Sidi M’Hamed Benali est une commune ainsi que le chef-lieu de daïra située dans la wilaya de Relizane en Algérie.
Durant la période de la colonisation française, elle portait le nom de Renault, en hommage au général Pierre Hippolyte Publius Renault. Nichée dans la région montagneuse du Haut Dahra, elle est considérée comme la capitale de sa partie orientale.
La ville a été fondée en 1874 sur les vestiges de l'ancienne cité romaine engloutie de Masuna
Toponymie La ville doit son nom à un illustre et vénéré marabout de la région : Mohammed Ben Ali El-Medjadji (1538-1599), Cadi de Bled-Medjadja. Selon la tradition locale, il y serait mort en martyr au sous le règne du Bey Souag ; sa sépulture est située au cœur de la ville actuelle, à proximité immédiate de la vieille mosquée Masdjid Quba Le site, devenu lieu de recueillement et de pèlerinage, abrite un mausolée (quoubba) érigé en son honneur, témoignage de l’importance spirituelle et historique qu’il incarne pour les habitants de la région
Avant la période coloniale, la localité s'est développée autour de ce site religieux, conservant le nom primitif de Sidi M'hamed Benali pendant près de trois siècles. En 1874, avec la fondation du centre colonial, la ville est rebaptisée Renault par décret du en hommage au général Pierre Hippolyte Publius Renault, figure militaire de la conquête du Dahra, mort à Champigny en 1870
Après l'indépendance de l'Algérie en 1962, la ville retrouve son nom historique en 1963. Toutefois, le nom colonial abrégé R'no (en arabe: ُرْنو) reste encore couramment utilisé dans le langage populaire local.
Géographie vignette| vue sur Sidi M'Hamed Benali Sidi M'hamed Benali est campée sur le bord d'un plateau à une altitude assez haute de en extrémité sud du massif du Dahra ; elle domine les deux plaines agricoles du Gri à l'est et Touares à l'ouest toutes les deux formées par des terres fortes, argileuses et très fertiles Localisation Sidi M'Hamed Benali est situé au nord de la wilaya de Relizane dans les hauteurs du Dahra, à d'Alger, d'Oran et environ seulement du Littoral.
Localités En 1984, la commune de Sidi M'hamed Benali est constituée des localités suivantes :
vignette|Sidi M'hamed Benali sous la neige 2012
Climat Jouissant d'un bon climat méditerranéen avec été chaud et un hiver très froid, la classification de Köppen est de type Csa. La température moyenne est de et la moyenne de la pluviométrie annuelle est d'environ . Faune et flore La forêt de Timezlatou à l'entrée sud de la ville ; La Gri au nord-est de la ville ; Colline de Touares au sud-ouest de la ville.
Hydrographie Oued Gri : il traverse la plaine du Gri et coule au nord de Sidi M’hamed Benali dans une dépression des marnes helvetiennes ,il représente un affluent principal pour l'oued Kramis. Oued Kramis : il se jette dans le barrage Kramis wilaya de Mostaganem, ce barrage est considéré comme le principal fournisseur hydrique de la ville de Sidi M'hamed Benali et les villes voisines. une partie importante du barrage est située sur le territoire de la daïra de Sidi M'Hamed Ben Ali plus précisément au niveau de la commune de Mediouna vignette |la route entre Renault, Rabelais et Paul-Robert|182x182px Transport
la ville est traversée par trois routes nationales formant un véritable carrefour entre les trois wilayas de Relizane, Chlef et Mostaganem : a N90 selon un axe sud-ouest qui mène à Mostaganem vers l'ouest via Mediouna et à l'autoroute Est-Ouest vers le sud, via Mazouna ; la N19A vers l'est qui la relie à Chlef, via Aïn Merane a W87 vers le nord qui la relie à Taougrite et au Littoral, via Ain Metboul
Démographie La commune comptait en 2008, pour une superficie de , la population est passée de en 1998 à en 2008, avec une hausse démographique annuelle de 1,7 %. La daïra de Sidi M'Hamed Ben Ali avec ses trois communes compte pour une superficie de . C'est la daïra la plus peuplée au niveau de la wilaya de Relizane.
Ethnographie D'après les traditions locales et les récits historiques, les habitants de Sidi M'hamed Benali et tout le Dahra dans sa portion comprise entre Mazouna et la mer sont issus de l'ancienne et considérable tribu berbère des Maghraouas. Cette tribu a perdu le nom générique de Maghraoua, probablement parce qu'elle a été dispersée, mais la localité qu'elle avait habitée et qu'habitent encore une grande partie de leurs descendants, a conservé dans l'usage le nom primitif de Bled-Maghraoua qui s'emploie souvent aujourd'hui comme synonyme de DahraOn y trouve d'autres éléments moins abondants : les Kouloughlis, les chorfas arabes et les Kabyles.
Langues et dialecte local Le côtoiement des Maghraouas avec les éléments étrangers arabes et kouloughlis a participé à l'extinction de la langue berbère, les dernières fractions qui l'utilisaient jusqu'au furent les Zerrifas et les Achaachas installés au nord de Sidi M’hamed Benali. Aujourd'hui, Darija est le patois local de la région avec un certain nombre important de radicaux empruntés à l'idiome primitif berbère zenète tels que : - Toponymies : Touares, Timezlatou, Tala, Tamdjet, Tanesrat,Tahefart, Mediouna, Beni Zentis, Ain Toumghart, Gri, Taougrite, Zenatia, Kaf Azrou, Titaouine, Oued Kouhlal,Timici, etc. - Expressions : FrançaisParler renaultoisArabe Grand-pèreDadaجديGrand-mèreNanaجدتيBelle-mèreLellaحماةPousseAdmerإدفعAvaleYasretيبتلعFrelonArzouziزنبورReptileTamejdamedسحليةL’ispaghulTalmaسبانخFleursLelouchوردAssiette ZarfصحنTout droit NichenالأمامChampignon TareghlaفطرPluie EnnouمطرOrtieZitoufقراصGrande Mauve Medjir خبازةPapillon FertatouفراشةTasseOualalإناءHirondelles Tifleles سنونوTableTifourطاولةTortue FakrounسلحفاةKhit-ErrouhZeroufخيط الروحCoqSerdoukديكLapinEgninأرنبMoineau ZawechطائرBœuf OuakrifثورInsecte Baâouch حشرةFroid Semikriبرد Misère TemaraبؤسAmèreMessousمرGrêleTebrouriالبردVerrouZekroumقفلFigueKermousتين
Histoire Préhistoire Le Dahra oranais fut un lieu d'activité humaine préhistorique importante comme l'ont révélé les fouilles archéologiques entreprises au par l'archéologue Paul Pallary qui a découvert une station moustérienne à l'Oued Tamda sous Mazouna ainsi qu'une autre station néolithique sur les flancs nord et nord-ouest du Djebel Sidi Saïd situé à 15 km de l'ouest de Sidi M'hamed Benali, ce dernier offre plusieurs traces du séjour de l'homme primitif : des tumulus, des silex taillés et des outils chelléens
Antiquité vignette|Ancienne photo d'un chemin creusé dans le roc à TimiciLa région fertile de Sidi M'hamed Benali a connu la succession de plusieurs civilisations numède, punique et romaine ou s'élevaient trois gros bourgs Timici, Tansert et Masuna. L'historien latin Pline l'Ancien souligne l'importance du Dahra en termes de blé et d'huile exportés vers les plus grandes villes de l'empire romain à cette époque à travers le port d'Arsenaria.
La Kalaa de Timici, située sur les hauteurs d'Ain Metboul à 12 km au nord-est du chef-lieu, était une ville commerciale et militaire construite par les puniques au et rénovée par les Romains plus tard. C'était une civitas établie sur un haut plateau rocheux pour contrôler la riche plaine du Gri et pour sécuriser la route commerciale qui la traversait vers le port d'Arsenaria tout en surveillant les mouvements des tribus indigènes berbères rebelles. Timici fut aussi une ville autonome qui frappait sa propre monnaie avec des légendes puniques vignette|Mémoria des martyrs donatistes datant de 329 ap. J.-C provenant du site de Tansert, exposée au musée Zabana d'Oran
Les ruines de Tansert à 3 km à l'ouest du chef-lieu près d'une source éponyme qui a été employée autant par les berbères qui lui ont donné le nom dans laquelle elle est désignée aujourd'hui que par les Romains qui avaient installé près d'elle une ville très florissante qui couvre la superficie d'environ 100 hectares et qui paraît être le municipe administratif et le centre agricole important de la région. Les fouilles entreprises par Demaëght ont révélé un ancien cimetière romain, une mémoria des martyrs donatistes, deux cercueils en pierre, deux stèles figurées, des chapiteaux et des citernes.vignette|Stèle libyque berbère trouvée sous la mairie de Sidi M’hamed Benali - Musée national Zabana d'Oran -Enfin, la cité de Masuna identifiée avec le site actuel de la ville de Sidi M'hamed Benali qui fut l'ancienne résidence du chef de tribu berbère masunienne Régis Masunae Gentis auquel la politique des vandales avait aménagé un asile à côté de Castra Séveriana. Un édifice antique en pierre taillé a été découvert à l'emplacement du Bordj, qui a malheureusement été détruit par les Français pour fournir les matériaux nécessaires à la construction de l'église de Renault, les maisons coloniales de la ville sont aussi en partie construites avec des pierres romaines provenant de ces ruines, Louis Demaëght signale en 1882 qu'à chaque pas du village, il remarque des pierres sculptées, des fûts de colonnes, des chapiteaux corinthiens et des matériaux antiquités de toutes sortes. En outre, des jarres et deux stèles libyques berbères ont été découvertes l'une au jardin du Colon Auguste colin près du bordj, et l'autre en creusant les fondations de la mairie de Renault.
La première plaque indique : « Gadat, Gagou fils de Bagou » La seconde : « Ouhirteb, Gagou Gaditon, fils de Zabwab Bahib, Gagaz Tamou, Dalit Veneno, Did ».
Ces deux stèles et celle des martyrs de Tansert sont exposées actuellement au musée national Zabana d'Oran. Plusieurs monnaies romaines en bronze ont été découvertes à Renault, notamment celle de la déesse Junon, offerte par le colon Fontaine au même musée.
Destruction de Timici, Tansert et Masuna
Il est probable que Timici', Tansert et Masuna aient été détruites par les Byzantins en 540 après J.-C. en réaction à la participation des habitants à la révolte du roi mauritanien Masuna
Moyen Âge
La tribu de Maghila, alliée aux Ifrénides de Tlemcen, régna sur la région du où une nouvelle ville fut construite sur le site de Timici par leur émir Deloul Ibn Hammad et fut nommée Kalâat Maghila Deloul. C'est du port de cette ville Marsa Maghila ( l'ex Arsenaria) que partit en 755 le fondateur de la dynastie omeyyade de Cordoue Abd al-Rahman Ier, afin de débarquer à Almuñécar (al-Munakkab) en Andalousie.
Après le départ des Maghila vers l'Andalousie, la région passa sous le règne des Maghraouas qui firent de la ville voisine de Mazouna la capitale de leur nouvel émirat. vignette | Répartition des principales tribus du Beylik de l'Ouest au début |gauche Période ottomane
Le riche bassin céréalier de l'oued Gri, dénommé localement plaine du Gri, faisait partie du finage de la capitale du Beylik de l'Ouest Mazouna (1563-1701). Les propriétaires citadins mazounis Hadars et kouloughlis y possédaient , parmi les meilleures terres, qu'ils ont pu contrôler jusqu'au .
La tribu dite Zoua mtaa-Gri fraction de Beni Madoun, marabouts très vénérés, occupaient aussi dans cette plaine deux zaouïa assez considérables. C'est dans les assemblées de marabouts qui s'y tiennent que se discutaient les intérêts du Dahra.vignette|Mosquée de Qubaa et le Mausolée de Sidi M'hamed Benali Le reste du futur territoire de Sidi M'hamed Benali était occupé par les Médiouna et les Beni Zentis, les deux faisant partie du Caïda turc de Beni Zeroual ont été classées comme tribus raïas sous le règne du bey Mohammed Mekalich. Assassinat de Sidi Mohamed Ben Ali