thumb|Escalier de l'Opéra Garnier (Paris, France). vignette|Escalier à Persépolis, en Iran, construit vers vignette|droite|upright=1|Escalier de Bramante, à double hélice, au Vatican. vignette|droite|upright|Escalier avec voie d'accès pour poussette.
Un escalier est une construction architecturale constituée d'une suite régulière de marches, ou , permettant d'accéder à un étage, de passer d'un niveau à un autre en montant et descendant. Le terme a une origine étymologique latine, scala signifiant échelle. Le métier correspondant est celui d'escaliéteur.
Par extension, ce type de construction a donné son nom à un escalier, voie piétonne, à ciel ouvert ou couverte, constituée d’une ou plusieurs marches.
Histoire Un des plus anciens escaliers au monde est découvert lors de la fouille du site archéologique turc de Göbekli Tepe datant de la fin du Mésolithique..
Les résidences de prestige (châteaux, palais) possèdent un escalier d’apparat (escalier d’honneur souvent central, escalier à vis, escalier en colimaçon) et des escaliers de service (escaliers latéraux). Les demeures bourgeoises adoptent progressivement ces dispositifs architecturaux. Les immeubles de rapport bourgeois qui apparaissent à la fin du sont équipés d'ascenseur, symbole de luxe et de modernité qui remplace l'escalier d'honneur. Un escalier séparé dit « de service » dessert les étages supérieurs où logent les domestiques (chambre de bonne)..
Description et terminologie
Typologie Un escalier peut être en pierre, en bois, en métal, en béton, en verre ou en plâtre.
Sa structure est soit intégrée au mur qui le supporte, soit un assemblage indépendant du reste du gros œuvre et l'assemblage est un ouvrage autoporteur. L'escalier est d'une complexité de conception très variable : de la paillasse en béton, sorte de dalle rampante comportant les marches et posée en dénivelé, de l'empilement simple des marches en métal qui peuvent donner l'escalier en système à vis à noyau central, jusqu'à l'escalier tournant de pierre sur voûte sarrasine et l'escalier balancé de pierre taillée ou de bois avec jour central.
L’escalier peut être à montée droite ou circulaire ou mixte : droit ou à l'italienne, hélicoïdal ou à vis ou en colimaçon ou rayonnant, balancé, ou à la française ou à quartiers tournants.
Lorsqu'un escalier est utilisé comme voie d'évacuation extérieure d'un bâtiment la volée inférieure peut se relever horizontalement au niveau du premier étage afin de libérer de l'espace au pied de l'escalier. On parle alors de volée inférieure relevable. Ce système permet aussi d'empêcher l'accès aux personnes non autorisées.
Le professionnel qui fabrique et pose les escaliers, lorsqu'ils sont en bois, est indifféremment charpentier ou menuisier ; c'est pour cela qu'on rencontre couramment deux unités de mesure : le centimètre (origine de charpente), et le millimètre (utilisé en menuiserie). Il est dit escaliéteur ou escaliériste.
Terminologie vignette|droite|Terminologie. vignette|L'escalier d'un hôtel abandonné à Annan (Écosse). thumb|Escalier à ciel ouvert à volées droites superposées, Cour des Voraces, Lyon. Cage d'escalier Pièce haute de plusieurs étages dans laquelle se trouve l'escalier. Collet Petit côté d'une marche balancée, du côté du limon ou du noyau. Contremarche Partie verticale fermant l'intervalle entre deux marches. Certains escaliers dits « à claire-voie », comme les échelles de meunier, en sont dépourvus. Coquille d’escalier Dessous de l’assemblage des marches d’un escalier qui tourne en limaçon ou l’intrados de la voûte rampante formée par cet assemblage Crémaillère Pièce d'appui, soutenant marches et contremarches, suivant l'angle de l'escalier, souvent plaquée contre le mur d'échiffre, et se différenciant du limon par le fait qu'elle est découpée suivant le dessous de la marche et l'arrière de la contremarche. Degré Mot qui a longtemps désigné un escalier ou un perron. Ensemble constitué d'une marche et d'une contremarche. Échappée Hauteur de passage, prise verticalement, non pas entre le nez de marche et la partie inférieure du plancher ou de la volée au-dessus, mais entre la ligne qui joint deux nez de marche successifs et le plancher du dessus (mini : ; généralement : ). Échiffre, mur d'échiffre Mur contre lequel repose l'escalier. Escalier à pas décalés, dit à pas japonais ou à pas-de-canard Les marches sont coupées en deux, décalées ou ajourées, pour gagner de la place. Cela impose d'utiliser chaque demi-marche par le pied qui lui est imposé par le décalage. thumb|Escalier à pas japonais, taillé dans la roche, Parc national des Pinnacles, Californie, États-Unis. Foulée Pas moyen fixé à d'une personne empruntant un escalier. Au niveau de la ligne de foulée d'un escalier, la somme de deux hauteurs de marches plus une longueur de contremarche doivent être égales à une foulée. Giron Distance horizontale de nez de marche à nez de marche. En cas de volée courbe, le giron théorique est alors la largeur de marche mesurée sur la ligne de foulée (lieu de giron constant). Jour Espace vertical laissé par les volées, vide central dans la cage d'escalier. Ligne de foulée Ligne fictive reliant les nez de marche successifs à l'endroit du passage le plus fréquent, soit au milieu de l'escalier, soit à de la rampe quand il est plus large. Le même terme désigne cette ligne vue en plan. Le long de cette ligne de passage, les foulées sont strictement égales pour éviter les chutes. Limon Pièce d'appui des escaliers à jour central et rampe sur rampe. C'est la poutre qui sert d'appuis aux marches d'escalier du côté opposé au mur d'échiffre. Cette pièce est parallèle au mur d'échiffre et tourne suivant l'angle de l'escalier. Lorsque le limon est en bois, les marches et contremarches sont encastrées dans sa pleine masse. Pour les escaliers en pierre, le limon est un ouvrage de soutien de l'extrémité des marches par l'orientation de ses coupes (clavages) qui forment un arc rampant. Dans les escaliers à noyau il n'y a pas de limon. Main-courante ou lisse Ouvrage filant en bois, en métal ou en corde qui longe chaque volée d'escalier soit sur la rampe du côté du jour, soit le long du mur d'échiffre, afin de servir d'appuis ou de prise à la main de ceux qui les gravissent. Lorsque le passage d'un escalier ouvert au public mesure ou plus, il est obligatoire en France de fournir une main courante de chaque côté. Marche Degré, surface horizontale sur laquelle on pose le pied. La marche se définit dimensionnellement par son emmarchement, son giron et sa hauteur. Formellement une marche peut être : droite ou carrée (si elle est rectangulaire) ; balancée ou dansante si les deux extrémités ont des largeurs différentes ; biaises si sans être balancée elle n'est pas perpendiculaire au limon. La marche du bas est la marche de départ, celle du haut est la marche d'arrivée ou marche palière. Les marches sont dites droites dans la volée droite, balancées dans les quartiers tournants, rayonnantes dans les escaliers à vis. Nez de marche Partie de la marche en saillie sur le nu de la contremarche, la hauteur du garde corps ou de la main-courante est calculée à partir du nez. Appelé aussi Pas de souris dans certaines régions du sud-est de la France. Noyau Partie centrale, en général cylindrique, constituant l'axe autour duquel sont disposées les marches et qui tient lieu de limon dans un escalier à vis. Il est le constitué de la superposition d'une partie des marches lorsque l'escalier est en pierre ou en charpente, mais pas quand il est en menuiserie. Paillasse Dans le cas des escaliers en béton, c’est la dalle en pente intégrant les marches d’une volée. thumb|Tête de départ. Palier Plate-forme ménagée à chaque étage et accédant aux portes palières. La plate-forme intermédiaire qui ne donne pas accès à des locaux est appelée repos ou palier de repos. Rampe d'appui Garde corps situé du côté du jour de l'escalier et surmonté d'une main courante. Sens Le sens normal d'un escalier de plaisance est de tourner à droite, c'est-à-dire d'avoir le noyau à main droite en montant. Dans les bâtiments fortifiés, les escaliers en hélice tournaient à droite afin de défavoriser un éventuel assaillant (maniant généralement son épée de la main droite et alors gêné par le noyau) et favoriser le défenseur d'en haut tenant, lui, le noyau à sa gauche et pouvant donc manier l'épée dans l'ouverture de l'escalier. Stylobate Plinthe qui suit le profil souvent sinueux des marches d'escalier le long du mur d'échiffre. Tête de départ (de rampe) Pièce souvent arrondie qui orne le début d’une rampe d’escalier. Elle peut être réalisée en bois, en fer forgé, en verre, ou en pierre. Volée Portion d'escalier comprise entre deux plates-formes et qui comprend les marches. Les marches sont droites ou parallèles dans la volée droite, les marches sont dites balancées ou biaises ou dansantes dans les quartiers tournants, les marches sont rayonnantes dans la volée d'escalier à vis.
Types d'escaliers thumb|gauche|Escalier à double hélice. thumb|droite|L'escalier en spirale du phare de l'ile Vierge. gauche|vignette|Escalier renaissance rampe-sur-rampe de l'hôtel Maillard, Baugé. vignette|Escalier à pas d'âne, île Sainte-Marguerite.
On distingue les escaliers droits, parmi lesquels les échelles et les perrons, et les escaliers tournants, qui présentent trois formes : les escaliers à jour, les escaliers rampe-sur-rampe et les escaliers à noyau. Les escaliers tournants ont le plus souvent un ou plusieurs quarts tournants en angle droit, ou sont circulaires (à jour) ou en hélice (à noyau)..
l'escalier hélicoïdal, souvent appelés « escalier en colimaçon », ou « escalier à vis » s'il possède un noyau central. ; l'escalier en spirale, dans des tours de forme conique. l'escalier en pas d'âne présente des marches très profondes. Ils étaient destinés à faciliter le passage du bétail ou d'animaux de trait ; l'escalier rampe-sur-rampe est un escalier tournant à retours, formé de volées droites parallèles et de sens contraire, sans jour central, séparées par des paliers où se font les tournants.
Escalier tournant à droite ou à gauche. Il en est de deux sortes : l'escalier en vis et l'escalier à retours, par exemple : « escalier tournant à trois volées droites séparées par des repos formant retour en équerre ». Escalier suspendu. Cet escalier à des marches sortant du mur, comme suspendu dans l'air. C'est un limon ou une marche unitaire qui est caché permettant cet effet.
Autres types : escalier mécanique et échelle L’escalier mécanique ou « escalator » est un convoyeur aux marches mobiles et l’échelle un squelette.
Technique vignette|droite|Montage d'un escalier en frêne par un artisan dans les environs de Lyon.
Mesures En 1675, François Blondel se penche sur la question du calcul de l'escalier dans son Cours d'architecture enseigné à l'Académie royale d'architecture. Il mesure le pas (au sens de distance franchie par le pied lors d'une marche normale sur un plan horizontal) et constate qu'« à chaque fois qu'on s'élève d'un pouce, la valeur de la partie horizontale se trouve réduite de deux pouces et que la somme de la hauteur doublée de la marche et de son giron doit demeurer constante et être de deux pieds ». Autrement dit la « formule de Blondel » s'exprime ainsi : , où est le module (ou le pas) et vaut deux pieds (), la hauteur de la marche, et son giron (distance horizontale entre deux nez de marche consécutifs mesurée sur la ligne de foulée).
L'idée directrice est que l'effort fait par la personne qui monte soit constant, malgré les variations de la hauteur montée effectivement par rapport au déplacement horizontal selon l'endroit où on se situe dans l'escalier, montée plus forte dans les coudes (cette personne est positionnée avec la main sur la rampe).