dit le Petit (né vers et mort le ), fils d'Alain le Noir, seigneur de Guingamp et comte de Richmond, et de la duchesse Berthe de Bretagne, fille du duc , est comte de Richmond de 1146 à 1171 et duc de Bretagne de 1156 à 1166 ou 1167.

Biographie

Jeunesse Conan, né vers 1135, est mineur lorsque son père meurt en 1146, ses droits à l'« Honneur de Richmond »Cet « honneur » consiste en un ensemble de terres et de revenus dans le Yorkshire. sont reconnus pour la première fois « dans l'année où la paix a été conclue entre Étienne roi d'Angleterre et Henri, comte de Normandie [c'est-à-dire, – ] quand par la grâce des dits roi et comte l'héritage de mes parents m'est restauré », comme le reconnaît sa première charte connue. Ce document est un rare souvenir d'instance de l'exécution de l'accord à l'amiable conclu à Winchester entre le roi Étienne d'Angleterre et Henri. Le fait que dans cet acte Conan soit nommé « comte de Richmond », indique que sa situation en Bretagne était incertaine Michael Jones « , duke of Brittany (c.1135–1171) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004..

Duc de Bretagne En 1148, son grand-père avait désigné Conan comme son héritier sous la régence d'Eudon de Porhoët, second mari de Berthe, déshéritant pour cause d'illégitimité supposée, son fils Hoël qui refuse la sentence. se proclame son successeur, mais défait par Eudon, il doit se contenter du comté de Nantes. À l'âge de la majorité, se révolte contre son beau-père qui refuse de lui laisser les rênes du duché. Il s'allie à Hoël mais ils sont battus par Eudon en 1154. Conan se réfugie en Angleterre auprès d' qui lui confirme la possession du titre et de l'Honneur de Richmond, hérité de son père.

Conan reçoit une aide militaire anglaise qui lui permet de revenir en Bretagne et de rallier plusieurs féodaux, mais sa position de vassal du roi d'Angleterre provoque une révolte des seigneurs bretons sous la conduite d'Eudon de Porhoët. Ce dernier, battu, se réfugie hors de Bretagne. est proclamé duc en 1156, mais cette même année, les Nantais chassent son oncle Hoël et choisissent pour comte le frère cadet d', Geoffroy Plantagenêt, déjà comte du Maine et d'Anjou depuis 1156.

Le comté de Nantes Quand Geoffroy d'Anjou, comte de Nantes, meurt en , se saisit immédiatement du comté. C'est la seule fois où il s'oppose frontalement à , qui réplique en confisquant temporairement l'« Honneur de Richemond » et en débarquant en France, où Conan se hâte d'aller se soumettre à Avranches le jour de la Saint-Michel en et de lui rendre le comté de Nantes. Il ne fera plus preuve que de peu d'opposition par la suite. Il est certain que son mariage avec Marguerite de Huntingdon, sœur du roi des Scots , en 1160, a été approuvé sinon arrangé par lui-même. réside alors beaucoup en Angleterre entre 1156 et 1164.

de Bretagne, duc de Bretagne, va en compagnie de Geoffroi évêque de Saint-Brieuc ; d', roi d'Angleterre; et de , abbé de Saint-Aubin des Bois; Guillaume, abbé de Saint-Serge, Hugues, abbé de Saint-Nicolas d'Angers, Guillaume, abbé de Saint-Maur ; Guillaume, abbé de Toussaint d'Angers, assister à la translation du corps de saint Brieuc dans l'abbaye Saint-Serge-lès-AngersDom Morice et Dom Taillandier, Histoire ecclésiastique et civile de Bretagne…, Paris, 1756, , ..

Révoltes Eudon de Porhoët mène une nouvelle révolte qui remporte des succès, mais offre ainsi à le prétexteDe nombreux troubles ayant éclaté dans plusieurs de ses fiefs continentaux (Normandie, Maine…), décide de se déplacer en personne remettre de l'ordre dans ses territoires. pour intervenir en Bretagne avec une armée qui prend Josselin en 1168. dépouille Eudon de Porhoët du Porhoët, puis, après une dernière révolte en 1173, du comté de Penthièvre.

ne tolère plus de désordre dans le duché, en particulier les nuisances apportées au commerce maritime entre ses différentes possessions (au Nord et au Sud de la Bretagne) par les naufrageurs abusant du droit de brisJudith Everard. « Le duché de Bretagne et la politique Plantagenêt aux », in Marin Aurell et Noël-Yves Tonnerre éditeurs. Plantagenêts et Capétiens, confrontations et héritages, colloque des -, Poitiers. Brepols, 2006, Turnhout. Collection Histoires de famille. La parenté au Moyen Âge. , ..

Dans l'intervalle un conflit avec son oncle, Henri, comte de Trégor, permet à de confisquer à ce dernier le comté de Guingamp, qui à la fin de la décennie 1160 devient le centre principal de son pouvoir : beaucoup de ses chartes subsistantes ont été scellées dans cette cité plus que partout ailleurs. Mais les révoltes des féodaux bretons se poursuivent ; elles impliquent de Dol-Combourg, qui voit son château rasé, et , ainsi que les intriques persistantes de son ex beau-père, Eudon de Porhoët ; ces événements affaiblissent encore son pouvoir et altèrent probablement sa santé.

Abdication et mort Le , se trouve avec à Angers lors de la « translation » du corps de Saint BrieucQui ne reviendra finalement à Saint-Brieuc qu'en 1210. de l'abbaye Saint Serge & Bacchus. C'est à cette occasion que finalement Conan accepte officiellement de fiancer sa fille et héritière Constance âgée de , au quatrième fils d', Geoffroy, âgé de , et à lui laisser l'administration de la Bretagne afin d'obtenir plus d'aide contre ses ennemis. Il ne conserve sous son contrôle personnel que Guingamp et quelques domaines dans le diocèse de Quimper, ainsi que l'Honneur de Richmond.

Avec son épouse Conan continue la tradition familiale d'être un bienfaiteur d'abbayes, spécialement bretonnes, comme Saint Melaine de Rennes, Saint Georges de Rennes, Bégard, Saint Sulpice-des-Bois, et Sainte Croix de Quimperlé. Le prieuré de Sainte Croix de Guingamp reçoit également des donations de Conan et de Marguerite, pendant qu'il fonde pour les cisterciens l'Abbaye Saint-Maurice de Carnoët en 1170. et reste en étroites relations avec les moines de l'Abbaye du Mont-Saint-Michel et de Savigny.

Il rencontre à l'occasion avec qui il est à Angers de nouveau le et probablement à Avranches en 1170, mais le pouvoir réel en Bretagne est exercé par plusieurs années avant la mort de Conan le , quand sa fille Constance devient duchesse titulaire.

Sa veuve se remarie avec , connétable d'Angleterre, et à sa mort en 1201 elle est inhumée à l'Abbaye de Sawtry, dans le Huntingdonshire. Conan avait quant à lui été inhumé dans l'Abbaye de Bégard.

Union et descendance De son union avec Marguerite de Huntingdon naissent :

Constance (v. 1161-1201), duchesse de Bretagne ; Au moins deux enfants morts en bas âgeMarguerite de Huntingdon fit une donation pour le repos de son âme et de celles du Duc et de « nos garçons », ou « nos enfants » (pro salute anime… puerorum… nostrorum). Selon les historiens Everard et Jones, il semblerait que ce soit une référence à au moins un fils qui serait mort en bas âge, faisant de Constance l'unique héritière du Duché de Bretagne en 1166. (d'après ). ; Peut-être un fils, Guillaume (encore en vie vers 1200) ; Peut-être une fille, Marguerite, qui épousa Pedro Manrique de Lara.

Représentation en littérature Conan est généralement décrit comme un duc faible, incapable de protéger le duché contre le puissant roi angevin dans l'historiographie bretonneArthur Le Moyne de La Borderie, Histoire de Bretagne , (Rennes, 1894), 273., mais l'historien Eric Borgnis-Desbordes a récemment nuancé cette opinionEric Borgnis-Desbordes, Constance de Bretagne (1161-1201), Une duchesse face à Richard Cœur-de-Lion et Jean san Terre, (Yorann Embanner, 2019)..

est mentionné dans la tragédie Jean sans Terre ou la mort d’Arthur (1791) de Jean-François Ducis, les romans Time and Chance (2002), Prince of Darkness (2005) et Devil’s Brood (2008) de , et le deuxième volume de la trilogie Le Château des Poulfenc (2009) de Brigitte Coppin.

Ascendance

Articles connexes

Château de Richmond

Notes et références Notes

Références

Bibliographie . . . . Étienne Gasche, Petite histoire des Rois et Ducs de Bretagne, éditions Yoran Embanner, 2006, . ("Collected here for the first time are the acts of Duchess Constance (1171-1201), her mother, dowager-duchess Margaret of Scotland, Constance's three husbands, and her three children. The subject matter concerns not only Brittany, but also the Breton rulers' extensive lands in England, the Honour of Richmond, and even the countries of Anjou, Maine & Touraine. The charters also cast light on the political power of female rulers") Michael Jones « , duke of Brittany (c.1135–1171) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004. . Réédition : Mayenne, Joseph Floch, 1975,« Eudon de Porhoët et ducs de Bretagne (1148-1166) » 269-280. Eric Borgnis Desbordes, Arthur de Bretagne (1187-1203) L'espoir breton assassiné, Yoran Embanner, 2012, .

Liens externes

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