, née vers 1291 et morte le à Roye, comtesse de Bourgogne et d'Artois, est reine de France de 1316 à 1322 en tant qu'épouse du roi dit « le Long ».
Biographie Jeunesse Jeanne est la fille aînée d' (av. 1248-1303), comte de Bourgogne, et de Mahaut d'Artois (v. 1268-1329) comtesse d'ArtoisChristian Bouyer, Dictionnaire des Reines de France, Librairie Académique Perrin, 1992 p. 196..
Son prénom, Jeanne, féminisation de Jean, lui aurait été attribué, selon Jean-Luc Chassel, en mémoire de , grand-père du comte OthonJean-Luc Chassel, « Le nom et les armes : la matrilinéarité dans la parenté aristocratique du second Moyen Âge », Droit et cultures [En ligne], vol. 64, no 2, 2012, (page consultée le 2 août 2016)..
Jeanne de Bourgogne est, de son propre chef, comtesse de Bourgogne (1303-1330), fief d'Empire dans lequel elle succède à son frère Robert de Bourgogne (1303-1315), ainsi que comtesse d'Artois (1329-1330), fief qu'elle hérite de sa mère Mahaut d'Artois.
Comtesse de Poitiers Le , à Corbeil, elle épouse le futur (v. 1293-1322), dit Philippe le Long, fils de et de la reine Jiri Louda et Michael MacLagan, Les Dynasties d’Europe, Bordas, 1995 , tableau 65..
À la Pentecôte de 1313, à l’occasion des fêtes de l’adoubement des fils du roi, elle prend la croix en même temps que ses belles-sœurs Marguerite de Bourgogne, reine de Navarre, et Isabelle de France, reine d’Angleterre.. Il semble cependant qu’elle ait été contrainte à ce vœu par son époux, Philippe de Poitiers..
En 1314, lors du procès dit de la tour de Nesle, où sa sœur Blanche de Bourgogne et sa belle-sœur Marguerite de Bourgogne sont reconnues coupables d'adultère, elle n'est accusée que de connivence. Elle est enfermée dans la forteresse de Dourdan. Ne cessant de crier son innocence, elle échappe à l'accusation d'adultère, mais elle est toutefois poursuivie pour ne pas avoir dénoncé la conduite de ses belles-sœurs. Acquittée par arrêt du Parlement, elle est libérée entre le 24 et le et retrouve sa place auprès de son époux à la cour de France : ..
L'influence de sa mère fut certainement pour beaucoup dans son retour en faveur, Mahaut d'Artois ne souhaitant pas perdre le rôle que pouvait lui procurer l'avènement de son gendre, Philippe le Long.
Reine de France En novembre 1316, à la mort de son neveu, l'héritier du trône de France, Jean le Posthume, son époux étant proclamé roi de France, elle devient reine de France. Elle est couronnée à la cathédrale Notre-Dame de Reims lors du sacre de son mari, le 6 (fête de l'Épiphanie) ou le dimanche Christian Bouyer, op.cit., p. 197.. Elle a comme chancelier Pierre Bertrand, qui sera son exécuteur testamentaireGUYOT (Joseph-Nicolas). Répertoire universel et raisonné de jurisprudence civile, criminelle. (1777), (a): ; (b): ..
Comtesse de Bourgogne Jeanne garde une attention constante pour son comté de Bourgogne dont elle est issue ; l'épouse du roi de France fait venir de Paris dès 1318 des tisserands et des drapiers pour y faire prospérer une nouvelle bourgeoisie à Marnay Monographie du bourg de Marnay - Léon Paget, Le Livre d'histoire - p.80. et à GrayHistoire de la ville de Gray - Éditeur, Breitenstein-Hamey, 1851 - p.36.. Au décès du roi, elle revient en comté de Bourgogne.
Culture et mécénat
Selon Pierre Bersuire, c'est à la demande de Jeanne de Bourgogne qu'est composé L'Ovide moralisé, une adaptation en français des célèbres Métamorphoses d'OvideMarc-René Jung, « L'Ovide moralisé : de l'expérience de mes lectures à quelques propositions actuelles », dans Laurence Harf-Lancner, Laurence Mathey-Maille et Michelle Szkilnik, éd. Ovide métamorphosé: les lecteurs médiévaux d'Ovide, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2009, p. 115..
, chanoine d'Arras et disciple de Raymond Lulle, lui dédie son Breviculum seu electorium parvum, version abrégée de sa monumentale compilation des œuvres de Lulle, Electorium magnumAlison Stone, « Le débat dans la miniature: le cas du Breviculum de Thomas le Myésier », dans Christian Heck, éd., Qu’est-ce que nommer ? L’image légendée entre monde monastique et pensée scolastique, Turnhout, Brepols, 2010, 189-199...
En 1317, elle fait copier et enluminer un livre d'heures par un moine de Saint-Denis du nom de Gilles Mauléon.Un livre d'heures enluminé conservé à la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg au début du et provenant de la collection de Piotr Doubrovski portait le colophon suivant : . Selon Fernand de Mély qui a pu examiner des photographies du manuscrit, celui-ci ne serait pas, d'après le style et l'écriture, l'original du début du , mais une copie du : Fernand de Mély, « Signatures de primitifs miniaturistes », Extrait des Mémoires de la Société nationale des Antiquaires de France, , Paris, 1908, p. 6-8, avec reproduction d'une enluminure et du colophon aux ..
Ses dispositions testamentaires ordonnent la fondation du collège de Bourgogne à Paris.
Mort, sépulture et succession Jeanne de Bourgogne meurt à 39 ans, à Roye le . Tandis que son corps est inhumé à Paris dans l'église du couvent des Cordeliers, son cœur est déposé à Saint-Denis près de son époux.
Famille De son union avec sont issus cinq enfants : Jeanne (1308-1347), comtesse de Bourgogne () et comtesse d'Artois (), mariée en 1318 avec (v. 1295-1349), duc de Bourgogne ; Marguerite (1309-), comtesse de Bourgogne et comtesse d'Artois (1361-1382), mariée en 1320 avec (v. 1304-1346), dit Louis de Dampierre ou Louis de Flandre, comte de Nevers, puis comte de Flandre et de Rethel ; Isabelle (1312-1348), épouse (1) en 1323 le dauphin , dont la postérité est éteinte ; épouse (2) vers 1339 le seigneur de Faucogney, , sans postérité connue ; Blanche (1313-1358), religieuse à Longchamp ; Philippe (-.).
Dans la fiction Jeanne de Bourgogne est un personnage secondaire apparaissant à de nombreuses reprises dans les premiers tomes de la célèbre suite romanesque historique Les Rois maudits de Maurice Druon, publiée de 1955 à 1977.
Dans le premier tome, Le Roi de fer (1955), dont l'action se déroule de mars à , Jeanne, alors comtesse de Poitiers et mariée au second fils du roi, apparaît sous la plume de Druon comme une jeune femme de 21 ans, , se vêtant .. Alors que sa cousine Marguerite de Bourgogne et sa sœur Blanche, respectivement mariées au fils aîné et au troisième fils du roi, entretiennent une liaison extraconjugale avec les frères Philippe et Gauthier d'Aunay, Jeanne, bien que fidèle à son mari, , favorise l'adultère de ses deux belles-sœurs en combinant les rendez-vous et en facilitant les rencontres, .. Lorsque l'intrigue est révélée, les trois brus royales, tondues et vêtues de bure, sont traduites publiquement en justice : Marguerite et Blanche, reconnues coupables d'adultère, sont condamnées à l'emprisonnement à vie dans la forteresse de Château-Gaillard, alors que Jeanne, considérée comme complice, est enfermée au château de Dourdan..
Dans le troisième tome, Les Poisons de la Couronne (1956), qui se déroule en 1315-1316 sous le règne de , Mahaut d'Artois parvient à obtenir le retour en grâce de Jeanne et à la réconcilier avec son époux Philippe au château d'Hesdin..
Le quatrième tome, La Loi des mâles (1957), qui se déroule en 1316-1317 autour des intrigues pour la succession de , se conclut par la victoire de son frère Philippe, l'époux de Jeanne, reconnu roi de France.
L'œuvre de Druon a été portée à l'écran à deux reprises. Dans l'adaptation télévisée de Marcel Jullian réalisée par Claude Barma et diffusée en 1972-1973, le rôle de Jeanne de Bourgogne est tenu par Catherine Rich, alors que dans celle de 2005 réalisée par Josée Dayan, elle est incarnée par Julie Depardieu.
Jeanne de Bourgogne est également l'un des personnages du film muet Buridan, le héros de la tour de Nesle (1923), de Pierre Marodon.
Ascendance
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie . .
. . Œuvres de fiction
Articles connexes Affaire de la tour de Nesle Les Rois maudits
Liens externes
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