En français le mot Turcs désigne : selon la constitution turque de 1982, le droit du sol et le droit international, les citoyens de la Turquie et eux seuls, quelles que soient leurs langues, origines et traditions culturellesConstitution de la République de Turquie ; selon la définition ethnique, le droit du sang et l'appartenance linguistique et culturelle, le groupe ethnique turcophone qui s'auto-désigne en turc comme , pluriel . Originaires d'Asie Centrale, ils se sont établis en Anatolie au à la suite des conquêtes seldjoukides, faisant progressivement basculer la région d'une terre hellénophone et chrétienne à une terre turcophone et musulmane. Aussi appelés « Turcs anatoliens » pour les distinguer des autres peuples turcs, ils vivent principalement en Turquie soit environ d'habitants en Turquie d'Asie. et environ d'habitants en Turquie d'Europe Institut des statistiques turques, recensement de 2008., ainsi que dans les anciens territoires de l'Empire ottoman en Europe du Sud-Est., tandis que d'autres se sont installés en Europe de l'Ouest, principalement en Allemagne.

Étymologie L'ethnonyme Türk (ancien turc : 10px10px10px10px TürükKultegin's Memorial Complex, TÜRIK BITIG Khöshöö Tsaidam MonumentsBilge Kagan's Memorial Complex, TÜRIK BITIG Khöshöö Tsaidam Monuments ou 10px10px10px10px 10px10px10px Kök Türük ou 10px10px10px10px TürkTonyukuk's Memorial Complex, TÜRIK BITIG Bain Tsokto Monument) est utilisé pour la première fois par le khaganat Göktürk. Ils étaient appelés par les historiens chinois T’ou-kiu, transcription de « türük » (fort). Il servait à désigner à la fois l'empire et ses sujets, ethniquement turcs ou non. Par la suite, il a progressivement été adopté comme un ethnonyme générique désignant la totalité des tribus turciques d'Asie centrale et de Sibérie.

Histoire Origines et histoire ancienne Les Turcs étaient à l'origine un peuple sédentaire pratiquant l'agriculture en Asie de l'Est, autour du fleuve Liao..... Ils migrèrent vers la Mongolie au cours du (vers ), à cause du refroidissement climatique et de la désertification de leur région. Les contraintes les poussèrent à adopter un mode de vie nomade et pastoral. Ils étaient alors un peuple de religion tengriste, une forme de chamanisme.  Le premier portrait qu'affichent les Turcs d'aujourd'hui peut nous surprendre : c'est Attila, roi des Huns, dont le nom est souvent donné comme prénom en Turquie, signe évident de popularité. Les Huns, partis de l'Altaï, au cœur de l'Asie, s'en prirent, et avec une violence restée légendaire, à deux grands empires, chinois et romain.

Les Turcs commencent à s'étendre en Asie centrale et à se mélanger aux peuples natifs de la région dès le , la culture et les langues scythes disparaissant alors au profit de la culture et des langues turciques..

Le premier État connu sous le nom de « turc » fut le khaganat Göktürk (ou « Turc bleu »), fondé par le clan Ashina autour de l’Orkhon (affluent du lac Baïkal) en 552. Ils sont considérés comme les fondateurs de la littérature turque, on leur doit le premier document connu en langue turcique, les inscriptions de l’Orkhon (vers 735), textes à caractère épique et poétique inscrits sur des stèles, en caractères runiques "The Orhon inscriptions represent some of the earliest extant writing in Turkish. These inscriptions appear on two monuments built in the early century CE in northern Mongolia.".

L'empire se sépara en deux en l'an 603, la partie occidentale fut dissoute en 657 par la dynastie Tang, avant qu'un second empire ne soit recréé en 682. Ce dernier perdura jusqu'en 744, date à laquelle il fut conquis par les Ouïghours.

Des cendres de l'empire d'Occident naquit l'Union de Kangar, auquel succéda en 750 la confédération oghouze qui dura trois siècles. À la suite de l'adoption de l'Islam en 950 par les dynasties qarakhanides et seldjoukides, qui sont toutes deux considérées comme les ancêtres ethniques et culturels des Ottomans, la langue administrative de ces États a acquis un grand nombre de mots empruntés à l'arabe et au persan.

Au , la dynastie turque des Seldjoukides ont sauvé le califat abbasside en 1055, lorsque le sultan seldjoukide Toghrul-beg a pris Bagdad, chassé les forces Bouyides et restauré l’autorité des Abbassides. Bien que les Abbassides aient conservé un rôle symbolique en tant que califes, le pouvoir réel était entre les mains des Seldjoukides, qui étaient les véritables protecteurs du califat et du sunnisme.

Seldjoukides et Ottomans () vignette|Tugrul bey fondateur de l'empire seldjoukide. Vers la fin du , le chef oghouze Seldjouk se convertit à l'islam et fonde la dynastie seldjoukide. Son fils Tuğrul Bey fonde l'Empire seldjoukide en 1038 et conquiert une grande partie de la Perse (Iran) et du Moyen-Orient. Son successeur et neveu Alp Arslan prend la tête de l'Empire en 1064, il conquiert la péninsule anatolienne en 1071 à la suite de sa victoire, après la bataille de Manzikert, au cours de laquelle ses armées capturent l'empereur byzantin Romain IV Diogène.

À la suite d'un accord avec les Byzantins, est établi en 1077 le sultanat de Roum, toujours dirigé par la dynastie seldjoukide. L'Empire seldjoukide s'effondre en 1194 tandis que le sultanat de Roum s'affaiblit à la suite de nombreuses croisades, avant de finalement succomber à l'invasion mongole en 1243 à la suite de la bataille de Köse Dağ. Après la dislocation de l'Empire mongol, les Seldjoukides deviennent les vassaux des ilkhanides.

Ces épisodes d'affaiblissement du pouvoir des sultans seldjoukides donnent lieu à la séparation progressive de nombreuses tribus du sultanat, dont celle des Ottomans en 1299.

Malgré la débâcle de 1402 face à Tamerlan, le territoire ottoman s'étend progressivement, notamment sous le règne de Mehmed II et ce, jusqu'à la conquête de la capitale romaine Constantinople en 1453 par celui-ci où le beylicat ottoman acquiert le prestige d'un empire. Sous l’impulsion de Mehmed, l'Empire ottoman fait la conquête de la majeure partie des Balkans, de la Crimée, de l’Albanie (après la mort de Skanderbeg), de la Bosnie, de la Grèce, de Trebizonde et fait de la Roumanie un vassal. Il ordonne à Gedik Ahmed Pacha de faire la conquête de la ville d'Otrante en 1480, mais après sa mort précoce en 1481, son fils Bayézid II fait annuler le siège et met à mort Gedik Pacha.

Entre 1516 et 1517, le sultan met fin au sultanat mamelouk, annexant ainsi le Levant, une partie de l'Arabie ainsi que l'Égypte et devient le calife du monde musulman. Il meurt en 1520, son fils Soliman le Magnifique lui succède et amène l'empire à son apogée militaire, économique et culturelle. Il étend son protectorat sur l'Algérie grâce aux frères Barberousse. Ainsi, il conquiert également la Hongrie, mais ne parvient pas à prendre Vienne (1529).

L'apogée territoriale de l'Empire ottoman dure jusqu'en 1683, date où l'échec du second siège de Vienne débute la Grande guerre turque et le déclin ottoman. À la suite de la guerre russo-turque de 1787-1792, les ottomans perdent le contrôle de la Crimée. L’Empire parvient à reprendre le contrôle des Lieux saints de l'islam en 1818, contre les wahhabites lors de la guerre ottomano-saoudienne. Après la perte de la Crimée, l’Empire perd également le contrôle du sud de la Grèce après son indépendance en 1821, soutenue par les puissances occidentales. L'Empire subit un grand revers face à la Russie lors de la guerre russo-turque en 1877-1878. En 1881, la France impose son protectorat sur la Tunisie après avoir fait la conquête de l'Algérie dans les années 1830. L'Empire perd ainsi l’Égypte en 1882, au profit du Royaume-Uni. Ces nombreux revers alimentent le nationalisme des Jeunes-Turcs, modernistes de surcroît, à prendre le pouvoir des années plus tard. vignette|215x215px|Soldats volontaires de la République de Thrace occidentale dans les rues de Kardzali, 1913. En 1909, le mouvement des Jeunes-Turcs renverse le sultan Abdülhamid II lors d'un coup d'État, et prend le pouvoir. En 1911, peu avant la guerre balkanique, l'Italie, nouvellement unifiée, s'attaque à la Libye qui était sous contrôle ottoman (guerre italo-turque). L'Empire perd son dernier territoire africain et les îles du Dodécanèse. En 1912-1913, les États balkaniques profitent des difficultés de l'Empire en Tripolitaine pour s'unifier et l'attaquer à leur tour pendant la première guerre balkanique. Cette guerre est un fiasco pour les Turcs, qui perdent la quasi-totalité des Balkans. Après ce conflit, l'Empire cesse d'être une puissance européenne pour devenir une puissance purement asiatique.

À l'issue de la Première Guerre mondiale, les ottomans s'allient à l'Empire allemand et à l'Autriche-Hongrie. Malgré une grande victoire à la suite de la bataille des Dardanelles en 1916, l'Empire ottoman enchaîne les échecs face aux Arabo-Hachémites soutenus par les Britanniques (révolte arabe de 1916), et se retrouve partagé par le traité de Sèvres signé le . Le commandant Mustafa Kemal, ayant joué un rôle important lors de la bataille des Dardanelles, rejette ce traité et entame la guerre d'indépendance turque, dont les forces kémalistes sortent victorieuses.

Le dernier sultan ottoman, Mehmed VI, quitte Constantinople le , abolissant ainsi le sultanat.

République de Turquie (depuis 1923) vignette|La délégation turque après avoir signé le Traité de Lausanne. La délégation était dirigée par İsmet Pacha (İnönü) (au centre) et Rıza Nur (à gauche, portant un haut-de-forme). Le traité de Lausanne est signé le et la république turque est fondée le de la même année, dont Mustafa Kemal devient le président. Ankara, bastion de la guerre d'indépendance est désignée comme capitale. Les populations grecques d'Asie mineure sont expulsées la même année et échangées avec les populations turques de Grèce.

Une série de réformes majeures politiques, sociales et économiques est menée entre 1923 et 1938, dont les conséquences sont, entre autres, l'abolition du califat le , la modernisation et l'enrichissement du pays, l'adoption de l'alphabet latin, une hausse du taux d'alphabétisation et de fécondité. La polygamie est officiellement interdite. Le , le droit de vote est octroyé aux femmes pour les élections nationales ; elle votent pour la première fois aux élections législatives du Le droit de vote des femmes est ainsi instauré en Turquie bien avant la France, une exception dans le monde musulman.. Le , la laïcité est officiellement inscrite dans la constitution turque.

Culture

Langue vignette|291x291px|Mustafa Kemal Atatürk présente le nouvel alphabet turc aux habitants de Kayseri le 20 septembre 1928. Les Turcs parlent le turc, une langue appartenant à la branche oghouze de la famille éponyme des langues turciques. Le turc est principalement parlé en Turquie mais également sur l'île de Chypre et dans les Balkans par des minorités turques présentes en Bulgarie, en Grèce (principalement en Thrace occidentale), au Kosovo, en Macédoine du Nord, en Roumanie (principalement en Dobroudja) et en Moldavie (principalement en Gagaouzie)..

Historiquement, l'évolution linguistique de la langue turque est divisée en trois phases : le « vieux turc seldjoukide » ou « anatolien » (en turc : Eski Selçuk (Anadolu) Türkçesi) est apparu à la suite de l'introduction de l'oghouze par les turcs seldjoukides au en Anatolie.. La langue s'écrivait d'abord en turc karamanli (en turc : Karamanlı Türkçesi ou Karamanlıca rendu en alphabet grec byzantin), ensuite en alphabet perso-arabe (version dérivée de l'alphabet arabe) et absorba progressivement des mots et des formes grammaticales grecques, arméniennes, persanes et arabesErgin, Muharrem, Osmanlıca Dersleri, BOĞAZİÇİ YAYINLARI, .. Elle donna naissance entre le et le au turc ottoman précoce.