Dans le domaine de la pêche, on appelle pinger ou répulsif acoustique, alarme acoustique, balise acoustique ou répulsif à cétacés (de l'anglais ping, une onomatopée) tout émetteur étanche d'impulsions sonores assez puissantes pour repousser les cétacés (Marsouins et dauphins principalement) hors des zones où ils risquent d'être pris dans un filet de pêche. Le pinger fonctionne grâce à une batterie ou pile (noyée dans la résine). thumb|200px|Exemple de pinger, destiné à éloigner les marsouins et dauphins des filets ou chaluts thumb|200px|Exemple de pinger, destiné à éloigner les marsouins et dauphins des filets ou chaluts
Les pingers visent à limiter les prises accessoires de petits cétacés qui peuvent être accidentellement pris dans les engins de pêche (filets calés ou chaluts essentiellement), plus ou moins fréquemment selon les régions, les saisons et les modes de pêche. Ils peuvent signaler un filet dérivant ou empêcher un cétacé d'entrer dans un chalut ou venir se nourrir dans un filet calé.
Localement des cétacés auraient pris l'habitude de venir manger des poissons pris dans les filets. Une étude faite en Corse sur trois sites et (correspondant à la pose de calés) a montré que 21,5 % des sorties avaient (sur ces sites et pour cette année 2003) été « attaquées » par des cétacés. Le pourcentage moyen de filets attaqués était de 11 % (variant de 6 à 16, selon les sites), et Les nouvelles du Life LINDA, Bulletin d’information du Life LINDA destiné aux professionnels de la pêche. Aout 2005 - N°2.
Un groupe de scientifiques spécialistes des cétacés a estimé en 2002 que près de et moyens cétacés appartenant à environ (essentiellement des marsouins et dauphins) mouraient chaque année étranglés et asphyxiés par des filets de pêche.
Des pingers sont aussi testés contre les collision cétacé-navires. En 2024, leur efficacité n'est pas encore scientifiquement prouvée..
État des lieux sur les captures
Aux États-Unis puis en Europe, les études ont montré que plus les filets étaient équipés de pingers, moindres étaient les prises accessoires (jusqu'à moins avec sur un filet)Barlow et cameron déjà cités (voir notes), 2003. Leur utilisation est - pour certaines pêcheries - une obligation légale aux États-Unis et en Europerèglement européen du 26 avril 2004 établissant des mesures relatives aux prises accessoires de cétacés dans les pêcheries. Néanmoins le pourcentage des filets équipés de pingers dans le monde reste infime. Leur coût ne les met en particulier pas à la portée des pêcheurs des pays pauvres, et leur évaluation en matière de pollution sonore sous marine n'a pas été faite.
En France, une partie des pêcheurs concernés a pris du retard dans la pose de pingers. Certains ont en Bretagne 2007 demandé un moratoire de deux ansarticle du Journal Ouest-France du Jeudi 8 mars 2007 intitulé Les dauphins pris dans le filet des lobbies. En 2007-2008, des expérimentations et un protocole de suivi du nombre de cétacés involontairement pris dans les filets ou chaluts ont été lancées, de manière à en moins tuer. Des études doivent aider à mieux comprendre comment, quand et où se déplacent et vivent ces petits cétacés doivent être menées.Selon le bilan français publié en 2008., une partie du suivi n'a pas été mené (cf. grèves, diminution des jours de pêche à la suite de modifications de quotas, ou pêche au chalut plutôt que pélagique en Manche), et des biais d'observation pourraient exister si le patron de pêche n'a pas le même comportement de pêche en présence d'un observateur. Il existe aussi des effets de « bordure de zones d'observation ». De plus, « il n'est pas rare que certains professionnels refusent la présence de l'observateur dans certains cas sensibles » certains patrons pêcheurs ont refusé des observateurs, pour des raisons de sécurité (navires de moins de par exemple) ou en raison d'un « ressentiment important suite à l'interdiction du filet maillant dérivant en Atlantique et de la thonaille en Méditerranée ». On a estimé par extrapolation, à partir des observations incomplètes faites en 2007, appliquées à une pression de pêche évaluée pour 2006 que le chalut pélagique en bœuf peut en France capturer annuellement de dauphins, de noirs, de bleus et blancs, de communs, lors de la pêche au bar le plus souvent. La pêche au thon toucherait moins de cétacés, mais un plus grand nombre d'espèces avec une estimationEstimation faite pour la zone VIII ; évaluation 2007 publiée en mai 2008, par extrapolation à partir des prises comptées par les observateurs à bord sur (voir page 11 du rapport national déjà cité) de dauphins, noirs, bleus et blanc, communs). Les fileyeurs de plus de auraient capturé de leur côté (estimation 2006, l'effort de pêche étant comparable pour 2007 pour le segment observé, selon le rapport français). Ceux de moins de auraient capturés environ (extrapolation pour de mer par an). Les captures par des navires de moins de n'ont pas été évaluées, faute d'avoir pu recevoir aucun observateur en 2006 et 2007, pour des raisons de sécurité. Pour la pêche au bar, une expérience faite pour une dizaine de marées a conclu (s'il n'y a pas de biais d'observation) que les pingers semblent permettre de diviser par deux le nombre de prises ( capturés par des filets équipés de pingers, pour 11, dans des conditions comparables par les filets non équipés). Par extrapolation, lors d'une saison de pêche, les chaluts pélagiques en bœuf pêchant le bar captureraient de dans leurs chalut. Les filets calés semblent surtout toucher les marsouins : en zone VIII, environ par an s'y noient, dont dans les filets de navires de plus de . Les dauphins semblent ne pas se laisser piéger par ces filets (selon les observateurs de la zone VIII). La taille de la maille ne semble pas en cause, car les captures se font pour des pêches ciblant des espèces aussi différentes que la baudroie, le lieu jaune, la sole commune ou le rouget-barbet. Les marsouins semblent plus nombreux à mourir dans les filets en zone VIIIa qu’en zone VIIIb ou dans le secteur de Paimpol (zone VIIe) où les prises semblent rares. Des phoques gris sont également parfois capturés.
Face aux incertitudes, les parties de 'Accord sur la Conservation des Cétacés de la Mer Noire, de la Méditerranée et de la zone Atlantique adjacente avaient en 2005 vivement recommandé que « l’usage des pingers, autorisé et adéquat, soit uniquement mené dans le cadre d’études contrôlées, afin de s’assurer qu’il soit une mesure de réduction efficace des captures accidentelles; et de relier l’utilisation des pingers à un système d'observateurs afin de suivre leur efficacité dans le temps »Document ASCOBANS, Résolution 2.12 Lignes directrices pour l'utilisation de dispositifs acoustiques épulsifs . Voir page 3 sur 15.
Fonctions des pingers thumb|240px|De nombreux petits cétacés (ici un marsouin de Dall) se prennent dans les filets et y sont blessés ou y meurent asphyxiés. Les pingers les en éloignent
Les impulsions sonores produites sont théoriquement insupportables pour les marsouins et la plupart des autres cétacés (Le niveau de bruit équivaudrait - à la source, pour le dauphin - à celui d'un avion à réaction au décollage).
Intérêt des pingers : Au début des années 2000 environ 150 petites baleines, marsouins et dauphins qui mouraient chaque jour, accidentellement piégés dans les filets selon Andy ReadAndy Read est membre du Laboratoire marin de l'Université Duke, coprésident du groupe Cetacean Bycatch Action Network, soit trois fois la moyenne annuelle estimée des captures commerciales de baleines au (environ par an), ce qui a suffi à faire disparaitre une espèce et à causer un grave déclin de presque toutes les autres espèces de baleines, qui peinent à reconstituer leurs populations malgré un moratoire mondial sur leur chasse en vigueur depuis 1986. 25 scientifiques venus de tous les continents rassemblés à un sommet mondial des experts en cétacés ont en à Annapolis (Maryland, États-Unis) conclu que les prises accidentelles sont la seconde grande menace pour la survie des cétacés. Greenpeace estimait en 2005 que ce sont environ baleines, dauphins et marsouins qui meurent étranglés ou asphyxiés dans les filets. seraient annuellement tués dans les filets de pêche chaque année dans les seules zones de la Manche, Mer Celtique et golfe de Gascogne, soit pour certaines zones plus de 6 % de la population présenteRoss A, Isaac S (2004). The net effect? A review of cetacean bycatch in pelagic trawls and other fisheries in the north-east Atlantic. London, UK: Greenpeace Environmental Trust., ce qui ne permet plus leur viabilité à long terme. Les marsouins seraient plutôt victimes de filets de fond, et les dauphins des filets dérivants. Les grands filets et grands chaluts tirés en bœuf (par ) capturent le plus de cétacés. Depuis les années 1970, les échouages de cétacés (cadavres échoué) sont les plus nombreux aux mois d'hiver qui coïncident avec l'activité des chaluts pélagiquesRoss, A (2003). Cetacean bycatch in pelagic trawl fisheries in the Celtic Sea, Biscay, Channel Area – A case for emergency action. Working paper presented to the 10th Advisory Committee meeting of ASCOBANS, 9–11 April, Bonn, Germany. Document de travail référencé AC10/Doc.19 (O). Outre ceux qui meurent, beaucoup de cétacés sont blessés. Dans l'année et par navire, les captures accidentelles de dauphins et de marsouins (espèces protégées) ne paraissent pas considérables, mais elles sont néanmoins quand on les additionne jugées préoccupantes. En effet, ces mammifères, s'ils s’occupent beaucoup de leurs petits, ont une faible fécondité (grossesse de , un seul petit et exceptionnellement deux, maturité sexuelle à trois ou quatre ans pour le marsouin). Tous les cétacés sont par ailleurs victimes d’une pollution diffuse de l’océan par les pesticides, dioxines, PCB, furanes, et métaux lourds, dont le mercure et méthylmercure bioaccumulés par la chaîne alimentaire. Et certains filets devenus très fins grâce aux progrès techniques ne sont plus facilement repérés par leur système d'écholocation. De plus, il y a depuis les années 1980, une forte demande du public (anglosaxon notamment) et d'ONG environnementalistes de limitation des prises et mortalités dites « accessoires » de cétacés dans les filets, tant pour des raisons écologiques qu'éthiques. En Europe, c'est la pêche au bar au chalut pélagique qui capturerait le plus de dauphinsNorthridge S., Y . Morizur, Y. Souami, O; Van canneyt, 2006. Impact of European pelagic trawling on cetacean populations, project PETRACET. Rapport final contrat européen EC/Fish/20003/09, 29 pp + annexes.
Au Royaume-Uni, un suivi sur plusieurs années des prises de cétacés par chalut pélagique en bœuf en Manche a démontré un taux des prises accessoires dépassant les seuils critiques pour ce chalutage. L'hiver 2003/2004, communs ont ainsi été tués dans cette zone (pour un total estimé de pris pour tout le Royaume-Uni cette année-là). La France assurant 5/6 de cette pêche, une extrapolation des taux de prises anglais donnerait un total d'environ tués en un an en France. Sur la base de ce monitoring, le gouvernement britannique a demandé en 2004 la fermeture de cette pêche (en mesures d'urgence de la Politique commune de la pêche). Cette demande a été refusée par l'UE). Un groupe de pêcheurs français a de son côté expérimenté un nouveau pinger adapté à ces chaluts.
En Mer du Nord, on estimait vers 2000-2005 que près de 3 % des marsouins étaient accidentellement capturés et dans les détroits de Scandinavie (Skagerrak et Cattégat). 4 % des marsouins étaient victimes de filets à la fin des années 1990 selon une estimation balte. Selon le biologiste Tommy Dybbro du WWF Danemarksource : Voi (Film de 8 min en anglais ou français, édité par [[email protected]|Mostra Communication], dans lequel Tommy Dybbro explique qu' « (...)une étude des années '90 révèle que 7.000 marsouins par an se noient dans les filets des pêcheurs danois (...)».).