Le grec (en grec : ) est une langue hellénique, seule survivante de cette famille avec le tsakonien et le griko. Sous sa forme moderne et démotique (), il a aujourd'hui de locuteurs, principalement en Grèce et à Chypre mais aussi dans les communautés de la diaspora ou minoritaires d'autres pays (Albanie, Turquie, Italie, Bulgarie, Ukraine, Macédoine du Nord, Hongrie, Roumanie, Moldavie, Géorgie). Il existe également une langue grecque liturgique (), uniquement employée dans certaines grandes cérémonies religieuses commémoratives, notamment par le patriarcat œcuménique de Constantinople. Cette langue utilise généralement, et depuis l'Antiquité, l'alphabet grec pour son écriture. Une rare exception concerne le griko, un dialecte grec parlé dans les Pouilles, au sud de l'Italie, où le grec est écrit en caractères latins.

Depuis le , le a été désigné comme journée mondiale de la langue grecque par l'Unesco. La date a été choisie en hommage au poète grec Dionýsios Solomós (1798-1857), mort le , auteur de l'hymne national grec.

Évolution Le grec, dans ses différentes variantes géographiques et historiques, a évolué durant plus de trois millénaires. Au cours de ce temps il a connu au moins quatre grandes phases ou dénominations (phénomène de polyglossie) : le grec ancien, la koinè, le grec médiéval et le grec moderne, chacune de ces étapes comprenant des dialectes distincts, avec parfois des variantes géographiques.

Le grec ancien

Le grec ancien était parlé dans la Grèce antique de l'Antiquité, d'environ 1000 à 330 av. J.C.. Il se divisait en plusieurs dialectes. Le grec ancien était souvent écrit seulement en majuscules et sans espace, comme sur certaines tombes.

La koinè grecque

La koinè grecque (« langue commune ») fut parlée et écrite d'environ 330 à 330 en Italie du Sud, dans les Balkans, autour de la mer Noire, en Anatolie, en Égypte, en Cyrénaïque et en Bactriane.

Le grec médiéval

Issu de la koinè, le grec médiéval fut la langue de l'Empire romain d'Orient entre 330 et 1453, et de ses états successeurs (Empire de Nicée, despotat d'Épire, Empire de Trébizonde, Despotat de Morée et Principauté de Théodoros). Il en existait plusieurs versions, qui continuèrent à être parlées et à évoluer après la disparition de ces ÉtatsFrancis T. Gignac, The Koine is the direct ancestor of medieval and Modern Greek, Oxford University Press Inc. 1993. : l'une, savante et « atticisante », a été couramment employée par les lettrés ; une autre, religieuse, est l'Ακολουθική Ελληνική [akoluθiki elliniki] (« grec liturgique »), surtout chanté ; les autres, dites Μεσαιωνικές δημοτικές [mesaionikes dimotikes] (« médiévales populaires »), sont les parlers : Έλλαδική [elladiki] (« helladique », en Grèce, autour de l'Égée et à Constantinople), à l'origine du grec moderne, Κατωιταλιώτικη [katoitaliotiki] (« italiote », en Calabre et Sicile) peut-être à l'origine du griko, Ποντική [pontiki] (« pontique », autour de la Mer Noire, à traits archaïques ioniens issus directement de l'attique), à l'origine du dialecte pontique moderne, (« du sud », en Cyrénaïque et Égypte, disparuEn Cyrénaïque, après la conquête arabo-musulmane, une minorité hellénophone convertie à l’islam, les Gritlis, subsiste encore deux siècles sur la côte : Adam Benkato, « The Arabic Dialect of Benghazi, Libya: Historical and Comparative Notes », Journal of Arabic Linguistics, vol. 59 (2014), p. 61) , Ανατολική [anatoliki] (« oriental », en Asie Mineure intérieure, Anatolie et au proche-orient), disparu. Γεβανική [ɣeβaniki] (« yévanique », de l'hébreu יון Yāvān signifiant « Ionie », soit le monde grec), parlé par les Romaniotes (juifs grecs) et disparu.

Le grec moderne

220px|thumb|En jaune, les zones où l'on parlait grec en 1913 dans les Balkans et en Asie mineure. 220px|thumb|En bleu, les zones où l'on parlait grec en 1913 dans les Balkans, en Anatolie et au proche-Orient. vignette|Zones où le grec moderne était parlé en 1970 ; en bleu foncé celles où il est officiel. Issu du grec médiéval, le grec moderne (ou romaïque) est parlé en Grèce et à Chypre où il est la langue officielle de chacun de ces états, mais il a été aussi longtemps parlé dans les villes du pourtour oriental de la Méditerranée, en Italie du Sud et dans les principautés danubiennes. Il en existe actuellement six variantes : le démotique ou « grec commun moderne », langue officielle en Grèce et à Chypre, la katharévousa () ou « grec puriste moderne » qui fut langue officielle de la Grèce de 1833 à 1976, l'acolouthique () ou « grec liturgique », le tsakonien qui est un dialecte du Péloponnèse oriental, le pontique qui est un dialecte du pourtour de la mer Noire et le griko d'Italie. Il existait auparavant d'autres dialectes, tels le cappadocien d'Anatolie dont il n'existe plus que quelques locuteurs âgés parmi les réfugiés micrasiates. Le grec commun démotique connaît en outre des parlers spécifiques aux îles, notamment le crétois et le chypriote.

En Turquie, plusieurs milliers de citoyens Turcs sont bilingues grec/turc, mais leur nombre exact est difficile à évaluer. On en rencontre encore le long des côtes de la Turquie. Il s'agit soit de Micrasiates convertis à l'islam au moment de ou depuis la « grande Catastrophe » de 1923 pour échapper aux dispositions du traité de Lausanne et pouvoir rester dans leurs foyers, soit des membres de la communauté grecque qui ont été les seules autorisées à rester à Istanbul et dans les îles Imbros et Ténédos d'après les dispositions du traité de Lausanne car ils étaient les seuls disposant officiellement du droit de rester sur les terres de leurs ancêtres (les communautés grecques de tous les autres endroits de la Türquie étaient obligées de quitter les terres de leurs ancêtres pour partir en Grèce suite à l'échange de populations décrété par le traite de Lausanne). La question est très sensible, à la fois du côté grec et du côté türque. En raison du fort nationalisme turc, on ne communique pas de données sur la culture ou la langue grecque, mais seulement sur l'« ethnie » grecque, évaluée à . Le nombre de locuteurs du grec est probablement bien supérieur. Cependant, l'État turc n'admet officiellement que la langue turque et le grec, comme le kurde, l'arménien ou l'arabe, n'est autorisé que dans un cadre cultuel et culturel à caractère privé et non politique ou revendicatif. Est à noter aussi que la population grecque d'Istanbul, et donc les locuteurs du grec, ont drastiquement diminué au cours du suite aux multiples pogroms et aux extorsions fiscales dont ils ont été victimes qui ont poussé beaucoup d'entre eux à l'exil vers la Grèce ou à l'international (voir par exemple Varlik Vergesi, une loi augmentant drastiquement l'impôt sur la fortune aux communautés non-musulmanes de 1942 forçant les personnes en incapacité de payer aux travaux forcés ou le pogrom d'Istanbul qui visait la communauté grecque d'Istanbul le 6-7 septembre 1955).

Le griko (ou grico) est un dialecte grec uniquement parlé dans le sud de l'Italie. Il s'écrit en caractères latins, contrairement à la plupart des autres dialectes grecs au travers de l'histoire. Ce dialecte est en voie de disparition car il y a de moins en moins de locuteurs, mais il est encore partiellement utilisé par certaines communautés dans certains villages dans le sud de l'Italie. L'origine du griko est encore controversée car on ne sait pas s'il est en continuité directe avec la présence des Grecs depuis l'Antiquité (colonies grecques en Italie, puis présence de l'empire romain byzantin en Italie du sud jusqu'à la fin du lorsque les Normands de Robert Guiscard envahirent les territoires concernés) ou s'il s'agit de migrations plus tardives depuis la Grèce au Moyen-Âge.

Notes et références

Code de langue IETF : grk

Voir aussi

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Liens externes

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