Surnom dans les chartes. (av. 1151-) est un noble poitevin de la maison de Lusignan. Il est seigneur de Lusignan, de Couhé et détient également le château de Frontenay.. Avant 1196, soit par achat, soit par mariage, il prend possession de Château-Larcher.. Enfin, il se fait reconnaître comte de la Marche en 1199 et devient l'un des plus puissants seigneurs du Poitou.
Biographie Famille
est le fils d'Hugues le Brun (v. 1124-v. 1169) et d'Aurengarde (av. 1139-ap. 1169), héritière probable des seigneurs d'Exoudun. Il est le petit-fils et successeur d' (v. 1097-ap. 1171). Il était presque certainement mineur lorsque son père mourut.
Son frère cadet, (av. 1169-) seigneur d'Exoudun, accède au rang comtal en 1191 et son frère utérin, Hugues de Surgères (v.1174-1212)À la suite du décès d'Hugues le Brun (v. 1169), Aurengarde d'Exoudun se remaria avec le seigneur de Surgères, (av. 1156-ap. 1174) et eurent Hugues de Surgères., est vicomte baillistre de Châtellerault de 1203 à 1212..
Sous-lignages est au centre d'un cercle familial riche de multiples sous-lignages. Il a pour cousins : (v. 1195-1247), seigneur de Vouvant, Mervent, Moncontour, et ses frères cadets, Guillaume de Valence (v. 1200-1230), seigneur de Soubise, et Aimery de Lusignan (av. 1202-ap. 1230).. a pour cousins, issus de germain, Jean d'Angles (av. 1186-av. 1218), (av. 1204-ap. 1245), co-seigneur d'AnglesFils de (v. 1168-1237/39) co-seigneur d'Angles ; petit-fils d' et de Sarrazine de Lezay., et la fratrie membre du sous-lignage de Lezay. : (av. 1165-ap. 1199), (av. 1166-av. 1220), seigneur de Lezay et de Monthoiron, (av. 1166-v. 1248), co-seigneur d'Angles, seigneur de l'Isle-Jourdain, (av. 1166-ap. 1224) et (av.1205-ap. 1226), chanoine de PoitiersFils de (v. 1110-v. 1181), seigneur de Lezay et co-seigneur d'Angles, prévôt de Poitiers ; petit-fils d' et de Sarrazine de Lezay...
Les Lusignan et l'Orient Latin
est le neveu de (av. 1150-1216), seigneur de Vouvant et de Mervent, d'Aimery (av. 1152-1205), et de Guy (av. 1153-1194), rois de Jérusalem et de Chypre..
Les trois oncles d' s'illustrent en Terre Sainte et apportent un immense prestige à l'ensemble du groupe familial en raison des hauts faits d'armes de Geoffroy et par l'accession à la royauté de Guy... Par la suite, la branche aînée des seigneurs de Lusignan du Poitou n'entretient pas de relations avec les membres de la dynastie fondée à Chypre par .
Dans l'entourage de Cœur de Lion À l'époque de Richard Cœur de Lion, les Lusignan, , comte d'Eu et leur oncle . sont un soutien indéfectible à la cause du souverain Plantagenêt en Aquitaine et en Normandie. Les Lusignan bénéficient d'une politique avantageuse et cette période leur est profitable.. sert ce monarque fidèlement tout au long de son règne.
Troisième croisade
On retrouve dans l'entourage du roi Plantagenêt en Sicile en 1190 puis à Acre l'année suivante, lors du siège de la ville par les croisés, durant la troisième croisade. Le , il visite Richard à Spire quand celui-ci est retenu prisonnier en Allemagne par l'empereur .
Isabelle d'Angoulême En 1199, il est décidé d'une grande union entre les Lusignan et les Taillefer. , seigneur de Lusignan, doit épouser Isabelle Taillefer héritière du comté d'Angoulême.. Ne souhaitant pas céder le comté de la Marche ni aux Lusignan, ni aux Taillefer, Richard Cœur de Lion, après avoir accordé à les possessions normandes d'Eu, permet à l'aîné du lignage d'accéder au rang comtal. Cette union permet au souverain anglais de stabiliser le nord de l'Aquitaine en faisant basculer l'Angoumois, toujours hostile aux Plantagenêt, dans les mains d'une maison fidèle.
La mort de Richard Cœur de Lion, à Chalus, le ..., ouvre une période de grande confusion et de succession entre les partisans d'Arthur, duc de Bretagne et neveu de Richard, et Jean d'Angleterre, comte de Mortain, frère cadet de Richard.. Au cours du même mois Aymar, comte d'Angoulême, et son demi-frère portent leur soutien au jeune duc de Bretagne et à .. Les Lusignan choisissent de soutenir le dernier fils d'Aliénor d'Aquitaine. Au centre de ce jeu d'alliances, l'enjeu est le contrôle du comté de la Marche et la domination sur le nord du duché d'AquitaineRevendiqué par les Lusignan depuis l'alliance de leur aïeul avec Almodis de la Marche, le comté de la Marche restera leur possession jusqu'aux derniers descendants de la lignée ( puis son frère cadet Guy)..
Le comté de la Marche : une pièce maîtresse de la domination en Aquitaine vignette| En , , pensant ne jamais être investi du comté de la Marche, capture Aliénor d'Aquitaine, lors de son passage sur ses terres, se rendant en Castille, chercher une de ses petites-filles, afin d'établir une alliance matrimoniale avec l'héritier des capétiensLe prince Louis de France, futur ... se fait remettre le comté de la Marche par la reine pour prix de sa libération.
Le à Caen, prête hommage au roi Jean sans Terre pour le comté de la Marche. Son frère cadet, , fait de même pour le comté d'Eu qu'il tient de son épouse Alix.. est désormais à la tête d'un puissant réseau familial et féodal : Marche, fiefs mélusins et bientôt Angoumois seront dans la même main. Cela donne potentiellement naissance à l'une des plus importantes possession territoriale du centre ouest de la France : un affaiblissement pour la souveraineté ducale. Le souverain Plantagenêt ne va pas tarder à réagir.
En , Jean sans Terre, successeur de Richard, voyant le danger de cette union épouse la jeune Isabelle Taillefer. Les Lusignan, floués, font alors appel au roi de France pour obtenir justice. Comme Jean sans Terre refuse de se présenter à son suzerain pour répondre de ses actes, Philippe Auguste prononce la commise des biens du Plantagenêt en France, le .... Pour concurrencer les prétentions de Jean sans Terre et d'Isabelle sur l'Angoumois, épouse la cousine d'Isabelle : Mathilde d'Angoulême., fille unique du comte (♰ 1181) que ses oncles (♰ 1186) et (v. 1160-1202). ont spolié du comté d'Angoulême au décès de son père.
À partir de ces événements, le lignage Lusignan sera hostile à la politique du souverain Plantagenêt en Aquitaine.. Cela sera le cas jusqu'en 1214, où pour secourir , et ses fils, assiégés dans Vouvant, et négocieront leur ralliement entraînant celui de leurs autres parents..
Le retour dans le giron des ducs d'Aquitaine Le traité de Parthenay (1214) Le conflit entre les Lusignan et le duc d'AquitaineJean sans Terre, duc d'Aquitaine (1199-1216). aboutit au traité de Parthenay en . Une alliance est scellée entre les deux familles : est fiancé à Jeanne d'AngleterreFille de Jean sans Terre et d'Isabelle d'Angoulême.. Alors âgée de quatre ans, Jeanne est confiée à la garde du comte de la Marche et à . reçoit en bail la Saintonge et l'île d'Oléron.. Jean sans Terre renonce au comté de la Marche et renonce aux prétentions qu'il pouvait exercer, au titre de son épouse Mathilde, sur celui d'Angoulême.. Il en est de même pour les châteaux de Bouteville et de Châteauneuf qui devaient composer la dot de Mathilde..
La bataille de la Roche-aux-Moines (1214)
À la suite du traité de Parthenay, est présent aux côtés du roi Jean à la bataille de la Roche-aux-MoinesProche de l'actuelle commune de Savennières, Maine-et-Loire., le , en compagnie d', vicomte de Thouars., et de Savary de Mauléon... C'est une défaite pour Jean et ses alliés, quelques jours avant celle de Bouvines en Flandre... Le règlement du conflit, entre les deux royaumes, est acté le par le traité de Chinon.. En à Parthenay et , leur fils et neveu , sont signataires de la trêve, d'une durée de cinq années, pour le camp anglais...
Cinquième croisade
Récemment élu pape, relance l'appel avorté de son prédécesseur d'une nouvelle croisade en 1216. avait pris la croix dès 1213, à la suite du concile du Latran, et se voit à nouveau sollicité par le pouvoir pontifical qui le cite à l'appel.
En , , comte de la Marche, embarque à Gênes pour participer à la cinquième croisade. Il débarque à Damiette, en Égypte, le en compagnie de son frère . qui avait pris la croix récemment. Les frères Lusignan participent au siège de Damiette et ont surement été en contact avec l'épidémie qui s'est propagée dans le camp des croisés.... retourne en France au printemps 1219 et décède le à Melle..
Décès et sépulture
, comte de la Marche, décède à Damiette le ; probablement de maladie. Il se fait inhumer dans le cimetière de l'abbaye de Grandmont, à proximité de Limoges...
Mariages et descendance Première union eut d'un premier mariage avec une inconnue : (v. 1182-), seigneur de Lusignan, comte de la Marche. En 1220, épouse Isabelle Taillefer, comtesse d'Angoulême et reine consort d'Angleterre, veuve de Jean sans Terre en 1216 ; Un(e) inconnu(e) (?-av. 1225), d'une union qui demeure inconnue (similaire ou différente de la précédente) ou d'une relation. Ce ou cette inconnu(e) eut à son tour : Agathe (av. 1211-1226), mariée à l'un des fils de Porteclie., seigneur de Mauzé et de Marans. ; Inconnu (♰ 1236), tué ou noyé lors d'une émeute anti-étudiants à Orléans le .
Mathilde d'Angoulême À une date inconnue, vers 1200 ou 1201, épouse en secondes noces Mathilde d'Angoulême (av. 1181-ap. ), fille unique de (v. 1148-1181), comte d’Angoulême (1180-1181), et d'Isabelle d'Amboise (♰ entre ap. et av. ).. Héritière du comté d'Angoulême, Mathilde est spoliée et dépossédée par ses oncles : , comte d'Angoulême (1181-v. 1194), et Aymar (père d'Isabelle), comte d'Angoulême (1194-1202). Longtemps protégée par le roi Richard Cœur-de-Lion en personne (ennemi des Taillefer, des Rancon et des vicomtes de Limoges, ces derniers étant pro-français)., Mathilde d'Angoulême ne recouvrera cependant jamais ses possessions.
De son mariage, avec Mathilde d'Angoulême, n'a pas de postérité connue.
Il semble très peu probable qu' soit le fils de Mathilde d'Angoulême., seconde épouse d' et cousine germaine de la comtesse-reine Isabelle. Un document qui atteste que Mathilde était encore en vie en suggère fortement qu'elle n'était pas la mère d'. Ce document est une déclaration de Juhel de Mathefelon (alias de Mayenne), archevêque de Tours puis de Reims, informant qu'un accord a été conclu entre Mathilde, fille de et veuve d', comte de la Marche, et Isabelle, reine d'Angleterre, comtesse de la Marche et d'Angoulême : Mathilde abandonne à Isabelle et à son mari, , et à leurs héritiers, ses droits sur le comté d'Angoulême et ses droits de douaire sur le comté de la Marche en échange d'une rente annuelle de 500 livres tournois à laquelle Isabelle ajoute 500 livres tournois en argent comptant. Pour garantir l'accord, Mathilde accepte d'être excommuniée par les archevêques de Tours et de Bordeaux et les évêques de Poitiers, Angoulême et Saintes au cas où elle viendrait à l'enfreindre....
Tandis que le document mentionne Mathilde et à plusieurs reprises, il ne suggère pas de lien de sang entre eux. Si Mathilde avait été la mère de , il semble extraordinaire que ce fait ne soit à aucun moment mentionné.
Sceaux et armoiries
Sceau alt=|vignette| Avers : Rond, .....
Description : Type équestre de chasse à droite, le cheval au pas, le cavalier tête nue, vêtu d'une cotte, tenant de la main gauche une fleur de lys et de la droite un chien sur la croupe du cheval.
Légende : ✠ SIGILLVM...
Contre-sceau : Rond, ..
Description : Type équestre de chasse à droite, le cheval au pas, le cavalier tête nue, vêtu d'une cotte, tenant de la main droite un chien aux oreilles pendantes, debout sur le dos du cheval, qui semble aboyer.
Légende : ...IGNIACO ✠
Sceau vignette| Avers : Rond, .....
Description : Type équestre de chasse à droite, le cheval au pas, le cavalier tête nue, vêtu d'une cotte et d'un surcot ample orné de bandes contrastantes, tenant les rênes de la main gauche ramenée devant lui, et, de la droite un chien debout sur le croupe du cheval. Dans le champ en haut à droite, un cor.
Légende : détruite.
Contre-sceau : Rond, ..