Linformatique durableBerthoud, F., Pons, J. L., Drezet, E., & Louvet, V., Comment se diriger vers une informatique durable ?, Actes du JRES, 2007 .Félix Guillemot, Le développement informatique durable, Lavoisier, 2009, Recension frédéric Bordage, Green IT, 2009., linformatique verteAdrien Porcheron, Green IT, meilleures pratiques pour l'informatique verte, Dunod, 2009.Abadie J., « Technologie Le défi de l'informatique verte », La Recherche, 41(444), 64, 2010., le numérique éco-responsableVoir aussi Institut du numérique responsable., la sobriété numérique, ou encore le . (appellation officielle en français : éco-TIC) est une démarche qui vise à réduire l'impact environnemental du numérique par une approche responsable de l’utilisation des outils numériques pour contribuer à la préservation de l’environnement et à une utilisation durable des ressources. Dans une approche de développement durable, elle induit également les impacts sociaux et économiques du numérique.
Dans le cycle de vie des appareils numériques les phases de fabrication (écoconception de produits, de services numériques ou de systèmes d’information), de distribution et de gestion de fin de vie constituent la majorité de l'impact environnemental du numérique, la phase d'usage est son complément pour en comprendre l'ensemble.
À partir d'une stratégie et volonté politique globale définies dans les objectifs environnementaux des accords de Paris, la sobriété numérique peut être recherchée au niveau de chaque entreprise, collectivité, organisation et ménage en mettant en œuvre des mesures et actions volontaires.
Terminologie Sobriété numérique L'expression « sobriété numérique » a été définie en 2008 par l'association GreenIT.fr pour désigner Frédéric Bordage, Vers une généralisation de la taxe carboneFrédéric Bordage, « La société s’empare de la sobriété numérique », GreenIT.fr, 2 octobre 2018.. Selon le Ministère de la transition écologique et l' ADEME, ..
Éco-TIC et Green IT Le Journal officiel français du donne « éco-TIC » comme abréviation de « écotechniques de l'information et de la communication ». Ces termes sont l'équivalent de l'anglais « ». Les écotechniques de l'information et de la communication sont des techniques de l'information et de la communication dont la conception ou l'emploi permettent de réduire les effets négatifs de l'activité humaine sur l'environnementCommission générale de terminologie et de néologie, « », Journal officiel, , texte , sur Légifrance, .. Le Journal officiel précise que .
Numérique responsable Depuis les années 2020, une appellation qui se développe en France est le « numérique responsable »., prenant en compte les trois dimensions du développement durable (, , ) ...
Double transition La double transition est l'idée selon laquelle transformation numérique et durabilité environnementale présentent des synergies. Le concept de double transition est promu par l’OCDE en 2010 et une revue de 2024 a confirmé sa pertinence continue.
Historique vignette|Logo .
Émergence des préoccupations environnementales en informatique Les préoccupations environnementales dans le secteur de l'informatique n'ont commencé à apparaître que dans les années 1990 aux États-Unis, avec le programme gouvernemental . Plusieurs volets de ce programme concernaient les équipements informatiques : moniteurs, ordinateurs de bureau, ordinateurs portables et tablettes, systèmes informatiques intégrés, serveurs et stations de travail.
Dans les années 2000, d'autres préoccupations sont apparues, comme l'intégration des besoins métier en matière de développement durable dans les systèmes d'information des entreprises (responsabilité sociétale des entreprises), des collectivités locales (agendas 21) et des administrations, à la suite des sommets de la Terre de Rio de Janeiro (1992) et de Johannesbourg (2002).
L'informatique éco-responsable est une tendance industrielle importante des techniques de l'information et de la communication, avec de très nombreuses recherches menées sur ce sujet. C'est une préoccupation sensible des centres de données, pour qui la facture énergétique augmente fortement (doublé entre 2000 et 2005 Jonathan G. Koomey, , 15 février 2007.) avec la forte croissance de la puissance de calcul installée (la plupart des entreprises – IT Google, – communiquent sur le sujet). L'enjeu est à la fois économique et lié à l'image de ces entreprises.
Ces évolutions ont été favorisées par la sensibilisation de la société civile, en tout premier lieu par les ONG environnementales telles que le WWFVoir notamment l'action Climate Savers Computing Initiative. et Greenpeace qui établit périodiquement un rapport sur l'impact écologique du secteur informatique.
En France, le gouvernement a produit en un premier rapport TIC et développement durable, qui se concentre sur les économies d'énergie et l'aptitude au recyclage des équipements informatiquesTIC et développement durable, décembre 2008 .
En 2009, une loi vise à réduire les impacts environnementaux des centres de données (data centers en anglais) au Royaume-Uni Thierry Roch, Au Royaume-Uni, une loi invite à la sobriété des datacenters, greenit.fr, 9 juin 2009.
Points de repère chronologiques
1992 : Lancement par le gouvernement américain du programme Energy Star, dont l'objectif était d'économiser l'énergie sur les équipements électriques et informatiques. Création de la certification TCO, qui définit les standards pour les émissions d'écrans. 1995 : TCO définit les standards en matière d’ergonomie, d’émissions, d’énergie et d’écologie pour les écrans, les claviers et les ordinateurs. 1997 : création de la Global Reporting Initiative. 1998 : la Convention d'Aarhus définit la notion d'information environnementale. 2000 : création du Green Electronic Council qui pilotera, plus tard, l’écolabel EPEAT. 2001 : vote de la loi relative aux nouvelles régulations économiques (NRE) en France, dont l'article 116 demande aux entreprises de rendre compte des conséquences environnementales et sociales de leur activité. 2002 : Adoption du décret d'application de la loi NRE en France. À la suite de la loi NRE, quelques sociétés de conseilCapgemini, PricewaterhouseCoopers, incluent le développement durable dans leur offre. 2003 : la directive européenne 2003/4/CE fixe les obligations des collectivités en matière de mise à disposition de l'information environnementale. 2004 : Premières réflexions du Cigref sur l'usage des TIC et le développement durableSystèmes d'information éco-responsables : L'usage des TIC au service de l'entreprise durable, CIGREF, . en partenariat avec l'ORSE. En France, lancement de GreenIT.fr sur l'initiative de Frédéric Bordage. 2005 : Premier rapport du Green Grid sur la consommation électrique des centres de données et prévision pour 2010. En France, création du groupement de service EcoInfo (CNRS). 2006 : Première version de EPEAT. Bien que publié 10 ans après TCO, cet écolabel va s’imposer en quelques années sur certains types d’équipements via les commandes publiques des agences fédérales américaines. Première publication par Greenpeace du Guide to Greener Electronics. 2007 : Création de la Climate Savers Computing Initiative dans le monde anglosaxon ; Création du classement Green 500 des 500 superordinateurs mondiaux les plus puissants en fonction de leur efficacité énergétique ; Le Grenelle de l'environnement en France inclut des recommandations sur les économies d'énergie dans la bureautique. 2008 : Juin : publication du rapport Smart2020 par ; Décembre : publication du rapport « TIC et développement durable » du gouvernement françaisBreuil, Burette, Flüry-Hérard, Cueugniet, Vignolles, TIC et développement durable , rapport, ministères de l'Écologie et de l'Économie, décembre 2008, 96 pages.. 2009 : publication du rapport du Cigref intitulé Systèmes d'information éco-responsables : L'usage des TIC au service de l'entreprise durable 2011 : Création de l'Alliance Green IT, association loi de 1901 qui regroupe les acteurs français de l'informatique durable ; Sortie du « Guide pour un système d’information éco-responsable » par le WWF / CNRS / GreenIT.fr« Guide pour un Système d'Information éco-responsable » , WWF France, 2011, 24 pages.. 2012 : Le propose trois nouveaux indicateurs environnementaux pour les centres de donnéesData center : trois nouveaux indicateurs environnementaux ; Publication du Guide sectoriel TNIC par l'Ademe et le Cigref pour faciliter l'évaluation des émissions de gaz à effet des systèmes d'information : l’Ademe et le Cigref proposent une méthodologie dédiée à l’informatique. 2014 : En France, création du club Green IT ; En France, création du collectif conception numérique responsable. 2015 : Appel à engagements pour la convergence entre les transitions écologique et numérique. par le Conseil national du numérique. 2018 : en France, création de l'Institut du numérique responsable. 2020 : le premier (« journée de nettoyage numérique ») est organisé. D'abord appelée , cette journée d'action vise à attirer l'attention sur l'empreinte écologique du numérique.. 2021 : adoption de la loi visant à réduire l'empreinte environnementale du numérique en France (REEN). 2024 : publication du premier référentiel général pour l'IA frugale, résultat de 6 mois de travail entre 150 contributeurs de divers horizons. Ce document est découpé en 3 parties : Terminologie (qu'est-ce qu'une IA, le cycle de vie...), Méthode d'évaluation de l'impact environnemental et Bonne pratiques (pour concevoir des IA de manière frugale). 2024-2025 : adoption par l'Union européenne de la directive CSRD (Corporate sustainability reporting directive) relative à la publication d'informations de durabilité par les entreprises et début du déploiement des comptes rendus de durabilité dans le cadre de l'application de cette directive, avec une analyse dite de double matérialité. Les fournisseurs de progiciels (SAP, Oracle, Sage...) doivent se mettre en conformité. Devant la charge de travail requise pour mettre en œuvre la CSRD, les entreprises européennes poussent la Commission européenne à proposer en une version simplifiée dite « paquet Omnibus »..
Constats, ordres de grandeur
La question de l’impact environnemental du numérique se pose dans le contexte d’accélération du déploiement des usages professionnels et privés..
Selon un rapport de l'association française The Shift Project, le numérique est responsable de 3,7 % des émissions de mondiales en 2018 et, selon un rapport de GreenIT.fr, de 3,8 % des émissions de gaz à effet de serre mondialesLe n'est en effet que l'un des gaz à effet de serre.. En 2021, une étude publiée dans la revue Patterns estime cette part entre 2 et 4 %... Il contribue de plus à l'épuisement du stock de ressources abiotiques (minerais). En Europe, les émissions du numérique comptent pour 40 % du budget GES soutenable d'un Européen, selon GreenIT.fr en 2021. Ces émissions proviennent pour 54 % de la phase de fabrication des équipements..
En , l'Arcep et l'Ademe notent dans un rapport conjoint que « les réseaux ont une consommation très largement fixe et indépendante du trafic (plutôt fonction du degrés de couverture géographique). L’augmentation du trafic a donc pour effet de baisser l’impact environnemental par Go de données et peut augmenter l’impact environnemental total associé aux réseaux, mais pas de manière proportionnelle.. »
En 2025 l'Ademe publie un nouveau rapport sur l’empreinte carbone de l'activité numérique française. Le secteur est responsable pour 4,4 % de l’empreinte carbone nationale, soit . Cette estimation intègre les émissions de centres de données situés à l’étranger, mais ..
Selon l'Ademe, rapporté par le site Les Numeriques,