de Bretagne, né à Nantes, le , et mort le , à RouenJean Flori, Aliénor d'Aquitaine - La reine insoumise, Payot, 2004, . Généalogie d' de Bretagne sur le site de la Fondation pour la généalogie médiévale., membre de la maison Plantagenêt, fils posthume de et de Constance de Bretagne, est duc de Bretagne et comte de Richmond, de 1196 à sa mort.

Neveu de Richard Cœur de Lion, il est un temps désigné par ce dernier comme son successeur. Mais lorsque Richard meurt (1199), un conflit éclate entre Jean sans Terre, frère du roi défunt, et les partisans d'Arthur. Jean l'emporte lorsque Philippe Auguste le reconnaît comme héritier de tous les fiefs Plantagenêt du royaume (1200). Devenu duc de Bretagne associé en 1196, à l'âge de 9 ans, Arthur participe à la guerre lancée par le roi de France contre Jean sans Terre en 1202, mais il est fait prisonnier et meurt en 1203, dans des circonstances mal éclaircies.

Biographie Origines familiales Son père, (1158-1186), est le fils d'Henri II d'Angleterre, et d'Aliénor d'Aquitaine, tous deux possesseurs de plusieurs grands fiefs en France (Normandie et Anjou d'une part, Poitou et Aquitaine d'autre part).

Sa mère, Constance de Bretagne (1161-1201), est la fille du duc de Bretagne Conan IV et de Marguerite d'Ecosse.

Il a deux sœurs aînées : Aliénor de Bretagne (vers 1183-1241) et Mathilde, morte en bas âge, ainsi que trois demi-sœurs : Alix (1200-1221), Catherine (1201-1240) et Marguerite (1201-avant 1220), filles de Guy de Thouars (mort en 1213), troisième époux de Constance de Bretagne.

Constance a aussi été contrainte par Henri II d'épouser, en secondes noces, Ranulph de Blondeville, comte de Lincoln, sans postérité.

Naissance et première enfance Arthur naît le à Nantes. Sa naissance posthume, et qui plus est le jour de Pâques, éveille chez les Bretons « bien des espoirs frôlant le messianisme politique ».

Peire Vidal se réjouit ainsi de sa naissance : ..

Son prénom, rare à cette époque, témoigne de l'intérêt des Plantagenêts pour le mythe du roi Arthur.. Pour Martin Aurell cependant, selon les chroniqueurs Henri II avait exigé qu'il soit prénommé comme lui. La jeune veuve et la noblesse bretonne s'élèvent clairement contre son autorité et affirment leur indépendance : « De longue date, le mythique roi Arthur apparaît comme le héros de la résistance armoricaine et galloise aux Normands.»

Arthur est élevé dans le duché de Bretagne sous la garde de sa mère Constance, avec l’accord des rois d'Angleterre (1133-1189), son grand-père, puis de Richard Cœur de Lion (1157-1199), son oncle.

Héritier présomptif de Richard Cœur de Lion (1190) Au cours de l’, le roi Richard Cœur de Lion, qui n'a pas de descendance légitime, fait savoir qu’il considère son neveu Arthur comme son héritier légitime au trône.. Le , avant de quitter la Sicile pour Chypre, Richard fiance son neveu Arthur (âgé de trois ans) à la fille du nouveau roi de Sicile, Tancrède de Lecce. Ce pacte matrimonial, stipulant qu'Arthur porterait un jour la couronne d'Angleterre, si Richard mourait sans enfants, est ratifié par le pape Clément III.

En , par le traité de Messine, Richard obtient du roi de France Philippe Auguste la reconnaissance de son autorité sur la Bretagne, en tant que duc de Normandie, et le droit de recevoir l'hommage lige du duc de Bretagne..

Après son retour de la troisième croisade, en 1194, le roi semble vouloir prendre Arthur sous son aile. Mais celui-ci reste auprès de sa mère. En 1196, le roi Richard et Ranulph de Blondeville, comte de Chester, vicomte d’Avranches et de Bayeux, séquestrent Constance. Ranulf, l'un des fidèles d'Henri II et de Richard a épousé Constance, le , mais le couple ne vit pas ensemble : Constance gouverne seule la principauté armoricaine, tandis que Ranulf a obtenu le comté de RichmondIl semble cependant que ni Constance ni Ranulf n'ont eu la possession ou le contrôle de Richmond, qu'Henri II se réservait, . Faisant trainer les négociations, Richard envahit et dévaste le duché, désormais sans chef véritable, en compagnie de Ranulf. Ces deux événements pourraient être des mesures de représailles face au refus des Bretons de confier Arthur à son oncle.. Réunis à Saint-Malo-de-Beignon, les barons bretons réagissent en faisant allégeance à Arthur.

Au début de 1196, le jeune Arthur a été proclamé duc par une assemblée nobiliaire tenue à RennesJ. A. Everard, Brittany and the Angevins : Province and Empire, 1158-1203, Cambridge University Press, 2004.. Si le « comté » (Honneur) de Richmond revient par droit héréditaire au jeune duc, il n'en jouit en réalité jamais, car il ne lui est restitué ni par Richard ni par Jean. Arthur n'en porte que le titre dans ses actes diplomatiques.

À la cour de France (1196-1198) En 1196, André de Vitré, les vicomtes de Léon et l'évêque de Vannes réussissent à cacher le jeune Arthur et à l'amener à la cour de Philippe Auguste, pour y être élevé avec le futur , à l’abri de l'influence de Richard Cœur de Lion.

Le chroniqueur Philippe Mouskes le décrira plus tard comme un « damoiseau roux mais très beau, très bien enseigné, simple, courtois et bien élevé ». (Rouses estoit, mais moult fut biaus, Et moult estoit bien ensigniés, Simples, courtois et afaitiés)..

Avant 1199, âgé de 10 ans, il retourne en Bretagne.

Rivalité avec Jean sans Terre (1199-1200) vignette|L'hommage d'Arthur au roi de France, Philippe Auguste. Miniature du . La mort inattendue de Richard Cœur de Lion, le , lors du siège du château de Châlus-Chabrol dans le Limousin, a des conséquences importantes. Constance obtient l'annulation de son mariage avec Ranulf de Blondeville et épouse aussitôt, à l'instigation de Jean, Guy de Thouars. Ce dernier, qui s'est toujours montré fidèle à Richard, encourage la réconciliation de son épouse et d'Arthur avec Jean Sans Terre. Mais la duchesse conteste la succession de Jean Sans Terre et parvient à s'assurer du soutien de la noblesse de Bretagne, du Maine et de l'Anjou envers son fils.

Deux descendants d' peuvent prétendre à l’héritage de l’empire Plantagenêt : Arthur (12 ans), seul fils de Geoffroy, et Jean sans Terre (33 ans), le plus jeune frère de Richard. La reine douairière Aliénor d'Aquitaine, âgée de 75 ans, prend parti pour Jean, que Richard a désigné comme successeur sur son lit de mort.Ce choix est bien accepté par les vassaux du Poitou et d'Aquitaine. En revanche, les barons d’Anjou, du Maine et de TouraineChronicon Turonense Magnum, 145. le refusent en évoquant un principe de droit angevin.. En réalité, « des coutumes contradictoires, l'une admettant la primogéniture et la représentation du fils défunt et l'autre attribuant l'héritage au fils survivant, avaient cours simultanément dans l'empire angevin.» En fait, « Arthur roi, ce serait la régence à la duchesse Constance, à Guillaume des Roches, aux barons continentaux, gangrenés par l'habile propagande capétienne.» Arthur et les siens sont écartés, d'emblée.

Dès le , Arthur pénètre en Anjou, confiant dans le soutien des nobles angevins. À Angers il est reconnu « duc de Bretagne, par la grâce de Dieu, comte d'Anjou et de Richmond » par « les barons de Bretagne, d'Anjou, de Touraine et du Maine »Le sceau d'Arthur, de type équestre, indique : « Signum d'Arthur, duc de Bretagne, comte d'Anjou, et de Richmond » cf. . Arthur a pour lui le soutien de sa mère, duchesse de Bretagne, ainsi que des évêques de Vannes et de Nantes, de l'abbé de Saint-Melaine de Rennes et de barons bretons importants dont de Châteaubriant, de la Guerche, d'Ancenis, de Léon et . Ces personnalités, ainsi que quelques seigneurs français, reçoivent des terres en Anjou. Arthur nomme sénéchal d’Anjou et du Maine Guillaume des Roches.

Peu après, Arthur rencontre Philippe Auguste au Mans où il lui fait hommage et l'assure par serment, ainsi que sa mère, de son entière fidélitéRigord, cité dans .

Victoire de Jean sans Terre (1200) : le traité du Goulet Mais Jean sans Terre sort gagnant de la compétition, ayant été intronisé duc de Normandie le , puis couronné roi d'Angleterre, le . Guillaume des Roches, s'estimant lésé par les décisions de Philippe Auguste, propose de rétablir la paix entre Arthur et Jean. Le Arthur, contraint et forcé, fait la paix avec son oncle et doit lui abandonner la ville du Mans. Jean remercie le ralliement de Guillaume des Roches en le confirmant dans sa charge de sénéchal d'Anjou, et en lui confiant la garde du château de Chinon.. Mais dès la fin septembre de l’, l’enfant se met de nouveau sous la protection du roi de France. Il va rester deux ans à ParisChronicon Turonense Magnum, 146.Raoul de Diceto dans .

Jean sans Terre triomphe en lors de la conclusion du traité du Goulet : Philippe Auguste le reconnaît comme l’héritier de la totalité de l’Empire Plantagenêt..

Abandonnés par le roi de France, Arthur et sa mère n’ont d'autre choix que de prêter hommage au nouveau roi d'Angleterre pour la Bretagne..

En , la duchesse Constance, atteinte de la lèpre, meurt.

Dans le conflit entre Philippe Auguste et Jean sans Terre (avril-août 1202) Le , Philippe Auguste rompt la paix faite avec Jean sans Terre en prononçant la commise (confiscation) de ses fiefs continentaux. Pour le remplacer, il investit Arthur de Bretagne, en échange de son hommage lige, et le fiance à sa fille Marie

À , Arthur est assez âgé pour jouer un rôle actif. Il participe à la campagne du roi de France en Normandie. Après la prise de Gournay-en-Bray, il est armé chevalier par Philippe Auguste.. Arthur prête alors hommage au roi de France, qui se réserve la Normandie, pour la Bretagne, l'Anjou, le Maine, la Touraine et le Poitou, à charge pour lui de s’emparer des territoires qu'il ne contrôle pas. Le chroniqueur français Rigord relate que Philippe « lui concéda le comté de Bretagne qui lui appartenait par droit héréditaire en y ajoutant le comté de Poitou et celui d'Anjou qu'il aurait à conquérir par le droit des armes. Pour l'aider il lui confia deux cents chevaliers avec une très importante somme d'argent. En conséquence le roi reçut Arthur comme son homme lige, à perpétuité »..

Mais le , alors qu'il assiège la ville de Mirebeau (près de Loudun) où s'est réfugiée sa grand-mère Aliénor d'Aquitaine, principal soutien de Jean sans Terre contre Philippe Auguste, Il est capturé par Jean, accouru avec Guillaume des Rochesqui avait trahi Arthur en faveur de Jean, en août 1199, , au secours de sa mère. Arthur est alors détenu par Guillaume III de Briouze au château de Falaise, puis à la tour de Rouen.

Mort d'Arthur Les circonstances de la mort d'Arthur varient selon les sources : seules les Annales de Margam donnent une date pour la mort d'Arthur : le , date à laquelle on sait par ailleurs que Jean était à Rouen. : Pierre-Claude-François Daunou, Recueil des historiens des Gaules et de la France - Rerum gallicarum et francicarum scriptores, Imprimerie royale, impériale, puis nationale, 1833, ., prieuré rouennais dépendant de l’abbaye Notre-Dame du Bec. Cette version est privilégiée par les médiévistes actuels, notamment par le spécialiste des Plantagenêts, Martin Aurell, qui précise que « tenue secrète, sa disparition est vite ébruitée. »Chronicon turonense magnum, éd. Salmon, p.146-147. cité par ; d'après Walter de Coventry, Arthur disparut subitement et le lieu de sa sépulture est inconnu ; d'après Raoul de Coggeshall, Hubert de Burgh, l'officier commandant la forteresse de Rouen, reçut l'ordre du roi, avec le consentement de son conseil, d'énucléer et de castrer Arthur de façon à le frapper d'incapacité au trône. Hubert l'épargna mais prétendit au roi qu'il en était mort et qu'on l'avait enterré à l'abbaye cistercienne Saint-André de GouffernRaoul de Coggeshall, Chronicon Anglicanum, éd. de 1875 lire en ligne. ;