Victor Ambroise, vicomte « de » Lanjuinais, né le à Paris où il est mort le , est un homme politique français.
D'orientation libérale, ami de Tocqueville, il est élu à plusieurs reprises député de la Loire-Inférieure et est ministre sous la Deuxième République.
Biographie Fils cadet de Jean-Denis Lanjuinais, Victor Lanjuinais étudie le droit et est reçu avocat.
Il commence sa carrière politique, en 1830, comme conseiller municipal du de Paris.
Chambre des députés : 1838-1848 ÉluPar 182 voix (363 votants), à la Chambre des députés le , député du de la Loire-Inférieure (Pont-RousseauPont-Rousseau est un quartier de Rezé, ville de l'agglomération nantaise.), en remplacement de M. Billault, qui avait opté pour Ancenis, il siégea au centre gauche et opina généralement avec le tiers-parti.
Successivement réélu : le Par 231 voix (424 votants). ; le Par 241 voix (444 votants, 529 inscrits), contre M. Betting de Lancastel193 voix. ; et le Par 263 voix (332 votants, 508 inscrits)., contre le même concurrent46 voix.. Il combattit modérément la politique de Guizot et, dans la session de 1847, vota pour la proposition de réforme électorale, mais refusa de s'associer à la campagne des banquets.
Lanjuinais doit à sa vie parlementaire d'avoir rencontré Alexis de Tocqueville, qui partage ses opinions libérales et qui l'implique dans la plupart de ses projets politiques : il participe ainsi à l'aventure du Commerce en prenant des parts dans la société d'exploitation du journal et s'intéresse vivement au projet de constitution d'un parti de la . Il partage également avec Tocqueville son goût des voyages et s'inquiète comme son ami du sort de la colonie française d'Algérie, où les deux amis se retrouvent d'ailleurs en 1846. Toujours avec Tocqueville, Lanjuinais fait partie du groupe d'étude sur la question sociale créé par Frédéric Le Play en 1848.
Assemblée constituante : 1848 Après la révolution de Février 1848, il est éluPar voix ( votants, inscrits). dans les rangs des conservateurs, le , représentant de la Loire-Inférieure à l'Assemblée constituante, le sur 13.
Lanjuinais vote avec la droite. Membre et secrétaire du comité des Finances, il combat le socialisme, préconise les solutions économiques de l'école du , se montre l'adversaire du papier-monnaie et propose de parer au déficit par la consolidation des bons du Trésor et des livrets de caisse d'épargne et par l'émission d'un emprunt de deux cents millions en rente sur l'État. Après de vifs débats, où elle est appuyée par Jules de Lasteyrie et par Berryer, l'opinion de Lanjuinais l'emporte devant le comité, puis devant l'Assemblée, non sans avoir obtenu le suffrage du gouverneur de la Banque de France (d'Argout) et du syndic des agents de change.
Lanjuinais est ensuite chargé de plusieurs rapports importants sur diverses matières de finances ; il fait aussi partie de la commission d'enquête relative à la manifestation du 15 mai 1848 et aux événements du ; il opine, avec la majorité de ses collègues, dans le sens de la répression.
Lorsque le représentant Rateau demande, au nom de la droite, la dissolution de la Constituante, il signe avec lui la motion qui prévaut, et qui tend à une dissolution volontaire de l'Assemblée après le vote de la loi électorale.
Ministre de la République : 1849 Les royalistes purs lui ayant retiré leur appui dans la Loire-Inférieure aux élections générales pour la Législative, Lanjuinais n'est pas réélu.
Il est retiré à la campagne, lorsqu'il apprend () qu'il est appelé, comme ministre du Commerce et de l'Agriculture, à faire partie du cabinet présidé par Odilon Barrot. 200px|thumb|right|Lanjuinais, vu de profil au moment où il monte à la tribune pour aborder une questin de face,Honoré Daumier (1808–1879), Les Représentants représentés, Paris, 1849. Il ne tarde pas d'ailleurs à rentrer au parlement : le suivant, onze réélections ayant lieu à Paris par suite d'options ou de démissions, Lanjuinais, candidat conservateur, est éluAvec voix sur votants et inscrits, le premier de la liste, représentant de la Seine.
Comme ministre du Commerce, il prend part à la suppression du système des quarantaines du ; il veut aussi mettre fin au monopole de la boulangerie parisienne ; mais cette décision n'est pas confirmée par son successeur. Chargé pendant trois mois de l'intérim du ministère de l'Instruction publique et des Cultes, il obtient du pouvoir exécutif l'autorisation collective des synodes provinciaux qui seraient tenus pendant le cours de l'année 1849, en réservant à l'autorité civile les droits stipulés par le Concordat. Soutenu par la majorité de droite, le cabinet, dont Lanjuinais fait partie, est révoqué le .
Le représentant de la Loire-Inférieure refuse d'entrer dans les combinaisons ultérieures et prend part encore dans l'Assemblée aux travaux de plusieurs commissions importantes, telles que la commission d'enquête de la marine et celle des boissons ; il est en outre président et rapporteur de la commission d'enquête sur la production et la consommation de la viande de boucherie.
Corps législatif : 1863-1869 thumb|right|350px|Berryer harangue la foule à la fenêtre de la mairie du de Paris le 2 décembre 1851. Gravure tirée de l’Histoire populaire contemporaine, Paris, Ch. Lahure, 1864. Adversaire du coup d'État du 2 décembre 1851, il proteste contre cet acte et est du nombre des représentants (dont Berryer et Tocqueville) qui, réunis à la mairie du de Paris, votent la déchéance du Prince-Président.
Après avoir subi une courte détention au château de Vincennes, il rentre dans la vie privée, refuse en 1857 la candidature au Corps législatif, et reparait au parlement, le Élu par voix ( votants, inscrits)., comme candidat indépendant de la circonscription de la Loire-Inférieure.
Lanjuinais siège dans le tiers-parti orléaniste, se sépare de la gauche au sujet de la loi de 1864 sur les coalitions qui abolit le délit de coalitionLe délit de coalition a été institué en 1791 par la loi Le Chapelier. Il est abrogé en 1864., qu'il vote avec Émile Ollivier, parla (session de 1867), sur le budget de la Justice, pour blâmer l'intervention des juges des paix dans la politique, un certain nombre de ces magistrats ayant été obligés d'envoyer aux parquets un rapport trimestriel sur l'attitude des partis, et mourut le avant la fin de la législature.
Il est inhumé, dans le caveau familial, au cimetière du Père-Lachaise.
Œuvres On a de lui : Notice sur la vie et les ouvrages de son père (1832) ; Nouvelles Recherches sur la question de l'or (1863), dans la Revue des Deux-Mondes.
Notes et références
Annexes Articles connexes Famille Lanjuinais ; Histoire de Nantes ; Liste des députés de la Seine ; Liste des députés de la Loire-Atlantique ; Gouvernement Odilon Barrot (2) ; Liste des ministres français du Commerce ; Liste des ministres français de l'Agriculture ; Liste des ministres français de l'Éducation nationale sous la Deuxième République ; Années 1840 en sociologie ; Liste de personnalités enterrées au cimetière du Père-Lachaise ;
Liens externes
Bibliographie
Catégorie:Naissance en novembre 1802 Catégorie:Naissance dans l'ancien 12e arrondissement de Paris Catégorie:Vicomte français du XIXe siècle Catégorie:Avocat français du XIXe siècle Catégorie:Député de la Loire-Inférieure (monarchie de Juillet) Catégorie:Député de la Loire-Inférieure (Assemblée constituante de 1848) Catégorie:Ministre de la Deuxième République Catégorie:Ministre français de l'Agriculture Catégorie:Ministre français du Commerce Catégorie:Ministre français de l'Instruction publique Catégorie:Député de la Seine Catégorie:Député de la Deuxième République française Catégorie:Député de la Loire-Inférieure (Second Empire) Victor Catégorie:Décès en janvier 1869 Catégorie:Décès dans le 9e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 66 ans Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière du Père-Lachaise (division 30) Catégorie:Conseiller général de la Loire-Atlantique