Adolphe Roussel, de son nom complet Armand Adolphe Roussel, est un avocat, professeur de droit et publiciste belge né le à Anvers et mort le à Bruxelles. Il se fait connaître notamment grâce à ses dissertations latines sur la propriété : De dominio extra societas vinculum et De origine dominii.
Il a un impact majeur sur la révolution belge de 1830 par le biais des différents journaux pour lesquels il travaille en tant que rédacteur, mais aussi en tant que combattant volontaire, notamment lors des combats de Louvain et des Quatre Jours de Bruxelles. L’un de ces journaux est d’ailleurs qualifié de radical par le roi Guillaume .
Après l'indépendance de la Belgique du royaume uni des Pays-Bas, Adolphe Roussel exerce en tant que professeur à l’Université d’État de Louvain ainsi que commissaire de l’arrondissement administratif de Louvain. Il devient ensuite recteur à l'université libre de Bruxelles ainsi qu'à l’université de Louvain.
Biographie Origines et famille Armand Louis Adolphe Roussel nait à AnversAnvers, acte de naissance n° 786 du 30 mai 1809 d'Armand Louis Adolphe Roussel, né le 29 mai 1809 à quatre heures de l'après-midi, fils légitime de Jacques Roussel, greffier de justice de paix, âgé de 39 ans, natif d'Anduze, département du Gard, domicilié à Anvers, section 1, n° 871, et de Philippine Louise Martin, son épouse, âgée de 29 ans, native de Namur. Déclaration faite par le père, en présence de Joseph Somers, huissier, âgé de 52 ans, domicilié à Anvers, et de Jacques De Pooter, receveur de Lotterie, âgé de 41 ans, domicilié à Anvers. le 29 mai 1809, pendant la période française de l'histoire de la Belgique, à Anvers, dans le département des Deux-Nèthes. Il est le fils de Jacques Roussel (Anduze 1770 - Anvers 1812), d'une famille anduzienne depuis plusieurs générations, et qui fut secrétaire du commissaire des guerres de la place de Namur, puis employé à l'administration centrale du département, et enfin greffier de justice de paix. Jacques Roussel est mortAnvers, acte de décès n° 2662 du 28 septembre 1812 de Jacques Roussel, greffier de justice de paix, 42 ans, deux mois et demi, natif d'Anduz (sic), département du Gard, décédé à Anvers, à son domicile section 3 n° 1222 le 27 septembre 1812 à cinq heures du matin, époux de Philippine Louise Martin, fils de Louis et de Marie Fontanes, décédés. en 1812, laissant sa femme chargée de plusieurs enfants, et Adolphe était l'avant-dernier de la fratrie de six enfants, nés de 1798 à 1812, les deux premiers nés à Namur, et les suivants, à partir de 1804, à Anvers. La mère d'Adolphe Roussel était Philippine Louise Martin, née à Namur en 1779 et morte à Louvain en 1852, que Jacques Roussel avait épousé à Namur Etat civil de Namur, acte de mariage du 11 thermidor an V, ou en calendrier grégorien, le 29 juillet 1797. en l'an V de la République française.
Adolphe Roussel se marie à LouvainLouvain, acte de mariage n° 15, du 15 janvier 1834. Le futur, Armand Louis Adolphe Roussel, résidant à Louvain, est qualifié de professeur à l'université de Louvain, et libre d'obligations de Milice, fils de Jacques Roussel, mort à Anvers en 1812, et de Philippine Louise Martin, rentière, résidant à Louvain, et née à Namur (paroisse Notre-Dame), présente et consentant au mariage. La future Henriette Lefevre, née à Veere (Terveere), district de Middelbourg, province de Zélande, le 22 janvier 1811, réside à Bailleul, district d'Hazebrouck, département du Nord, est la fille de Jean-François Lefevre, mort à Haubourdin le 25 octobre 1818, et de Marie Anne Josèphe Martin, née à Namur (paroisse Notre-Dame), résidant à Bailleul, rentière, épouse en secondes noces de Théodore Joseph Turlutte, vérificateur des douanes à Bailleul (qu'elle avait épousé en secondes noces à Haubourdin - acte 113 - le 17 novembre 1824). Les témoins du mariage étaient Joseph Lefevre, 21 ans, résidant à Bailleul, étudiant en médecine à l'université de Louvain, Léonard Julien Libert De Schrijnmakers, 32 ans, résidant à Louvain, propriétaire, François Jean Bernardin Philippi, 32 ans, particulier résidant à Louvain, Léonard Prosper D'Elhougne, 25 ans, avocat résidant à Louvain. le 15 janvier 1834, avec Henriette Lefèvre, née à Veere en 1811, fille de Jean François Lefevre (1777 - Haubourdin 1818), lieutenant principal des douanes, et de Marie Anne Joseph MartinMarie Anne Josèphe Martin, née à Namur en 1783, était la fille des feus Robert Joseph Martin, mort à Anvers en 1808 et de Marie Anne Devaux, morte à Namur en 1794, et elle épousa en secondes noces Théodore Joseph Turlutte à Haubourdin en 1824., (° Namur en 1783), cette dernière étant la demi-sœur de la mère d'Adolphe, Philippine Louise Martin.
De ce mariage d'Adolphe Roussel naquirent sept enfants, les deux premiers nés à Louvain et les suivants à Bruxelles : Armand Louis Adolphe (1834 - 1889), prénommé comme son père et qui fut architecteVoyez Paul Saintenoy, Roussel (Armand-Louis-Adolphe), dans la Biographie nationale, , Bruxelles, Bruylant, 1906-1910, col. 258 (consultable "en ligne"). et épousa Jeanne Herremans, Marie Alice Henriette Zoé (née en 1835), Rachel Marie Adolphine (1837 - 1839), Alice Rachel Marie (née en 1840), Arthur Henri Adolphe (né en 1843), avocat, qui épousa Mélanie Zélie Albertine Fleury, Henriette Eudoxie Valentine (née en 1845), négociante papetière qui épousa Jean François Herremans, et Adolphe Henri Marie Anne Joseph (né en 1851) qui épousa Irma Emilie Van Deurmael.
Adolphe Roussel est mortBruxelles, acte de décès du huit janvier 1875. Le défunt est qualifié d'officier de l'Ordre de Léopold, décoré de la Croix de fer, avocat, époux d'Henriette Lefèvre (etc.). Sur la déclaration d'Armand Roussel, fils, architecte, âgé de 40 ans, et de Alphonse Vergauts, greffier au tribunal de première instance, 37 ans, domiciliés à Bruxelles. à Bruxelles, en son domicile du de la rue de la Chapelle, le 6 janvier 1875 à neuf heures du matin.
Carrière politico-juridique De 1830 à 1854, Adolphe Roussel exerce un certain nombre de métiers dans le domaine politico-juridique, dont celui de commissaire de l’arrondissement administratif de Louvain. Il est élu à la suite de la révolution belge, particulièrement en raison de son opposition face à Guillaume Ier. Sa fonction consiste à assister le Gouverneur de l’époque dans ses compétences, et de le remplacer en cas d’absence.
Roussel obtient son docteur en droit à l’Université d’État Louvain le . Quelques années plus tard, le , il est inscrit au tableau de l’Ordre des avocats à la cour d’appel. En tant que conseiller, il connaît spécialement des procès aux assises. Adolphe Roussel est membre de la Chambre des représentants de 1850 à 1854. Dans le cadre de son mandat, il est élu en 1853 à la majorité absolue (avec un total de 39 suffrages), en tant que membre de la commission des naturalisations. Comme son nom l’indique, la commission est compétente pour octroyer la nationalité belge aux citoyens qui n’en disposent pas.
Carrière académique De 1834 jusqu’à peu avant sa mort en 1874, Roussel exerce un éventail de métiers dans le domaine académique. Peu avant d’obtenir son docteur en droit en 1835 à l’Université d’État de Louvain, il y exerce en tant qu’avocat et professeur de 1831 à 1834. Ensuite, il enseigne à l’Université de Bruxelles, qui se fait rebaptiser Université libre de Bruxelles, en tant que professeur de droit criminel jusqu’en 1875, soit jusqu’à sa mort. Adolphe Roussel y a donc enseigné près de trente-sept ans.
À côté de sa casquette d’enseignant, il revêt en même temps sa casquette de recteur et de doyen au sein de cette même université. Durant les années académiques 1863-1864 et 1873-1874, il est élu doyen de la faculté de droit de l’Université libre de Bruxelles. Roussel est également recteur durant trois années académiques : l’année 1845-1846, l’année 1863-1864 et l’année 1873-1874. De 1862 à 1863, il est par ailleurs recteur à l’Université de Louvain.
Au-delà de ces dix-huit années d’expérience en tant que professeur de droit à l’Université de Bruxelles, Adolphe Roussel est convié en 1848 à la Chambre des représentants afin de communiquer ses idées au sujet de la réforme à apporter dans la composition des jurys universitaires. Roussel fournit lors de cette rencontre ses observations, qui ont pour seul but la question de la formation de ce dit jury universitaire, et non celle de la portée réglementaire de l’action des jurys d’examen. Son travail se compose de deux points de vue dominants : le point de vue politique et le point de vue scientifique.
Engagements Politiques Adolphe Roussel se fait notamment connaître à la suite de son implication dans la révolution belge. Avec Léonard D'Elhoungne et Pierre-François Van Meenen, il est l'un des plus virulents rédacteurs du Journal de Louvain, qui s'oppose ouvertement à la politique de Guillaume , le souverain du royaume uni des Pays-Bas. Le roi engage des poursuites contre la presse dans les premiers mois de 1830. Le roi des Pays-Bas de l’époque entend poursuivre les journaux qui le dénigrent, et pour ce faire, il adresse un courrier à ces sujets : « Emprisonnez cent écrivains, dit-il, détruisez vingt journaux, vous n’aurez rien fait, rien, absolument rien. Il s’en présentera d’autres. On imprimera, dut-on le pamphlet anonyme remplacer le pamphlet signé, dût la distribution sous manteau remplacer la distribution par la poste ». À la suite des arrestations et des procès qui ont lieu à cette période, une vingtaine de journaux sont alors condamnés. Certains d’entre eux sont : le Journal d’Anvers, le Mercure d’Anvers ou encore le Journal de la Flandre orientale.
C’est à cette même période que le procès de Roussel a lieu, en . Tel que mentionné supra, il étudie à l’Université d’État de Louvain, et en 1829, l’un de ses camarades présente sa thèse au ministre de l’intérieur de l’époque, Pierre van Gobbelschroy. Lors de la discussion publique, Adolphe Roussel , ce qui lui vaut son expulsion de l’université ainsi qu’une interdiction de se présenter dans quelconque université de l’État. C’est à ce moment-là qu’il fait ses premiers pas dans la politique. En effet, il exerce alors le métier de rédacteur au Messager de Louvain, un journal d’opposition. Dans le cadre de sa profession, il rédige un article qui suscite la colère du de l’époque, . Ce dernier estime que des propos calomnieux sont écrits à son égard, et décide de poursuivre Roussel en justice. Il est alors poursuivi devant la cour supérieure de Bruxelles et lors de son procès, il se défend seul. Il est finalement condamné à quarante jours de prison.
Révolution belge Au lendemain des premières émeutes d'août 1830 à Bruxelles, Adolphe Roussel fait partie des créateurs de la garde bourgeoise de Louvain le , fondée dans le but de prémunir la ville de la propagation des troubles liés au début de la révolution belge. Cela n'empêche pas le déclenchement des combats de Louvain dès le , quand le peuple s'empare de la caserne militaire et met la garnison en fuite au prix de plusieurs morts. Adolphe Roussel est une nouvelle fois à la manoeuvre aux côtés des « patriotes belges » puis, dès le jour-même, l'un des membres et fondateurs de la commission de sûreté publique de la ville, aux côtés de Pierre-François Van Meenen et de Jean de Neeff, entre autres. Le , en prévision de attaque de l'armée, il réunit volontaires et forme le corps franc de Louvain, dont il prend le commandement pour aller combattre lors des Quatre Jours de Bruxelles.