Maurice Sabatier est un haut fonctionnaire français, né le à Arzew (Algérie) et mort le à Paris.

Quelques mois avant sa mort, il fut inculpé de crimes contre l'humanité pour son action à la préfecture de Gironde pendant l'Occupation.

Biographie

Diplômé de législation algérienne, Maurice Sabatier passa un concours d’auxiliaire dans l'administration publique quand il fut mobilisé en 1916. En 1918 à la fin de la guerre il fut nommé chef adjoint du cabinet du préfet d'Alger. De à il fut secrétaire général de la Meuse. Nommé sous-préfet de Samour en , puis chef adjoint du cabinet du ministre de l'Intérieur Marcel Régnier en , trois mois plus tard il suivit Régnier aux Finances.

Désigné comme préfet du Gers en , il ne rejoindra jamais Auch car il fut réaffecté au ministère de l'Intérieur. Pareillement, une fois nommé préfet de la Sarthe le , il resta en poste au ministère de l'Intérieur, maintenu dans ses fonctions de directeur adjoint de l'administration départementale et communale, puis directeur du contrôle de la comptabilité et des affaires algériennes. Mobilisé de à comme chef d'équipe à la censure à Paris, il gagna Vichy en 1941« L'habile carrière du préfet Sabatier », par François Luizet, Le Figaro, 17 novembre 1997..

Il fut secrétaire général à l'administration générale du au dans le gouvernement Darlan. Il est l'auteur d'une circulaire du aggravant l'application des interdits professionnels aux juifs dans la fonction publique..

Le il fut nommé par Pierre Laval préfet régional de Bordeaux, succédant à François Pierre-Alype. Il fut le supérieur hiérarchique de Maurice Papon qui était alors secrétaire général de la préfecture de la Gironde et qui dirigeait le service des affaires juives.

À la Libération Maurice Sabatier fut d'abord placé en disponibilité, puis en expectative. La commission d'épuration ayant suggéré de l'affecter à un poste « non politique » « Maurice Sabatier, le préfet prudent qui gardait plusieurs fers au feu », par Nicolas Will, Le Monde, 14 novembre 1997., en il fut mis à la disposition du commandant en chef des Forces françaises d'occupation en Allemagne et nommé directeur général des affaires administratives du gouvernement militaireL’épuration économique en France à la Libération, Presses Universitaires de Rennes 2008. p. 87 n. 10.. De retour en France, il fut nommé conseiller d'Etat. en service ordinaire en 1950. Admis à faire valoir des droits à la retraite à partir du et nommé conseiller d'État honoraire, il fut depuis nommé président du Fonds d'orientation et de régularisation des marchés..

En 1981, il a revendiqué « l'entière responsabilité de la répression antijuive dans le ressort de sa préfecture ».. Le , il fut inculpé de crimes contre l'humanité. Il est mort le .

Distinctions (1968)

Notes et références

Liens externes

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