Un traité d'amitié et d'alliance entre le gouvernement de Mongolie et le Tibet a été signé à Ourga, l'actuelle Oulan-Bator, en Mongolie, le Udo B. Barkmann, Geschichte der Mongolei, Bonn 1999, pp. 119-122, 380f. correspondant au selon le calendrier julien Treaty of Friendship and Alliance Between the Government of Mongolia and Tibet (1913).. Son texte en langue mongole a été publié par l'Académie des sciences de Mongolie en 1982 Udo B. Barkmann, Geschichte der Mongolei, Bonn 1999, p. 380f., et en 2007 un exemplaire original en langue tibétaine et en écriture tibétaine est apparu dans les archives mongoles Tibet - Mongolia Treaty of 1913, a proof of Tibet’s independence: Interview with Prof. Elliot Sperling..

Des doutes ont été exprimés sur L'autorité d'un négociateur, Dorjiev, a conclure un tel traité, étant à la fois un citoyen russe et d'origine ethnique tibétaineWarren Smith, "Tibetan Nation", p186:"The validity is often questioned, mainly on grounds of the authority of Dorjiev to negotiate on behalf of Tibet...the fact that Dorjief was a Russian citizen while ethnically Tibetan somewhat compromises his role; the treaty had some advantages to Russia in that it could be interpreted as extending Russia's protectorate over Mongolia to encompass Tibet.".

Signature Après la chute de la dynastie mandchoue lors de la révolution de 1911, le Tibet et la Mongolie ont tous deux déclaré leur indépendance formelle Tenzin Pema, Experts highlight significance of 1913 Tibet - Mongolia Treaty at seminar, sur le site phayul.com, janvier 2011...

Dans le traité d'amitié et d'alliance, la Mongolie et le Tibet déclaraient leur reconnaissance et fidélité mutuelles. Les représentants mongols ayant signé le traité étaient le ministre des affaires étrangères Da Lama Ravdan et le général . La délégation tibétaine qui a signé ce document était composée d'un Tibétain, Gendun-Galsan, et d'un Bouriate, Agvan Dorjiev, ressortissant de l'empire russe. Le traité porte les sceaux des représentants du Tibet et de la Mongolie Phurbu Thinley, Tibet - Mongolia Treaty of 1913, a proof of Tibet’s independence: Interview, sur le site phayul.com, 12 novembre 2008..

Selon Charles Alfred Bell, rien n'indique que ce traité ait été ratifié par le dalaï-lama ou son gouvernement. La lettre du dalaï-lama à Agvan Dorjiev ne mandatait en rien celui-ci pour signer un quelconque traité, elle l'exhortait simplement à œuvrer pour le bien de la religion bouddhiste Charles Bell, Tibet Past and Present, Oxford, Clarendon Press, 1924, pp. 150f, 228f, 304f : (p. 151). Tom Grunfeld, The Making of Modern Tibet, M. E. Sharpe, 1996, p. 65.. Selon Warren W. Smith Jr, en désavouant partiellement le traité, le dalaï-lama souhaitait apaiser les craintes des Britanniques concernant une ingérence russe au TibetAnne-Marie Blondeau et Tsering Shakya, in Le Tibet est-il chinois ?, Albin Michel, 2002, , p. 77, citant Warren W. Smith Jr, Tibetan Nation: A History of Tibetan Nationalism and Sino-Tibetan Relations, Westview Press, 1997, , pp. 185-186.. De plus, une ratification à cette époque de la Mongolie monarchique et du Tibet n'était pas nécessaire.

Le gouvernement russe a soutenu qu'en tant que sujet russe, Dorjiev ne pouvait pas agir à titre diplomatique au nom du dalaï-lamaUK Foreign Office Archive: FO 371/1608;. Néanmoins, avant de signer le traité, Dorjiev a rencontré en Mongolie I. Ya. Korostovets, plénipotentiaire russe à Urga, et lui déclaré que le Tibet voulait conclure des traités avec la Mongolie et la Russie. Korostovets, ayant mentionné que "Khlakha (Mongolie extérieure) venait de déclarer son indépendance, reconnue par la Russie", il n'avait aucune objection à la conclusion d'un traité entre la Mongolie et le Tibet, mais il était opposé à un traité du Tibet avec la Russie[Korostovets, I.Ya. Девять месяцев в Монголии. Дневник русского уполномоченного в Монголии. Август 1912 — май 1913 гг. (Nine months in Mongolia. A diary of Russian plenipotentiary in Mongolia. August 1912 - May 1913.) Ulaanbaatar, Admon publisher, 2011, p. 198].

Selon la Commission internationale de juristes, des informations provenant d'archives russes révèlent que Dorjiev était bien le représentant autorisé du dalaï-lama et le traité Tibet-Mongolie de reconnaissance mutuelle un traité légitime Tibet: Human Rights and the Rule of Law, International Commission of Jurists, 1997, p. 39 : .

Selon le dalaï-lama, ce traité a été conclu sous l'autorité du dalaï-lama Dalai Lama, My Land and My People, New York, 1962 : .. Pour John Snelling, le dalaï-lama conféra à Dorjiev les pouvoirs plénipotentiaires pour négocier et formaliser un rapprochement entre la Mongolie et le Tibet en tant qu’États souverains John Snelling, Buddhism in Russia: The Story of Agvan Dorzhiev, Lhasa's Emissary to the Tsar, Éditeur Élément, 1993 , p. 148 : .

Selon Warren W. Smith Jr, la validité du traité est souvent mise en doute principalement quant à l'autorité de Dorjiev pour négocier au nom du Tibet et l'approbation quelque peu ambiguë du traité par le Tibet. Le fait que Dorjiev était un citoyen russe portait atteinte quelque peu à son rôle ; le traité présentait certains avantages pour la Russie dans la mesure où il pouvait s'interpréter comme étendant au Tibet le protectorat exercé par cette dernière sur la Mongolie Warren W. Smith Jr, Tibetan Nation: A History of Tibetan Nationalism and Sino-Tibetan Relations, Westview Press, 1996, p. 186 : .

vignette|Groupe des fonctionnaires russes et mongols, photo prise après la signature de l'accord russo-mongol à Ourga en novembre 1912. La Russie reconnaît prudemment l’autonomie de la Mongolie et obtient des concessions commerciales. Selon Barry Sautman, la Mongolie et le Tibet n'étaient pas reconnus en tant qu'État en 1913 au moment de la signature du traité. La Mongolie avait proclamé son indépendance fin 1911 alors que de nombreux territoires et provinces de Chine faisaient sécession à la suite de la chute de la dynastie des Qing. La Mongolie ne fut reconnue que des décennies plus tard par la Russie et la Chine : l'Union soviétique et la République de Chine ne reconnurent la Mongolie qu'en 1946 (pour revenir, en ce qui concerne la République de Chine (i.e. Taïwan), sur cette reconnaissance en 1953 avant de se raviser en 2002). Les États-Unis ne reconnurent la Mongolie qu'en 1987. Le Tibet et la Mongolie en 1913 n'étant pas reconnus comme États par les autres États, le fait pour l'un et l'autre de se reconnaître mutuellement n'a pas plus d'importance que la reconnaissance mutuelle de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie aujourd'hui Barry Sautman, “All that Glitters is Not Gold”: Tibet as a Pseudo-State 2009 : ..

Elliot Sperling remarque que Sautman ne va pas au-delà des points de vue de la Chine. Pour Sperling, que les Tibétains et les Mongols aient affirmé dans leur traité de 1913 s'être affranchis de la domination de l'État mandchou et de n'être ainsi plus reliés avec la Chine est important sur le plan de la terminologie Elliot Sperling, The History Boy, Rangzen Alliance, 24 juin 2010 : . Il faut aussi préciser que les États-Unis se sont abstenus, mais n'ont pas voté contre l'admission de la Mongolie à l'ONU en 1961166 (1961). Résolution du 25 octobre 1961..

Selon Sergius L. Kuzmin, mongoliste, tibétologue, bouddhologue et auteur de , il existe des données selon lesquelles le traité signé par la Russie avec la Mongolie en 1912 (c'est-à-dire avant de signer le traité avec le Tibet) signifiait la reconnaissance internationale de la Mongolie en tant qu'État qui ne nécessitait pas de sanction d'un tiers ; en conséquence, selon Sergius L. Kuzmin, le traité entre le Tibet et la Mongolie indique que le Tibet dans la première moitié du XXe siècle était un État indépendant de facto et de jure..

Pour Michael van Walt van Praag, Michael van Walt van Praag, A Legal Examination of the 1913 Mongolia-Tibet Treaty of Friendship and Alliance, 17 Lungta: The Centennial of the Tibeto-Mongol Treaty, 1913–2013 (Spring 2013): 81–100.

Conséquences Lors de la Convention de Simla, les informations au sujet du traité ont suscité des soupçons considérables parmi les négociateurs britanniques qui craignaient que la Russie n'utilise le traité pour influer sur les questions tibétaines. Un traité similaire, le Traité tripartite de Kiakhta, a été signé par la Mongolie, la République de Chine et la Russie le .. L'accord a affirmé l'autonomie complète de la Mongolie dans les questions internes et les privilèges russes en Mongolie, formellement reconnaissant en même temps la suzeraineté de la Chine sur le paysTreaty text quoted from B.L. Putnam Weale, The Fight For The Republic In China.

Extrait

Dans les premières lignes du traité, le Tibet et la Mongolie attestent s'être libérés de la domination Mandchoue et d'avoir chacun constitué un État indépendant. De courts articles portent notamment sur : l'engagement mutuel de secours et d'assistance du Tibet et de la Mongolie ; les dispositions commerciales et financières.

« La Mongolie et le Tibet s'étant libérés de la dynastie mandchoue et séparés de la Chine, sont devenus des États indépendants. Les deux États ont toujours professé une seule et même religion, et, afin de consolider leur ancienne amitié mutuelle, ils sont convenus de signer [cet accord] »La nouvelle histoire du Tibet de Gilles Van Grasdorff Édition Perrin 2006 Pages 269.

Références

Voir aussi Proclamation d'indépendance du Tibet Résolution 166 du Conseil de sécurité des Nations unies (adhésion de la Mongolie aux Nations unies en 1961) Relations entre le Tibet et la Mongolie Histoire de la Mongolie Histoire du Tibet Mongolie autonome Tibet (1912-1951) Débat sur la souveraineté du Tibet

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