vignette|Logo de la ville de Potsdam Potsdam () est la capitale et ville la plus peuplée du land de Brandebourg avec habitants (). Située sur la Havel, Potsdam est limitrophe de Berlin au sud-ouest et compte parmi les villes prospères de son agglomération, qui compte environ 4,7 millions d'habitants.
La ville est connue comme ancienne ville de résidence des rois de Prusse, avec de nombreux châteaux et parcs et un important centre-ville bourgeois. Ces paysages culturels constituent depuis 1990 le plus grand ensemble de sites allemands classés au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Les studios de Babelsberg, fondés dans le quartier de Babelsberg en 1912, comptent aujourd'hui parmi les centres de production cinématographique et télévisuelle les plus modernes d'Allemagne et d'Europe. À ce titre, Potsdam est membre du réseau des villes créatives UNESCO depuis 2019.
Depuis le milieu du , Potsdam est aussi un centre scientifique européen. Il regroupe aujourd'hui trois universités publiques et plus de trente instituts de recherche.
Histoire Appartenances historiques (1157-1806) (province de Brandebourg) (1806-1918) (1918-1933) (1933-1945) (1945-1949) (1949-1990) (depuis 1990)
Moyen Âge Potsdam a probablement été fondée au ; la ville a été mentionnée pour la première fois en 993.
Temps modernes Le village fut petit et sans importance jusqu'à ce qu'il fut choisi comme résidence par l'électeur Frédéric-Guillaume . Frédéric Guillaume fit de Potsdam un centre administratif et surtout une ville de garnison à tel point que les trois quarts de sa population se composaient de militaires. La ville fut aussi adoptée comme résidence par la maison royale de Prusse. La plupart de ses bâtiments prestigieux furent construits sous le règne de Frédéric le Grand.
Alexandre , tsar de toutes les Russies et Frédéric-Guillaume III de Prusse se rencontrent à Potsdam, et jurent sur le tombeau du grand Frédéric II de Prusse de ne plus jamais se séparer avant la victoire sur la FranceBataille d'Iéna.
Le palais de Sanssouci est son monument le plus connu.
Époque contemporaine Alors que Berlin était la capitale officielle de la Prusse et plus tard de l'Empire allemand, la Cour restait à Potsdam. La ville perdit son statut de deuxième capitale en 1918, à la fin de la Première Guerre mondiale, à l'abdication de l'empereur Guillaume II.
C'est à Potsdam qu'eut lieu le la première mise en scène de propagande nazie par Joseph Goebbels, connue sous le nom de « Journée de Potsdam ».
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le , Potsdam connaît un bombardement britannique. Trois mois plus tard, les Alliés, victorieux du Reich, tiennent entre le et le , au Cecilienhof, la célèbre conférence, qui scella le sort des pays vaincus ou en passe de l'être.
Le gouvernement de la RDA, souhaitant faire disparaître les symboles du militarisme prussien, fit raser un grand nombre de bâtiments historiques. Sous le régime communiste, Potsdam était également à la frontière de la partie ouest de Berlin, la construction du mur qui divisa la ville l'isola un peu plus de la métropole. Ainsi, on ne pouvait accéder directement à Berlin-Est, la capitale de la RDA, qu'en empruntant la Bundesautobahn 10 (Berliner Ring) par le sud, ainsi par cet itinéraire, le centre-ville de Berlin était distant de de celui de Potsdam.
Après la réunification, Potsdam est devenue la capitale du nouveau Land de Brandebourg.
Potsdam abrite le siège de la Fondation pour les châteaux et jardins prussiens de Berlin-Brandebourg, organisme qui s'occupe de la sauvegarde du patrimoine culturel et historique de la Prusse.
Géographie Potsdam se trouve au sud-ouest de Berlin. Le point le plus haut de Potsdam est Ravensberg avec . Le point le plus bas est situé à . La superficie de Potsdam est composée à 75 % d'espaces verts, d'étendues d'eau et de terrains agricoles, le restant étant des terrains construits.
Dans l'ensemble, on trouve environ vingt plans d'eau à Potsdam. Dans le centre urbain, on trouve par exemple : le lac de Templin, le , l', le et le Griebnitzsee. À l'extérieur de la ville, on trouve notamment le Sacrower See, le , le et le . Beaucoup de ces lacs sont reliés par la Havel.
Climat + Diagramme climatique de Potsdam Mois Jan Fév Mar Avr Mai Jui Jul Aoû Sep Oct Nov Déc Année Moyenne des températures (°C) -1,1 -0,3 3,3 8,3 13,4 16,8 18,4 17,7 14,2 8,9 4,2 0,7 8,7 Moyenne des précipitations (millimètres) 44 39 32 42 47 66 71 71 45 47 46 40 590
La cité interdite ou le contre-espionnage soviétique à Potsdam Ivan Serov, premier directeur général du KGB (1954-1958), du GRU (1958-1962) et général du NKVD, fonde après la guerre le quartier général de l'administration du contre-espionnage à Potsdam (UKR), pour garantir la sécurité et la fiabilité des membres des forces armées soviétiques. C'est une centrale d'espionnage et de contre-espionnage. qui s'occupe de toutes les affaires concernant les agents occidentaux soupçonnés d'espionner les installations soviétiques..
La zone entre le Neuer Garten et le Pfingstberg a la réputation d'être une « ville interdite », une ville dans la ville ; on l'appelle « das Militärstädtchen Nr. 7 » (La petite ville militaire ). En 1945, il y a plus de et immeubles que les troupes d’occupation soviétiques ont confisqués en Allemagne, notamment dans la « petite ville du KGB » à Potsdam..
Aujourd'hui le quartier de Nauen est à nouveau un quartier chic de la capitale régionale. Il paraît presque normal de voir des pavillons et des villas le long des parcs alors qu'avant la Réunification une promenade n'était même pas envisageable dans ce secteur. Il y avait douze tours de guet et une palissade en bois, des gardes qui surveillaient jour et nuit le secteur soviétique. À partir de 1970, un mur en béton de de haut entoure la zone avec du barbelé. Trois cent cinquante soldats du de garde appartenant au KGB surveillent la zone..
Le mémorial dans la Leistikowstraße au a été installé dans l'ancienne prison de détention préventive et de garde de vue de la cité fermée soviétique. Depuis 2007, une exposition permanente informe les visiteurs sur le quartier barricadé, le contre-espionnage et le destin des prisonniers.. La ville militaire était une ville autosuffisante avec chauffage, polyclinique, magasins, hôtel, clubs d’officiers et appartements. Seuls les enfants devaient quitter le microcosme russe pour se rendre à l’école. Cent cinquante officiers avec leurs familles et vivaient dans cette petite bourgade militaire. Les derniers sont partis en 1994, donc bien après la réunification de l’Allemagne. C'est la du KGB qui était chargée du contre-espionnage militaire, mais elle recrutait aussi des officiers du GRU et de la sécurité interne du renseignement extérieur du KGB, la section « K » de la Première Direction principale pour les organismes à l’étranger comme en Allemagne. Le quartier général était logé dans un ex-internat pour filles Kaiserin-Augusta-Stift. L'immeuble voisin servait aux interrogatoires pour le contre-espionnage et la maison d'à-côté Leistikowstraße 1, ex-siège de l'organisation protestante d'aide aux femmes de l'Empire, devint la maison d'arrêt pour les détentions provisoires.
Depuis le , un sentier historique nommé « Ville des services secrets soviétiques » de de long informe avec des panneaux et des applications sur les téléphones portables sur le passé de ville du KGB (« Geschichtspfad Sowjetische Geheimdienststadt »).
Un vaste plan de réhabilitation Un plan ambitieux d'assainissement et de réhabilitation de grande envergure est lancé en par la société Sanierungsträger Potsdam - Gesellschaft der behutsamen Stadterneuerung GmbH afin de redonner à la ville l'aspect qu'elle avait avant les destructions des bombardements de 1945 et la période communiste de l'ancienne RDA. où le manque de moyens a fait tomber en ruines bâtiments historiques et maisons privées.. Potsdam était une capitale royale à vocation résidentielle. Le bâti d'avant-guerre témoignait de ce passé prestigieux. Le plan de réhabilitation des années 1990 est indépendant du plan de sauvegarde et d'entretien des parcs et châteaux de Berlin-Brandebourg géré par une institution publique composée de plusieurs collectivités territoriales « Stiftung preußische Schlösser und Gärten Berlin-Brandenburg » créée en 1995 par la fusion des organismes de l'Allemagne de l'Ouest et de l'Allemagne de l'Est. Depuis 2006, la société d'assainissement est devenue le « Konzernverbund proPotsdam GmbH » composé à 90 % de l'ancienne société et à 10 % la Brandenburgische Sparkasse (Caisse d'épargne du Brandebourg).
Le projet (2016) s'est essentiellement concentré sur du centre-ville englobant le Vieux et Nouveau Marché, le Plantage, la place d'Armes et le jardin de plaisance. où se trouvait le château royal. En dehors de cette aire privilégiée, la réhabilitation du quartier hollandais et des rues des deux extensions baroques sont très symboliques pour l'image touristique et commerciale de la nouvelle capitale brandebourgeoise. vignette|Canal rénové de Potsdam, rempli d'eau pour des compétitions de canoë en 2007. Cela implique la destruction de bâtiments de l'époque communiste, la réorganisation des routes d'après le modèle historique entre le Lange Brücke (terminé en 2009) et la rue Friedrich-Ebert, la reconstruction de façades ou parties extérieures de certains bâtiments-phares de l'histoire de la ville qui avaient disparu ou étaient très endommagés comme le château abritant aujourd'hui le parlement régional de Brandebourg, l'hôtel de ville, l'église Saint-Nicolas, le palais Barbareni ou le Brocksches Palais. Plus globalement, le plan de rénovation inclut le ravalement et la restauration des monuments existants, mais aussi des façades des maisons bourgeoises de style baroque. Il est également décidé de refaire l'ancien canal par tronçons. Le premier tronçon dans la Yorkstraße est achevé bien qu'il n'y ait pas d'eau pour l'instant. Il est aménagé avec des arbres et des bancs pour rappeler le cachet des villes hollandaises.
Certaines parties du projet global sont remises en cause par la population et les partis de gauche pour des raisons diverses : c'est le cas de la reconstruction de la symbolique église de la garnison.. qui est irrémédiablement associée par certains à la journée de Potsdam et au passé impérialiste et militariste de la Prusse. À l'inverse, la destruction de l'hôtel Mercure., ancien Interhotel Potsdam, vestige de la période communiste, est controversée car il n'est peut-être pas non plus très sain de vouloir effacer systématiquement les traces architecturales de l'ancienne RDA. La même polémique tourne autour de la Haute école spécialisée (Fachhochschule). qui, dans son état objectivement délabré exigeant une rénovation urgente, est proposée à la démolition en 2017 pour y mettre des zones résidentielles. en plein centre historique.. En démolissant l'établissement d'enseignement supérieur, les deux rues anciennes. Schwertfegerstraße et Kaiserstraße seraient rétablies.