Alain Borer est né le à Luxeuil-les-Bains, Haute-Saône. Il est poète, écrivain-voyageur, romancier, dramaturge, critique d'art, spécialiste d'Arthur Rimbaud, essayiste, professeur d’enseignement artistique à l’École supérieure des Beaux-Arts de Tours-Angers-LeMans jusqu'en 2014, professeur invité en littérature française à Los Angeles (université de Californie du Sud) depuis 2005. Alain Borer est également président national du Printemps des poètes de 2001 à 2024 puis président du comité d'honneur, président du Grand prix de poésie Robert Ganzo (Fondation de France), président de l’Association internationale des Amis de Rimbaud ; il anime un atelier de poésie NRF chez Gallimard. Alain Borer réside à Paris, à Los Angeles et à Chaumussay (Touraine du sud).
Biographie Alain Borer, né le à Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône), fait ses études à Genève à l'Institut Florimont où il dirige le journal d’étudiants Le Bateau ivre. En 1970, alors qu'il est en hypokhâgne à Nancy où il publie à nouveau une revue d’étudiants, paraît son premier recueil de poèmes, Fi, chez Parisod, à Lausanne. À Paris où il poursuit ses études en khâgne au Lycée Henri-IV, il invite Denis Roche et les poètes de Tel Quel, dont il fait le sujet d'un mémoire qu'il soutient à Paris VII, sous la direction de Julia Kristeva. En 1976, il part sur les traces de Rimbaud en Éthiopie pour le film Le Voleur de feu de Charles Brabant, avec Léo Ferré, diffusé sur TF1 en 1978, et réalise un Rimbaud en cassettes Radio France, avec des lectures de Laurent Terzieff.
Chauffeur de maître pour achever ses études (Souvenirs d'un chauffeur de maître dans Les Temps modernes, ), il entre à l'école des Beaux-Arts de Tours en 1979 comme professeur d'enseignement artistique (parmi ses collègues les peintres Pierre Antoniucci, Christian Henry, le sculpteur Peter Briggs ; parmi leurs élèves : Bernard Calet, Ben l'Oncle Soul, Richard Fauguet, Françoise Manceau, Laurent Mauvignier, François Pagé).
Ayant réuni ce qu’il appelle une « rimbaldothèque » exhaustive (toutes publications de 1870 à 2000), Alain Borer a exploré toutes les traces d’Arthur Rimbaud, de Charleville à Java, de Marseille à Londres ou Stockholm, de Harderwijk à Harar et de Chypre au Yémen (il recherche la maison de Rimbaud à Aden de 1990 à 1996), tous les lieux de ce qu’il appelle la « Rimbaldie »; rencontré les derniers témoins (Émilie Tessier Rimbaud à Vouziers, la mémoire orale en Éthiopie), la plupart des Rimbaldiens (d’Étiemble à Bob Dylan) ; travaillé notamment avec Allen Ginsberg, Philippe Soupault, Ernest Pignon Ernest, Hugo Pratt, Bruno Sermonne
Sa traduction du Rimbaud d’Enid Starkie (Flammarion, 1981) rencontre le succès ; puis en automne 1984 paraissent simultanément deux livres, Rimbaud en Abyssinie (éditions du Seuil, collection Fiction & Cie) et Un sieur Rimbaud, se disant négociant avec Philippe Soupault (Lachenal & Ritter éditeur, Prix Bordin de l'Académie française 1985). En 1986, Alain Borer publie un Adieu à Rimbaud, puis en 1991, Rimbaud l'heure de la fuite, illustré par Hugo Pratt, et il développe sa démonstration de l'unité de l'œuvre et de la vie d'Arthur Rimbaud dans l’Œuvre-vie, l’édition du centenaire, qui édite chronologiquement . Le travail accompli, et la démarche, sont abondamment salués par la critique, telle celle du Monde : Lecteur méticuleux, biographe incollable, esprit bondissant, [Borer] a l'érudition effervescente, le trait foudroyant et, comme son modèle, la tête assez près du bonnet. Avec lui, les lieux, les voyages, les poèmes et les lettres se décodent mutuellement et simultanément. Il obéit d'emblée à l'injonction de René Char : " Il faut considérer Rimbaud dans la seule perspective de la poésie. Est-ce si scandaleux ? Son oeuvre et sa vie se découvrent d'une cohérence sans égale." Édition de longue haleine ayant mobilisé de nombreux collaborateurs, elle est néanmoins critiquée par un spécialiste de la poésie française du XIXe siècle, Steve Murphy, qui la juge "effectuée de manière hâtive et sans discernement"Voir Steve Murphy, Stratégies de RImbaud, Honoré Champion, 2009.. D'autre part, le professeur André Guyaux, pour sa nouvelle édition des Œuvres complètes dans la Bibliothèque de la Pléiade, ne reprendra pas le choix de Borer de placer Une Saison en enfer après Les Illuminations.
À partir de 1991, parmi d'autres nombreux ouvrages, Alain Borer publie un roman (Koba, prix Joseph-Kessel 2003), une pièce de théâtre (Icare, prix Apollinaire 2008), un essai sur Beuys (catalogue du Centre Pompidou), et toujours des poèmes, dans trois registres différents (en allées cosmiques lyriques, livres pataphysiques, et ce qu’il appelle « noèmes »). Cette puissance créatrice et l'étendue de sa curiosité suscitent parfois l'étonnement, souvent l'admiration, à l'image de celle de l'historien d'art et critique Marc Dachy : "Le succès international de Rimbaud en Abyssinie [aux États-Unis dans la traduction de Rosmary Waldrop, William Morrow, New York, 1991] a fait oublier que nous avons un écrivain complet de grande envergure, l’un des plus doués de sa génération, dont l’œuvre, parfois confidentielle et dispersée dans d’innombrables revues, ne peut être encore perçue dans sa totalité, mais dont l’écriture, toujours incandescente et inspirée, révèle avec érudition et passion, fantaisie et humour, des avancées profondes et novatrices".
Écrivain-voyageur, signataire du manifeste littérature monde de Saint-Malo, Alain Borer accomplit en 2005 à l’invitation d’Édouard Glissant un voyage dans les mers du Sud (des Gambiers jusqu’à l’archipel des Tuamotus) dont il rapporte Le Ciel & la carte, carnet de voyage dans les mers du Sud à bord de La Boudeuse, qui reçoit cinq prix littérairesPrix Prix Mac Orlan 2011 ; Prix Mémoire de la mer 2011 ; Prix Polynésie 2012 ; Prix Maurice Genevoix de l’Académie française 2012 ; Joseph Conrad Award.
Alain Borer a donné de nombreuses lectures et conférences. Une partie de son œuvre apparaît disséminée en de nombreuses préfaces, essais littéraires en revues, écrits sur l’art en catalogues (Pierre Antoniucci, Barry Flanagan, Vivien Isnard, Henri Maccheroni, Volti...), et poèmes en livres et revues multiples, ainsi qu’en émissions de radio sur France Culture (Germain Nouveau, Agenda Dada, Corrida Dada...). Il prend part au club Phares et balises de Régis Debray en 1995 ; il participe aux Cahiers de Zanzibar puis au Groupe Actéon, « hors de tout commerce », avec André Velter et Zéno Bianu. Depuis 2014, il s’est engagé dans un combat pour la langue française avec son essai De quel amour blessée, réflexions sur la langue française (grand prix Deluen de l’Académie française, 2014, prix Mauriac 2016), qui a donné lieu à de nombreuses conférences et interventions dans la presse.
En 2021, dans la collection Tracts chez Gallimard, Borer publie un pamphlet contre l'usage de tous les anglicismes dans la langue française, Speak White. Il est salué aussi bien par Le Figaro ou par le critique conservateur André Bercoff sur la radio Sud Radio que par Le Monde diplomatique ou Laurence Cossé dans La Croix. Dans son bloc-notes du magazine Sept, l'écrivain Olivier Weber écrit à son propos : "Un livre audacieux, d’une grande érudition et salutaire à l’heure où les langues disparaissent ou se délabrent, ce qui revient au même". Le livre est toutefois critiqué par Les Linguistes atterréesVoir "Le Français va très bien, merci", Les linguistes atterrées, Tracts, 2023. .
En 2024, il découvre un dolmen sur la crête qui sépare les deux vallées de Chambon et de Chaumussay, équidistant de ceux d'Yzeures-sur-Creuse et de Paulmy.
Œuvres littéraires
Récits de voyage Le ciel & la carte, carnet de voyage dans les mers du Sud à bord de La Boudeuse, Paris, Seuil, 2010, Prix Pierre Mac Orlan 2011, Prix Mémoires de la mer 2011, Prix Polynésie 2012, Joseph Conrad Award 2012, Prix Genevoix de l'Académie française 2012 Carnets de Sarajevo, Paris, Gallimard, 2002 Drames tranquilles à Tabou, Paris, Éditions Michalon, 1995 Trois jours aux anges, Paris, Phébus, 1989 Souvenirs d'un chauffeur de maître, Paris, Les Temps modernes, mai 1978
Roman Koba, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Fiction & Cie », 2002, Prix Kessel 2003
Théâtre Icare & I don't, Paris, Seuil, 2007, Prix Apollinaire 2008 Richard Mille, Paris, Le Cercle d'Art, 2005 Le Chant du Rien visible, Paris, Fourbis, 1991 Paul des oiseaux, alugraphies de Pierre Anoniucci, Tours, CCC/Metz, Éditions Voix, 1985
Essais sur Rimbaud Arthur Rimbaud, le lieu et la formule, Paris, Mercure de France, 1999 Rimbaud d'Arabie, Paris, Seuil, coll. « Fictions & Cie », 1991 Rimbaud, l’heure de la fuite, générique de Hugo Pratt, Paris, Gallimard, 1991, 2001 "Rimbaud d'Orange" : de Charleville à Java, Jean Degives et Frans Suasso, Hilversum, Radio Pays-Bas Internationale, 1991 Je me ressouviens, Paris, Institut du Monde Arabe, Comédie française, FNAC, 1991 Arthur Rimbaud, Œuvre-vie, édition du centenaire (dir.), Paris, Arléa, 1991 « Nothing de Rimbe », Ernest Pignon-Ernest, Paris, Area, 1986 ; rééd. Strasbourg, La Nuée bleue, 1991 Rimbaud multiple (dir.) colloque de Cerisy, Gourdon, Dominique Bedou et Jean Touzot éditeurs, 1986 Rimbaud en Abyssinie, Paris, Seuil, coll. « Fictions & Cie », 1984, 1991 ; rééd. coll. « Points-Seuil », 2004, 2013, 2021 Un sieur Rimbaud, se disant négociant, avec Philippe Soupault, Paris, Lachenal & Ritter, 1984, Prix Bordin de l'Académie française 1985 ; réédition sous le titre La Terre et les pierres, Paris, Le Livre de Poche, Hachette, 1989 Rimbaud d'Enid Starkie, traduction, préface et notes, Paris, Flammarion, 1982 ; rééd. 1989 Bérénice, spécial Rimbaud, Rome, 1980 Bouts rimés d'Arthur Rimbaud, Muro Torto, Rome, Villa Medicis, 1980
Essais sur l’art Le Reste à voir. Essais sur l'art contemporain, sous presse aux Éditions L'Atelier contemporain Christian Jaccard, l'Art en fusion, catalogue exposition Christian Jaccard, une collection, Musée Fabre Montpellier, 2023 Villeglé l'anarchiviste, Paris, Gallimard, 2020 Martin Muller or the Talking Picture, Arkansas Art Center, 2017 Chambord, Paris, Monum, 2006 Hugo Pratt - Ethiopie, la trace du scorpion, Paris, Casterman, 2005 La coupabilité de Saint Martin : La légende de saint Martin au , Peintures et dessins, Paris et Tours, Somogy Editions d'art, Musée des Beaux-Arts de Tours, 1997 Aleph ou le bœuf sous la langue, essai sur Georges Badin, Paris, Shakespeare & Cie, 1976 Le rêve du Chacmol, essai sur Olivier Seguin, Molinet, Société d'édition du Val de Loire, 1995 Déploration de Joseph Beuys, Paris, éditions du Centre Pompidou, 1994 ; rééd. Lausanne, Bibliothèque des arts, 2001 ; réédition augmentée, Paris, Éditions L'Atelier contemporain, 2021 Albrecht Dürer, L'Oeuvre graphique, Paris, H.& Bouret, 1980 ; Booking, 1994 ; réédition augmentée, Paris, Éditions L'Atelier contemporain, 2021
Essais sur la langue française "Speak white!", pourquoi renoncer au bonheur de parler français ?, Paris, Tract Gallimard, 2021 De quel amour blessée, réflexions sur la langue française, Paris, Gallimard, 2014, prix François Mauriac 2015, grand prix Deluen de l'Académie française 2015 Sauve qui peut la langue française : Défense et illustration de la langue française aujourd'hui, Paris, Gallimard, 2013
Essais littéraires Oraison pour Valère Novarina, suivie de quatre dessins inédits de Valère Novarina, Creil, Éditions Dumerchez, 2026 L’ennemitié, dans L’Armistice, Paris, Gallimard, 2018 Traité du noème, in États Provisoires du Poème XI, Devesset, TNP/Cheyne, 2010
Poésie L'Etre à gué, à paraître Tout tombe, Creil, Dumerchez, 2023, couverture de Pierre Antoniucci et de Valère Novarina L'Ange d'être ici, noèmes dits et vus, leporello, Genève, Crac, 2023 Connaissements, vélopoème et leporello, Genève, Crac, 2022 Le jet d'eau, variations, Genève, Crac, 2021 Rien n'est loin, noèmes dits et vus, leporello, Genève, Crac, 2020 Les heures inconnues, noèmes dits et vus, leporello, Genève, Crac, 2019