Jules Joffrin, né le à Vendeuvre-sur-Barse (Aube) et mort le à Paris, est un ouvrier mécanicien, militant socialiste sous le Second Empire puis membre de la Commune de Paris. Sous la Troisième République, il devient homme politique et l'un des chefs de file des socialistes possibilistes, dirigés par Paul Brousse.

Biographie

Du Second Empire à la Commune Ouvrier mécanicien, Joffrin s’est lancé de bonne heure dans la politique, et, vers la fin du Second Empire, il était connu comme socialiste militant.. Au cours de la guerre de 1870, il se bat dans les rangs des mobiles de la Seine. Ami de l'avocat Eugène Protot, qui dirige le ministère de la Justice, il prit part, comme combattant à la guerre de 1870 et soutient la Commune de Paris. Après la semaine sanglante, au cours de laquelle il a défendu, avec quelques amis, la mairie du arrondissement., le fusil à la main, il fuit en Angleterre, où il partage l’exil des communards pendant onze années.

De retour en France Revenu en France, après l’amnistie des communards, il est candidat malheureux aux élections législatives de 1881 à Saint-Denis et à Montmartre, le quartier des Grandes-Carrières l’envoie siéger, le , au conseil municipal de Paris. Réélu par Clignancourt en 1886 et 1887, il sera vice-président de l’assemblée en 1888 et 1889.

Il adhère au Parti ouvrier socialiste, opposé au Parti ouvrier français dirigé par Jules Guesde.

Relations avec le boulangisme Chef du parti possibiliste, au moment de l’aventure boulangiste, il entame, malgré les souffrances presque intolérables que lui causait le cancer à la bouche, auquel il devait succomber, une lutte énergique contre le boulangisme. En 1888, en réaction à ce mouvement populiste, il crée, avec Georges Clemenceau et Arthur Ranc, la Société des droits de l'homme et du citoyen contre le césarisme et le plébiscite du général Boulanger :

Violemment critiqué par l’extrême-gauche ralliée aux boulangistes, par la voix de son journal L’Intransigeant d’Henri Rochefort, qui, ne voient en Boulanger qu’une occasion de déstabiliser le régime pour prendre le pouvoir, estimant que la position antiboulangisme est une trahison du socialisme, ainsi que par la France, il leur intente un procès pour diffamation, et obtient gain de cause devant les tribunaux.

Candidat face au général Boulanger, dans la deuxième circonscription du arrondissement de Paris, lors des élections de 1889, le général obtient deux mille voix de plus à Joffrin contre à Boulanger., mais voit son élection invalidée par suite de son inéligibilité comme condamné par contumace. Malgré les vives contestations qui se sont élevées contre son élection, Joffrin a fini par être admis à la Chambre, après maintes palabres et une discussion enflammée.

Une fois à la Chambre, Joffrin continue d’être la cible privilégiée des nationalistes. Les boulangistes le poursuivront de leur haine, et son intervention dans une interpellation relative aux secours accordés par le conseil municipal aux grévistes de Cours-la-Ville, en , a donné lieu à des scènes de tumulte telles qu’il a fallu expulser de la salle des séances Paul Déroulède, Lucien Millevoye et Georges Laguerre.

Mort et enterrement vignette|Extrait de l'article 'Concession perpétuelle pour un fumier' où Pierre Martinet critique l'enterrement de Jules Joffrin (21 septembre 1890). Joffrin repousse ces attaques, mais le cancer de la bouche qui le minait l’emporte prématurément, peu de temps après.. Il meurt le à Paris.. Ses funérailles ont été l’occasion d’une grande manifestation, et son cercueil a été suivi par plus de cinquante porteurs de drapeaux rouges, qui ont été déployés sur sa tombe, au cimetière du Père-Lachaise.

Cet enterrement est très critiqué par Pierre Martinet, fondateur de l'anarchisme individualiste, dans son article Concession perpétuelle pour un fumier. Celui-ci y soutient que les socialistes auraient trahi le peuple en soutenant l'État et le capitalisme, ce qui serait visible, selon lui, dans le fait que la police aurait protégé le cortège funèbre de Joffrin, alors qu'un vrai révolutionnaire n'aurait jamais été protégé par la police.

Postérité La place Jules-Joffrin, dans le 18 arrondissement de Paris a été nommée en son honneur, ainsi que la station de métro de la ligne 12 située à proximité de la place éponyme.

En avril 1993, suite à la mort de Makomé M’Bowolé : trois jours d'émeutes ont suivi cette bavure policière, avec pillages et affrontements entre bandes antiracistes et forces de police, sur et autour de cette place.

Notes et références Notes

Références

Sources

Liens externes

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