Le château de Châtillon est un ancien château fort, du , remanié à plusieurs reprises, dont les ruines se dressent sur la commune française de Châtillon-sur-Cluses dans le département de la Haute-Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Entre les , il est le siège d'une châtellenie regroupant treize paroisses, puis centre du bailliage de Faucigny.
Localisation Les vestiges du château de Châtillon sont situés dans le département français de la Haute-Savoie sur la commune de Châtillon-sur-Cluses, sur un rocher calcaire en éperon, à d'altitude... Il contrôlait le col de Châtillon (), à l'intersection des routes allant d'une part de Cluses à Taninges et de Samoëns à Bonneville et occupait une position centrale au cœur de la province du Faucigny entre les vallées du Giffre et de l'Arve.
Le rocher sur lequel était installé le château se poursuit , portant le nom de « Cuar ». Cette colline arrondie permet d'avoir une vue d'ensemble sur la vallée de l'Arve.
Historique Le mamelon du « Cuar » aurait été le site d'une fortification antérieure, probablement en bois. Le château pourrait avoir existé, selon l'archéologue suisse Louis Blondel (1956), dès le , même si la première mention remonte à un acte de 1222 (présentation en ligne ou numérique REG 0/0/1/596)...
Forteresse faucignerande Il semble être entre les mains de la famille de Châtillon, qui pourrait être selon Blondel, les Faucigny-Châtillon, une branche cadette de la maison de Faucigny., connue depuis la fin du .. Blondel indique Deux membres, Alinard de Châtillon et son fils Turumbert, sont mentionnés comme témoins, dans un acte de 1178 (présentation en ligne ou numérique REG 0/0/1/402).. Un Giraud/Girard, chevalier, est dit vidome de Châtillon en 1210 (présentation en ligne ou numérique REG 0/0/1/518)..
Le château devient , où des actes sont nomment passés. Vers 1200 abandonne le château ancestral de Faucigny pour s'y installer. y rédige son testament en 1234., après avoir fiancé la même année sa fille Agnès de Faucigny à dans la chapelle castrale.. Leur fille Béatrice de Faucigny y sera également fiancée en 1241, toujours dans la chapelle, au dauphin de Viennois, . de Savoie y fera d'importants travaux en 1260. Le même, en 1263 en améliore les fortifications. Une partie des hommes est alors fournie par l'abbaye d'Aulps pour ses propriétés situées dans la châtellenie de Châtillon.
Le château devient le centre d'une châtellenie, puis plus tard d'un mandement comprenant Châtillon et Cluses. Elle devient le centre du bailliage de Faucigny au , en remplacement de Bonne. À partir de 1357, lorsque le mandement devient celui de Châtillon et Cluses, le bailli réside plus souvent dans le bourg de Cluses.
Forteresse savoyarde Le traité de Paris du ramène le château dans le giron savoyardSelon Salch le château est acquis en 1335 par la maison de Savoie. Ceci semble surprenant car possession des Dauphins, il doit échoir avec les terres du Dauphiné à la suite de la cession de ce dernier au roi de France (cession du 31 mars 1349) ; il doit y avoir une erreur avec la date de 1355. .. Il subit d'importants travaux en 1360 et entre 1366 et 1372. Les comtesses de Savoie, Bonne de Bourbon et Bonne de Berry, y résident occasionnellement. Cette dernière, vers 1380, fait construire une nouvelle tour. Le dernier héritier de Béatrix, Jean de Chalons-Arlay fait don le du château au duc de Savoie , qui y nomme un châtelain. Le château fera de nouveau l'objet de travaux au .
Il est pris en 1492 par les « Robes Rouges » ; paysans en révolte menés par Jean Gay de Megève qui comme signe distinctif revêtent une robe rouge. Le duc de Savoie les en expulse. Au le château ne sert plus guère que comme prison. En 1530, le duc de Savoie inféode le château à la famille de La Palud.
Destruction du château Selon la tradition, le château aurait été détruit lors du conflit de 1589, lorsque le duché de Savoie subit l'invasion de ses voisins Bernois et Genevois.. Cependant il n'existe aucune preuves de leur avancée jusqu'à cette partie de la vallée.
Il semble . Le château est peu à peu abandonné et, par manque d'entretien, tombe en ruines. Il sert très probablement de carrière de pierres aux habitants des environs.
En 1699, l'inféode au profit de Joseph Martin du Fresnoy (Dufrenoy), qui porte désormais le titre de marquis.. Cette inféodation est accompagnée d'un certain nombre de prérogatives qui pour les seigneuries de Cluses et de Châtillons étaient de Louis-Étienne Piccard, « Inféodation des seigneuries de Cluses et Châtillon en faveur de Joseph Dufresnoy (1699) », pp. XXXV à XXXVIII in Mémoires et documents (t.22), Académie chablaisienne, 1908, cité par .. En 1769, à la mort de Louis du Fresnoy (Dufrenoy), marquis de Cluses, baron de Châteaufort et seigneur de Chuet/Chuyt, dernier héritier de la famille, ses biens passent à son neveu, Joseph Planchamp, qui hérite du marquisat et des ruines de Châtillon..
Description Le château était constitué de plusieurs enceintes comprenant le château proprement dit, des maisons nobles, la cure et la chapelle castrale, qui deviendra l'église paroissiale. Bien qu'il ne reste que des vestiges de cette forteresse, leur importance permet d'avoir une idée de l'ensemble de ce que pouvait être le château vers les . Par ailleurs, la conservation de rouleaux des comptes de châtellenies ont également permis de compléter les observations archéologiques.
Le château s'organisait ainsi en deux parties : le plain-château, l'enceinte basse, dans lequel se trouvait la chapelle castrale (voir ci-après), puis deux cours successive dans lesquelles se trouvaient la demeure seigneuriale., puis enfin le donjon. Ainsi cette forteresse comportait par trois enceintes successives. L'archéologue suisse Louis Blondel propose notamment un plan du château, reproduit également dans l'ouvrage Histoire des communes savoyardes (1980).
Le plain-château et la chapelle castrale L'accès au château et à la première enceinte se fait par un chemin sur une pente raide. Cette première partie était constitué du plain-château, de la chapelle castrale.
La chapelle est mentionnée pour la première fois en 1150 dans un acte de confirmation dans lequel est stipulé que l'église reste la possession du prieuré de Contamine-sur-Arve (présentation en ligne ou numérique REG 0/0/1/325).. Elle semble rendue à l'évêque de Genève, à la suite d'une sentence de l'année 1198 (présentation en ligne ou numérique REG 0/0/1/470)..
Le cimetière était accolé sur la partie est du mur extérieur, de la première enceinte.
La demeure seigneuriale et le donjon La seconde et la troisième enceinte comprenait la demeure seigneuriale, sur le bord de la deuxième cours et le donjon.
La deuxième comprenait une tour carrée qui protégeait l'accès au château. Une montée assez raide permettait d'atteindre la porte de la dernière enceinte qui abritait la cour et le logis seigneurial. L'appartement du seigneur se trouvait au deuxième étage, sur le même niveau que la grande salle. Ces deux pièces étaient équipées d'une cheminée.
À son extrémité orientale subsistent les vestiges d'un donjon roman de de côté dressé face à l'attaque. La base de cet édifice est encore observable et a permis d'estimée sa construction . Son usage était réservé à la surveillance, peut être de réduit.
La troisième tour construite par Bonne de Berry entre 1379-1380 devait se trouver probablement au nord du donjon.
Le belvédère du « Cuar » La colline du Cuar était séparée de la forteresse par un fossé. Cette dernière était creusée dans la roche même. Elle peut avoir supporté à l'origine une fortification.
Ce belvédère a été transformé en jardin avec des terrasses.
Châtellenie de Châtillon et Cluses Organisation Le château de Châtillon est le centre d'une châtellenie (ou mandement), mise en place à partir du ., dite dans les documents mandement ou châtellenie de Châtillon puis, à partir de 1357, mandement de Châtillon et Cluses ou Cluses et Châtillon (peut être à la fin du siècle précédent). Elle est considérée comme .
Le Faucigny est organisée autour de neuf châtellenies à la fin du dont Châtillon occupait le rang dans l'ordre de préséance, selon l'ancien inventaire des titres du Faucigny (1431), cité notamment par le chanoine Jean-Louis Grillet (Volume 2, lire en ligne)..
Durant la période delphinale, le Faucigny serait organisé (à partir de 1342-1343) autour de quinze châtellenies, dont Châtillon..
Au cours de la première partie du , la baronnie du Faucigny est à nouveau réorganisée autour de dix-sept châtellenies (lire en ligne)..
Le château est également le centre du bailliage de Faucigny.. En 1357, elle prend le nom de Châtillon et Cluses. Cluses devient le lieu de résidence du bailli.
Les paroisses dépendantes de la châtellenie, au , sont Fleyrier, Ognion et Mieussy, qui forment un premier ensemble, et Cluses, Scionzier, Saint-Sigismond, Arâches, Châtillon-sur-Cluses, Thyez et Marignier, pour le second..
Au , les armes du mandement de Cluses se blasonnaient ainsi : une croix d’or en champ d'azur..
Châtelains Dans la baronnie de Faucigny, puis dans le comté de Savoie, le châtelain est un ... Il est chargé de la gestion de la châtellenie ou mandement, il perçoit les revenus fiscaux du domaine, et il s'occupe de l'entretien du château.. Le châtelain est parfois aidé par un receveur des comptes, qui rédige « au net […] le rapport annuellement rendu par le châtelain ou son lieutenant »..
Les châtelains portent également, durant la période savoyarde, la charge de bailli de Faucigny.
Administration faucignerande :
administration dauphinoise, puis française avt 1309-1340 : inconnus. Châtelain indiqué, mais sans nom, dans un acte de 1309, de la dame de Faucigny, Béatrix, et Hugues DauphinActe du publié dans . ; v. 1340 : Thibault de Châtillon, co-seigneur ;
administration savoyarde - (également receveur) : Pierre Dameysin ; - (également receveur ) : Nicod François, ancien bailli du Bugey et de Novalaise, puis bailli de Faucigny durant la période. ; - (également receveur) : Jacques de Mouxy ; - (également receveur) : Humbert de Savoie ; - : Jean de Clermont, seigneur de Saint-Pierre de Soucy ; - (également receveur) : Viffrey de La Croix, bailli de Faucigny ; - : Étienne Bouduy, originaire de Bonne ; - : Hugonin (Hugues ?) de Lucinge, bailli de Faucigny, également châtelain de Rumilly-sous-Cornillon (1411-1417), puis de Bonneville (1415?-1419) ; - (également receveur) : Gaspard de Montmayeur, seigneur de Villard-Sallet, de Montmayeur, de Briançon, d'Oron et Palézieux, maréchal de Savoie, gouverneur et bailli de Faucigny ; - : Claude de Saxe, seigneur de la Ravoire ; - (également receveur) : Boniface de Saxe, bailli de Faucigny ; - : Guillaume de La Forest ; - : Jacques de Challand ; - (également receveur) : Humbert de la Ravoire, seigneur d'Aix et d'Yvoire ; - : Jacques de Challand, seigneur d'Aymeville ; - : Guillaume de Genève, bailli de Faucigny ; - : Pierre de La Frasse ; - (également receveur) : Pierre de Bourbon, bailli de Faucigny ; - : Philibert Philippe, fils de François de la Pallud, comte de la Roche ; - : Guillaume de Genève, seigneur de Lullin ; - : François de Langin, seigneur de Veygier ; - (également receveur) : comte François de Gruyère, maréchal de Savoie (1465), bailli de Faucigny ; - (également receveur) : Bernard de Menthon ; - (également receveur) : Amé (Amed) de Viry, seigneur de Rolle ; - : Jacques de Mandallaz ; - (également receveur) : baron Amé (Amed) de Viry ; - : Louis Bonivard, bailli de Faucigny ; -1530 (également receveur) : Claude de Balleyson (Ballaison), bailli de Faucigny ;
Administration de l'apanage de Genevois (1502-1659) 1530 : Noble Claude-Jacques de Bardonenche ; 1530-1531 : Noble Antoine de Bellegarde ; 1532 : Noble Aymon Puthod ; 1534--: Noble Claude-Jacques de Bardonnêche, seigneur de Folliet ; 1543-1544 : Noble Claude-Jacques de Bardonenche ; 1545-1555 : Noble Charles François de La Frasse ;