Saint-Pierre-Quiberon est une commune française, située sur la côte Sud du département du Morbihan et de la région Bretagne. Saint-Pierre-Quiberon constitue la partie nord de la presqu'île de Quiberon, la commune de Quiberon occupant la partie sud. Les habitants de Saint-Pierre-Quiberon, au nombre de , s'appellent les Saint-Pierrois.

Séparé de Quiberon dès 1653 à la suite d'un démembrement de la paroisse, Saint-Pierre-Quiberon devient une commune à part entière en 1856, sous le nom de Saint-Pierre, et prend son nom actuel en 1962 (Saint-Pierre-Quiberon était déjà utilisé sur les actes de naissance en 1869).

Saint-Pierre-Quiberon est célèbre pour sa situation sur les bords de la baie de Quiberon qui constitue la partie occidentale de Mor braz, son climat, sa côte sauvage qui a inspiré nombre de peintres et de poètes, notamment au .

Géographie Communes limitrophes

Représentations cartographiques

Description

vignette|700px|center|L'isthme de Quiberon vu depuis le fort de Penthièvre : à droite la baie de Quiberon, à gauche la côte ouest de la presqu'île et ses plages ; entre les deux, il y a juste la place pour la route et la voie ferrée tant l'isthme est étroit à cet endroit ; à l'arrière-plan le continent. vignette|L'isthme de Quiberon (partie le plus étroite) au début du . La commune de Saint-Pierre-Quiberon couvre la moitié Nord de la presqu'île de Quiberon et comprend notamment la partie sud, la plus étroite, de l'isthme, en fait un cordon littoral, reliant ladite presqu'île au continent (la partie nord faisant partie de la commune de Plouharnel). Cet isthme est long d'environ 6 kilomètres et forme une plaine étroite « formée de sables mouvants qu'y amoncellent les grands vents de sud-ouest » sur laquelle pousse « une herbe courte, menue, clairsemée, mais vigoureuse » où, avant l'aménagement des axes de transport modernes (route et voie ferrée), « où l'on ne marche qu'avec fatigue » et qui était « d'une tristesse indéfinissable ; en y entrant, on croit s'aventurer dans un désert » décrit Benjamin Girard en 1889..

Saint-Pierre-Quiberon possède deux façades littorales : la façade Ouest, donnant directement sur l'Océan Atlantique est à dominante rocheuse (sauf au niveau de l'isthme précité, à dominante sableuse) ; très découpée, elle présente des falaises spectaculaires hautes d'une vingtaine de mètres, des pointes marquées (Beg en Aud, Pointe du Percho, Pointe de Marie Venell) alternant avec des anses peu accessibles (Plage du Foso, Porz Guen [Port Blanc], Port Rhu; Port Bara, Port Goulom, Porz Stang) ; elle constitue une partie de la Côte sauvage de Quiberon. Seule la partie située au nord de Portivy, jusqu'au fort de Penthièvre, est plus rectiligne, est d'altitude plus modeste, et forme une longue plage bordée de dunes (la plage de Penthièvre). Cette côte est inhabitée, aux exceptions notables de Portivy et Penthièvre. L'île de Téviec et l'île Tilic, toutes deux sites archéologiques, font partie de la commune de Saint-Pierre-Quiberon, ainsi que quelques îlots comme celui du Guernic et d'autres découvrant principalement à marée basse. La façade Ouest de Saint-Pierre-Quiberon (moitié nord)

La façade Est, donnant sur la Baie de Quiberon, est moins élevée et moins découpée ; elle présente des pointes peu marquées (Pointe de Kerhostin, Beg Quilvi, Beg Rohu) qui alternent avec de larges anses abritant de larges plages et le port d'Orange ; bénéficiant d'un climat d'abri grâce à son exposition face à l'est, ce littoral est beaucoup plus habité : c'est là que s'est développé le bourg de Saint-Pierre-Quiberon et qu'a proliféré une urbanisation diffuse, les espaces restés naturels y étant peu nombreux. La façade Est de Saint-Pierre-Quiberon

L'étroitesse de la presqu'île explique que les espaces intérieurs sont peu nombreux. L'altitude la plus élevée atteint 26 mètres au sud du hameau de Kergroix, le plus important des villages non littoraux, ; les autres étant Kerivendel, Kervihan et Kerboulevin.

La commune compte treize plages accessibles aux baigneurs, dix plages du côté baie : Penthièvre (Baie), Kerhostin, Lizeau, Poul Perneau, Port d'Orange, Kermahé, Kerbourgnec, Beg Rohu, Petit Rohu, Grand Rohu, et trois plages côté océan : Penthièvre (Océan), Château Rouge, et le Fozo. On peut noter l'existence de quatre autres plages sur la Côte Sauvage : Port-Blanc, Port-Bara, Port-Rhu, et Port-Pigeon. Toutefois, la baignade sur ces quatre plages est strictement interdite, compte tenu de la dangerosité de la Côte Sauvage.

Les villages ont su conserver leur caractère traditionnel, avec des maisons de famille en pierre aux fenêtres en demi-lune. Portivy, sur la côte sauvage, est un village de pêcheurs, tandis que le village principal de la commune, Saint-Pierre, accueille des touristes en villégiature depuis les premières décennies du .

Saint-Pierre est, l'été, un lieu de vacances familial et tranquille. La baie de Quiberon, l'une des plus belles baies du monde, se prête aux activités nautiques, notamment pour les enfants qui peuvent profiter du club de voile de Saint-Pierre pour apprendre à naviguer.

Sur la côte ouest de la presqu'île, la Côte Sauvage, paysage réputé, est la propriété du Conservatoire du littoral. La plupart des sites réputés de la Côte Sauvage, tel l'arche de Port-Blanc se trouve sur la commune de Saint-Pierre-Quiberon. Sur la partie saint-pierroise de la côte, on trouve, du nord au sud les lieux-dits suivants : le Fozo, la pointe de Beg-En-Aud, la pointe du Percho, Port-Blanc, Port-Bara, Port-Rhu, et Port-Pigeon. On y trouve une flore précieuse : œillets, bruyère violette, genêt, armérie, œillet marin. L'endroit, magnifique mais dangereux, est interdit aux baigneurs. Cependant, la côte peut se parcourir à pied, en kayak de mer ou à cheval. La partie Sud de ce littoral est incluse dans le domaine militaire de Kergroix..

Cadre géologique

La Côte Sauvage (partie située en Saint-Pierre-Quiberon) vignette|Dolmen du Port-Blanc. La Côte Sauvage désigne la côte ouest de la presqu'île de Quiberon, et s'étend sur les communes de Saint-Pierre-Quiberon et Quiberon, sur . Cette côte est constituée d'éboulis de rocs, de falaises abruptes de 15 à , fortement diaclasées, ainsi que de petits massifs dunaires dont quelques-uns prennent localement la forme de dunes perchées (dites fossiles), reliques de l'ancien massif dunaire de Gâvres-Quiberon.. Ce site présente quatre intérêts majeur : intérêt géologique lié à l'ossature de la presqu'île formée par l'un des grands alignements syntectoniques du Sud-Bretagne (cisaillement sud-armoricain) ; intérêt faunistique : les milieux ouverts (dunes et pelouses littorales) servent de lieux de repos aux oiseaux migrateurs et hivernants, tandis que la lande côtière renferme une faune entomologique et une avifaune d'une grande diversité ; intérêt floristique : la frange littorale renferme des formations végétales emblématiques (pelouses littorales, végétation dunaire et landes rases) ; intérêt paysager : trait de côte escarpé, caractère austère et buriné de l'espace, agitations et couleurs changeantes de la mer, variété des panoramas Jean-Michel Bouffort, Grand site national Gavres-Quiberon. Aménagement - protection et restauration du site de la Côte sauvage - secteur Sud, octobre 2004, p. 3. Le camp néolithique de la pointe de Kroh KolleKroh, terme géographique breton signifiant grotte., protégé par un éperon barré. ; Porz Stang ou PortPorz vient du latin porta ou portus selon le sens « port », « abri », « anse ». Cf . StangStang en breton signifie « étang » ou « vallée ». Cf . ; Le Rocher du Lion et de l'Indien (rochers zoomorphes, exemple classique de paréidolie) ; Porz Goulom ou Port Pigeon (peut-être en référence à saint Colomban, nom dérivé du latin colombus qui signifie pigeon, visiteur de ce lieu selon le légendaire local. ; L'îlot de La Truie ; Port BaraPeut-être emprunté au gaulois barro, « hauteur ». Cf . ; Port RhuDu breton run signifiant « tertre » ou « colline ». Cf . ; La pointe de Marie Venell ; Port Blanc (Porz Guen) et, nichées dans des criques, ses trois plages de sables grossiers avec graviers et galets. Le profil de leur estran très pointu subit de grandes variations saisonnières en fonction du régime des houlesP. Bos et R.E. Quélennec, « Étude de l'évolution du littoral nord-ouest du Morbihan entre Guidel et La Trinité sur Mer. Éléments pour une politique de protection côtière », éditions du BRGM, avril 1988, p.88. Site marqué par son arche (arche de Port-Blanc ou de Port-Gwen, aussi appelée la Roche Percée) menacée de disparition car elle est exposée aux tempêtes d'hiver en plein ouest, avec les vagues mesurant jusqu'à trois mètres. ; les « Dolmens du Port-Blanc » fouillés par Félix Gaillard en 1883 à la suite de la visite nocturne de quelques chercheurs de trésor. Ces dolmens sont en réalité un cairn d'une hauteur de 1 à 1,50 m, englobant deux dolmens à couloir (contenant les ossements humains de 37 individus, ), et en annexe au nord-est, un bloc couché.. En façade, ce complexe mégalithique est flanqué d'un muret de pierre sèche servant de parement externe au monument, dont il ne reste aujourd'hui que l'assise basale. Le cairn, visible juste avant l’aménagement récent, est désormais recouvert d’un niveau de sable qui le camoufle. Ce complexe mégalithique est classé au titre des monuments historiques en 1889. ; La pointe du PerchoToponyme signifiant peut-être « portail du champ ». Cf . et la « maison des douaniers », nom impropre car il s'agit d'un corps de garde associé à une batterie d'artillerie qui était équipée de deux canons de marine de douze en fer sur affût de côte. Cette batterie faisait partie des douze batteries qui se sont succédé dans le temps sur le pourtour de la presqu'île depuis le . Selon l'historien local Dominique Hillion, elle communiquait par télégraphie optique avec le fort de Taillefer à Belle-Ile, le fort de Surville à Groix et vraisemblablement, compte tenu, de l'orientation de fenêtres, avec la citadelle de Port-Louis. ; La pointe de Beg-En-AudLittéralement pointe de la hauteur. Aud a en vieux breton, comme pour le latin altus, le sens de « hauteur, colline, pente boisée ». Beg en breton a le sens de pointe. Comme le terme bec, il est réputé venir d'un celte becco, « crochet, pointe courbe ». Cf ., connue pour son éperon barré attribué aux Vénètes qui l'utilisèrent comme camp retranché à l'époque gallo-romaine, d'où le folklore local qui en fait le village d'Astérix résistant à Jules César pendant la guerre des Vénètes. Le tumulus mesurant 50 mètres de long et 5 mètres de haut pourrait être une tombe scandinave et a servi de talus de défense aux habitants de la pointe. Le site a livré des silex attribués initialement au Néolithique. La prospection d'un locus a permis d'identifier un atelier de débitagePrésence d'une lame tronquée et de trapèzes réguliers réalisés sur une lame. daté de la fin du Mésolithique, comme à Téviec.. Sur ce site, il existe un four à goémon encore parfaitement intact. Les deux autres fours à goémons de la presqu'île sont reconstitués de part et d’autre du sentier de la pointe du Conguel.. Paysages de la Côte sauvage (partie située en Saint-Pierre-Quiberon)