Louis René Charles Marie Dartige du Fournet, né à Putanges dans l'Orne le et mort à Périgueux en Dordogne le , est un officier de marine français. Il termine sa carrière avec le grade de vice-amiral.

Famille La famille Dartige du Fournet est une famille subsistante de l'ancienne bourgeoisie française, originaire de Felletin, dans l'actuel département de la CreusePierre-Marie Dioudonnat, Le Simili-Nobiliaire Français, édition Sédopols, 2012, p.254. L'auteur de la famille est François Dartige (1600-1674), bourgeois et maître de poste à Felletin. C'est au que la famille Dartige relève le nom de "du Fournet", patronyme d'une famille d'ancienne noblesse dont certains membres furent proches de Du Guesclin, aujourd'hui éteinte. La famille Dartige du Fournet détient encore le château du Fournet, à Saint-Judoce.

Biographie Le vice-amiral Dartige du Fournet est né Louis Dartige, mais son père, Louis Auguste Dartige (receveur de l'enregistrement et des Domaines), est autorisé par décret présidentiel, en 1877, à ajouter du Fournet au nom de famille, relevant le nom porté par l'une de ses aïeules maternelles et rappelant le château du Fournet à Saint-Judoce, en Côtes-du-Nord (aujourd'hui Côtes-d'Armor) où vivait son père (le château abrite toujours un portrait du vice-amiral Dartige du Fournet) ; sa mère était Sidonie Olympe Mourin d'Arfeuille. Il se maria avec Marie Vauquelin de la Rivière puis avec Edmée de la Borie de la Batut.

Il entre en 1872 à l'École navale, dont il sort major. Le , sous les ordres du capitaine de frégate Bory, commandant l'aviso L'Inconstant, le lieutenant de vaisseau Louis Dartige, commandant la canonnière Comète, force la passe de Ménam (fort Paknam) pour dégager le port de Bangkok. Ce fait d'armes contribue à l'attribution à la France de la rive gauche du Mékong (le Laos) par le Siam (actuelle Thaïlande). Louis Dartige devient ensuite second sur le croiseur-cuirassé Pothuau, puis il commande le croiseur Surcouf de l'escadre du Nord. En 1909, il est nommé contre-amiral. Durant la guerre des Balkans (1912-1913), il est à la tête de la flotte française de Méditerranée, et il est nommé vice-amiral. Lors de la Première Guerre mondiale, en , il est nommé à la tête de la troisième escadre française qui vient d'être créée. Basée à Port-Saïd (Egypte), cette escadre est chargée de faire appliquer le blocus des côtes ottomanes décrété en Service historique de la Marine, le document du mois : Lettre aux marines des pays alliés, adressée en 1915 par Dikran Antreassian au nom des Arméniens retranchés sur le mont Moïse.. L'amiral Dartige du Fournet est alors le principal instigateur du développement de la stratégie insulaire française en Méditerranée orientale : dans le cadre de la lutte contre l'empire ottoman, la marine française prend possession des îles de Rouad en et de Castellorizo (). Elle y installe des centres de renseignement particulièrement actifs durant tout le conflit.

vignette|gauche|En 1916 au Pirée publié dans Le Miroir.

Le , les Arméniens retranchés sur le Musa Dagh (ou « Mont-Moïse ») pour résister au génocide entrepris par les Turcs réussissent à attirer l’attention du croiseur Guichen, au nord de la baie d’Antioche, avec un drap blanc marqué d’une croix rouge. L'amiral Dartige du Fournet sollicite des instructions auprès de l’état-major. Sans réponse précise, c'est finalement sous sa responsabilité que, les 12 et , sont embarqués sur la Foudre, le , le Guichen, l’ et le Desaix. Les marins français de la donnent le meilleur d’eux-mêmes pour réussir cette évacuation, sur Port-Saïd, en Égypte, où les rescapés sont accueillis, gardant toutefois le nom de Mussalertsi (enfants du mont Mussa).

Dartige du Fournet prend par la suite le commandement en chef des flottes alliées d'Orient qui vont agir dans le Bosphore.

Il est démis de ses fonctions par le ministre de la Marine, Lucien Lacaze, à la suite de l'embuscade dans laquelle tombent les soldats alliés à Athènes en Journal officiel de la République française 25/01/1917. Il cherche à réintégrer l'armée de terre durant les derniers mois de la Première Guerre mondialeLettres du Mékong, avant d'être réhabilité.

Il se marie et se retire à Périgueux dans sa villa Paknam. Il est enterré à Saint-Chamassy (Dordogne).

Honneurs, hommages Le , 110 ans après les faits, une délégation française conduite par Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, en présence d'Ararat Mirzoian, ministre arménien des Affaires étrangères, s'est rendue au complexe commémoratif du génocide arménien Tsitsernakaberd à Erevan en Arménie pour dévoiler une plaque en l'honneur de Louis Dartige du Fournet, derrière laquelle est scellée une poignée de terre prélevée sur sa tombe en Dordogne afin de perpétuer la gratitude du peuple arménien pour le sauvetage des plus de de Musa Dagh par un militaire , selon le discours qu'a prononcé alors Edita Gzoyan, directrice du Musée-Institut du génocide des Arméniens.

Publications vignette|L'embarquement des réfugiés arméniens du mont Musa Dagh sur un navire de guerre en septembre 1915. Instructions nautiques sur les mers de Chine. Introduction. Navigation générale. Collationnées par le service des instructions nautiques au Dépôt de la marine, 3 vol., Paris, Imprimerie nationale, 1883-1884 Journal d'un commandant de la Comète : Chine, Siam, Japon (1892-1893), Paris, Plon-Nourrit, 1897, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56085880.pdf Texte en ligne] - Prix Auguste-Furtado de l’Académie française Petite Mousmé, Paris : Plon-Nourrit, 1907. Réédition : Paris, Pondichéry, Éditions Kailash, 2009

Souvenirs de guerre d'un amiral, 1914-1916, Paris, Plon-Nourrit, 1920 Heures lointaines. Souvenirs d'un marin, Paris, Plon, 1928 À travers les mers. Souvenirs d'un marin, Paris, Plon, 1929 Portraits de Famille. Souvenirs intimes, Périgueux, imprimerie Ribes, 14 rue Antoine-Gadaud, 1938

Promotions Élève sur le Borda le , Aspirant de le , Aspirant de le , Enseigne de vaisseau le , Lieutenant de vaisseau le , à bord de l'aviso Bouvet, Capitaine de frégate en 1897, à bord du croiseur Pothuau, Contre-amiral en 1909, préfet maritime à Bizerte, Vice-amiral en 1913. vignette|305x305px|Louis Dartige du Fournet en 1915, Agence Rol.

Décorations , le ; , le ; le de la main du président de la République à Dunkerque ; , le ;

(Royaume-Uni) (1916).

Notes et références

Voir aussi Sources et bibliographie

. Brigitte Delluc, Gilles Delluc, « De Bangkok à Eugène Le Roy », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 2007, tome 134, livraison, , ill. (lire en ligne) Brigitte Delluc, Gilles Delluc, « Note sur l’amiral Louis Dartige du Fournet et les Arméniens », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 2010, tome 137, livraison, , ill. (lire en ligne) Brigitte Delluc, Gilles Delluc, « Trois faits d'armes de Louis Dartige du Fournet, officier de marine », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 2015, tome 142, , ill.

Articles connexes Château du Fournet. Familles subsistantes d'ancienne bourgeoisie française

Liens externes

Louis Dartige du Fournet sur le site des Lettres du Mékong

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