Pierre André, né le à Dieulouard (Meurthe-et-Moselle) et mort le à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), est un homme politique français.

Études et activité professionnelle Il suit des études à Liège au collège Saint-Gervais et est licencié en droit.

Il est assureur-conseil à Nancy à partir de 1926. Il dirige le cabinet d'assurances Pradal et André après son retrait de la vie politiqueHenry Coston, Dictionnaire de la vie politique française, Paris, La Librairie française, 1967, 42.

Un engagement civique et politique dans les années 1930 Il est président durant quatre ans, puis président d'honneur en 1935Il est promu sous-lieutenant de réserve en juin 1935: L'Est républicain, 23 juin 1935, L'Est républicain, 27 juillet 1935, de l'association des sous-officiers de réserve de Nancy et président de l'Union des sous-officiers de réserve de la XX région à partir de 1931L'Est républicain, 5 août 1931.

Il est arrêté en janvier 1934 à Nancy lors d'une manifestation des Ligues lors de l'affaire StaviskyJ-F Colas, op. cit., t. I, . Il est arrêté pour tapage et attroupement sur la voie publique lors d'une manifestation le 23 janvier 1934, avec 25 autres personnes, dont des militants des Ligues.. Il est candidat en 1935 lors des élections municipales de Nancy sur la liste d'union des « modérés » anticartellistes (liste ), où voisinent des candidats URD, des membres du Parti démocrate populaire, des modérés sans étiquette et des membres des Jeunesses patriotesL'Est républicain, 13 mai 1935.

Il devient un militant très actif à partir de l'été 1936 : il est membre du comité directeur du Rassemblement national lorrain (RNL), délégué à la propagande de ce groupement politique de à 1939 et l'un des principaux rédacteurs avec Émile Meyer de son périodique, La Lorraine nationale et sociale. Il est alors hostile au régime parlementaire, tout en étant proche des députés de la Fédération républicaine. Il déclare en 1938 : J-F Colas, op. cit., t. I, : lettre publiée par l'Étoile de l'Est, 16 avril 1938 .

Seconde Guerre mondiale : résistant Mobilisé en 1939, il est fait prisonnier mais s'évade d'un Stalag. Il entre ensuite dans la résistance : il est sous-chef du réseau Goélette lié au BCRA. Arrêté par la Gestapo à Nancy en 1942, il est internéNotice biographique sur le site de l'AN.

Capitaine de réserve dans l'infanterie, il reçoit la croix des services militaires volontaires de première classe. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur et commandeur du mérite militaire. igues lors de l'affaire Stavisky. Il est candidat en 1935 lors des élections municipales de Nancy sur la liste d'union des « modérés » anticartellistes (liste ), où voisinent des candidats URD, des membres du Parti démocrate populaire, des modérés sans étiquette et des membres des Jeunesses patriotes.

Il devient un militant très actif à partir de l'été 1936 : il est membre du comité directeur du Rassemblement national lorrain (RNL), délégué à la propagande de ce groupement politique de à 1939 et l'un des principaux rédacteurs avec Émile Meyer de son périodique, La Lorraine nationale et sociale. Il est alors hostile au régime parlementaire, tout en étant proche des députés de la Fédération républicaine. Il déclare en 1938 : .

Député de droite sous la

Il fonde après la guerre une nouvelle formation politique, qu'il préside : l'Action républicaine lorraine, dont sont membres notamment Raymond Pinchard, vice-président, le docteur Pierre Weber, Robert KalisL'Est républicain, 27 novembre 1945. Il souhaite regrouper les modérés autour d'un noyau de jeunes résistants et prendre ainsi la place qu'occupait avant la guerre la Fédération républicaine de Louis Marin, député de Nancy depuis 1905. Il ne s'agit pas d'une simple relève de générations ; son initiative peut faciliter et accompagner les reclassements politiques de part et d'autre de la guerre. Il est soutenu par le quotidien nancéien L'Eclair de l'Est, dirigé par Émile MeyerJournaliste au quotidien spinalien le Télégramme des Vosges jusqu'en 1927, il a été appelé à Nancy par Édouard de Warren pour mettre en place un encadrement plus marqué de la Fédération républicaine en Lorraine - ce qui n'a finalement pas été réalisé - et pour seconder le directeur de L'Éclair de l'Est, Paul Sordoillet, très âgé. Il est sous-directeur du quotidien puis directeur en 1934 à la mort de Sordoillet. Il a milité pour l'union des droites et l'union des ligues dans les années 1934-1936, assurant de nombreuses réunions aux côtés des Jeunesses patriotes et des autres ligues d'extrême droite : Jean-François Colas, Les Droites nationales en Lorraine dans les années 1930 : acteurs, organisations, réseaux, thèse de doctorat, Université de Paris X-Nanterre, 2002, qui a milité avec lui au sein du RNL et qui ne souhaite plus soutenir Louis Marin dans sa tentative de reprise en main de la droite départementale, alors même que le quotidien était contrôlé par Marin et ses alliés depuis 1925. Pierre André devient d'ailleurs en président du conseil d'administration de la Presse de l'Est, qui édite ce journal, très fortement marqué à droite. Il tente de relancer le quotidien mais, devant les difficultés financières, le quotidien disparaît en 1949 et se transforme en hebdomadaire dominical, Dimanche-Eclair, dont il est le directeur.

Il ne conduit pas la liste d'Action républicaine lorraine pour les élections à la première Assemblée nationale constituante, car il n'a pas été élu précédemment au conseil général ; il était candidat dans le canton de Nancy-Sud et s'est désisté au second tour pour un autre , Maurice Camal, qui était son colistier lors des municipales de 1935 L'Est républicain, 27 septembre 1945. La liste de l'ARL est conduite par l'avocat Robert Kalis, élu, lui, en dans le canton de Nancy-Ouest. Avec sur exprimés, la liste devance les autres listes - et notamment celle conduite par Louis Marin - à l'exception de la liste socialiste. Pierre André, qui se situait en deuxième position, n'est pas élu.

En Lorraine, la concurrence qui oppose Louis Marin aux jeunes modérés pour le contrôle de la droite se double à l'intérieur de l'ARL d'une compétition de plus en plus vive entre Robert Kalis et Pierre André, qui avait eu le sentiment d'avoir été injustement écarté de la tête de liste en 1945. Pierre André obtient de Louis Marin un accord sur le principe d'une liste unique pour éviter la dispersion des voix modérées. Ainsi, le , la liste du « Rassemblement républicain de la Liberté » est conduite par Louis Marin au bénéfice de l'âge. Robert Kalis se retrouve en troisième position derrière Pierre André. Avec sur exprimés, la liste modérée devance ses concurrentes et obtient deux sièges. Pierre André est élu mais Robert Kalis n'est donc pas rééluBiographie de Robert Kalis sur le site de l'Assemblée nationale.

Le , pour les élections à la première Assemblée nationale de la , Kalis est évincé de la liste. Il s'est ensuivi une rupture avec l'ARL.

Pierre André adhère au Parti républicain de la liberté (PRL). Il prend part à son premier congrès en à ParisL'Époque, 27 avril 1946. L'ARL devient la fédération départementale du PRL et Pierre André devient l'un des deux secrétaires généraux de ce parti en 1948, à l'issue du congrès organisé à Nancy, à un moment où ce parti est en déclin, affaibli par des dissensions et des départs successifsLe Monde, 21 juin 1948, "Informations diverses"Collectif, Le moment PRL: Le Parti républicain de la liberté. 1946-1951, Presses universitaires de Rennes, 2013, . Il occupe cette fonction jusqu'en La Croix, 31 janvier 1951, . Le PRL est un concurrent du RPF du général de Gaulle, qui se constitue en 1947. Pierre André se situe à l'Assemblée à la périphérie de l'intergroupe des élus proches du RPF, avant de s'en éloigner dès 1948-1949Collectif, De Gaulle et le RPF 1947-1955, Paris, Armand Colin, 1998, . Le PRL disparaît en 1951 et s'intègre au Centre national des indépendants et paysans (CNIP).

Il est réélu député de Meurthe-et-Moselle sur la liste du Rassemblement républicain et gaulliste de la liberté, réélu en 1951 sur la liste de l'Union des indépendants, des paysans et des républicains nationaux et réélu enfin en 1956 sur la liste d'Union des indépendants et paysans. Il est cependant battu en 1958 par un candidat gaulliste, William Jacson.

A l'Assemblée nationale, son anticommunisme provoque un incident de séance en , à l'occasion d'un débat sur la guerre d'Indochine : Pierre André critique le fait qu'un communiste soit ministre de la défense nationale, met en cause le passé du Parti communiste et accuse Maurice Thorez, alors membre du gouvernement, d'avoir déserté en 1939. Il est pris à partie dans les couloirs, notamment par Félix Garcia et Denise Ginollin, qui le gifle, déclare avoir été , et les communistes, notamment Pierre Villon, l'accusent en retour d'avoir voulu acquérir un bien juif sous l'Occupation, ce qu'il nieJO, Débats parlementaires, 12 mars 1947, 1947/23, séance du 11 mars 1947, (en ligne)L'Aurore, 17 mars 1947, Combat, 18 mars 1947, La Croix, 18 mars 1947, L'Est républicain, 12 mars 1947, Carrefour, 27 février 1951. Périodiques communistes : Journal du Canton d’Aubervilliers, 15 mars 1947, L’Humanité, 17 mars 1947, L’Humanité, 18 mars 1947, L’Humanité, 19 mars 1947, L’Humanité, 5 juin 1947, , , Thomas Bouchet, Noms d'oiseaux: L'insulte en politique de la Restauration à nos jours, Stock, 2010Frédéric Turpin, Les droites et la question coloniale, dans Gilles Richard, Jacqueline Sainclivier (dir.), La recomposition des droites: en France à la Libération, 1944-1948, Presses universitaires de Rennes, 2004, Jean Galtier-Boissière, Mon journal dans la grande pagaïe, La Jeune Parque, 1950. Le PCF réitère l'accusation lors des élections de 1951 et présente Pierre André comme un admirateur d'Hitler en raison de son action au sein du RNL avant la guerre .

Avec d'autres parlementaires, Pierre André fait partie de l'aile nationaliste et antieuropéenne du CNIPJean-François Sirinelli (dir.), Histoire des droites en France : Politique, Gallimard, 1992, Sylvie Guillaume, Antoine Pinay, ou, La confiance en politique, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1984, . Il bataille contre le projet de Robert Schuman de Communauté européenne du charbon et de l'acier, en liaison avec les patrons de la sidérurgie lorraine, Régine Perron, Les sidérurgistes français face à la création de la CECA : l’exemple de Pont-à-Mousson (1950-1954), dans la Revue française d'histoire économique, 2014/2Jean Garrigues, Les patrons et la politique: 150 ans de liaisons dangereuses, Perrin, 2011, François Roth, Lorraine, France, Allemagne: Un parcours d'historien, Serpenoise, 2002, . De même, il s'oppose farouchement au projet de Communauté européenne de défense par refus d'une institution supranationaleJacques Prévotat, Jean Vavasseur-Desperriers (dir.), Les chrétiens modérés » en France et en Europe (1870-1960), Presses univ. du Septentrion, 2013. et du réarmement allemand, , Paris-presse, L’Intransigeant, 20 novembre 1953. Il fonde, dirige et anime en 1953-54 le Comité national de défense et de l'unité de la France et de l'Union française, dit aussi « comité Pierre André », qui comprend des parlementaires hostiles à la ratification du traité créant une armée européenneJean Garrigues, op. cit., , , Paris-presse, L’Intransigeant, 28 mars 1953. Le comité est lancé en ; Pierre André donne une conférence de presse accompagné par le professeur Bernard Lavergne, le sénateur Michel Debré, le général de Monsabert, Paris-presse, L’Intransigeant, 20 février 1953. Son comité se dote d'un bulletin. Plusieurs autres parlementaires sont membres du comité de direction : neuf autres députés, dont deux autres Lorrains (Raymond Mondon et Philippe Barrès), les généraux Adolphe Aumeran et Pierre Billotte, et trois sénateurs, dont Michel Debré . Pierre André critique le Traité instituant la Communauté économique européenne en 1957 .