Le casque celtique est un constituant du costume de guerre des Celtes. Les trouvailles et recherches archéologiques ont révélé quelques dizaines de casques de combat ou d'apparat.
On peut trouver une continuité de forme entre les différents casques celtes et les casques de type Negau d'origine étrusques.
Typologie des casques celtiques
Casques de type Berru thumb|150px|Casque trouvé dans la tombe à char de Berru en 1872, musée d'archéologie nationale. Les casques celtiques qualifiés de « type Berru » sont des casques laténiens datant du . Une quinzaine d'exemplaires ont été découverts, sur une zone allant de la Champagne à la République tchèque. Néanmoins, la Champagne concentre près de la moitié des découvertes, Base de données d'artefacts archéologique en ligne, coordonnée par M. Feugère..
Ce casque fabriqué d'une seule pièce ne dispose pas de paragnathides (couvre-joue articulé), toutefois la présence de trous percés au bords du timbre permet de supposer la présence d'une jugulaire. La base de la calotte est également pourvue d'un couvre nuque peu marqué. La calotte est étirée vers le haut, en cône, et terminée par un bouton sommital mouluré. Certains toutefois, comme celui découvert à Prunay, ont un profil plus rond.
Essentiellement fabriqué en bronze, parfois en fer, le casque de type Berru est fréquemment décoré par des incisions et par des appliques. Les motifs utilisés peuvent encore appartenir au répertoire hallstattien, comme ceux décorant le casque de bronze découvert à la Gorge-Meillet. En revanche le casque de bronze de la tombe à char de Berru, qui a donné son nom au type, est décoré de motifs appartenant au répertoire de la Tène ancienneRuth et Vincent Megaw, "Art de la Celtique", éditions Errance. Il est possible que ce type de casque ait également connu des modèles en cuir, décorés d'appliques en bronzeE. Fourdrignier, Sur la découverte de deux casques gaulois à forme conique dans les sépultures de Cuperly et de Thuisy, Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris, 1880Michel Feugère, "Casques Antiques, les visages de la guerre", éditions Errance, nouvelle édition augmentée en 2011
Casque de type "Böckweiler" Type de casque celtique laténien datant du , et donc contemporain du type Berru, il se présente sous la forme d'une simple calotte de ferA. Rapin, L'armement celtique en Europe : chronologie de son évolution technique du au , Gladius, 1999. Parfois pourvu d'un couvre nuque peu accentué, il n'est pas doté de paragnathides. Il porte cependant souvent des fixations destinées à recevoir une jugulaire.
Le casque qui a donné son nom au type a été trouvé à Bockweiler dans la Sarre, ce type de casque semble en effet davantage utilisé dans le domaine celtique oriental et centre européen.
Casque de type celto-italique Ce type, également connu sous les noms italo-celtique, étrusco-italique, étrusco-celtique semble être commun aux populations italiques et celtiques. Son apparition datant sensiblement des premières incursions celtes dans la péninsule italienne, il pourrait être issu de ces évènements et être un produit de la fusion des techniques artisanales celtes et italiennes. Il pourrait également être en partie dérivé du casque de type Berru. Il ressemble en effet beaucoup à celui-ci tout en étant doté de paragnathides articulées et d'une élévation plus faible. Les plus anciens modèles sont néanmoins parfois qualifiés de type Berru.
La principale différence entre les casques de tradition celtique et ceux de tradition italique se trouve dans le bouton sommital, pièce rapportée chez les Celtes, alors qu'elle est moulée en même temps que le casque chez les populations italiquesLionel Pernet, "Armement et auxiliaires gaulois", éditions Monique Mergoil, collection protohistoire européenne, 2010.. Les célèbres casques d'Agris, de Canosa et d'Amfreville sont tous les trois de ce type, de même que ceux, moins connus de Saint Jean Tolismon et Montlaurès. C'est également le cas du casque en fer et du casque à résille de Tintignac.
Ce type de casque a eu une longue utilisation, allant du au av. J.-C. et se retrouve, du fait de son adoption par les troupes romaines et de l'extension du mercenariat celtique, un peu partout sur les rives de la Méditerranée et en Europe. Les modèles italiques de ce casque sont également qualifiés de type . Le terme "type buggenum" est également parfois utilisé pour les modèles les plus tardifs. Il peut être équipé d'une large collerette offrant un surcroît de protection contre les coups de taille et avoir le sommet de sa calotte percé pour permettre la fixation d'une crête.
Casque de type Port Il s'agit d'un casque du , utilisé notamment lors de la guerre des Gaules. Ceci est confirmé par la découverte en 2007, de l'un d'eux sur le site de l'oppidum de Gondole en AuvergneY. Deberge, L’oppidum arverne de Gondole. Topographie de l’occupation protohistorique et fouille du quartier artisanal : un premier bilan, RACF, 2009. Ce casque est fabriqué en fer et est constitué d'une calotte simple à laquelle est riveté un large couvre-nuque. Sur cet ensemble viennent se fixer des paragnathides articulées. Cependant quelques modèles atypiques sont faits en une seule pièce en bronze, tel celui retrouvé à Francfort. La principale caractéristique de ce type de casque consiste en un décor de sourcil réalisé au repoussé sur le devant du casque.
Ce type de casque est l'un des prototypes utilisés par les armuriers de la légion pour concevoir les casques de type Weisenau adoptés par l'armée romaine sous le règne d'Auguste.
Casque de type Alésia thumb|Le casque trouvé à Alésia, musée d'archéologie nationale. Ce type de casque en fer, dont 6 exemplaires complets sont connus, est également appelé casque celtique occidental ("Westkeltischer typ"). Contemporain du casque de type port, il est constitué d'une calotte renforcée à la base par un bourrelet saillant façonné par martelage. Sous ce bourrelet, les bords évasés sont parfois décorés de rivets. Là dessus viennent se fixer des paragnathides articulées. Le casque Alesia trouvé à Agen est le seul muni d'un porte-cimier.
Ce casque existe en deux variantes. L'une est à calotte lisse, sans bouton sommital. L'autre est doté d'une calotte légèrement conique, elle-même surmontée d'un bouton sommital rapporté. Cette variante est parfois désignée comme le type Rouvray ou type Louvier du nom des lieux de découverte de casques de ce type. Le nom du type Alésia vient, lui, du fait qu'un exemplaire de la variante sans bouton sommital a été trouvé à Alise-Sainte-Reine.
Le type Rouvray est parfois considéré comme inspiré par le casque béotien, casque grec avec lequel il présente quelques analogies. D'autre fois il est rapproché du type italo-celtique en raison de la forme de son timbre.
Casque de type celtique oriental Les casques de ce type sont parfois désignés comme type de Novo Mesto, du nom d'une des découvertes. D'une forme un peu intermédiaire entre le type Alésia et le type Port, Les casques celtiques orientaux sont des casques composites, fabriqués par l'adjonction de pièces en bronze, couvre-nuques et bandeaux frontaux essentiellement, sur une calotte en fer. Ils sont également pourvus de paragnathides articulées. Ces éléments rapportés sont parfois richement décorés.
La plupart des découvertes de ce type de casque sont faites en Slovénie, à l'exception d'un casque, découvert en Pologne.
Casque hors typologie et casques en matières périssables Plusieurs découvertes récentes de casques ne correspondant à aucune typologie ont été faites. Michel Feugère mentionne le casque de Boé, qui est le seul exemplaire de son type, ainsi que celui trouvé à Toulouse-Estarac, isolé lui aussi mais qu'il rapproche d'une tête de statue casquée d'Entremont. Enfin, les casques simples de Tintignac, en alliage cuivreux pourvus de couvre-nuques et de paragnathides, sont également isolés dans la documentation.
Il y a également des indices qui laissent à penser que les Gaulois utilisaient également des casques fabriqués en matières périssables, en cuir, ce que les Romains nommaient des galéa, ou en bois. Cette dernière matière est utilisée pour la fabrication d'un type local inspiré du casque negau des Étrusques. Il s'agit du casque de type tessinois, fabriqué en feuille de bronze sur une âme de bois. Un certain nombre de ces casques ont été trouvés dans la nécropole de Giubiasco.
La problématique du casque de type Coolus-Mannheim gauche|vignette|Le casque de Ciel au musée Vivant Denon (Chalon-sur-Saône). Le casque de type Coolus Mannheim est un type de casque très simple datant du siècle av. J.C. et utilisé jusqu'à la période augustéenne. Il s'agit d'une simple calotte de bronze pourvue d'un couvre-nuque à peine esquissé, les paragnathides ne sont que de simples anneaux de fer rivetés au casque.
Ce type de casque est considéré selon les auteurs comme alternativement soit celtique, soit romain. D'autres présentent la variante coolus comme celtique et la mannheim, plus massive, comme romaine. En bref, l'attribution culturelle de ce type de casque, principalement utilisé et découvert en Gaule, n'est pas encore totalement tranchée. L'hypothèse qui prévaut cependant est celle d'un casque italique adopté par l'armée romaine à la suite de la réforme marianiqueLe casque républicain de Sainte-Foy-lès-Lyon et la question des casques romains surmontés d’un anneau, Michel Feugère, 2005.
Casques remarquables Le casque d'Amfreville-sous-les-Monts
thumb|Le casque d'Amfreville, musée d'archéologie nationale. Le casque d'Amfreville a été trouvé fortuitement en 1841 dans un ancien bras de la Seine sur le territoire du petit village d'Amfreville-sous-les-Monts, dans l'Eure, à en amont de Rouen.
C'est un casque d'apparat à couvre-nuque qui date du ou du milieu du constitué d'une calotte d'alliage cuivreux recouverte de bandes de bronze et décoré de motifs géométriques en bandes parallèles typiques de l'art celte. Un plaquage d'or repoussé en faible relief figure une alternance de bandes parallèles figurant de petits cercles, des cornes opposées, des triskells ; et un émaillage rouge réalisé sur une résille de fer (et imitant du corail) représente une frise de méandres et d'esses. Le décor de ce casque est typique du style végétal continu.
Longtemps considéré comme unique et œuvre d'un artisan local, le casque est désormais comparé à celui d'Agris qui est en meilleur état et a conservé une de ses protège-joues. Leur similarité évidente fait penser à un modèle plus répandu et diffusé dans toute la Gaule. Le casque d'Amfreville, très représenté dans l'iconographie, est conservé au Musée d'archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye.
Le casque d'Agris left|thumb|Le casque d'apparat d'Agris (Charente)
Ce casque d'apparat a été découvert en 1981 lors de fouilles archéologiques dans la grotte des Perrats, à Agris en Charente, près de La Rochefoucauld, sur le territoire du peuple des Ecolismienscasque d'AgrisJ.-F. Buisson et J. Gomez de Soto, Les « Ecolismiens », les Santons et les autres. De l’identité de l’Angoumois celtique et gallo-romain, ou de l’usage contemporain des traditions érudites erronées. In GARCIA D. et VERDIN F., dir., Territoires celtiques. Espaces ethniques et territoires des agglomérations protohistoriques d’Europe occidentale (actes du XXIVe colloque international de l’AFEAF, Martigues, 1-4 juin 2000), Paris, Errance, 2002, p. 256-260..