Lattentat du World Trade Center de 1993 est un attentat terroriste commis le dans le parking de la tour Nord du World Trade CenterLa tour 1 du World Trade Center est désignée comme la tour Nord ; la tour 2 est désignée comme la tour Sud. à New York. Un cocktail explosif de près de est placé dans une voiture piégée avec pour objectif de faire basculer la tour Nord sur la tour Sud et de détruire ainsi le complexe, tuant des milliers de civils. Considérée comme un échec, l'opération terroriste tue 6 personnes et en blesse autres.
Quelques jours après l'attentat, l'enquête policière se concentre sur une cellule islamiste de Jersey City et Brooklyn autour d'Omar Abdel Rahman, surnommé « le cheikh aveugle ». Le chauffeur du groupe, Mohammed Salameh, est le premier arrêté et les indices mènent à ses différentes planques et complices. Le groupe de conspirateurs compte dans ses rangs Ramzi Yousef, Mahmud Abouhalima, Nidal Ayyad, Abdul Rahman Yasin et Ahmed Ajaj. Le financement de l'attentat, peu coûteux, est assuré par l'oncle de Ramzi Yousef, Khalid Cheikh Mohammed.
En , Abouhalima, Ajaj, Ayyad et Salameh sont condamnés pour la fabrication de la bombe à 240 années d'emprisonnement chacun. Les charges retenues portent sur l’association de malfaiteurs, la destruction de propriété privée au moyen d’explosifs et le transport de ces mêmes explosifs sur le territoire fédéral. En , deux autres membres de la cellule sont condamnés : Ramzi Yousef, le cerveau de l'attentat, et Eyad Ismoil, le chauffeur du camion piégé.
Inspiré par Al-Qaïda, cet attentat peut être considéré comme le premier attentat djihadiste de l'histoire contre un pays occidental.
Préparation Arrivées aux États-Unis et constitution de la cellule terroriste Omar Abdel Rahman, surnommé « le cheikh aveugle », entre aux États-Unis avec un visa touristique en bien qu'il soit sur la liste des terroristes internationaux.. Rahman est connu pour avoir été accusé et acquitté de l'assassinat du président égyptien Anouar el-Sadate en . Guide spirituel et chef du mouvement sunnite égyptien islamiste Gamaa al-Islamiya, Rahman devient un prêcheur charismatique des mosquées de Brooklyn et de l’état du New Jersey. La mosquée de Brooklyn est d'ailleurs soutenue par le Maktab al-Khadamāt. Le FBI enquête sur le cheikh lorsque El Sayyid Nosair est arrêté dans le cadre de l'assassinat de Meir Kahane en . Rahman poursuit ses prêches religieux dans la mosquée Al-Salam de Jersey City situé au-dessus d'un restaurant chinois. même après le retrait de sa carte verte en pour ne pas avoir répondu aux services de l'immigration.
Mohammed Salameh entre aux États-Unis par l'aéroport international John-F.-Kennedy de New York le depuis la Jordanie avec un visa touristique de six mois et y reste illégalement... Il s'installe à Jersey City et devient un fidèle de la mosquée d'Omar Abdel Rahman lorsque celui-ci y prêche au début des années 1990. Le , il tente pour la première fois d'obtenir un permis de conduire de l'État du New Jersey et échoue.. Il échoue lors de trois autres tentatives dans le New Jersey avant de tenter sa chance à New York et d'obtenir un permis de conduire le .
Ramzi Yousef entre sur le territoire américain le en première classe dans un vol en provenance du Pakistan.. Il présente un passeport irakien aux autorités américaines et demande l'asile politique. Le centre de détention des services d'immigration et de naturalisation étant plein, l'administration autorise Ramzi Yousef à entrer aux États-Unis et le convoque ultérieurement pour des entretiens en vue d'examiner sa demande d'asile. Dès son arrivée, Ramzi Yousef habite avec Mohammed Salameh.
Ahmed Ajaj, Palestinien de 27 ans, prend le même avion que Ramzi Yousef pour entrer aux États-Unis. Les deux hommes font comme s'ils ne se connaissent pas. Livreur de pizza à Houston, Ajaj essaie d’entrer avec un passeport suédois falsifié mais son manque de vêtements attire l’attention des services d’immigration à l’aéroport John F. Kennedy. Quand les fonctionnaires entreprennent des vérifications complémentaires, ils découvrent de nombreux manuels d'utilisation de couteaux, grenades, poisons, armes et sur la fabrication de cocktails Molotov et autres bombes dans ses bagages. Abu Barra, le nom d’emprunt de Mohammed Jamal Khalifa, apparaît sur des plans.
La bombe Le , Mohammed Salameh acquiert un garde-meuble à Jersey City sous le nom de Kamal Ibraham. Il justifie la location par la création d'une entreprise avec des amis. Sur le contrat de location, il écrit le nom de six associés qui ont accès à l'espace de stockage. Le , Mohammed Salameh et Ramzi Yousef changent d'habitation et s'installent dans un appartement au 40 avenue Pamrapo à Jersey City. Le , Mohammed Salameh, en tant que conducteur, et Ramzi Yousef en tant que passager, ont un accident de voiture à proximité du complexe immobilier où vit Mahmud AbouhalimaUn des trois accidents causés par Mohammed Salameh, un de ses complices, à la fin de 1992 et au début de 1993. Yousef est hospitalisé et y reste jusqu'au , obtenant un report de son audience d'immigration.
Sous le nom de Kemal Ibraham, Ramzi Yousef commande les produits chimiques en plusieurs fois, par téléphone, à une entreprise locale de Jersey City..
Le , Nidal Ayyad loue une voiture à Newark et ajoute Salameh comme conducteur supplémentaire. Le , Mohammed Salameh loue une camionnette jaune de type Econoline auprès de la compagnie Ryder.. À la veille de l'attentat, le groupe reçoit une livraison d'hydrogène comprimé.
Dans l’appartement de Nosair dans le New Jersey, la police trouve des dizaines de plans de la fabrication de bombes et de documents liés au complot terroriste, ainsi que des manuels du centre de formation des forces spéciales de Fort Bragg, des mémos secrets du Comité des chefs d’États-majors interarmées et pièces de munitions.
Caractéristiques de la bombe Ramzi Yousef est assisté de l'artificier irakien Abdul Rahman Yasin pour assembler la bombe d'environ 590 kilogrammes. Selon des experts, la bombe est simple d'assemblage et peut être fabriquée par presque tout le monde à l'aide de manuels obtenus dans les librairies.. L'une des spécificités de la bombe est le faible coût de ses composants, qui ont été achetés pour un peu plus de 400 dollars.
La bombe est principalement constituée de nitrate d'ammonium, un ingrédient commun de nombreux engrais.. Les deux autres substances chimiques utilisées sont l'acide nitrique et l'acide sulfurique, deux produits qui ne nécessitent pas d'autorisation à l'achat, contrairement à des explosifs ou de la dynamite.. Autour du cœur de la bombe, les terroristes placèrent de l’aluminium, du magnésium et des particules d’oxyde de fer. L’amorçage de la bombe se fait par l’intermédiaire d’une charge explosive composée de nitroglycérine, de dynamite, de poudre sans fumée et d’une mèche. La nitroglycérine est considérée comme un explosif instable qui peut exploser à la suite d'une petite vibration.. Trois réservoirs d’hydrogène étaient également placés autour de la charge explosive, afin d’améliorer la combustion des particules de fer.
L'usage de bouteilles de gaz comprimé ressemble fortement aux méthodes employées lors de l’attentat du Drakkar à Beyrouth en 1983.. Lors de ces deux attentats, des bouteilles d’air comprimé sont utilisées pour produire une explosion de type thermobarique, qui produit davantage d’énergie que les explosifs conventionnels de haute puissance. Selon un témoignage recueilli lors du procès, le FBI n’a enregistré qu’un seul attentat utilisant une bombe à base de nitrate d’urée.
La camionnette louée par le groupe terroriste dispose d’un volume utile de , ce qui correspond à 910 kilogrammes d’explosifs.. Cependant, la camionnette n'est pas remplie au maximum de ses capacités. Yousef utilise une mèche de 6 mètres qu’il place dans un tube chirurgical. Yasin a estimé que ce détonateur actionnerait la bombe douze minutes après avoir été allumée par un briquet.
Yousef veut que la fumée reste dans la tour, afin que le public puisse voir les gens s’asphyxier à petit feu. Il a prévu que la tour Nord s’effondre sur la tour Sud après l’explosion.
La rumeur persiste quant à la présence de cyanure dans la bombe, croyance renforcée par le juge Kevin Duffy lors de la sentence : Cependant, l’examen des lieux ne permit pas d’établir avec certitude la composition de la bombe et Robert Blitzer, un agent expérimenté du FBI qui a travaillé sur l’affaire affirma qu’il n’y avait aucun élément scientifique prouvant la présence de cyanure de sodium sur le site de l’explosion. De plus, le journaliste Peter Lance estime qu'Yousef a seulement envisagé la possibilité d’ajouter du cyanure à l’explosif, et qu’il regrettait de ne pas l’avoir fait.
Revendications et motivations Ramzi Yousef envoie des lettres à plusieurs journaux new-yorkais à une date indéfinie autour de l'attentat dans lesquelles il se réclame du cinquième bataillon de l’Armée de Libération.. L'un des médias new-yorkais, , reçoit ce courrier quatre jours après l'attentat et le transmet à la police qui l'authentifie. Cette lettre d'une page indique que l'attentat est une réponse au .. Ces lettres comportent trois demandes : la fin de l’aide américaine à Israël, la fin des relations diplomatiques israélo-américaines et la fin de toute ingérence dans les affaires intérieures des pays du Moyen-Orient. La lettre affirme que si ces demandes ne sont pas satisfaites, l'Armée de Libération . et a ., mentionnant de ..
Dans ses communiqués, Yousef concède que les attaques contre le World Trade Center sont un acte de terrorisme, mais que celui-ci est justifié parce que le . Le plan initial des terroristes est que l’explosion du camion piégé fasse basculer la tour Nord sur la tour Sud, entraînant l’effondrement des deux tours..
Les premières cibles de la cellule terroriste incluent le président égyptien Hosni Moubarak, le secrétaire général des Nations unies Boutros Boutros-Ghali, le sénateur de l'État de New York Alfonse D'Amato, le membre de l'assemblée de New York Dov Hikind, les tunnels Lincoln et Holland et surtout le Siège des Nations unies.. Siddig Ibrahim Siddig Ali indique en 1995 que le groupe a envisagé d'enlever l'ancien président des États-Unis Richard Nixon et l'ancien secrétaire d'État Henry Kissinger comme monnaie d'échange pour obtenir la libération d'El Sayyid Nosair.. L’écrivain Simon Reeve émet l’hypothèse que quelque chose s’est mal passé, en raison par exemple du niveau de sécurité et que la destination finale du camion piégé a été modifiée.
Dans l'émission enregistrée le et diffusée début juin, Abdul Rahman Yasin indique que le plan initial du groupe est de tuer des individus de confession juive dans le quartier de Brooklyn... Après avoir repéré les quartiers de Williamsburg et Crown Heights, Ramzi Yousef a une autre idée : faire une grande explosion plutôt que plusieurs petites explosions. Il cible alors le World Trade Center où selon lui, la majorité des personnes qui travaillent sont juives .. Yasin indique dans l'interview que cet attentat est ..
Attentat Voiture piégée vignette|Schéma des dommages causés aux différents niveaux des sous-sols du World Trade Center par l'explosion. À du matin le , la camionnette piégée jaune est stationnée à une station service ouverte de nuit du boulevard Kennedy à Jersey City. En ce vendredi d'hiver, il neige dans le sud de Manhattan.