300px|thumb|Le pôle de compétitivité UP-TEX à Tourcoing (Nord).
Un pôle de compétitivité est, en France, un , selon la définition donnée par la DATAR.. Les pouvoirs publics nationaux et régionaux sont étroitement associés à cette dynamique.
Créé en 2004 dans le cadre du lancement d'une nouvelle politique industrielle en France, ce dispositif permet des subventions publiques et un régime fiscal particulier à un ensemble d'activités regroupées. Il a vocation à rendre l'économie plus compétitive, à créer des emplois, à rapprocher la recherche privée et publique et à développer certaines zones en difficulté, tout en luttant contre les délocalisations.
Sur les 71 pôles reconnus par l’État en ., il n'existe que 55 clusters associatifs en 2024 et aucun pôle de compétitivité n'aura été construit.
La notion est proche de celle de grappe d'entreprises (« grappe industrielle » au Québec), qui désigne selon Michael Porter ..
Historique Pôles de compétitivité
Plusieurs rapports officiels ont eu une influence forte dans le lancement de cette politique en en précisant les enjeuxNotamment rapport de la Datar, La France, puissance industrielle - Une nouvelle politique industrielle par les territoires : Étude prospective de la DATAR, février 2004) et rapport de Christian Blanc, Pour un écosystème de la croissance : rapport au Premier ministre, avril 2004..
Le gouvernement lance le premier appel à projets le Communiqué de presse du 2/12/2004. Cet appel, clos le , a donné lieu à une forte mobilisation des territoires et des entreprises, qui ont élaboré des plans de communication associatifs visant à lever des subventions de l'État au profit des bassins d'emplois existants régionaux ou départementaux. Cette politique de plagiat a donné lieu à une vague de délocalisations et désindustrialisations sans précédent.
La volonté première de se concentrer sur un nombre restreint de dossiers a été infléchie : le gouvernement a annoncé le de la même année que 67 des 105 dossiers présentés étaient retenus, liste réduite par la suite à 66 dossiers après la fusion de deux projets. Toutefois, une forte priorité budgétaire est apportée à six d'entre eux, qui ont une portée « mondiale » et neuf autres qui ont « vocation » à l'acquérir. Le budget global qui leur est consacré est passé de 0,75 à 1,5 milliard d'euros sur trois ans. Le CIACT du a validé 55 de ces projets. Celui du a confirmé neuf projets supplémentaires, deux autres projets n'ayant pas été validés. En , la direction globale du dispositif et le financement de la part publique ont été confiés, côté État, à la Direction générale de la compétitivité, de l'industrie et des services (ex Direction générale des entreprises) du ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, chaque pôle étant par ailleurs doté d'outils de direction ad hoc.
En 2010 71 pôles de compétitivité sont dénombrés en France se divisant en trois catégories : les 7 pôles mondiaux, les 11 pôles à vocation mondiale et les 53 pôles nationauxLe monde des pôles signé B.G., Newzy, octobre-novembre 2009, page 40.. L’ensemble regroupe travaillant sur plus de collaboratifs financés. Un milliard d’euros publics a été investi depuis leur lancement en 2005, sur une enveloppe globale de 1,5 milliard prévue jusqu’en 2008. 50 % des ressources sont concentrées sur sept pôles principaux, dénommés « pôles de compétitivité mondiaux », comme Systematic Paris-Region (Île-de-France), Minalogic (Rhône-Alpes) et Aerospace Valley en Occitanie, par opposition aux « pôles nationaux ».
Depuis l’audit réalisé en par les cabinets CMI et Boston Consulting Group, les pôles de compétitivité ont été classés en trois catégories : un groupe de trente-neuf ayant « atteint les objectifs de la politique des pôles de compétitivité »; un groupe de dix-neuf « ayant partiellement atteint les objectifs et qui doivent travailler à l’amélioration de certaines dimensions de leur action » ; un groupe de treize pôles de compétitivité invités à « se reconfigurer en profondeur » sous peine de perdre leur label de pôle.
Parmi les reproches adressés à ce dernier groupe figurent « le manque d’implication des PME au sein du pôle, une ouverture à l’international insuffisante ou un manque de lisibilité de la stratégie ».
CIADT 2010 Annoncé en , le Comité interministériel d'aménagement et de développement du territoire (CIADT) sur l’avenir des pôles de compétitivité s’est tenu le .
Six pôles (MTA - Mobilité et transports avancés, Innoviandes, Enfant, Sporaltec, PGCE, Prod’innov) des treize pôles préalablement invités par le gouvernement à « tirer parti d’une reconfiguration en profondeur » se voient dépossédés de leur label.
Des fusions entre pôles ont été proposées. Le pôle MTA, délabellisé, a choisi d’être absorbé par le pôle Mov’eo, installé à Saint-Étienne-du-RouvrayContact sur le site du pôle Mov'eo. Le pôle Prod’Innov (Aquitaine) est encouragé à « étudier des rapprochements avec les pôles de compétitivité Cancer-Bio-Santé et Agrimip Innovation, tous deux situés dans la région voisine Midi-Pyrénées ».
Le CIADT 2010 a également annoncé la labellisation de six nouveaux pôles de compétitivité consacrés aux écotechnologies : le pôle Eau à Montpellier le pôle Dream en région Centre le pôle Hydreos (ex Gestion des eaux continentales) en Lorraine le pôle Avenia en Aquitaine le pôle Team 2 dans le Nord-Pas-de-Calais le pôle Alsace Énergivie en Alsace.
L’appel à projets avait été lancé le et dix-neuf candidatures avaient été déposées. Pour leur sélection, les ministres ont « analysé les thématiques retenues par ces projets, les enjeux économiques, les axes stratégiques envisagés en matière de recherche et développement, la qualité de partenariat et le degré de collaboration entre les entreprises et les structures de recherche et formation ». Ces pôles devaient conserver leur label jusqu’en 2012.
Phase 2 (2009-2012) dite « Pôle 2.0 » Après évaluation de la phase 1 (2006-2008) 1,5 milliard d'euros ont été affectés au lancement de cette seconde phase sur trois priorités : renforcer l'animation et le pilotage stratégique des pôles, dont via des « contrats de performance » plus exigeants et en renforçant le rôle des correspondants d'État ; développement des projets structurants (dont « plates-formes d'innovation ») ; développer « l'écosystème d'innovation et de croissanceSchéma décrivant la notion d'écosystème appliquée aux pôles. » des entreprises des pôles, en mobilisant plus de financements privés et en renforçant les synergies territoriales.
Cette phase a fait l'objet d'une évaluation externe en 2012 qui a conduit à la remise d'un rapport public au Gouvernement le L'évaluation de la de la politique des pôles..
Phase 3 (2013-2018)
La nouvelle phase de la politique des pôles de compétitivité a été lancée par le Gouvernement le Communiqué de presse en conseil des ministres du 9 janvier 2013.. Elle s'inscrit dans le cadre du Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l'emploi qui avait conclu à la poursuite de cette politique. Elle a été introduite par François Hollande.
D'une durée de six ans (2013-2018), elle se caractérise par une gouvernance plus partenariale entre l’État et les collectivités territoriales. Au terme de cette nouvelle phase, une évaluation globale de cette politique sera opérée.
Cette troisième phase vise à concentrer l'action des pôles de compétitivité vers les produits et services à industrialiser avec pour ambition majeure d'accroître l'impact économique des pôles pour davantage de croissance des entreprises et d'emplois. Deux piliers structurent cette ambition : accroître les retombées économiques des projets de R&D des pôles ; amplifier l'accompagnement de la croissance des PME et ETI dans les territoires.
S'appuyant sur leur savoir-faire pour faire émerger et conduire des projets collaboratifs de recherche et développement (R&D), les pôles doivent désormais devenir des « usines à produits d'avenir » qui transforment les efforts collaboratifs des travaux de R&D en produits, procédés et services innovants mis sur le marché. Pour ce faire, les pôles assurent désormais un suivi sur la durée des projets de R&D qu'ils labellisent afin de multiplier les opportunités de valorisation des résultats de ces projets. De plus, ils orientent leur stratégie sur des marchés cibles clairement identifiés en raison de leur potentiel. Cette attente plus forte des pouvoirs publics sur les retombées économiques des projets de R&D des pôles se traduit aussi lors de la sélection des projets financés par le Fonds unique interministériel (FUI), l'instrument financier destiné au soutien des projets des pôles de compétitivité.
Par ailleurs, dans le cadre de cette nouvelle phase, les pôles doivent amplifier l'accompagnement de la croissance des PME et ETI dans les territoires. En complément des actions menées par d'autres acteurs dans les territoires, ils proposent à leurs membres une offre de services collectifs et individuels, qui tient compte des besoins de leurs adhérents. Pour favoriser la croissance des PME, quatre domaines ont été perçus comme prioritaires par les pouvoirs publics : l'accès aux financements (liens avec les business angels, les capitaux risqueurs, le capital investissement, les fonds d'amorçage, les banques…), l'ouverture à l'international (partenariats technologiques, identification de marchés à l'international, export…), l'anticipation des besoins en compétences (cartographie des compétences, développement de l'offre de formations…) et l'accompagnement individuel des PME.
Phase 4 (2019-2022) La phase 4 de la politique des pôles de compétitivité a été annoncée le . L'objectif affiché est de ne conserver que certains des pôles, dont la sélection reposerait essentiellement sur leur « rayonnement à l'échelle européenne », mesurée à travers leur participation aux appels à projets des programmes européens pour la recherche et développement, et leur santé financière, soit leur capacité à générer au moins la moitié de recettes propres.
Cette politique de sélection des pôles de compétitivité a notamment amené aux regroupements d'organisations, comme dans le cas de NextMove, résultat de la fusion du pôle de compétitivité Mov'eo, de l'Aria (Association régionale des industries automobiles normande) et du Ravi (Réseau automobile & véhicules d'Ile de France).
Phase 5 (2023-2026)
Objectifs clés de la phase 5 :
Renforcement des réseaux d’innovation : Continuer à mettre en relation les acteurs de la recherche et du développement (R&D) et de l’innovation pour développer des écosystèmes dynamiques. Accélérer la création de nouveaux produits et services grâce à ces collaborations, en stimulant les projets innovants des membres et en favorisant la recherche de financements. Les pôles continueront à accompagner leurs membres dans la recherche de partenaires pour des projets collaboratifs et dans la mobilisation d’aides publiques (nationales et européennes). Accompagnement européen et international : Renforcer l’accompagnement des entreprises pour la participation à des projets européens, en réponse à la demande croissante des membres des pôles pour ce type de soutien. Faciliter l’accès aux financements européens (notamment via des programmes comme Horizon Europe) et aux partenariats transnationaux. Aider les entreprises à identifier des partenaires étrangers ou à mieux comprendre les marchés internationaux, un domaine déjà exploré dans la phase 4 mais qui sera intensifié. Transition numérique et écologique : Alignement avec les priorités nationales, notamment le plan France 2030, qui met l’accent sur la transition digitale et écologique des entreprises. Les pôles devront aider leurs membres à adopter des technologies numériques pour moderniser leurs processus et accroître leur compétitivité.