thumb|Monument de Laviolette, fondateur de Trois-Rivières. Musée national des beaux-arts du Québec. L’histoire de Trois-Rivières, fondé par Laviolette le , est celle d'un carrefour de fréquentation par les Amérindiens, d'un poste de traite des fourrures, et finalement d'une ville industrielle qui devient le chef-lieu de la Mauricie.

Les origines thumb|Compagnie des Forges Saint-Maurice. Peinture, Les Forges du Saint-Maurice, Henry Richard S. Bunnett, 1886, Huile sur toile, . thumb|Armoiries de Trois-Rivières 1857 à 1959. Devise : Deus Nobiscum Quis Contra / Si Dieu est avec nous qui sera contre nous.

À l’origine, le site de Trois-Rivières était fréquenté par des autochtones de la grande famille algonquine. En raison de sa situation sur deux axes importants (rivière Saint-Maurice et fleuve Saint-Laurent) les autochtones avaient déjà choisi les lieux pour procéder au troc de fourrures avec les Français. En 1635, le père Le Jeune rapporte avoir trouvé des vestiges d'une ancienne palissade qui aurait été incendiée par des Iroquois. Cette construction date donc d'avant l'établissement officiel de 1634. Cependant, comme Samuel de Champlain, qui s'y était rendu souvent depuis 1608, ne parle pas dans ses "Voyages" de l'existence d'une bourgade à cet endroit ni de vestiges de cette-ci, cette construction et sa destruction devaient donc être récentes.

Le , l’explorateur Jacques Cartier décrit le site. Il nomme la rivière Saint-Maurice rivière de Fouez en l'honneur de la maison de Foix et fait ériger une croix sur la pointe de l'île Saint-Quentin. En 1599 raconte Champlain, le capitaine François Gravé s'était rendu à Trois-Rivières, dont le nom était déjà connu et qui fut nommé ainsi en raison d'une illusion créée par le delta formé par des îles à travers lesquelles débouchait la rivière dans le fleuve.

Le nom de Trois-Rivières (prononcé ), qui date de la fin du , a été qualifiée d'« imposture », notamment par l'ingénieur militaire français Louis Franquet. : il renvoie en fait aux trois chenaux ou branches du delta que la rivière Saint-Maurice. forme autour de plusieurs îles, dont deux principales débouchent dans le Saint-Laurent, l'île La Poterie. et l'île Saint-Quentin. ; ce mythe a été possiblement inventé du fait que chaque rivière correspondait aux premières nations de la région qui faisaient du commerce en ces lieux : Iroquois (par le Kaniatarowanenneh) Atikamek (par la Métabéroutin) Algonquin (par la Wôlinaktegw).

La ville occupe un emplacement connu des Français depuis 1535, lorsque Jacques Cartier, dans un voyage le long du Saint-Laurent, s'y arrête pour planter une croix sur l'île Saint-Quentin. Cependant, le nom « Trois-Rivières » n'est employé pour la première fois qu'en 1599, année durant laquelle François Gravé s'y rend, comme le relate Samuel de Champlain dans ses Voyages, lequel confirmera ce nom en 1603 dans sa brochure intitulée « Des Sauvages ».

C'est, entre autres, pour honorer une promesse faite à Capitanal, un chef Algonquin (Montagnais) dont le père avait combattu aux côtés de Samuel de Champlain que ce dernier mandata LavioletteServices aux citoyens - FAR Histoire de Trois-Rivières - Laviolette pour établir une habitation au lieu-dit des Trois-Rivières afin principalement d'y faciliter le commerce. Partis le de Québec, Laviolette et ses hommes arrivèrent le , décrété jour de la fondation.

En , environ trois cent cinquante Agniers descendirent au poste des Trois-Rivières afin d'obtenir des Français un cadeau de « trente bonnes arquebuses », ce qui, contrairement aux Hollandais de fort Orange, leur fut refusé.

D’abord comptoir de commerce, Trois-Rivières va ensuite développer une triple vocation qu’elle va conserver au fil des siècles : siège de gouvernement, ville d’éducation et cité industrielle.

Siège d’un gouvernement régional à partir de 1665, Trois-Rivières connaîtra la Conquête britannique mais n'en souffrit pas comme la ville de Québec, et même une brève occupation américaine, qui se terminera par la défaite des « Bostonnais », aux portes de la ville, en 1776.

Au fil des ans, Trois-Rivières consolidera sa vocation de chef régional en devenant le siège d’un district judiciaire (1792) et d’un évêché (1852).

Sur le plan de l’éducation, des missionnaires enseignants vont se présenter sur le site de Trois-Rivières dès 1617, c’est-à-dire avant même la fondation de la ville. Avec l’arrivée des religieuses ursulines, en 1697, une première maison d’enseignement verra le jour et plusieurs autres suivront, jusqu’à l’ouverture de l’Université du Québec à Trois-Rivières, en 1969.

Sur le plan économique, après l’ère des coureurs des bois et du commerce de la fourrure, Trois-Rivières deviendra ville industrielle quand vont entrer en production les Forges du Saint-Maurice, fondées en 1733 par M. de Francheville. Cette fonderie où l'on fabriquait boulets de canon, poêles en fonte, ainsi que divers ustensiles et accessoires de cuisine, a représenté durant une longue période la principale activité économique de la ville. Une centaine d’années plus tard, avec l’exploitation forestière de la vallée du Saint-Maurice, Trois-Rivières va abriter d'abord des scieries, puis enfin des usines de papier. Le transport des billots de bois était alors facilité par la rivière Saint-Maurice qui permettait d'acheminer la ressource de sa coupe à l'usine, par flottaison. C'est ainsi que sont devenus célèbres les techniques de drave et les nombreux draveurs y travaillant. Par la suite, Trois-Rivières est devenue la capitale du papier.

Époque contemporaine

Le terrible incendie qui ravage Trois-Rivières en 1908 détruit la majeure partie de la vieille ville, n'épargnant qu'une dizaine de bâtiments datant du Régime français. Le monastère des Ursulines et le manoir de Tonnancour sont heureusement épargnés. Cela entraîne un réaménagement de la ville, dont l'élargissement et le redressement des rues. La reconstruction du centre de la ville coïncide avec les débuts de l'utilisation d'une nouvelle ligne électrique de haute tension qui a favorisé l'avènement et le développement de nouvelles entreprises, dont celle du textile qui encourage la venue de nouveaux paysans.

À partir des années 1960, Trois-Rivières va diversifier sa base économique en misant sur l’éducation collégiale et universitaire, de même que sur l’animation culturelle et touristique. À ce sujet, la ville peut se vanter d’avoir gardé vivant et rayonnant son centre-ville, qui abrite une intense activité culturelle, dont fait partie le Festival international de la poésie. Elle est aussi une ville de loisir et de sport, qui présente chaque année un Grand-Prix automobile à dimension internationale.

Le Vieux Trois-Rivières est décrété arrondissement historique en 1964.

En 1985, le Festival international de la poésie est créé par une équipe autour de Gaston Bellemare.

En 2002, les villes de Cap-de-la-Madeleine, Sainte-Marthe-du-Cap, Saint-Louis-de-France, Trois-Rivières-Ouest, ainsi que la municipalité de Pointe-du-Lac, ont été fusionnées à la ville de Trois-Rivières, dissolvant ainsi la MRC de Francheville.

Gouvernement des Trois-Rivières

thumb|Carte du Gouvernement des Trois-Rivières.

Le gouvernement desJusqu’au , on disait et on écrivait toujours « des » Trois-Rivières, au pluriel. À l’époque du régime français (1608-1763), tous les documents officiels écrivent « gouvernement des Trois-Rivières ». Voir entre autres dans Marcel Trudel. La Nouvelle-France par les textes, Les cadres de vie, Montréal, HMH, 2003 . Trois-Rivières est l’une des trois divisions administratives du CanadaDe 1608 à 1763, le territoire désigné sous le toponyme Canada se limitait à la vallée du Saint-Laurent. Il ne faut donc pas y lire le pays d’aujourd’hui qui s’étend d’un océan à l’autre. jusqu’en 1764, les deux autres étant le gouvernement de Québec et le gouvernement de Montréal. À l’époque de la Nouvelle-France, la colonie était divisée en cinq gouvernements particuliers : celui de Québec, celui des Trois-Rivières, celui de Montréal, celui de la Louisiane et celui de l'Acadie. Il y eut aussi un projet, qui n’a pas été réalisé, de créer un autre gouvernement, celui de Détroit. Chacune de ces régions était connue sous l’appellation gouvernement parce qu’elle avait à sa tête un gouverneurMarcel Trudel, Histoire de la Nouvelle-France, volume 10, Le régime militaire et la disparition de la Nouvelle-France, 1759-1764, Montréal, Fides, 1999, . Marcel Trudel, Initiation à la Nouvelle-France, Montréal, Éditions Holt, Rinehart et Winston, 1971, . . Le gouvernement des Trois-Rivières est le plus petit des trois gouvernements de la vallée du Saint-Laurent, en superficie et en population.

Histoire

Il ne semble pas exister d’acte promulguant la création des trois gouvernements du Canada sous le régime français (1608-1763). En cela, le modèle d’ici s’apparente à celui de la France. À cette époque, la vallée du Saint-Laurent comptait trois noyaux de peuplement : Québec (à partir de 1608), Trois-Rivières (à partir de 1634) et Montréal (à partir de 1642). Il devint alors nécessaire de créer trois gouvernements. À Trois-Rivières, le premier capitaine à porter le titre de gouverneur est François de Champflour en 1643. Ainsi sont apparus les trois gouvernements de la Nouvelle-FranceDe nombreux auteurs répètent que les trois gouvernements ont été créés en 1663. Ils existaient bien avant 1663 puisque le gouverneur de Trois-Rivières devint en 1648 membre du Conseil de Québec, créé en 1647 et sur lequel siégeait les gouverneurs de Québec et de Montréal. Voir René Beaudoin, « Aux origines de la capitale régionale », dans René Beaudoin (dir.), Rencontrer Trois-Rivières, 375 ans d’histoire et de culture, Trois-Rivières, Éditions d’art Le Sabord, 2009, pages 73-74 ..

Lors de sa création en 1643, le gouvernement de Trois-Rivières ne comptait qu’un seul établissement permanent, le poste de Trois-Rivières. Des seigneuries avaient été concédées autour (fief Hertel en 1633, fief Godefroy en 1633, seigneurie des Jésuites en 1634La ville de Trois-Rivières compte de nombreux fiefs et terres en censive. Voir Daniel Robert, « Naissance de Trois-Rivières », Patrimoine trifluvien, Bulletin annuel d’histoire, Société de conservation et d’animation du patrimoine de Trois-Rivières, numéro 7, juin 1997, pages 6-11 . Voir aussi René Beaudoin, « L’un des plus beaux endroits de tout le pays », dans René Beaudoin (dir.), Rencontrer Trois-Rivières, 375 ans d’histoire et de culture, Trois-Rivières, Éditions d’art Le Sabord, 2009, pages 75-85 ., seigneurie de La Madeleine en 1636, fief Godefroy de Lintot en 1637, seigneurie Dutort en 1637, seigneurie de Batiscan en 1639), d’autres étaient projetées (fief de l’Arbre-à-la-Croix en 1644, fief Marsolet en 1644). Malgré quelques tentatives, personne n’habita ces seigneuries à cause de la menace iroquoise, il faudra attendre 1665 avec l’arrivée du régiment de Carignan-Salières. Le peuplement du gouvernement de Trois-Rivières commencera sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent et à partir de Trois-Rivières en descendant vers l’est, sans doute pour l’unique raison que le reste du territoire était en zone inondable. Trois-Rivières est la première occupée, suivie de Cap-de-la-Madeleine peu après 1640, de Champlain à partir de 1664 ou 1665, de Batiscan à partir de 1666 et de Sainte-Anne-de-la-Pérade à partir de 1667.

En 1648, le gouverneur de Trois-Rivières devenait membre du Conseil de Québec, créé l'année précédente. En 1651, le gouvernement de Trois-Rivières est doté d'une sénéchaussée (tribunal).