COTAM Unité est l'indicatif d'appel de tout aéronef de l'Armée de l'air et de l'espace dans lequel se trouve le président de la République française.
Les vols sont identifiés sous l'indicatif COTAM « 0xxx ». COTAM 0001 (« COTAM Unité ») est réservé au président de la République, et COTAM 0002 (« COTAM Deux ») au Premier ministre. Ensuite, les numéros sont attribués suivant le protocole donné par l'Élysée.
COTAM est l'acronyme qui désignait le Commandement du transport aérien militaire. Ce commandement ne porte plus ce nom, mais l'indicatif radio a été gardé.
Depuis , la flotte présidentielle comprend un Airbus A330-200 (fabriqué en 1998) réaménagé et spécialement équipé pour que le président et son équipe puissent se déplacer de façon souple.
La flotte présidentielle comprend aussi des Falcon 7X acquis en 2009 et 2010. Ils sont utilisés en avions de secours, lors de vols court-courriers, moyen-courriers ou long-courrier (déplacements en France métropolitaine, en Europe ou dans le reste du monde), ou bien lorsque le président a besoin de se déplacer dans des endroits où les pistes sont trop courtes pour accueillir l'Airbus A330. Ils servent aussi pour le Premier ministre, les membres du cabinet présidentiel ou certains membres du gouvernement.
Cette flotte présidentielle est entretenue par l'escadron de transport 60. Cette unité de l'Armée de l'air est implantée sur la base aérienne 107 à Villacoublay, dans les Yvelines, à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Paris et du palais de l'Élysée.
Anciens appareils Vols « historiques » right|vignette|redresse=1|Le Concorde, appareil utilisé pour les voyages présidentiels de François Mitterrand.
Vincent Auriol est le premier président de la République française à avoir utilisé l'avion dans l'exercice de ses fonctions, et ce lors d'un déplacement dans les territoires d'outre-mer en 1947.
Le , le Concorde 001 emporte le président de la République, Georges Pompidou, de Brétigny-sur-Orge à Toulouse. C’est la première fois qu’un chef d’État utilise un prototype pour effectuer un voyage officiel. Durant ce vol, le président Pompidou donne une interview en direct au micro de l’ORTF, dans laquelle il a dit : « Je suis frappé par la stabilité de l’appareil à plus de deux mille kilomètres à l’heure. Je ne m’en apercevrais même pas, tant le vol est calme, doux et silencieux, si je ne voyais pas les côtes de France au loin, qui défilent devant nous à une vitesse extraordinaire. À tout le personnel de l’Aérospatiale, des ingénieurs aux techniciens et à tous les travailleurs, je voudrais dire, pour la joie qu’ils me donnent aujourd’hui, de tout cœur merci ». Cependant, c'était Valéry Giscard d'Estaing qui fut le premier passager admis sur le prototype piloté par André Turcat, en tant que ministre des Finances, le Un ciel signé Concorde, 44, Seven Sept, Paris 2006..
De 1981 à 1995, après un voyage du président de la République, François Mitterrand, en Chine avec l'avion supersonique, tous les voyages présidentiels lointains ont été effectués en Concorde. Celui-ci était aménagé en bureau et chambres à coucher dans la cabine avant, la cabine arrière étant réservée aux invités. Une photocopieuse et un fax étaient installés en cabine arrière. En , le président François Mitterrand mobilisa sept appareils dont deux Concorde, afin de s'en aller au Zaïre et au Burundi« À l'Élysée, palais du pouvoir sans partage » Philippe Goulliaud, chef du service politique du Figaro, Le Figaro, le 12 juillet 2011, 2.. La même configuration fut mise en place lors du déplacement en Arménie.
Jacques Chirac aussi, passionné par cet appareil, effectua en qualité de Premier ministre, du 16 au un véritable marathon supersonique de en , passant par Pointe-à-Pitre, Lima, Hao et Nouméa.
Le plus souvent, l'indicatif radio utilisé pour les vols supersoniques présidentiels était : AF 100F.
De même, un système de cryptographie des communications dites « sensibles » était installé avec un téléphone vers le bureau du président. Un pilote spécialiste radio était embarqué pour s’occuper des communications présidentielles. En outre, un second Concorde faisait partie du dispositif aérien et était prêt à accueillir le président de la République, en cas de défaillance technique du premier.
Lors d'une visite du site spatial de Kourou en Guyane, le , l'avion présidentiel connut une avarie : après deux demi-tours au sol pour des problèmes de train avant, François Mitterrand dut changer d'appareil. Par ailleurs, ce jour-là, le lancement d'Ariane 3, objet de la présence du président, est un échec et la fusée dut être détruite pour mauvaise trajectoire. Après de longues recherches, Gaby Aupetit, responsable de l'entretien, trouva la cause de cette panne, avant que ne soient connus les problèmes provoqués par l'utilisation des téléphones portables dans la cabine. Il s'agissait d'une interférence entre le circuit de freinage et l'émetteur radio utilisé pour transmettre à l'Élysée, dès le début du roulage, le message sibyllin « la porte de l'avion est fermée », signifiant que le président a quitté la France. Le problème d'interférence fut résolu par le remplacement d'un transistor dans l'émetteur radioUn ciel signé Concorde, 45, Seven Sept, Paris 2006.
Les Airbus A319 CJ (2002-2010)
En 2000, en pleine période de cohabitation, le président Jacques Chirac et le Premier ministre Lionel Jospin, politiquement antagonistes, demandent l'acquisition de deux appareils afin de rajeunir la flotte gouvernementale officielle et pallier la future absence du Concorde : des Airbus A319 CJ. Baptisés officieusement Chirac et Jospin par les militaires de Villacoublay chargés de les mettre en œuvre, ils entrent en fonction le , à l’occasion du sommet européen de Barcelone Consulté le 28 janvier 2011, Avions-militaires.net. De retour à un système de fait majoritaire après , le Président en utilise un pour les longs voyages. Le second, quant à lui, est utilisé comme avion de secours, lors de vols court-courriers, moyen-courriers ou long-courriers. Les deux appareils sont immatriculés, respectivement, F-RBFA (cn 1484) et F-RBFB (cn 1556).
Aménagement intérieur des appareils Les deux A319 CJ comprennent à l'avant un espace privé pour le Président ou tout autre membre du gouvernement, composé en particulier d'une chambre, d'un salon-bureau et d'un cabinet de toilette privé. À l'arrière de l’appareil se trouve un espace d’une quarantaine de places pour les collaborateurs et invités.
vignette|gauche|250px|Croquis du F-RBFB, utilisé comme avion de secours à l'avion présidentiel principal entre 2002 et 2010.
Comprenant à l'origine un fax, chaque appareil se voit doté d’équipements de communication comme le téléphone après les attentats du 11 septembre 2001Sarkozy étrenne son A330 Par Arnaud Leparmentier, le 13 novembre 2010, Le Blog de L'Élysée su LeMonde.fr. Une amélioration de l’autonomie de l’appareil est prévue, notamment par la soute qui peut recevoir des réservoirs de carburant supplémentaires.
Peinture Les deux Airbus A319 CJ arborent la même livrée que les autres appareils composant la flotte gouvernementale, qu'il s'agisse des avions mis à la disposition des membres de l'exécutif (Falcon 900 ou Falcon 50) ou ceux utilisés exclusivement par les militaires dans le cadre de transports stratégiques d'hommes et de matériel des différentes armées (Airbus A310 et Airbus A340).
Un liseré bleu et rouge est peint le long du fuselage, entourant les hublots, avant de s'agrandir au niveau de la porte principale empruntée par le président. Un liseré est également présent sur la dérive, de façon oblique et brisé. La cocarde tricolore, symbole de l'Armée de l'air, est présente à l'arrière de l'appareil, tout comme la mention « République française », à l'avant, proche de la porte principale et en dessous du liseré.
Problèmes techniques et revente vignette|L'A319 CJ présidentiel F-RBFB en 2007.
Le dans le cadre d'un déplacement pour l'Afrique, peu avant le décollage et au moment du roulage, le réacteur gauche de l'A319 qui transportait le Président et quatre ministres a pris feu. Ces derniers ont alors dû être débarqués en urgence et attendre près d'une heure sur le tarmac de Villacoublay, avant de monter dans un autre avion de la flotte gouvernementaleGeoffrey La Rocca - Nicolas Sarkozy a frôlé le crash dans l’Airbus présidentiel sur lepost.frLa rédaction du Post - Couac dans l'avion présidentiel : "Sarkozy n'est pas resté zen" sur lepost.fr..
À la suite de l'achat de nouveaux appareils, il a été décidé de revendre les deux A319 CJ. Le premier, F-RBFB, a été vendu au gouvernement sénégalais le pour la somme de 32 millions d'euros, après une transaction conclue par Karim Wade, ministre d'État, de la Coopération et des Transports du Sénégal et fils du président Abdoulaye Wade.
L'appareil a été repeint aux couleurs de son nouveau pays d'accueil et baptisé la Pointe SarèneAirbus A319-115X/CJ - MSN 1556 sur Pictaero.com, consulté le 19 mars 2011.. Par la suite, il a été ré-immatriculé 6V-ONEAirbus A319-115(CJ) - cn 1556 sur Planespotters.net, consulté le 19 mars 2011..
Le second, F-RBFA, a été stocké un temps en attente de sa cession. Il aurait alors été localisé durant cette période à Genève le , par le réseau des utilisateurs de récepteurs de signaux radars ADS-B. L'avion a finalement été vendu par France Domaine à une société de Singapour, Genting Singapore PLC, spécialisée dans le tourisme et les casinosJean-Dominique Merchet, Le second Airbus A319 CJ présidentiel a été vendu à une compagnie de Singapour, le 14 mars 2011, Marianne..
Renouvellement de la flotte (depuis 2009) Les Falcon 7X vignette|F-RAFB, un des deux Falcon 7X de l'escadron.
Depuis le , l'escadron de transport présidentiel ETEC dispose d'un Dassault Falcon 7X, baptisé Carla par les aviateurs de l'Armée de l'airJean Guisnel, « Le nouvel avion de Nicolas Sarkozy », sur lepoint.fr, 9 juillet 2009., en référence à l'épouse du président de l'époque, Carla Bruni-Sarkozy, et à l'avion présidentiel américain . Un second appareil identique a rejoint la flotte en . Chaque appareil est estimé à 50 millions d'euros pièceLaurène Després - Le gouvernement va recevoir son premier Falcon 7X sur lepost.fr. Ces avions sont immatriculés F-RAFA et F-RAFB.
Un des deux Falcon 7X sert d'avion de secours à l'appareil présidentiel principal (unique, contrairement aux deux A319 CJ), en cas de panne de ce dernier. Un second a pu être utilisé lorsque les pistes se sont révélées trop courtes pour accueillir l'avion"Air Sarko one" trop gros pour les visites présidentielles ? Par Cginisty, le 9 décembre 2010, LePost.fr.
vignette|gauche|François Hollande après être descendu du Falcon 7X présidentiel en Argentine en 2016.
Le , le jour même de son investiture, le Falcon du nouveau président, François Hollande, est touché par la foudre quelques minutes seulement après son décollage de la base de Villacoublay pour regagner Berlin ; l'avion fait alors demi-tour et le chef de l'État et son équipe sont obligés de prendre un avion de secours, un Falcon 900, le second Falcon 7x étant utilisé par une autre partie de sa délégation.
Le , le Falcon 7X du président Emmanuel Macron percute le Pointe Sarène, l'avion présidentiel sénégalais, à l'aéroport de Saint-Louis au Sénégal. La collision n'a pas de conséquence pour l'avion sénégalais, en revanche le Falcon est abîmé et nécessite des réparations. La responsabilité de l'accident revient entièrement à l'équipage françaisQuand le Falcon de Macron emboutit l’Airbus du président sénégalais, Le Parisien, 6 février 2018..
L'Airbus A330-200 vignette|L'A330-200 F-RARF au décollage lors d'une visite officielle au Japon en 2011.