thumb|Tombe au cimetière du Père-Lachaise. Georges Scapini, né le à Paris (Seine) et mort le à Cannes (Alpes-Maritimes) (correct) (erroné)., est un avocat, une personnalité du monde des anciens combattants et un homme politique français, aveugle depuis une blessure datant de 1915.

Député de droite à partir de 1928, président de 1936 à 1939 du Comité France-Allemagne, il est ensuite nommé par le gouvernement de Vichy à la tête du service diplomatique chargé des prisonniers de guerre français en Allemagne.

Biographie Milieu social et formation Fils de Jean Joseph Laurent Scapini, employé de commerce, et de Gabrielle Joséphine Riabeau, Georges Scapini est issu d'une famille d'origine italienne, actionnaire d'une entreprise établie à Paris puis à Courbevoie en 1905, les établissements Scapini, qui produisent des biscuits milanais et des pâtes à l'italienne , , : la Compagnie française des Ets Scapini, constituée en 1889 (capital : ) a été dissoute en décembre 1892 puis reconstituée en décembre 1898 avec Jean Scapini comme administrateur. Le capital originel de passe à 1,2 million de francs en 1905; 200 actions de mille francs sont attribuées à M. et Scapini en représentation de leur apport. Le siège est transféré à Courbevoie en 1905.. Son père meurt quand Georges n’a que six ans. Il est élevé par sa mère et sa grand-mère. Il suit des études secondaires dans des établissements privés huppés : collège de Normandie, école des Roches octobre-décembre 1929, Sainte-Croix de Neuilly où il obtient son baccalauréat en 1912Annuaire de Sainte-Croix de Neuilly, édition 1982, promotion 1912..

Mariages Après avoir épousé en 1923 Antoinette Bretonneau-Clary, il épouse le à Paris Lucie-Marie Decour , fille du propriétaire du studio de cinéma François , dans la rue du même nomNotice biographique, fonds Georges Scapini. Ses témoins sont le général Gouraud, gouverneur militaire de Paris, et Jean Desbons, également avocat, dirigeant d'une association d'anciens combattants et député depuis 1928]. Ils ont deux enfants.

Première Guerre mondiale et entre-deux-guerres Durant la Première Guerre mondiale, Georges Scapini est mobilisé alors qu'il effectue son service militaire depuis deux ans. Il est affecté au , unité au sein de laquelle il est deux fois blessé. De cette expérience qui le marque profondément dans sa chair (il perd la vue en ), il tire un témoignage paru chez Flammarion en 1929, L'Apprentissage de la nuit. Il porte un monocle noir pour masquer sa blessure à l'œil.

Grand invalide à 100 %, trois fois cité, titulaire de la croix de guerre, de la médaille militaire et de la croix de la Légion d'honneur (1920)Dossier de la Légion d'honneur de G. Scapini dans la base Léonore : Lire en ligne, il préside à partir de 1924 janvier-mars 1924. (Il succède au capitaine Issac) l'Union des aveugles de guerre (UAG), fondée en aveuglesdeguerre.org, FONDATION DES AVEUGLES DE GUERRE . Il préside en les États généraux de la France meurtrie, dont est issue la Confédération des associations d'anciens combattants . Il y demande avec Edmond Bloch l'exclusion des anciens combattants communistes (Lettre de Scapini). L'association qu'il préside revendique lorsqu'il est élu député en 1928 . Il siège alors dans les instances d'associations d'anciens combattants marqués à droite : membre du comité directeur puis vice-président de l'Association des membres de la Légion d'honneur décorés au péril de leur vie Jacques Nobécourt, Le colonel de La Rocque, Fayard, 1996, et membre du conseil d'administration des Croix de feu ; il démissionne des Croix de feu en 1930 puis est réintégré dans l'association qui devient une ligue nationalisteJacques Nobécourt, op. cit., . Comme beaucoup d'anciens combattants françaisAntoine Prost, Les Anciens Combattants et la société française (1914-1939), Paris, Presses de la FNSP, 1977, il tient un discours à la fois patriotique et pacifiste, hostile à l'horreur de la guerreG. Scapini, « Mon plus poignant souvenir de guerre », Le Mutilé de l'Algérie, 5 janvier 1930. Il renonce à présider l'Union des aveugles de guerre en ; il en est alors désigné président d'honneur ], (Il est remplacé par Albert Conan).

Il est commandeur de la Légion d'honneur (1932).

Après s'être mis à l'apprentissage du braille, il poursuit des études supérieures. Licencié en droit, il est avocat à la cour d'appel de Paris à partir de 1920Le Petit Journal, 23 février 1928Le Valentin Haüy, 1929 (compte-rendu de L'apprentissage de la nuit). Il plaide essentiellement des affaires commerciales et civiles.

Candidat de droite indépendant, il est élu en 1928 député de Paris, dans le arrondissement, battant au premier tour un autre , l'ancien député Paul Pugliesi-Conti – investi par la Fédération républicaine et les Jeunesses patriotes –, et au second tour, facilement, un communiste, (Lettre de Scapini), L’Écho de Paris, (Lettre de Pugliesi-Conti) . Il a bénéficié de l'appui de son ancien caporal, le romancier ancien combattant Roland Dorgelès, et du quotidien L'Intransigeant : ils soulignent son passé d'ancien combattant et son handicap qui lui attirent respect et admiration. Il est le premier aveugle à siéger au parlement . Un autre aveugle de guerre, Léon Thébault, plus à gauche, est élu deux ans plus tard.

Il rejoint le groupe des Indépendants et est réélu député en 1932 et 1936, dès le premier tour.

Membre du comité directeur des Jeunesses patriotes dans les années 1930, il participe à de nombreuses réunions de cette ligue, en région parisienne et en provinceL’Écho de Paris, 27 mai 1931, Ibid., 7 mars 1931, Ibid., 26 février 1933, « A Versailles, les JP tiennent une importante réunion sous la présidence de Georges Scapini », Ibid., 3 juin 1933,Ibid., 16 novembre 1933,Ibid., 13 mars 1934, Ibid., 26 mars 1934,Ibid., 16 juillet 1934,Ibid., 28 janvier 1935,Ibid., 5 mars 1935,Ibid., 7 avril 1935,Ibid., 2 juillet 1935Jean Philippet, Le temps des ligues. Pierre Taittinger et les jeunesses patriotes (1919-1944), Institut d'études politiques (IEP) Paris, thèse de doctorat, mars 2000. Proche du Centre de propagande des républicains nationaux dans la première moitié des années 1930L’Écho de Paris, 18 juin 1932, Ibid., 16 mai 1934, ce nationaliste anticommuniste« Chez les Anciens combattants. Ce que dit M. Georges Scapini président des aveugles de guerre », Le Petit Parisien, 26 juillet 1928, « M. Georges Scapini a l'intention de lutter efficacement contre le bolchevisme », L'Echo de Paris, 11 mai 1928, « Un entretien avec Georges Scapini », Excelsior, 4 mai 1928, « Ce que pense du communisme Georges Scapini, député », La Voix du combattant, 27 février 1937 est au début des années 1930 l'un des vice-présidents de la Ligue des patriotes, alors hostile à l'Allemagne et à son réarmementLe Drapeau, décembre 1932. Il n'est pas partisan de la politique de paix d'Aristide Briand, qui selon lui ne tient pas compte des objectifs allemands : L’Écho de Paris, 20 septembre 1930 (Lettre de Scapini) (Il se désolidarise alors d'une affiche cosignée par l'Union des aveugles de guerre sans son accord, affiche qui lui a valu d'être obligé de démissionner des Croix de feu : Jacques Nobécourt, Le colonel de La Rocque, Fayard, 1996, ). Il est alors attentif à la sécurité de la France face à l'Allemagne et au réarmement de ce pays, Ibid., 7 février 1932. Lors d'un meeting des Jeunesses patriotes en 1932, de retour d'un voyage d'études en Allemagne, il souligne que les tentatives de rapprochement initiées par la France ont été perçues outre-Rhin comme des signes de faiblesseL’Écho de Paris, 16 novembre 1932. En prélude à la manifestation du 6 février 1934 à Paris, il participe à la manifestation des Croix de Feu du devant le ministère de l'Intérieur et est légèrement blesséL’Écho de Paris, 6 février 1934. Il participe après la victoire du Front populaire à plusieurs réunions politiques, aux côtés d'autres parlementaires de droiteL’Écho de Paris, 13 octobre 1936, Journal des débats, 7 novembre 1938.

Après l'arrivée au pouvoir d'Hitler en 1933, il se déclare favorable à des discussions entre anciens combattants français et allemands, qui s'offrent comme négociateurs d'un rapprochement entre la France et l'Allemagne nazie, et à des discussions avec HitlerL'Echo de Paris, 18 février 1935, Ibid., 30 janvier 1935, Ibid., 24 janvier 1935, Ibid., 10 février 1935. Il rencontre à Paris le Joachim von Ribbentrop, au domicile de Jean Goy, député et cadre de l'Union nationale des combattants (UNC), aux côtés d'autres anciens combattants comme Jean Desbons. Il est le seul Français à faire une déclaration publique après la réunion, affirmant qu'Hitler a fait des mais que Mein Kampf continue à être publié en Allemagne où Hitler . Scapini déclare être favorable à , , . Il rencontre en Allemagne Hitler et Ribbentrop en , et devient en un des fondateurs du Comité France-Allemagne, qu'il préside entre et sa mise en sommeil en . Il rencontre en Allemagne Rudolf Hess, puis Hitler en , Gilbert Joseph, Fernand de Brinon, l'aristocrate de la collaboration, Paris, A. Michel, 2002, . Il se rend à nouveau à Berlin en avec des dirigeants d'associations d'anciens combattants, à Baden-Baden en juin pour un congrès du comité France-Allemagne , et reçoit Ribbentrop en à Paris. Au lendemain des accords de Munich, il vante les propositions allemandes depuis 1933 et fustige l'opposition française aux révisions des traités qui s'est limitée à des et en tire la conclusion qu'il convient de en l'élargissant à un objectif d', soulignant ses discussions avec Hitler à ce sujet . Il plaide alors pour une entente des nations européennes sur un plan économique depuis plusieurs années, . La LICA le considère en 1939 comme l'un des du Comité France-Allemagne .

En , il rejoint un dissident de gauche, Gaston Bergery, pour dépasser le clivage gauche-droitePhilippe Burrin, La Dérive fasciste : Doriot, Déat, Bergery, 1933-1945, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points. Histoire », 2015 , . Lors d'un meeting avec Bergery fin à Marseille, il souhaite encore vis-à-vis de l'Allemagne une et une initiative pour la reconstruction économique de l'Europe .

De plus en plus pacifiste, Georges Scapini devient en membre du comité de liaison parlementaire pour la défense de la paix, aux côtés de quelques députés de droite, de Bergery et de députés de gauche.

Il est élu en président du groupe transpartisan des députés anciens combattants lorsque le groupe de droite, présidé par Xavier Vallat, et le groupe de gauche, présidé par Camille Planche, décident de fusionner dans le contexte de la Seconde Guerre mondialeLe Temps, 10 février 1940.

L'Occupation et l'après-guerre

En , il vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Il a auparavant signé la motion Bergery, réquisitoire contre les gouvernements républicains et texte qui prône l'établissement en France d'un ordre nouveau autoritaire, national et social et amorce la politique de collaborationLaurent Joly, Xavier Vallat (1891-1972): Du nationalisme chrétien à l'antisémitisme d'État, Grasset, 2001 (L'auteur écrit faussement que Scapini est membre du PSF) .

Le , Pétain demande à Scapini d'intervenir auprès des autorités allemandes . À la demande de l'Allemagne (), Pétain et Pierre Laval renoncent à la protection des prisonniers de guerre français par les États-Unis, puissance neutre prévue par les conventions de Genève, et décident que la France se doit d'assumer elle-même la protection de ses prisonniers. Pétain nomme alors Scapini chef du Service diplomatique des prisonniers de guerre. Il bénéficie du titre de ministre plénipotentiaire (décret du ) puis d’ambassadeur de France (décret du ). Jean Desbons, autre avocat et dirigeant d'association d'anciens combattants, est à la demande de Scapini son directeur de cabinet, jusqu'en 1943. Otto Abetz, que Scapini a rencontré après l'armistice à Paris, a exigé sa nominationGilbert Joseph, Fernand de Brinon, l'aristocrate de la collaboration, Paris, A. Michel, 2002, .