Al Williamson, né le à New York et mort le dans l'upstate New York, est un auteur et dessinateur de bande dessinée américain, spécialisé dans l'aventure, le western et la science-fiction/fantasy.
Dans sa jeunesse, passée en Colombie, il découvre les bandes dessinées américaines et Flash Gordon qui le marque beaucoup. Revenu aux États-Unis avec sa mère, il prend des cours de dessin et assiste Burne Hogarth, auteur du comic strip de Tarzan. Dans les années , après avoir commencé à placer chez plusieurs éditeurs quelques histoires, il travaille régulièrement pour EC Comics jusqu'à ce que la censure de la Comics Code Authority oblige l'éditeur à cesser toutes ses parutions à l'exception notable de Mad. Il recommence donc à passer d'un éditeur à l'autre, illustrant de nombreuses histoires. À partir de il est l'assistant de John Prentice sur le comic strip Rip Kirby. Il reste à ce poste jusqu'en puis, à partir de , il dessine des histoires pour les magazines d'horreur Eerie et Creepy publiés par Warren Publishing. Il est aussi présent chez d'autres éditeurs et réalise plusieurs histoires de Flash Gordon.
En , avec Archie Goodwin au scénario, il reprend le comic strip Agent Secret X-9 créé par Alex Raymond. Il reste sur cette série pendant treize ans. Au début des années , il dessine l'adaptation de L'Empire contre-attaque et de Le Retour du Jedi ainsi que celles de Flash Gordon et de Blade Runner. Par la suite, il préfère se contenter du rôle d'encreur, surtout sur des séries publiées par Marvel Comics. Il dessine encore quelques histoires, dont un Flash Gordon publié en par Marvel. Touché par la maladie d'Alzheimer, il finit par prendre sa retraite en 2009 mais meurt peu après, le .
Récompensé par de nombreux prix, prix Alley, prix Inkpot, prix Eisner, prix Harvey, pour son travail de dessinateur ou celui d'encreur, Al Williamson est un artiste reconnu autant pour son style réaliste que pour son sens du récit.
Biographie Jeunesse Alfonso Williamson naît le à Manhattan d'un père colombien d'origine écossaise, Alfonso Williamson, et d'une mère américaine, Sally Williamson. Lorsqu'il a deux ans, la famille déménage en Colombie. C'est là qu'Al Williamson découvre les comics dans des traductions en espagnol. Ce sont d'abord des reliés dans des albums (Prince Vaillant de Hal Foster, Terry et les Pirates de Milton Caniff et de Will Eisner auquel s'ajoute de l'Argentin Carlos Clemen, puis les . À neuf ans, il voit au cinéma un épisode du troisième consacré à , , qui le marque profondément et qu'il essaie de retranscrire dans ses dessins. En , lorsqu'il a douze ans, ses parents divorcent et il suit sa mère aux États-Unis, d'abord à San Francisco puis à New York.
Attiré par le dessin, Williamson visite les différentes maisons d'édition de comics new-yorkaises et se lie avec plusieurs dessinateurs dont George Evans. Il suit aussi le samedi matin des cours à l'école de Burne Hogarth, auteur du de Tarzan. Ce n'est que plus tard, quand il travaille pour Hogarth, qu'il se rend plus régulièrement à l'école où il rencontre Wally Wood et Roy Krenkel. Celui-ci lui fait découvrir de nombreux dessinateurs, comme Norman Lindsay, Fortunino Matania ou Frank Hoban. C'est encore à l'école de Hogarth qu'il se lie avec Marvin Stein, qui travaille pour Jack Kirby au sein de Fiction House. Il y rencontre alors Mort Meskin.
Début de carrière
En , Al Williamson commence à travailler pour Hogarth en crayonnant des pages de Tarzan. La même année, il réalise deux cabochons pour une page de texte intitulé « Le cheval le plus laid du monde ». publiés dans le comics par . Le même comics accueille ensuite sa première histoire complète en puis, toujours chez , il réalise une bande dessinée de deux pages (une histoire de boy-scouts) parue cette fois dans le numéro de . Il assiste aussi Frank Frazetta sur , publié dans d'. Williamson présente son travail à d'autres éditeurs et son nom se retrouve ainsi chez , Fiction House, Hillman, Fawcett Comics et Toby Press sur le comics John Wayne. Il dessine alors surtout des westerns mais réalise aussi des récits de science-fiction entre autres pour American Comics Group et Avon Publications. Il travaille aussi pour Atlas Comics () comme encreur mais, insatisfait de cet emploi, il l'abandonne assez vite. Durant cette période, il travaille parfois avec Frank Frazetta qui encre ses pages.
En , à , poussé par Wally Wood et Joe Orlando, il commence à travailler pour EC Comics. Sa première œuvre publiée par cet éditeur se nomme ; elle paraît dans le du en .. Il travaille sur ces sept pages en compagnie de Frank Frazetta. Par la suite, il continue à collaborer avec celui-ci mais aussi avec Roy Krenkel et Angelo Torres. Cette équipe, avec Nick Meglin et George Woodbridge, est surnommée le « », d'après un groupe de gangsters. Williamson travaille surtout sur de la science-fiction avec des scénarios de Al Feldstein, mais aussi sur des adaptations d'histoires de Ray Bradbury, comme dans le numéro de en , et Harlan Ellison ( d'après dans le numéro de en ). Bien qu'il ait dessiné seulement trente-sept histoires, dont une non publiée, pour cet éditeur, celles-ci par leur élégance ont passé l'épreuve des années. Il arrête de collaborer avec cet éditeur lorsque Bill Gaines est obligé de cesser toute activité éditoriale, à l'exception notable de , à la suite de pertes financières importantes dans l'édition de comics..
Entre et , Williamson publie des centaines de pages de comics., principalement des récits de westerns de 3 ou 5 pages, pour Atlas Comics (qui deviendra Marvel Comics). Il assiste aussi John Severin sur des westerns publiés par Prize Publications. En , à la de New York, il se lie d'amitié avec Archie Goodwin, avec qui il travaillera sur de nombreux comics.
vignette|redresse|gauche|alt=page de bande dessinée en couleur représentant des astronautes|Race for the Moon 02, page 22. Dessin de Jack Kirby, encrage d'Al Williamson. De à , il travaille pour Harvey Comics, en collaboration avec Reed Crandall, Angelo Torres et Roy Krenkel et encre des planches de Jack Kirby, sur et Blast-Off . C'est son premier réel travail d'encreur. Pour Harvey Comics, il encre la première histoire d'Archie Goodwin, , publiée dans le premier numéro d avec des dessins de Reed Crandall. . Williamson collaborera régulièrement par la suite avec Archie Goodwin.
En parallèle il dessine quelques histoires pour . en collaboration avec Reed Crandall et George Woodbridge, des westerns pour Dell Comics et Charlton Comics et de la science-fiction pour ACG. Cette fin des années est difficile, car Williamson ne trouve plus de travail pendant plusieurs mois. Cependant c'est aussi durant cette période qu'il rencontre celle qui deviendra sa première épouse, Arlene Sattler.
Les années 1960 vignette|redresse|Archie Goodwin, scénariste qui a collaboré de nombreuses fois avec Al Williamson.|alt=photo en couleur du visage en gros plan d'un homme portant moustaches et lunettes Alors qu'il s'efforce de relancer les éditeurs de , Williamson est appelé par John Prentice pour qu'il l'assiste, à partir de la première semaine de , sur le comic strip Rip Kirby. Pendant trois ans Williamson, qui a déménagé au Mexique, participe donc à cette série, ce qui lui permet de s'améliorer auprès de Prentice. De retour aux États-Unis, Williamson devient l'assistant de John Cullen Murphy sur le comic strip et de Don Sherwood sur .
Il revient à une production personnelle en et participe au lancement des magazines d'horreur en noir et blanc publiés par Warren Publishing et . Chez le même éditeur, il dessine ensuite des histoires dans . Pour ces magazines, il rappelle ses amis des années (George Evans, Frank Frazetta, Roy Krenkel et Angelo Torres) pour qu'ils collaborent à ces projets. Par ailleurs, Williamson encourage de jeunes artistes, comme Bernie Wrightson, rencontrés à des festivals et des conventions, à se faire une place.. Wrightson finira lui aussi par participer aux magazines de Warren..
En plus de cela Williamson dessine quelques histoires pour Harvey Comics et pour Gold Key Comics (, et ). Mais c'est surtout son travail, en , sur le premier numéro d'un nouveau Flash Gordon scénarisé par Archie Goodwin et publié par King Features. qui attire l'attention. Le courrier des lecteurs étant enthousiaste, il dessine également les ainsi que la couverture du 3.. La lui décerne le prix du (« meilleur dessin de comic book ») pour ce travail.. Williamson participe également à la conception et écrit l'introduction du premier livre important sur Flash Gordon, publié par en .. En 1966, il dessine aussi un comics avec pour personnage principal le Secret Agent X-9 créé comme Flash Gordon par Alex Raymond..
Ces deux travaux attirent l'œil du King Features Syndicate qui lui demande en de reprendre le comic strip Agent Secret X-9 dont le titre est changé en . Il collabore pour cela avec Archie Goodwin qui signe les scénarios. Il reste sur cette série pendant treize ans avant de la laisser à son camarade George Evans. Mais à côté de ce travail destiné au grand public, il participe aussi à la scène alternative naissante. En , il publie (« Monde sauvage ») dans Witzend, le alternatif créé par Wally Wood. L'histoire que Williamson avait dessinée en pour un projet de autour de Buster Crabbe, finalement abandonné, est réalisée avec les contributions de Frazetta, Krenkel et Torres (le « ») a plus tard été republié par Marvel Comics dans le premier numéro de en , par et par Kitchen Sink Press.. En , il participe à de Flo Steinberg.
Les années 1970 Williamson retourne chez Warren Publishing en et pour dessiner trois histoires supplémentaires de dans les , publiées en France sous le titre Al Williamson : À la fin de l'envoi en .. Il collabore aussi avec , pour les de , en et ) et pour le de en ). Il travaille également avec ( 185 en et 14 en ).
Williamson devient un sujet pour les historiens du comics avec la publication du livret bibliographique de 22 pages par Jim Vadeboncoeur en ainsi que d’ par James Van Hise dans le fanzine dans le début des années . Marvel Comics commence à régulièrement rééditer son travail des années ( 1 en , et 147 en ), permettant à la jeune génération de découvrir le travail de Williamson.
En , l'épouse de Williamson décède. Il se remarie plus tard avec Cori Pasquier qui lui survivra.
Les années 1980 vignette|redresse|alt=photo en noir et blanc du visage d'un homme, George Lucas, portant la barbe|George Lucas, fan de Williamson, a demandé que ce soit celui-ci qui dessine l'adaptation de L'Empire contre-attaque. En Williamson dessine l'adaptation en comics de L'Empire contre-attaque chez Marvel Comics (avec Carlos Garzon à l'encrage), sur demande de Lucasfilm, George Lucas ayant beaucoup aimé son travail chez et sur Flash Gordon. Puis il reprend le comic strip de à la suite d'Alfredo Alcala, sur un scénario d'Archie Goodwin, jusqu'à la suppression de la série en 1984. Celle-ci a été éditée par Russ Cochran en trois volumes en 1991.. Il dessine aussi l'adaptation du Retour du Jedi en 1983.
Il revient encore à Flash Gordon en dessinant, en , l'adaptation du film Flash Gordon sur un scénario de Bruce Jones chez . Cette BD est également publiée dans le comics régulier de Flash Gordon, dans les (mars à ). L'encrage des pages est réalisé par Alden McWilliams.
Durant cette période, une dernière adaptation est celle de publiée par Marvel Comics en . Il retourne aux à plein temps pour la première fois depuis et travaille pour Pacific Comics avec Bruce Jones sur (les ) et sur , publié dans ... Puis viennent deux histoires d'Archie Goodwin qu'il illustre pour ( dans le en et , dans le en ). Celles-ci sont souvent considérées comme faisant partie de ses meilleurs travaux..