Pluméliau est une ancienne commune française située dans le département du Morbihan, en région Bretagne. Elle a fusionné avec Bieuzy en 2019 au sein de Pluméliau-Bieuzy.
Géographie Localisation left|thumb|Plan de la commune.
Relief et géologie Les altitudes au sein du finage communal sont les plus élevées dans la partie sud (158 mètres au niveau de l'échangeur de la D 768 desservant Pluméliau à partir du sud, et 155 mètres près de Trivelin) ; elles s'abaissent jusqu'à 29 mètres dans la vallée du Blavet et jusqu'à 59 mètres dans celle du Frémeur. Le bourg est entre 110 et 120 mètres d'altitude. L'ensemble du territoire communal est très vallonné et certains escarpements assez marqués, notamment le long de la vallée du Blavet qui coule, encaissé souvent d'une cinquantaine de mètres, voire plus, par rapport au plateau avoisinant ; son versant est souvent pour cette raison resté boisé. L'escarpement le plus remarquable est celui de la rive concave du Blavet, à hauteur du méandre de Castennec, très pentu et haut de près de 80 mètres ; la rive concave du méandre de Kerroc'h, situé plus en amont, est aussi très pentue, présentant un dénivelé d'une soixantaine de mètres.
Hydrographie left|thumb|Le Blavet à Saint-Nicolas-des-Eaux. Pluméliau est limité à l'ouest par le Le Blavet, qui séparait Pluméliau de la commune de Saint-Bieuzy avant leur fusion, notamment au niveau du méandre de Castennec et au nord-ouest par le ruisseau de Poulfanc, affluent de rive gauche du Blavet, qui fait limite avec Saint-Thuriau ; au sud-ouest un autre très modeste affluent de rive gauche, le ruisseau de Saint-Thuriau [il s'agit d'un autre Saint-Thuriau, un hameau de la commune de Saint-Barthélemy] sépare Pluméliau de Saint-Barthélemy. Le Blavet coule à 52 mètres à son entrée sur le territoire communal et à 37 mètres à sa sortie de la commune. Le Blavet près de Saint-Nicolas-des-Eaux
Au sud-est l'Ével, affluent de rive gauche du Blavet (mais qui conflue avec celui-ci nettement plus en aval) fait un temps limite avec la commune de Remungol, de même que son propre affluent, le Frémeur, dont le bassin de réception, qui comprend plusieurs petits cours d'eau dont le ruisseau de Kerjégu, se trouve dans la commune est et sud-est du finage de Pluméliau. Au nord-est, c'est le ruisseau de Kergouët, autre affluent de rive droite de l'Ével, qui forme limite avec Remungol.
Paysages et habitat
Pluméliau présente traditionnellement un paysage agraire de bocage avec un habitat dispersé en hameaux et fermes isolées ; les principaux hameaux sont Saint-Nicolas-des-Eaux, Port-Arthur, Cosquer, Goahlan, Kermaniec, Kerninio, du Pont, Talvern, Sarrouet et Talhouet (liste non exhaustive). Des lotissements ont été construits autour du bourg depuis la décennie 1960, ainsi qu'autour des hameaux de Saint-Thomas, de Kerbrégent, Chapeau Rouge, de Tavern-Nénez et de Saint-Nicolas-des-Eaux, mais, éloignée des grandes villes (la proximité de Pontivy expliquant toutefois la périurbanisation autour du bourg et des hameaux proches de celui-ci), la commune a pour l'essentiel été préservée de la rurbanisation, conservant un aspect principalement rural.
La vallée du Blavet est inhabitée, à l'exception du hameau de Saint-Nicolas-des-Eaux et des maisons éclusières.
Transports thumb|left|Le pont du Strat sur le Blavet (ligne ferroviaire allant d'Auray à Napoléonville [Pontivy], communes de Pluméliau et Bieuzy, photographie de Jules Duclos). La commune est traversée par la D 768 (ancienne Route nationale 168) qui vient de Baud (où un échangeur la relie à la voie expresse RN 24 en direction de Lorient) et est elle-même aménagée en partie en voie expresse, même si cet aménagement s'arrête avant Pontivy. Cette route passe à l'ouest du bourg, desservi par la D 1 qui vient de Locminé et Remungol, traverse le Blavet à Saint-Nicolas-des-Eaux, et continue son tracé en direction de Bieuzy et Guern.
La ligne ferroviaire d'Auray à Pontivy, mise en service en 1864, traverse la commune de part et d'autre du méandre de Castennec en longeant plus ou moins la vallée du Blavet et en passant par Saint-Nicolas-des-Eaux ; la commune était desservie par la Gare de Saint-Nicolas-des-Eaux, fermée depuis 1949 pour le service voyageurs et à la fin du pour le trafic marchandises.
Le Blavet canalisé (à partir de 1827) reste ouvert à la navigation.. Mais l'escarpement des rives (des falaises abruptes d'une trentaine de mètres le plus souvent) font qu'il n'a pas suscité le développement économique et notamment touristique espéré, sauf à Saint-Nicolas-des-Eaux où un port fluvial à vocation touristique de modeste importance a été aménagé. Neuf des vingt-trois écluses du Blavet se trouvent sur le territoire de Pluméliau (d'amont vers l'aval : Le Divit, Rimaison, Kerbecher, Le Guern, Saint-Nicolas, la Couarde, Gamblen, Moulin Neuf et Boternau). Le Blavet au niveau du méandre de Castennec
Toponymie Le nom de la localité est mentionné sous les formes Ploemelieu en 1427 ; Ploemeliau en 1448 ; Ploemilliau en 1464 ; Plomeliau en 1477 ; Plomelliau en 1481 ; Ploemiliau en 1513 ; Plumeliau en 1536..
Pluméliau, Pluniav en breton, se décompose en Plou (la terre, la paroisse, le terroir) et Meliav, saint ou, plus probablement, chef breton semi-légendaire.
Histoire Antiquité Aucune preuve archéologique n'est venue à ce jour attester le séjour des Celtes sur le territoire de la commune. De la présence des Romains subsistent des tronçons de la voie romaine passant par Kermaniec, Tyavel et Kerninio en venant de Castennec (en Bieuzy) ; elle venait de Darioritum (Vannes) et se dirigeait vers Vorgium (Carhaix).
Moyen Âge Les Bretons prirent possession de la région au et y introduisent leur langue et leurs coutumes. Un de leurs chefs sera élevé à la sainteté et verra son culte se développer à travers la Bretagne et aura un sanctuaire à sa dévotion à Pluméliau. Il s'agit de saint Miliau connu aujourd'hui sous la graphie de saint Méliau, comte de Cornouaille, assassiné en 531.
Pluméliau était autrefois une paroisse remontant au à l'époque de saint Méliau et comprenant l'actuelle commune de Pluméliau avec sa Trève de Saint-Nicolas-des-Eaux, Remungol, Moustoir-Remungol, elle était rattachée au doyenné de Porhoët.
Au , la Bretagne est envahie par les Normands qui ravagèrent tout sur leur passage
En 1120, l'abbaye Saint-Florent de Saumur, reçoit de Hervé, fils de Jagu, les terres de Saint-Nicolas-des-Eaux, ainsi que le tiers de sa dîme, la dîme de la vigne, du verger et du marché de Pluméliau, un moulin avec sa terre entourée d'eau de l'assentiment de son épouse, dame Orguen. Il ne fut pas le seul donateur puisqu'un fils d'Audren, prénommé Eudon offrit aux religieux, une parcelle du cimetière. Les deux donateurs autorisant les moines à prélever dans leur bois, autant qu'il leur faudra pour construire les bâtiments du prieuré, le logis de l'abbé et le bois nécessaire au chauffage et au fonctionnement du four à pain, exception faîte des bois du Plessis et de Bannalec-des-Fez. Ils y ajoutèrent des pâturages, taillis et pailles. Don fait au cloître du prieuré Saint-Martin de Josselin. en présence de Pierre de Gualon, évêque de Léon, les moines Anger et Brient, religieux de Saint-Florent de Saumur, maître Arscoët de Noyal. L'évêque de Vannes : Morvan, l'archidiacre Raoul, le chapitre de Vannes et les prêtres de Pluméliau, Guinguen et Rialen concèdent le soin des âmes et les droits casuels au même moment pour la fondation de ce prieuré, à la dite abbaye.
La principale seigneurie de Pluméliau était celle des Kerveno, connue dès le , réunie en 1572 avec les seigneuries de Baud et de Menéguen pour former la baronnie de Baud-Kerveno, érigée en marquisat de Baud-Kerveno en 1624. ; ce marquisat passa en 1734 aux mains de la famille de Lambilly. Mais la seigneurie de Rimaison, située en Bieuzy, possédait aussi de nombreuses terres dans la paroisse de Pluméliau.
Selon un aveu de 1471, Pluméliau était, au sein de la Vicomté de Rohan, une des 46 paroisses ou trèves de la seigneurie proprement dite de Rohan..
Époque moderne thumb|Pluméliau en 1789 (Carte de Cassini). Au mois de janvier 1608, la terre fut si gelée que les bêtes et les hommes ne pouvaient marcher sur le solRegistre des baptêmes, mariages et sépultures.
La paroisse de Pluméliau, dont dépendait la trève de Saint-Nicolas-des-Eaux (sa chapelle était à la fois tréviale et prieurale), était un des meilleurs bénéfices du diocèse, rapportant par exemple en 1619 un revenu annuel de livres à son recteur (alors Jean Gentil, aumônier de l'évêque de Vannes), principalement grâce aux dîmes prélevées à la 33e gerbe dans cette paroisse fort étendue. L'église paroissiale fut reconstruite en 1696..
Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Pluméliau en 1778 :
Juste avant la Révolution, Pluméliau était, avec Pontivy, Locminé et Plouguernével, une des quatre paroisses du futur arrondissement de Pontivy disposant d'une école. Celle-ci avait deux maîtres ecclésiastiques et environ 50 élèves. On n'y enseignait qu'à lire et à écrire. Une fondation pieuse en payait les frais..
Révolution française Yves Le MercierYves Le Mercier, né vers 1725, décédé en janvier 1791 à Pluméliau. fut recteur de Pluméliau de 1771 à sa mort en 1791 ; il fut remplacé par un recteur constitutionnel, François Robo. « La population l'accueillit fort mal. L'assermenté accusa naturellement les prêtres insermentés de Pluméliau de lui causer ces embarras sans cesse renaissants ». Le , le conseil municipal de Pluméliau demanda l'éloignement du clergé réfractaire (4 prêtres : Le Turnier, Talmon, Morvan, Busson et un clerc tonsuré, Le Clainche) ; menacés d'être enfermés à la citadelle de Port-Louis, ils se cachèrent et disparurent. Le , une pétition signée par « quarante des principaux habitants de Pluméliau, au nom de la majeure partie de leurs concitoyens, protestèrent », demandant en vain le rappel des prêtres réfractaires.
Le , une foule de paysans attaqua les patriotes dans le bourg de Pluméliau et un détachement de la garde nationale de Pontivy est battu par des paysans insurgésJean Rohou, "Catholiques et Bretons toujours ? (essai sur l'histoire du christianisme en Bretagne)", éditions Dialogues, Brest, 2012, ; une vingtaine de soldats républicains furent massacrés.
Le , des soldats trouvèrent Le TurnierJoseph Le Turnier, né le à Kerbédic en Baud. (l'un des prêtres réfractaires de la commune) et le tuèrent dans la lande de Saint-Hilaire près de la croix de Boternau, à proximité de la chapelle de Saint-Hilaire. dont il avait été le desservant..
En 1799, des bandes royalistes, formées en bonne partie d'hommes de Pluméliau, Grand-Champ, Pluvigner, Plumergat, etc. formèrent un rassemblement de 5 à hommes.. Le le bataillon chouan de Pluméliau (dépendant de l'Armée catholique et royale), commandé par Julien GuillômeJulien Guillôme, né le à Pluméliau, prêtre (il fut recteur de Melrand en 1810, puis curé-doyen de Grand-Champ en 1818), décédé le à Grand-Champ., dit "Le Grand Alexandre"., et Mathurin Le SergentMathurin Le Sergent, né le à Pluméliau, capitaine chouan, décédé le à Guénin., participa, aux côtés des hommes de Bignan commandés par Guillemot, à une attaque contre les Bleus à Locminé..
Le thumb|Pluméliau ː plan cadastral de 1829 (tableau d'assemblage). Le cinq chouans armés furent vus dans le bourg de Moustoir-Remungol. Le lendemain ils se réunirent à Naizin au nombre de quinze et tirèrent plusieurs coups de fusil. Le Courrier du Midi écrit que « l'inquiétude renaît dans les campagnes, où les réfractaires et les anciens chouans reparaissent de nouveau (...) ; on assure que Guillemot les dirige dans le nord du département du Morbihan ». Le même journal écrit que « les chouans commencent à reparaître dans [le] département ; il y a peu de jours, dix-neuf hommes, armés de fusils, pistolets et poignards, ont parcouru le bourg de Saint-Nicolas, près le Blavet. Au bâtiment de l'éclusier, ils ont forcé le sieur Templier de leur remettre son fusil à deux coups »..