint Paul, Saint Clément, et la principale dédiée à Sainte Marie. De nombreuses demeures se trouvaient à proximité de Dundee: Linlathen, qui appartint à Thomas Erskine et où séjourna Thomas Carlyle, Pitkerro, aujourd'hui un quartier de Dundee, le domaine de Duntrune Archives MS 57 de l'Université de Dundee, accédé le 8 novembre 2008. qui fut propriété de Clementina Stirling Graham Chapitre Miss Clementina Stirling Graham dans A Group of Scottish Women, par Harry Graham (1908), Claverhouse, où naquit John Graham qui devint un héros jacobite sous le nom de Bonnie Dundee, le château de Mains, le château de Fowlis Le château de Fowlis par A. H Millar, le Château de Huntly, l'abbaye de Lindores et l'abbaye de Balmerino.
Le Rough Wooing
En 1544, la ville était ravagée par la peste, et George Wishart rendit visite aux habitants pour leur prodiguer réconfort. L'Écosse entra alors dans une période d'hostilité, jusqu'en 1551, appelée Rough Wooing (la rude séduction). La peste faisant toujours rage, Dundee ne put répondre à l'appel de l'armée : ses magistrats furent convoqués en par le régent d'Écosse pour en répondre devant le parlement, et furent excusés. Dundee devint une ville fortifiée en 1545; la seule partie des fortifications à nous être parvenue est le Wishart Arch. En 1547, le duc de Somerset, Lord Protecteur d'Angleterre envoya une puissance armée en Écosse. Les forces écossaises furent défaites à la bataille de Pinkie Cleugh et les Anglais restèrent maître du sud, occupant Édimbourg. La flotte anglaise navigua dans l'embouchure du Tay, où ils bombardèrent le château de Broughty qui se rendit grâce à la traîtrise de Lord Gray, informé du plan des Anglais. En octobre, le conseil de Dundee, « comprenant parfaitement que nos anciens ennemis d'Angleterre, étant en la maison de Broughty, sont prêts à envahir la ville de Dundee, ravageant le pays sans être arrêtés », ordonna la levée d'une armée de quelques centaines d'hommes, fournis à moitié par la ville et à moitié par les barons. Cela ne suffit pas à déloger les Anglais du château, qui fut alors assiégé par une armée considérable, d'abord sous contrôle du régent d'Écosse puis sous le Comte d'Argyll. Ce dernier conclut une trêve avec les Anglais au début de 1548, leur permettant de recevoir des renforts par voie maritime, et se retira en échange d'un pot de vin d'un millier de couronnes perçu par l'intermédiaire de Lord Gray. Les Anglais, renforcés, s'établirent sur une petite colline à 900 pieds du château, où ils construisirent une forteresse. À partir de là, ils purent envoyer 1600 à 1700 lanciers à Dundee, où ils entrèrent sans rencontrer d'opposition, les habitants n'ayant aucune défense. Les nouvelles de l'occupation arrivant à Édimbourg, trois compagnies de Français et d'Allemands furent envoyés au nord pour surprendre les Anglais, qui en réaction démolirent les fortifications qu'ils avaient commencé à ériger pendant les 8 jours de leur occupation de Dundee, pillèrent les maisons, brulèrent la ville, et se retirèrent vers leurs deux forts. Quand les alliés entrèrent dans la ville, ils n'y trouvèrent que quelques femmes et hommes, qui travaillaient dur à éteindre les flammes. En , De Thermes, le commandant Français, et le régent vinrent à la rencontre des Anglais avec une forte armée, et les Anglais finirent par se rendre. Dundee était alors dans un état déplorable et en 1582 ses habitants demandèrent au roi Jacques à être exemptés de la taxe. La majeure partie des archives de la ville furent perdues dans le feu.
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