La spermiologie est une branche de la médecine, plus particulièrement de la biologie médicale, qui a pour but d'analyser la quantité et la qualité du sperme et donc des spermatozoïdes. Elle s'appuie sur des examens comme le spermogramme, le spermocytogramme, ou le test de Hühner.

Elle se pratique dans le contexte de l'éthique médicale et de la bioéthique, mais avec aussi les contraintes des contextes sociaux et culturels, idéologiques et juridiques qui varient beaucoup selon les régions et les pays, mais aussi dans le temps.

C'est aussi le nom de la spécialité médicale correspondante dans le cursus médical ou de formation continue..

Définition La spermiologie est une discipline formalisée qui s'intéresse aux caractéristiques de l'éjaculat en tant que contribuant à la fécondation.

Ses champs d'intervention sont notammentFiche INIST CNRS ; : La recherche des facteurs de dégradation et de perturbations des fonctions reproductrices liée (reprotoxiques et perturbateurs endocriniens notamment) L'exploration fonctionnelle de la fonction reproductrice masculine, notamment la délétion de la spermatogenèse (mesure et recherche d'explications) La spermiologie interventionnelle entrant dans le cadre dans la Procréation médicalement assistée L'intervention dans le contexte idéologie et juridique, avec la recherche de preuves médico-légales.

Méthodes et outils Le biologiste s'appuie sur un équipement spécialisé (puissant microscope, moyens de congélation d'échantillons, matériel de préparation de sperme pour la microscopie ou l'IIU...) et un personnel qui doit être forméA. Clavert, A. Bourguignat, G. Férard, ; Le spermogramme et ses exigences de qualité ; Annales de biologie clinique. Volume 57, Numéro 3, 334-6, Mai - Juin 1999, Dossier : scientifique de la SFBC (consulté 2010 02 23) et rompu aux techniques de lecture en microscopie (notamment pour l'étude du nombre et de la mobilité des spermatozoïdes, et plus encore pour l'interprétation des anomalies de taille et forme ou la détection de tératospermie).

Conditions Le spermogramme doit répondre à plusieurs précautions pour que son analyse ne soit pas biaisée : Il doit se faire après une période d'abstinence sexuelle de trois à cinq jours (définit par l'OMS), au-delà de l'abstinence la période ne doit comprendre aucune éjaculation afin d'éviter un moindre volume de sperme et une moindre densité de spermatozoïdesSCHWARTZ D., LAPLANCHE A., JOUANNET P., DAVID G.: Within subjects variability of human semen in regard to sperm count, volume total number of spermatozoa and lenght of abstinence. J. Reprod. Fertil., 1979, 57, 391-395... Les bains chauds sont à éviter dans ce laps de temps.

Pour réduire le délai entre le recueil et l'analyse, on recueille généralement le sperme du sujet directement au laboratoire, où il se masturbe dans une pièce prévue à cet effet, après s'être soigneusement lavé les mains et le pénis. L'analyse doit être réalisée idéalement dans l'heure. Le sujet ne doit pas être atteint d'une maladie infectieuse. Normalisation : En France, le Journal Officiel du précise la nomenclature de la spermiologiehttp://www.codage.ext.cnamts.fr/f_mediam/fo/nabm/DOC.pdf : Auteurs : DPROD/ AFK/ FS/HO - Avril 2016 Pour : Caisse Nationale de l'Assurance Maladie des Travailleurs Salariés Titre : BIOLOGIE MEDICALE NOMENCLATURE DES ACTES Document de travail ; il prévoit que le recueil doit avoir lieu au laboratoire après miction. Celle-ci permet une élimination des germes contenu dans l'urètre (repose sur le même principe que la non-utilisation du premier jet lors d'un ECBU) le commentaire indique toujours le « délai de continence » i.e. le délai d'abstinence.

Examen de base L'examen de base comprend : Spermogramme et spermocytogramme. Test post-coïtalLAVAUD M.C.: Le test post-coïtal. Andrologie, 1994, 4, 346-352.EMPERAIRE J.C.: Le test post-coïtal et le test de pénétration. Leur signification dans un bilan de stérilité. Gynécologie, 1991, 42, 405-414. ou test de Hühner (TPC). Le spermogramme est préféré en clinique, en effet le recueil par masturbation induit moins de biais qu'un recueil post-coïtal les sécrétions vaginales pouvant venir altérer la qualité des spermatozoïdes qui seront alors perçus comme anormaux. Cependant il reste intéressant car il permet justement d'évaluer les réactions des spermatozoïdes au contact de la glaire vaginale, permettant d'expliquer une éventuelle infertilité du couple. Le test de Hühner et le spermogramme-spermocytogramme sont donc complémentaires..

Si ces deux examens ne rendent pas compte d'anomalies particulières le corps médical peut considérer que l'infertilité du couple n'est pas d'origine masculine, et donc qu'il n'a pas lieu d'aller plus loin dans l'investigation du sperme. La réalisation d'épreuves complémentaires est donc inutile s'il n'y a pas de cotations particulières (voir épreuves complémentaires).

Épreuves complémentaires Ces examens ne sont pris en charge, qu'après prescription et demande d’entente préalable, accompagnée des résultats des examens de base, et si ces derniers sont perturbés. Un algorithme de décisions guide le médecin. Il y a cinq cas de cotations d'épreuves complémentaires..

Cotations des épreuves complémentaires

Examens de bases profondément perturbés Il y a plusieurs perturbations possibles : Un TPC (test post-coïtal) négatif Une Azoospermie Une Asthénospermie totale L'investigation médicale peut se poursuivre par : Une exploration biochimique de la fonction prostato-vésiculaire Une exploration biochimique de la fonction épididymaire La réalisation d'une spermoculture

Examens de bases avec déficit plus ou moins important mais non profond Les perturbations -possiblement associées- entrant dans cette catégorie sont alors : Un TPC médiocre Une oligospermie Une asthénospermie Une tératospermie L'investigation médicale peut se poursuivre par : Une exploration biochimique de la fonction prostato-vésiculaireSOUFIR J.C.: Exploration biochimique du sperme humain. In: Médecine de la reproduction masculine. Edited by G. Schaison, P.Bouchard, J. Mahoudeau, F. Labrie. Paris: Flammarion Médecine Sciences, 1984, 4, 69-83.GRIZARD G., JANNY L., HERMABESSIERE J., SIROT J., BOUCHER D.: Seminal biochemistry and sperm characteristics in infertile men with bacteria in ejaculate. Arch. Androl., 1985,15,181-186. Une exploration biochimique de la fonction épididymaire La réalisation d'une spermoculture

Une étude de l'éjaculat fractionné Un test de migration-survie des spermatozoïdes Une recherche d'immunisation masculine (avec deux examens possibles) et/ou féminine

Examens de bases révèlent une discordance de résultats Les perturbations de cette catégorie sont un TPC médiocre ou nul alors que les résultats du spermogramme et du spermocytogramme sont physiologiques.

L'investigation médicale peut se poursuivre par : Un test de pénétration croisée in vitro

Une recherche d'immunisation masculine (avec deux examens possibles)

Absence d'éjaculation (anéjaculation) ou hypospermie Les perturbations de cette catégorie sont donc une absence d'éjaculation ou une Hypospermie (volume de sperme inférieur à la normale).

L'investigation médicale va consister en la recherche d'une Éjaculation rétrograde.

Échecs répétés de fécondation in vitro Cette catégorie concerne les couples présentant des cas d'échecs répétés de fécondation in vitro avec le sperme du conjoint, et ce après trois cycles marqués par un taux de clivage (segmentation précoce des embryons produisant, généralement, des cellules sans l'augmentation substantielle de la taille totale de l'embryon) nul ou très faible (inférieur à 30%).

Avant d'envisager toute nouvelle tentative de réalisation d'une fécondation in vitro, l'investigation médicale convient : D'une recherche d'immunisation masculine (avec deux examens possibles) D'une coloration des spermatozoïdes au bleu d'Aniline.

Détails des épreuves complémentaires

Biochimie du liquide séminal Les deux examens suivant permettent d'évaluer la contribution des différentes glandes (épididymes, prostate, et vésicules séminales) dans la formation de l’éjaculat, permettant une cartographie biochimique et fonctionnelle de l’appareil génital masculin.. C'est un examen soumis à une entente préalable avec la caisse d'assurance maladie.

Cette exploration permet d'apporter des renseignements pouvant aboutir aux diagnostics d'Azoospermie car ils permettent d'en préciser l'origine (excrétoire ou sécrétoire) et même éventuellement d'en préciser le lieu d'obstruction. Par exemple la réduction des marqueurs épididymaires (α-1-4 glucosidase, carnitine) traduit une occlusion au niveau de l’épididyme. Ou bien une chute des taux des marqueurs vésiculaires avec : une absence de fructose ainsi qu'une concentration anormalement supérieure des marqueurs prostatiques, est caractéristique d'une agénésie épididymo-déférentielle (les marqueurs de l'épididyme et des vésicules séminales sont absents car non-transportées jusqu'aux canaux déférents, les vésicules séminales constituent seules l'éjaculat, il y a donc également présence d'une Azoospermie).

Et en dehors de ces confirmations para-cliniques les épreuves de biochimie du liquide séminales permettent d'apprécier la contribution et l'activité fonctionnelle des différentes glandes, pouvant participer au diagnostic d'un éventuel processus inflammatoirehttp://urofrance.org/fileadmin/documents/data/PU/1997/PU-1997-00070496/TEXF-PU-1997-00070496.PDF Titre : Les examens du sperme dans l’exploration de la fertilité masculine Auteurs : Geneviève GRIZARD, Clément JIMENEZ Du : Service de Biologie du Développement et de la Reproduction, Centre Hospitalier Universitaire, Clermont-Ferrand, France Lu le 30 mai 2016.

L’étude biochimique du sperme permet de mettre en évidence les variations des sécrétions des différents marqueurs prostatiques, épididymaires, et vésiculaires dans le but d'établir une hypothèse sur la défaillance d'un d'eux. Cette exploration est indiquée lors de l’exploration d’une oligospermie, d’une asthénospermie ou d'une azoospermie mise en évidence lors d’un spermogramme. Cet examen est soumis à une entente préalable avec la caisse d'assurance maladie.

Exploration biochimique de la fonction prostato-vésiculaire Il s'agit d'étudier les sécrétions prostato-vésiculaires à savoir (entre autres) : le fructose, le citrate, les phosphatases acide, et le zinc.

L'investigation médicale est alors: Un dosage du fructose spermatique (technique enzymologique) ; Deux des trois dosages suivants : Du citrate spermatique (technique colorimétrique) Des phosphatases acides spermatiques Du zinc spermatique (technique d'absorption atomique) Le résultat doit mentionner le volume de l'éjaculat.

Une exploration biochimique de la fonction épididymaire Il s'agit d'étudier les sécrétions épididymaires à savoir : la carnitine et l'α-1-4 glucosidase.

L'investigation médicale est alors: Un dosage de la carnitine libre séminale (technique enzymatique) Un dosage de l'α-1-4 glucosidase (technique colorimétrique) Le résultat doit mentionner le volume de l'éjaculat.

Étude de l'éjaculat fractionné Elle permet une exploration d'une oligospermie confirmée. Il s'agit d'un recueil séparé des premières gouttes de l'éjaculat et de la fin de l'éjaculat..

La technique (microscopie et centrifugation) va comporter une recherche de fructose et une numération des spermatozoïdes dans les deux fractions.

La fraction riche en spermatozoïdes va donner lieu à la réalisation d'un spermogramme.

Test de migration survie des spermatozoïdes