Un bourgogne montrecul, ou plus simplement un montrecul (ou encore « bourgogne montre-cul » ou « bourgogne en-montre-cul »)http://www.vins-bourgogne.fr/ Fiche Appellation: Bourgogne Montrecul, est un vin de Bourgogne. Il s'agit d'une des quatorze dénominations géographiques au sein de l'appellation d'origine contrôlée bourgogne. Le cahier des charges autorise les vins rouges, rosés et blancs. Dans la pratique, le vin rouge est le seul qui est rapporté par le service des Douanes, en l'absence de plantation des cépages produisant du blanc..

Le Montrecul, qui peut aussi s'écrire « Montre-Cul » ou « En Montre-Cul », désigne un des derniers climats viticoles () de la commune de Dijon, dans la partie méridionale de la commune, à l'extrémité nord du vignoble de la côte de Nuits, dans le département de la Côte-d'Or.

Historique Vignoble médiéval Dès le haut Moyen Âge, un vignoble est cultivé autour de Dijon : Grégoire de Tours au décrit la ville dans son Histoire des Francs comme entourée par .. Ces dernières furent notamment la propriété de l'abbaye Saint-Bénigne, de celle de Clairvaux (le cellier de Clairvaux servait aussi de grange et de résidence), de Maizières, de la Bussière (dossier de candidature à l'inscription sur la liste du patrimoine mondiale de l'Unesco)., de Morimond (d'où le cellier de Morimont) et de la chartreuse de Champmol (hôpital psychiatrique depuis 1833 ; les restes du pressoir ont été retrouvés lors des fouilles de 2022).

Saint-Philibert était la paroisse des vignerons. En l'an 1395, le duc de Bourgogne Philippe le Hardi (lui aussi propriétaire de vignes à proximité de la ville) essaya d'améliorer la qualité des vins et interdit la culture du gamay au profit du pinot noir dans son duchéVins de France et du monde, édité par Le Figaro et La Revue du vin de France, 2008, chapitre « Bourgogne : Chablis, L'histoire », .. En 1441, le duc Philippe le Bon ordonne d'arracher les vignes situées à l'est et au sud-est de la ville, favorisant les vignes des coteaux à l'ouest.. En 1477, à la mort de Charles le Téméraire, le vignoble de Bourgogne fut rattaché à la France, sous le règne de Louis XI.

Des blancs et du gamay En 1816, André Jullien mentionne les vins de la ville : , .. En 1831, Denis Morelot indique qu', .. Selon lui, il y a Dijon de vignes (avec une production moyenne de ), à comparer aux d'alors à Chenôve et aux 308 de Marsannay-la-Côte. L'ensemble des vignes du canton sont plantés en gamay, pour produire du vin ordinaire, à destination des cabarets de Dijon. Ce type de vins, beaucoup moins onéreux à produire et immobilisant moins de capital lors de l'élevage, rapporte : le revenu imposable moyen pour toutes les vignes du canton est alors de par ouvrée (produisant alors environ ), alors qu'il est de pour un chambolle. Les auteurs de l'époque n'incluent d'ailleurs pas ces vignobles parmi ceux de la côte de Nuits, mais dans la « côte de Dijon » (avec les vignes de Perrigny-lès-Dijon, Longvic, Fleurey-sur-Ouche, Corcelles-les-Monts, Lantenay, Talant, Plombières, Fontaine-lès-Dijon, etc.).

vignette|redresse=1.5|Carte du vignoble de Dijon selon le classement de 1861 : la première classe de vins est en rose (aucun ici), la deuxième classe en jaune (cas du Montre-cul, des Gremeaux et des Champs-Perdrix), la troisième classe en vert (En Valandons, les Violettes et Ez Echaillons). Quelques climats sont non-classés (Les Grands-Monts-de-Vignes, Ez Eaux, les Roussottes, les Barbottins, En Pisse-Vin et les Marcs-d'Or). Ce vignoble de la côte dijonnaise décline rapidement durant la seconde partie du . En 1855, Jules Lavalle en témoigne : .. Le classement de 1861 liste les climats de Dijon, avec les Champs-Perdrix (), les Marcs-d'Or (9,059 ha) et En Montre-Cul (17,544 ha) en , ainsi que sept autres en , pour un total de , ..

Dans les décennies 1830 et 1840, la pyrale se multiplie et ses chenilles dévorent les feuilles de la vigne. Elle est suivie à partir de 1850 d'une maladie cryptogamique, l'oïdium., un champignon qui se développe sur les feuilles : les viticulteurs luttent contre lui depuis 1854 en aspergeant les vignes de soufre utilisé contre fongicide (soufrage). Puis arrive le phylloxéra, un puceron venu d'Amérique du Nord, qui touche la Côte-d'Or à partir de 1878 (repéré à Meursault, puis la même année au jardin botanique de Dijon et à Norges-la-Ville), se répandant ensuite, entraînant à terme la mort de la totalité des vignes. La seule parade trouvée fut de replanter avec greffage sur des pieds américains, autorisé en Bourgogne à partir de 1887.. En 1878, une nouvelle maladie cryptogamique, le mildiou, est identifiée dans le Bordelais, venant elle-aussi d'Amérique du Nord et contaminant rapidement tous les vignobles européens ; le traitement avec du sulfate de cuivre (la bouillie bordelaise) est proposé en 1885. Enfin, en 1886, c'est au tour du black rot (la pourriture noire) d'arriver ( de la Société française de phytopathologie, « Les Vendanges du Savoir » le 20 mai 2025 à Talence)., traité au fongicide. La crise phylloxérique transforme le vignoble : le provignage est abandonné, les plantations sont faites en rangs avec désormais un palissage sur fils de fer, et non plus en foule sur piquets., d'où une densité plus faible, et la possibilité d'y faire passer un cheval (pour traiter et labourer). Mais la concurrence des vins du Midi (du Languedoc, d'Algérie, etc.), plus sucrés, alcoolisés et colorés, arrivant désormais par wagon-foudre, interdit la reconstitution du vignoble dijonnais à l'identique. L'extension urbaine de l'agglomération dijonnaise grignote ensuite progressivement les anciennes parcelles viticoles entre 1945 et 1965.

Renouveau du vignoble Pour témoigner de ce passé viticole à Dijon, la toponymie a conservé plusieurs noms de lieux-dits qui étaient couverts de vignes : les Marcs d'Or, les Échaillons, en Pisse-Vin, en Montrecul, les Poussots, Perrières, Larrey, Crais de Pouilly, les Violettes., les Roussottes, En Eaux, etc. Sur la fontaine de la place François-Rude, la statue du Bareuzai (« bas rosés » en patois bourguignon) représente Le Vendangeur foulant le raisin (vêtu seulement d'une feuille de vigne). Quelques parcelles ont été replantées avec des vignes, dans le Sud de Dijon (Montrecul, les Valendons), en centre-ville (au jardin de l'Arquebuse), dans l'Est de Dijon ( du clos des Marcs-d'Or, coteaux Aux Buis, de la Rente Giron), à Plombières-lès-Dijon et Corcelles-les-Monts ( sur le plateau de la Cras), ainsi qu'à Talant () et Daix (). L'Association des vignerons du Bourgogne-Dijon (AVBD) a été créé en 2021, avec une société de secours la Saint-Vincent de Dijon ; une demande a été faite en 2024 auprès de l'INAO pour la reconnaissance d'une dénomination « bourgogne dijon ».

Par le décret du , la (on utilise ensuite la notion de dénomination géographique) « montrecul » est reconnue au sein de l'appellation bourgogne (on peut la rajouter à la suite, ce qui donne le « bourgogne montrecul »), publié au JORF du .. Le , la partie cultivée du Montrecul fait partie des classés au patrimoine mondial de l'Unesco sous le nom de .. Le cahier des charges de la dénomination est celui de l'appellation bourgogne, modifié dernièrement en relatif aux appellations d'origine contrôlées « Bourgogne », « Bourgogne grand ordinaire », « Bourgogne ordinaire », « Bourgogne Passe-tout-grains » et « Bourgogne aligoté », publié au JORF du ., puis en , publié au JORF du . et en , homologué par l'arrêté du publié au JORF du et au BO Agri du ..

Étymologie Le terme montrecul vient de ce que le lieu est pentu, ce qui entraine que les vignerons qui y travaillent laissent voir depuis le bas de la pente leur cul (du latin culus : cul, derrière) quand ils se baissent.. Un climat tout aussi pentu et au nom semblable se trouve à Savigny-lès-Beaune : « Redrescul ».

Vignoble Aire de production

Ce climat est situé sur la commune de Dijon, à son extrémité sud au lieu-dit de « Montrecul » (entre la rue Dunant et la rue Dr. Calmette), dans le quartier des Valendons. Les auteurs anciens en faisait une partie de la côte dijonnaiseC'est encore le cas dans l'ouvrage de . (ou « côte de Dijon »., avec les vignes de Perrigny-lès-Dijon, Longvic, Fleurey-sur-Ouche, Corcelles-les-Monts, Lantenay, Talant, Plombières, Fontaine-lès-Dijon, etc.), . ; aujourd'hui l'usage est de la décrire comme la dénomination la plus septentrionale du vignoble de la côte de Nuits.

Selon le service des Douanes, la superficie revendiquée en 2021 sous cette dénomination est de ., et 6,13 ha en 2022. En 2008, il comprenait une superficie de .. Les données ne sont pas publiées par le service des Douanes en pour 2023 et 2024.

Géologie et orographie Les vignes sont implantées sur un coteau orienté vers l'est, d'altitude entre 257 et , avec une pente jusqu'à 13 %. Le sous-sol est du calcaire à oolithe blanche relativement tendre datant du Bathonien. Cette roche est recouverte par des graviers, les grèzes litées, mêlés à des argiles et à des limons sablonneux rouges, donnant des sols bruns calcaires assez profonds..

Climatologie Le climat bourguignon est un climat tempéré océanique à légère tendance continentale. L'influence océanique se traduit par des pluies fréquentes en toutes saisons (avec néanmoins un maximum en automne et un minimum en été) et un temps changeant. L'influence semi-continentale se traduit par une amplitude thermique mensuelle plutôt élevée, se caractérisant par des hivers froids avec des chutes de neige relativement fréquentes, et des étés plus chauds que sur les littoraux, avec à l'occasion de violents orages. Les données climatiques de la station météorologique d'Ouges (l'aéroport de Dijon-Bourgogne, anciennement Dijon-Longvic) ci-dessous en rendent compte, mais cette station se situe en plaine, à l'est de l'aire d'appellation.

En raison de l'actuel réchauffement climatique, les vendanges sont souvent plus précoces de quelques jours (le débourrement, la floraison et la véraison de la vigne se faisant plus tôt)..

Encépagement Les cépages autorisés par le cahier des charges (de l'AOC bourgogne) pour la production de rouge sont le pinot noir NLe code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. . comme cépage principal et le chardonnay B, le pinot blanc B et le pinot gris comme cépages accessoires et limités à un maximum de 15 %. La production de blanc et de rosé est autorisée, mais inexistante dans la pratique. Pour le rouge, l'encépagement se limite à du pinot noir N.

Le pinot noir compose exclusivement les vins rouges et vins rosés de l'AOC. Il est constitué de petites grappes denses, en forme de cône de pinChristian Pessey, Vins de Bourgogne, La vigne et le vin « Pinot noir », composées de grains ovoïdes, de couleur bleu sombre. C'est un cépage délicat, qui est sensible aux principales maladies et en particulier au mildiou, au rougeot parasitaire, à la pourriture grise (sur grappes et sur feuilles), et au cicadellesCatalogue des variétés et clones de vigne cultivés en France ENTAV, Éditeur. Ce cépage, qui nécessite des ébourgeonnages soignés, a tendance à produire un nombre important de grapillons. Il profite pleinement du cycle végétatif pour mûrir en première époque. Le potentiel d'accumulation des sucres est élevé pour une acidité juste moyenne et parfois insuffisante à maturité. Les vins sont assez puissant, riches, colorés, de gardeChristian Pessey, Vins de Bourgogne, La vigne et le vin « Pinot noir », . Ils sont moyennement tanniques en général.

Méthodes culturales vignette|Pied de vigne taillé en Guyot simple, montrant une baguette (un sarment taillé long) portant plusieurs yeux.