Sous l'Ancien Régime, avoir le tabouret était un privilège accordé à des dames de la haute noblesse à la cour de France. Il s'agissait d'obtenir le droit d'être assises sur un tabouret auprès de la reineLaetitia Saintes, « Du roi d’Yvetot au marquis de Carabas. Figures du pouvoir et de la noblesse d’Ancien Régime dans l’œuvre de Pierre-Jean de Béranger » dans Le Lys recomposé, Actes du colloque organisé à l’Université de Rouen en mars 2018, publiés par Laurent Angard, Guillaume Cousin, et Blandine Poirier. Publications numériques du Centre d'études et de recherche éditer/interpréter (CÉRÉdI), « Actes de colloques et journées d’étude », n° 22, 2019, lire en ligne..
Ce privilège, apparu sous le règne de , n'est pas affaire de confort. Il s'agit de l'une des préséances les plus convoitées par les grandes familles. L'obtention du tabouret est souvent le fruit d'intrigues, la concession du tabouret à une maison provoque des jalousies et des contre-intrigues. Selon Jean-François Solnon, Jean-François Solnon, La cour de France, Fayard-Livre de poche, 1987, p. 364.
Cette prérogative est réservée aux princesses du sang, aux princesses étrangères, aux duchesses. Or l'appréciation de qui est titré, ou ne l'est pas, est plus difficile qu'il n'y paraît.
La régente Anne d'Autriche accorde ainsi, en 1647, trois tabourets, dont un notamment à une membre de la maison de Rohan, la princesse de Guémené. Saint-Simon raconteSaint-Simon, "Mémoires" (1691-1701, Tome I, Éditions de la Pléiade-Gallimard, 1983, p 511-512 :
La « guerre des tabourets » eut un écho particulier pendant la Fronde, libéralité pour gagner ou récompenser les maisons aristocrates qui prenaient le parti de la régente Anne. Un pamphlet intitulé La jalousie des culs de la Cour circula à l'époque parmi les nombreuses mazarinadesGeorges Poisson, La duchesse de Chevreuse Perrin 1999, p.250.
Références
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