vignette|upright=0.8|Couvercle (en aluminium) d'une canette métallique, avec son anneau d'ouverture.

Une canette, ou cannetteL'orthographe « cannette » existe également, cf. la rubrique Canette, Cannette du Centre national de ressources textuelles et lexicales., est un contenant, de faible volume (jusqu'à un litre) en verre ou en métal qui contient une boisson que l'on peut emporter puis boire sans outil ni gobelet.

Jusque dans les années 1970, le mot désignait uniquement une bouteille en verre, munie d'un bouchon mécanique ou d'une capsule, qui était utilisée pour la consommation de bières ou de limonades.

Depuis les années 1980, le terme « canette » désigne, par dérivation du mot anglais , une boîte métallique (en aluminium et/ou en fer-blanc) contenant une boisson, d'où les dénominations synonymes « boîte boisson », ou « boîte métallique ». Pour éviter le risque de corrosion, le couvercle (muni d'un anneau à ouverture facile) d'une canette en métal est toujours en aluminium, quel que soit le matériau de la boîte (acier ou aluminium). L'intérieur de la canette est tapissé d'une fine membrane en plastique servant à empêcher que le contenu liquide ne réagisse chimiquement avec le contenant métallique..

Canette traditionnelle en verre À l'origine, la canette est une unité de mesure spécifique à la bière ; le mot « kanete » est attesté au au sens de « vase »Le Romanz, de S. Fanuel, 2238, Chabaneau, cité par Delboulle ds R. Hist. litt. Fr., 6, 291.. De fait, la canette a longtemps eu la forme d'un vase ou d'un pichet avec un bec verseur et souvent un capuchon ou un couvercleBouillet, Dictionnaire Universel des Arts et des Sciences, 1880..

vignette|upright=0.8|Bouchon mécanique : dispositif de fermeture d'une canette en verre.

La canette traditionnelle en verre est une bouteille dotée d'un bouchon mécanique, dispositif de fermeture en métal qui comprime un bouchon en porcelaine serti d'un joint en caoutchouc. Ce système étanche permet la conservation des boissons gazeuses, notamment la bière et la limonade, qui étaient vendues, jusque dans les , sous cette forme, notamment en bouteilles d'un litre. Depuis, seules quelques marques utilisent encore ce système (par exemple la bière Fischer ou la limonade Lorina).

Jusque dans les années 1930, il y eut aussi le système de la bouteille Codd, avec une bille à l'intérieur de la bouteille.

La boîte métallique, rebaptisée canette Dès 1935 aux États-Unis et 1937 en France, certaines boissons étaient vendues en boîtes rondes métalliques, sans anneau d'ouverture facile. En 1935, la est la première société à proposer de la bière conditionnée dans ce qui est l'ancêtre des « canettes » actuelles. Fabriquées en fer-blanc, semblables aux boîtes destinées à la conserve, on les appelait « tin can », ce qui signifie « boîte en fer-blanc », ou plus simplement « can ».

Elles étaient ouvertes avec un ouvre-boîte spécial qui permettait de faire deux ouvertures dans l'un des deux couvercles. L'un des trous permettait à l'air d'entrer tandis que l'autre laissait s'écouler le liquide, soit dans un verre soit directement dans la bouche.

Selon Grégoire Chamayou, pour les industriels de la bière américains, alors qu'il existait de longue date un système de consigne pour la vente de boissons : ..

vignette|upright=0.8|Canette de Cara Pils représentée sur une peinture murale de la gare de Louvain-la-Neuve) (Belgique). Au début des années 1950, les fabricants de soda, à commencer par Pepsi, suivent les brasseurs dans le choix de développer la canette.

En 1959, le brasseur américain introduit la boîte en aluminium. Ces premières boîtes faites entièrement d'aluminium ressemblaient beaucoup aux boîtes de conserve en fer-blanc.

En 1962, grâce à l'invention d'Ermal Fraze, les entreprises Alcoa et Pittsburgh Brewing Company introduisirent les couvercles à ouverture facile en commercialisant la bière avec le slogan « » que l'on peut traduire librement par « dessus à ouverture facile ».

Dans les années 1970, ces boissons américaines en boîte arrivent en force sur le marché français. Elles étaient toujours appelées par les Anglo-Saxons et « boîte » par les professionnels francophones alors que le mot « canette » s’est imposé au grand public francophone, par déformation du mot anglais . Dès les années 1980, le mot « canette » était utilisé par la presse québécoise.

Avant 1980, ces boîtes étaient fabriquées avec un anneau qui se détachait lors de l'ouverture. Lorsqu'ils étaient jetés dans la nature, ces anneaux causaient par leurs bords tranchants divers désordres, notamment des blessures aux pieds nus sur les plages. Pour remédier à cette situation, des industriels ont travaillé sur le moyen de maintenir l'anneau attaché au couvercle de la boîte.

Daniel F. Cudzik, un employé de Reynolds Metals Company, a travaillé cinq ans à développer le procédé industrielU.S. Patent No. 3,967,752 1976-07-06, Easy-Open Wall. qui a permis de maintenir l'anneau attaché à la boîte. Breveté en , ce procédé est appelé « ».

thumb|upright=0.6|Son de l'ouverture d'une canette.

Les boîtes métalliques vides sont capables de supporter un poids axial d'environ sans s'écraser, ce qui permet de monter dessus debout.. En revanche, un adulte peut facilement presser et déformer une boîte vide par l'action mécanique de la main.

Évolution de la boîte au , une canette similaire en acier ou en aluminium pèse respectivement ou .

Initialement, les premiers modèles de avaient un couvercle d'un diamètre de , égal à celui de la boîte. Il a été progressivement réduit, jusqu'à atteindre en 2008J.P.G., Les canettes toujours plus light, Rayon boissons, , novembre 2008, ..

Plus récemment, la canette avec une ouverture agrandie pour boire plus facilement sans avoir à verser le contenu dans un autre récipient a fait son apparition.

Le couvercle des canettes récentes présente une cavité dans laquelle la poussière peut se loger, ce qui n'est pas très hygiénique. Pour remédier à cet inconvénient,

Depuis 2014, les canettes au format mince sont progressivement devenues la norme, d'abord pour les boissons énergétiques. Ce format permet notamment une plus grande surface visible dans les rayons des commerces mais aussi de moderniser l'image des marques et d'attirer la jeunesse.

Boîte métallique Élaboration Ce processus appelé « » (DWI) a été breveté en aux États-Unis. Les canettes modernes sont produites en emboutissant une rondelle issue d'une feuille d'aluminium ou d'acier étamé, lequel est couramment appelé fer-blanc. La malléabilité de ces deux métaux permet, en plusieurs passes, de créer une boîte cylindrique avec un côté ouvert et un côté fermé.

Après formation de la boîte, le bord du métal du côté ouvert étant irrégulier, le métal est coupé d'une façon régulière. Une étude menée par l'École des mines de Saint-Étienne et Péchiney dans les a montré que l'irrégularité de l'emboutissage était liée à un problème de texture du matériau. Une modification du laminage peut d'ailleurs réduire considérablement ce phénomène d'anisotropie.

Le côté ouvert est ensuite déformé par rétreint pour former un cône et un bord sur lequel sera serti le couvercle après remplissage. Ce couvercle possède un anneau rivé qui permet de casser et déchirer une zone où le métal a été aminci afin de permettre une ouverture partielle du couvercle, l'opercule. La boite ainsi fabriquée reçoit toujours un vernissage intérieur et une impression à l'extérieur.

Remplissage L'opacité du matériau rendant difficile l'appréciation visuelle du niveau par d'autres moyens, les procédés de contrôle du remplissage des boîtes métalliques font intervenir des sources radioactives. Les récipients, destinés aux boissons notamment, sont placés entre une source de rayons gamma et un détecteur. L'intensité du rayonnement faiblit lorsque le contenu de la boîte vient s'interposer entre la source radioactive et le détecteur. L'arrêt du remplissage est alors déclenché. Les industries utilisant ces procédés sont soumises au respect des règles de radioprotection. Une pompe volumétrique peut aussi remplacer ce système.

Matériaux Les canettes, entièrement constituées d’aluminium, sont facilement recyclables, et les équipements pour les récupérer sont courants. Au contraire du verre et du plastique, l'aluminium est souvent acheté en gros par les recycleurs de métal, même si aucune consigne n'est prélevée. Il faut, par exemple, pour fabriquer un vélo. Cassées, broyées puis compressées, les canettes passent dans un four électrique afin de récupérer le métal en fusion. Celui-ci, bien qu'issu du recyclage, conserve toutes ses qualités initiales, mais il est toutefois purifié pour en éliminer les impuretés.

En Europe, l'influence des groupes sidérurgiques régionaux a conduit à un partage du marché. Alors que le marché américain est dominé par la canette « tout aluminium », en Europe la canette est aussi fabriquée en fer-blanc avec un couvercle qui est toujours en aluminium. Cette association de deux métaux différents rend le recyclage plus difficile et les sidérurgistes, en association avec les fabricants d'emballages, cherchent à développer un couvercle en acier. Le point bloquant étant la zone de déchirure de l'opercule qui est plus sensible à la corrosion quand le couvercle est en acier. À terme, une canette « tout acier » serait moins chère et plus facile à recycler que son équivalent aluminium.

L'aluminium et le fer-blanc conduisent mieux la chaleur que le verre et le plastique, autres matériaux couramment utilisés par l'industrie alimentaire. Pour cette raison, le contenu des canettes est plus facile à refroidir que celui de bouteilles en plastique, par exemple.

Une canette en acier est plus rapidement dégradée dans la nature par corrosion qu'une canette en aluminium.

Impact sur la santé Une étude de 1992 du signale que le taux d'aluminium est quintuplé dans les boissons conditionnées dans des canettes d'aluminium. Ces milliards de canettes fabriquées chaque année présentent de sérieux risques de santé publique, dans la mesure où l’aluminium qui les tapisse peut provoquer à la fois des carences et des intoxications. Il est de plus soupçonné par les chercheurs que l'aluminium puisse jouer un rôle dans la maladie d'Alzheimer. Cependant, le produit à consommer n'est pas en contact direct avec le métal : lors de la fabrication, un revêtement alimentaire est vaporisé sur les parois intérieures de la boîte afin d'isoler le liquide du métal. Il contient du bisphénol A, qui est un perturbateur endocrinien. Des groupes de l’industrie alimentaire aux États-Unis ont commencé à supprimer le bisphénol A dès 2010, alors que Coca-Cola développait un lobbying en vue d’en éviter l’interdiction par le gouvernement américain.. Plus du quart des votes d'actionnaires en assemblée générale continue de demander un changement dans ce sens..

Marché Le marché mondial dépassait en 2013 les 300 milliards d’unités fabriquées.. Les trois premiers producteurs représentent 60 % de ce volume global : Rexam (chiffre d’affaires de en 2013.), Ball (chiffre d’affaires de US$ en 2013.), et Crown (chiffre d’affaires de en 2013.).

Les États-Unis restent le premier marché avec 95 milliards d’unités consommées en 2013, l’Europe comptant pour , l’Amérique latine pour . L’Asie du Sud-Est et le Moyen-Orient sont des marchés en forte expansion.

Au Québec, en 2012, les ventes de contenants en canette d'aluminium sont au nombre de .

En 2013, le marché européen de la canette a progressé de 3 % (+10 % en France) avec près de de canettes utiliséesEurope : le marché des canettes en croissance, surtout en France, Challenges, 13 mars 2014.

Recyclage