Une éolienne flottante ou éolienne flottante en mer est une éolienne en mer montée sur une structure flottante qui permet à la turbine de produire de l'électricité plus loin des côtes, où l'eau est beaucoup plus profonde et les vents plus forts et plus stables.
Applications Production d'électricité Production d'hydrogène Production de méthanol ou BtL-carburant Dessalement de l'eau de mer
Développement Dans le développement d'éoliennes flottantes en mer, on bénéficie de l'expérience de l'industrie pétrolière et gazière avec des plateformes pétrolières flottantes.
Types de plateformes Les plateformes sont de deux types : single-turbine-floater (une seule éolienne est montée sur une structure flottante) ; multiple-turbine-floater (plusieurs éoliennes sont montées sur une même structure flottante).
En 2024, quatre technologies se détachentEolien flottant : quatre technologies font surface, Les Échos, 10 mai 2019. : Les barges : les technologies de barges flottantes peuvent être réalisées en béton ou en acier, suivant des formes spécifiques capables de résister aux plus fortes houles avec des installations minimalistes. Cette technologie est notamment utilisée par l’entreprise française BW Ideol installée à La Ciotat avec son flotteur annulaire breveté Damping Pool®. BW Ideol, possède déjà deux éoliennes flottantes en activité : Floatgen au large du Croisic en Loire-Atlantique, prévue initialement pour être opérationnelle 5 ans en mer, le très bon état du flotteur et de la turbine permettent à Floatgen de continuer à être active pendant 5 ans supplémentaires et Hibiki à Kitakyūshū au nord du Japon qui a déjà connu de nombreux typhons sans dommage sur le flotteur ni la turbine. La technologie Damping Pool ® de BW Ideol a été retenue comme fondation flottante pour les 3 éoliennes du parc pilote EolMed en Occitanie. Les semi-submersibles : ces flotteurs sont construits en acier et sont issus de l'industrie du pétrole et du gaz. La technologie « WindFloat » développée par l’américain Principle Power est composée de trois colonnes d'acier ancrées sur le fond. Cette fondation flottante équipe plusieurs projets dont une ferme de 25 MW au large du Portugal et une ferme de 50 MW en Écosse (Kincardine). Ces fondations flottantes équiperont aussi le projet de ferme de Leucate dans le golfe du Lion ; Les « Spar » : utilisation d'un cylindre d'acier lesté qui joue le rôle de fondation flottante ; développée par la compagnie pétrolière norvégienne Statoil (aujourd’hui devenue Equinor), elle produit déjà de l'électricité au large des côtes écossaises à des profondeurs de 95 à 130 mètres ; Les « Tension-Leg Platform » (TLP) : ce système de flotteur et d'ancrage à câbles tendus développé par SBM Offshore et IFP Énergies nouvelles s'inspire des technologies déjà utilisées pour stabiliser les plateformes pétrolières. Cette technique a été retenue pour le projet Provence Grand Large (EDF Renouvelables, à 17 km en mer de Port-Saint-Louis-du-Rhône) qui inclut 3 éoliennes de 8 MW.
Coûts Selon une étude récente de BearingPoint, on recense aujourd'hui un potentiel de dans le monde. En France, selon l'association professionnelle France Renouvelables on estime le potentiel 35% des 50 GW annoncés à horizon 2050. Le prix de revient de l'éolien flottant est pour le moment encore un peu plus cher que celui de l'éolien en mer posé car il n’existe pas encore de projets de dimension commerciale (plusieurs centaines de MW en opération). Mais le marché de l’éolien flottant, en phase de maturité, devrait atteindre des tarifs proches de ceux de l’éolien en mer posé car le coût de construction et d’installation des fondations flottantes est compensé par la production électrique qui est bien supérieure, car le vent du large est plus fort et plus régulier.
Le premier parc éolien flottant de taille commerciale, installé par Equinor en Écosse, a obtenu une subvention publique de près de () par MWh produit pendant , qui s'ajoutera aux prix de marché britannique ; ce coût est inférieur de 60 à 70 % à celui du démonstrateur préalablement testé en Norvège et Equinor espère qu'à terme les coûts pourraient encore baisser de 40 à 50 %En Ecosse, une première ferme d’éoliennes flottantes, Les Échos, 9 août 2017..
Projets en fonctionnement France Floatgen, un démonstrateur de 2 MW équipé de la fondation flottante Damping Pool ® de BW Ideol (assemblée dans le port de Saint-Nazaire), a été inauguré le 13 octobre 2017. Cette éolienne a été remorquée vers le site d’essais en mer géré par Centrale Nantes et le CNRS, à 22 kilomètres du littoral au large du Croisic, la phase de démonstration devant durer cinq ans. Elle a commencé à produire de l'électricité et à alimenter le réseau électrique le 18 septembre 2018. Floatgen a été la toute première éolienne installée en mer au large des côtes Françaises. Porté par un consortium européen, composé notamment de la société française Ideol (leader français des fondations flottantes), de Bouygues Travaux Publics (chargé de la construction du flotteur en béton) et de l'École centrale de Nantes, ce projet bénéficiant de fonds européens est chargé de démontrer la faisabilité technique et la viabilité économique de l’éolien flottant, dans le but d’étendre le potentiel de développement de parcs éoliens en mer aux eaux profondes. Le projet a également pour objectif de démontrer le fort potentiel de diminution des coûts de l’électricité produite par des parcs éoliens flottants. En janvier 2024, Floatgen a atteint le seuil des 30 GWh produits depuis sa mise en service. Forte de ses très bons résultats de production, et à l’état de son flotteur ayant résisté aux plus fortes tempêtes, Floatgen a vu son activité prolongée de 5 ans supplémentaires début 2024.
Portugal
Le projet WindFloat Atlantic de 25 MW, en opération au Portugal depuis 2020, a été construit sur la base du projet WindFloat 1, un prototype qui a été en service pendant cinq ans (de 2012 à 2016). Windfloat Atlantic est équipé de flotteurs semi-submersibles développés par Principle Power, et le projet est porté par Ocean Winds, EDPR et Principle Power.
À 20 km au large de Viana do Castelo, au Portugal, les trois éoliennes se dressent à 185 mètres au-dessus de la surface de l'océan. Ces éoliennes de 8,4 MW sont installées sur trois plates-formes WindFloat, ancrées au fond marin à 100 mètres de profondeur avec une ligne d'ancrage caténaire et alimentent en électricité 25 000 foyers.
Japon Le Japon est un pays à fort potentiel pour le développement de l'éolien flottant compte tenu de la profondeur de ses côtes. Plusieurs démonstrateurs d'éolien flottant sont déjà installés au Japon, notamment dans le cadre du consortium Fukushima Forward. A date, une éolienne flottante est en opération au large de Kitakyūshū, l’éolienne Hibiki. Elle est équipée d’un flotteur en acier développé par la société française BW Ideol. Début 2018, le NEDO (New Energy and Industrial Technology Development Organisation) a annoncé le lancement de deux appels d’offres pour soutenir le développement de projets éoliens flottants en mer dans le pays. Écosse La première ferme éolienne flottante de taille commerciale, le projet Hywind, a été inauguré en . Elle a été développée par la branche New Energy Solutions du groupe pétrolier norvégien Statoil, aujourd'hui Equinor. Ses cinq éoliennes ont des rotors de 154 mètres et des mâts de 253 mètres (dont 175 sous le niveau de l'eau). Ils ont été convoyés lors de l'été 2017 depuis la Norvège jusqu'au site de Buchan Deep, à au large des côtes nord-est de l'Écosse, où la vitesse moyenne du vent est de , soit . Ce projet de (équivalent des besoins de 20 000 foyers, produits par de ) représente un investissement de , soit un coût par MW inférieur de 60 à 70 % à celui du démonstrateur testé pendant plusieurs années en Norvège par Hywind. La production a démarré le . Une batterie au lithium de grande capacité (1 MWh) produite par Masdar stockera l’énergie produite. Le groupe pense pouvoir produire de l'électricité à un prix de 40 à 60 euros le mégawattheure d’ici 2030Breton A (2017) Le 18 octobre, Hywind Scotland, la première ferme éolienne flottante, installée à 25 km au large des côtes de l’Aberdeenshire, en Écosse, a délivré ses premiers électrons au réseau écossais. Environnement magazine, 31/10/2017. Durant son premier hiver, le facteur de charge du parc s'est élevé à 65% soit 10 points de plus qu'un parc éolien en mer classique.
Autre ferme éolienne flottante en opération depuis 2021, le projet Kincardine, installé à 15 km au large de la côte d'Aberdeen, et dans des eaux allant de 60 à 80 mètres de profondeur. Les cinq unités WindFloat de Principle Power accueillent cinq éoliennes de 9,5 MW s'élèvent pour former la plus grande ferme éolienne flottante au monde.
Norvège
La première éolienne flottante en mer au monde a été installée en 2009 en Norvège (projet Hywind). Cette éolienne de 2,3 MW équipée d'une fondation spar, toujours opérationnelle, est aujourd'hui opérée par Unitech après avoir été développée par Statoil, devenu Equinor. En août 2019, Enova a attribué 2,3 milliards de couronnes norvégiennes à Equinor pour la construction de Hywind Tampen, une ferme éolienne flottante en béton de 88 MW au large des côtes norvégiennesÉolienne flottante en Norvège, avec des groupes français, sur greenunivers.com, d'une valeur totale de 8 milliards de couronnes norvégiennes, dans le but de réduire les coûts technologiques et de fournir 35 % de l'électricité annuelle aux champs pétroliers de Snorre et Gullfaks. La construction a débuté en 2021, les turbines ont été assemblées en 2022, envoyant la première électricité à Gullfaks A en novembre 2022. Le projet a été achevé en août 2023.
Espagne Saitec Offshore, en collaboration avec RWE et Kansai Electric Power Inc., a installé l'unité éolienne flottante DemoSATH de 2 MW sur le site d’essai de BiMEP, à 2 milles au large dans la mer Cantabrique, dans une profondeur d'eau de 85 mètres. Installée en 2023, pour une durée de 2 ans. La technologie de flotteur est développée par Saitec Offshore Technologies.
Projets en développement France Quatre projets pilotes (trois en Méditerranée et un en Bretagne, comprenant entre trois et six éoliennes chacun) ont été attribués par le gouvernement français dans le cadre d'un appel à projets publié en 2015Le gouvernement lance un appel à projets dans l'éolien flottant, Les Échos, 19 août 2015. et dont les résultats ont été annoncés en 2016 : au large de Gruissan (Aude) en Méditerranée, le groupe Qair (ex-Quadran) s'est vu attribuer le développement du projet EolMed. Ce projet devait être constitué de 4 éoliennes SENVION de 6 MW chacune et de fondations flottantes BW Ideol construites par Bouygues Travaux Publics. . Le projet est actuellement en cours de construction avec des flotteurs BW Ideol en acier à Port-la-Nouvelle (Aude) ; au large de Groix et Belle-Ile, en Bretagne, le consortium Eolfi (ex-filiale de Veolia, rachetée par le groupe BP en 2019Eoliennes : Shell abandonne son projet au large de Belle-Ile, Les Échos, 15 novembre 2022.) -CGN Europe Energy, développe un projet de quatre éoliennes Alstom/General Electric de chacune équipées de fondations flottantes Naval Energies et Vinci Construction France ; ce projet est abandonné en novembre 2022 à la suite des retraits du turbinier General Electric et du fabricant de flotteurs Naval Group ainsi que de la hausse des coûts généralisée et de la crise de l'énergie ; au large du phare de Faraman (Bouches-du-Rhône), EDF Energies Nouvelles développe le projet Provence Grand Large de 3 éoliennes SIEMENS GAMESA d'une puissance unitaire de 8 MW et équipé de fondations flottantes conçues par SBM Offshore en partenariat avec IFP Energies Nouvelles. Les éoliennes sont installées en mer depuis 2023 mais le projet n’est pas encore opérationnel ;