EPTB Seine Grands Lacs est un établissement public territorial de bassin créé en 1969 sous le nom d'Institution interdépartementale des barrages-réservoirs du bassin de la Seine. Regroupant les départements de l'ancienne Seine, il assure la mission d'écrêter les crues d'hiver et de printemps de la Seine et de ses principaux affluents (l'Yonne, la Marne et l'Aube) et de soutenir leurs débits en été et en automne. L'EPTB Seine Grands Lacs agit dans le cadre des programmes d'actions de prévention des inondations de la Seine en faveur de la réduction de la vulnérabilité des territoires aux inondations.
L'établissement public s'appelait jusqu'en 2010 Grands lacs de Seine. Par extension, le terme « grands lacs de Seine » évoque également les quatre lacs artificiels, situés en Bourgogne et Champagne, construits et gérés par cet établissement. Leur superficie totale est de , ce qui équivaut à celle de la ville de Paris.. L'EPTB Seine Grands Lacs œuvre à la réalisation d'un projet de nouvel ouvrage dans le secteur de la Bassée aval (Seine-et-Marne), destiné à compléter le dispositif de protection contre les inondations et à réduire les dommages prévisibles liés à ces phénomènes dans les agglomérations situées en aval.
Historique Avant l'IIBRBS : la nécessité de réguler le cours de la Seine vignette|gauche|La gare de Paris-Saint-Lazare pendant la crue de 1910. En 1883, Eugène Belgrand aborde par exemple dans La Seine : Le Bassin parisien aux âges antéhistoriques la question d'équiper le bassin d'ouvrages de rétention pour différents usages, notamment pour l'écrêtement des crues..
En , une crue de la Seine inonde de nombreuses rues parisiennes et immeubles, touchant environ de la ville. Le , le métro parisien est à son tour sous les eaux. La Seine met à retrouver son niveau normal. Les dégâts s'élèvent à de francs-or., .
Ainsi, en 1949, est mis en service le premier « grand lac de Seine », le lac de Pannecière, sur l'Yonne. En 1966, alors que le lac-réservoir Marne est en cours de construction, le lac-réservoir Seine est inauguré à proximité de Troyes, en Champagne humide. C'est alors le département de la Seine qui gère ces trois lacs et leur construction.
L'Institution interdépartementale des barrages-réservoirs du bassin de la Seine (1969-2010) vignette|upright=1.5|Carte du bassin versant de la Seine et des grands lacs de Seine. Le , à la suite de la disparition du département de la Seine survenue un an plus tôt, un arrêté ministériel crée officiellement l'« Institution interdépartementale des barrages-réservoirs du bassin de la Seine » (IIBRBS). Cet établissement public de bassin est désormais géré par les conseils généraux des quatre départements issus de celui de la Seine : celui de Paris, des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne. Il a donc pour vocation de renforcer les débits de la Seine et de ses affluents lors de l'étiage (pour assurer les ressources en eau nécessaires à l'agglomération parisienne.) et de protéger l'Île-de-France des inondations au moyen de lacs-réservoirs, dont il s'occupe..
L'organisme est financé à 50,02 % par la municipalité de Paris et à hauteur de 16,66 % pour chacun des trois autres départements de la petite couronne. Il est dirigé par un conseil d'administration composé de (12 pour Paris, 4 pour les Hauts-de-Seine, 4 pour la Seine-Saint-Denis et 4 pour le Val-de-Marne), désignés par les conseillers généraux de ces départements.
L'année 1974 fut marquée par l'inauguration du lac du Der-Chantecoq (lac-réservoir Marne), qui devint le plus grand lac artificiel de France. Entre 1989 et 1990, le lac Amance et le lac du Temple, en dérivation de l'Aube, furent mis en eau.
L'institution est présidée de 2001 à 2012 par Pascal Popelin, alors premier adjoint au maire de Livry-Gargan et vice-président du conseil général de la Seine-Saint-Denis. Elle emploie alors , essentiellement affectés à l'entretien des ouvrages.
L'établissement public territorial de bassin (depuis 2011) En 2010, l'Institution interdépartementale souhaite être reconnue comme établissement public territorial de bassin, dont la mission est plus large et vise à faciliter dans sa globalité la gestion équilibrée de la ressource en eau à l'échelle d'un bassin hydrographique cohérent (en l'occurrence le bassin « Seine-amont »). Ce nouveau statut est vu comme une solution à la discordance entre les administrateurs et financeurs de l'organisme, limités à Paris et sa petite couronne, et les territoires impactés, qui s'étendent sur ..
. L'année suivante, le conseiller général de Montreuil Frédéric Molossi prend la présidence de l'établissement public, succédant ainsi à Pascal Popelin devenu député..
Les lois MAPTAM de 2014 et NOTRe de 2015 confient la compétence « gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations » (Gemapi) aux intercommunalités à compter du . L'établissement public territorial de bassin prend alors la forme d'un syndicat mixte ouvert, par un arrêté du . Cela lui permet notamment d'intégrer en 2020 la Métropole du Grand Paris, disposant de la compétence Gemapi sur le Petite Couronne.. Le , Patrick Ollier devient président de l'EPTB Seine Grands Lacs et est réélu le 4 juin 2026 à l’unanimité...
Administration L'établissement public territorial de bassin Seine Grands Lacs est un syndicat mixte ouvert, regroupant plusieurs collectivités territoriales et établissements publics de coopération intercommunale.. :
+ Membres de l'EPTB Seine Grands Lacs Membre Type Élus au comité Métropole du Grand Paris EPCI 9 Paris Statut particulier 6 Seine-Saint-Denis Département 4 Val-de-Marne Département 4 Hauts-de-Seine Département 3 Troyes Champagne Métropole EPCI 2 Saint-Dizier, Der et Blaise EPCI 1 Pays de Meaux EPCI 1 Grand Est Région 1
L'établissement public territorial est géré par un comité syndical de , qui règle par ses délibérations les affaires de l'EPTB. Le comité syndical délègue une partie de ses fonctions à un bureau syndical composé du président de l'EPTB et de ..
Missions D'après l'article L213-12 du Code de l'environnement, un établissement public territorial de bassin ..
En particulier, l'EPTB Seine Grands Lacs assure l'entretien, l'aménagement et l'exploitation des quatre lacs-réservoirs sous sa responsabilité (Pannecière, Seine, Marne et Aube) et de plus de de forêts. À noter que les réservoirs du Crescent et de Chaumeçon sont également mis à la disposition de l'institution par EDF.
Gestion des lacs Écrêtement des crues et soutien à l'étiage Les quatre grands lacs de Seine fonctionnent de la même manière. En hiver et au printemps (de novembre à juin), les lacs-réservoirs sont progressivement remplis, grâce aux canaux d'amenée ou au barrage, puisqu'à ces périodes les rivières sont au plus haut. Des prélèvements supplémentaires sont opérés en période de crues, on limite ainsi les inondations : c'est l'« écrêtement des crues ». De juillet à octobre a lieu le « soutien d'étiage » : lorsque, durant l'été, les cours d'eau sont à leur niveau le plus bas, l'eau contenue dans les lacs leur est restituée. Cette vidange peut se prolonger sur le mois de novembre et décembre en cas de sécheresse exceptionnelle. Au 1er novembre, les lacs sont presque vides : il n'y reste que la « tranche morte », la quantité d'eau nécessaire à la survie des poissons dans les lacs et la « tranche de réserve », prévue en cas d'étiage important aux mois de novembre et décembre. Le volume de chacun des lacs-réservoirs dépend de l'importance des crues et des sécheresses.. En cas de sécheresse en hiver, les lacs peuvent être amenés à réduire fortement leurs prises, effectuant un compromis avec la nécessité de stocker de l'eau pour l'été.
Pendant six ans, de 1992 à 1998, l'IIBRBS, en partenariat avec l'État, la région Île-de-France et l'Agence de l'Eau Seine-Normandie, a réalisé une étude pour estimer les dommages engendrés par une importante crue de la Seine dans la région et rendre compte de l'action des lacs dans ce cas. D'après cette étude, les grands lacs permettraient pour une crue comme celle de 1910 de réduire de l'eau à Paris, ce qui aurait comme conséquence financière de réduire le montant des dégâts à d'euros au lieu des d'euros estimés. Ils représenteraient donc une économie d'environ . Cependant, d'une part les dépenses liées à la construction des lacs ne sont pas ici prises en compte et, d'autre part, les lacs-réservoirs ne peuvent en aucun cas éviter les crues, seulement les amoindrir. Leur action n'est donc pas suffisante, d'autant plus que les bassins actuels n'influent que sur environ 17 % du bassin de la Seine en amont de la capitale. Enfin, l'Yonne, qui est l'affluent réputé le plus indomptable, est aussi le plus faiblement contrôlé par le dispositif..
En 1995, une autre étude menée par l'IIBRBS et l'Agence de l'Eau Seine-Normandie a démontré que sans les lacs-réservoirs, l'Île-de-France serait confrontée à des pénuries en eau potable, plusieurs jours par an. Toujours d'après cette étude, les pénuries seraient plus fréquentes sur la Marne. Pourtant, comme pour la régulation des crues, le « soutien d'étiage » ne ferait pas disparaître les effets d'une très grande sécheresse et son action pourrait diminuer en cas de forte hausse des besoins, de baisse de la qualité des ressources ou d'importante pollution ayant des effets à long terme. L'augmentation du nombre de lacs-réservoirs amoindrit donc le danger d'un stockage insuffisant, d'où la création assez récente du lac-réservoir Aube..
Biodiversité vignette|Un observatoire sur le lac du Der. L'environnement a été profondément transformé par la construction des ouvrages, le paysage aussi : de nombreux hectares de forêt furent détruits pour implanter les lacs. Ils modifient le régime hydraulique des rivières, rendant impossibles certaines crues au printemps, pourtant indispensables à la reproduction du brochet. D'autre part, le lac de Pannecière empêche la libre circulation des truites et limite donc leur reproduction en aval du barrage durant l'hiver. Cependant, leur « qualité écologique » a fait d'eux un lieu de passage important de la grue cendrée et d'autres espèces d'oiseaux lors de leur migration..
Seine Grands Lacs a par ailleurs actuellement en projet la réalisation de trois passes à poissons pour rétablir la continuité écologique sur ses lacs de Champagne.
Les trois lacs de Champagne-Ardenne sont reconnus depuis 1991, à travers le site des étangs de la Champagne humide, par la convention de Ramsar.. Ils font également partie des zones de protection spéciale du réseau Natura 2000 du « Lac du Der ». ou des « Lacs de la forêt d'Orient ».. Ces derniers se trouvent sur le territoire de la Réserve naturelle nationale de la forêt d'Orient.. Par ailleurs, chaque année, plus de de visiteurs fréquentent les grands lacs de Seine et leurs infrastructures, comme les ports de plaisance, les pistes cyclables, les parcours de randonnée, les plages aménagées ou encore les observatoires.
Autres actions en matière de prévention des inondations En 2015, l'EPTB Seine Grands Lacs se voit confier la mise en œuvre du « programme d'action de prévention des inondations (PAPI) de la Seine et de la Marne franciliennes », signé par l'État et les quatre collectivités membres de l'établissement public.. Ce programme inclut des actions de sensibilisation, une surveillance accrue du niveau des nappes phréatiques, une meilleure préparation à la gestion de crise, une prise en compte du risque de crue dans l'urbanisme, des actions pour réduire la vulnérabilité des personnes et des biens, des aménagements pour ralentir les écoulement (notamment les études concernant le projet de la Bassée) ainsi que l'entretien des ouvrages de protection hydrauliques et autres murets anti-crues.. Un deuxième PAPI Seine et de la Marne franciliennes est mis en place pour la période 2023-2029, prévoyant pour un coût estimé à d'euros hors taxes..