Lanouée est une ancienne commune française située dans le département du Morbihan, en région Bretagne, devenue, le , une commune déléguée de la commune nouvelle de Forges de Lanouée.

Géographie Situation

La commune est située au nord du Morbihan, à la limite des Côtes-d'Armor, au cœur du Centre-Est Bretagne. Elle fait partie du canton de Josselin et de l'arrondissement de Pontivy. Elle est bordée, au nord, par la forêt de Lanouée, forêt de et deuxième plus grand massif forestier de Bretagne. Malgré son nom, la forêt n'était située que marginalement sur le territoire de la commune, sa plus grande superficie se trouvant sur le territoire de la commune voisine des Forges, commune issue d'une scission de celle de Lanouée. Au sud, Lanouée est bordée par la rivière de l'Oust, qui est canalisée sur une bonne partie de son cours, constituant une section du canal de Nantes à Brest.

D’une superficie totale de , Lanouée s’étend sur une longueur de de l’est à l’ouest et d'environ du nord au sud.

La forêt de Lanouée était principalement située dans la commune des Forges pendant l'existence de celle-ci.

Relief et hydrographie

L'ancienne commune de Lanouée est limitée au sud par l'Oust canalisé (Canal de Nantes à Brest).

Transports Le Canal de Nantes à Brest, qui emprunte le cours de l'Oust, longe la limite sud de l'ancienne commune de Lanouée.

Paysages et habitat Le paysage agraire traditionnel est le bocage avec un habitat dispersé en écarts formés de hameaux (dénommés traditionnellement "villages") et fermes isolées.

Toponymie Le nom de la localité est mentionné sous les formes in plebe nuncupante lanoes en 820 ; Lanoes plebs en l'an 830Dans le cartulaire de l'abbaye de Redon, . ; Lannois en 1082, Lannoez en 1239..

Le nom de la localité procède probablement d'une évolution romane du gaulois nauda , toponyme que l'on rencontre régulièrement dans le domaine d'oïl sous la forme noë.

La forme bretonne normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne est Lannoez.

Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 31,6 % des toponymes de l'ancienne commune sont bretons.

Histoire

Préhistoire

Un tumulus se trouve dans un bois voisin de l'ancien manoir de Quelneuf ; il a été fouillé vers 1840 et on y'avait trouvé des fragments de vases en terre..

Un oppidum de forme circulaire et de de diamètre se trouve sur la rive gauche du Lié près du hameau de Bodiné [Bodinais]..

Antiquité

La voie romaine allant de Darioritum (Vannes) à Corseul traversait l'Oust à Pomeleuc, remontait le coteau entre la Ville-Aubrée [Ville-au-Bray] et Vault-Bonne [Le Vauborne], passait à la pointe sud de la forêt de Lanouée, puis suivait la limite entre Lanouée et Plumieux ; elle était nommée traditionnellement à cet endroit le chemin Ahès ou à Margot (dans un titre datant de 1549 de la terre de Cambout, elle est nommée Grand Fossé-Ahès..

Deux anciens camps romains se trouvent dans la forêt de Lanouée, à proximité de cette voie romaine, l'un au sud du hameau du Pas-aux-Biches, l'autre au nord du hameau de Bocneuf la Forêt.

Moyen Âge

La paroisse de Lanouée remonte à 820 ; le patronage de saint Pierre confirme son ancienneté.. Jean-Baptiste Ogée écrit que la paroisse aurait été fondée en 1125 par le vicomte Alain Ier de Rohan qui aurait donné une terre de son fief pour y construire une église, un bourg et des maisons pour y loger des moines et aurait ordonné que tous ceux qui viendraient habiter dans ce bourg fissent moudre leurs grains et cuire au four appartenant au prieuré (banalités), lequel fut par la suite sécularisé et transformé en cure.. Mais, selon Joseph-Marie Le Mené, Ogée commet une double erreur : de date (Lanouée existait déjà en 820) et de fief (Lanouée dépendait du Porhoët et non du fief de Rohan)..

Lanouée était à la tête d'un doyenné dépendant de l'archidiaconé du Porhoët, qui lui-même dépendait de l'évêché de Saint-Malo..

En 1410 Lanouée comptait les maisons nobles suivantes : Brentoil (à Éon de Coaydeven) ; les Aulnais (à Jean Penguili) ; ; le Camper (à Guillaume Thomelin) ; la Ville-Caro (à Geoffroy du Chandouvey) ; Quelenneuc (à Jean Guitté) : cette terre avait moyenne et basse justice (elle appartenait en 1778 à M. du Tiercent) ; Trebren (à Olivier Lequel) ; la Tertré avec moyenne et basse justice (appartenant en 1778 à M. de Roscanvec) et Garniguel avec moyenne et basse justice (appartenant en 1778 à M. du Lys). La terre et seigneurie de Trevran dépendait elle aussi du comté de Porhoët..

Pomeleuc fut le siège d'une commanderie de l'Ordre de Malte ; sa chapelle a longtemps servi d'église paroissiale à Pomeleuc.

Temps modernes

Lors de la conspiration de Pontcallec un rendez-vous fut donné en 1719 aux conjurés en forêt de Lanouée au carrefour du Pas-aux-Biches, bien connu des chasseurs, dans le but de marcher sur Rennes et d'enlever le maréchal de Montesquiou, alors gouverneur de Bretagne ; « pour réussir ce coup d'audace, il fallait être en force. On devait réunir conjurés à Lanouée... Il en vint quinze ! »..

Les Forges de Lanouée sont mises en service en 1762 par Louis-Marie-Bretagne de Rohan-Chabot, duc de Rohan.

thumb|Carte de Cassini de la paroisse et de la forêt de Lanouée (1789). Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Lanouée en 1778 :

Révolution française Lanouée en 1789-1790 « La paroisse contient , dans ce nombre, il y a ne payant pas de taxes, 28 vieillards hors d’état de travailler, 36 infirmes, au-dessous de , qui ont besoin d’assistance et par ailleurs 200 vagabonds et mendiants qui se trouvent dans cette situation, quelques-uns par défaut de travail, d’autres y ont été amenés par l’ivrognerie ou la chicane, ne paient que pour une ou deux journées de travail, de sorte que les impôts retombent sur ce qui reste »Archives municipales de Lanouée.

Lanouée est désigné comme chef-lieu de canton en 1790 et le reste jusqu'en 1801, date à laquelle la commune est incorporée dans le canton de Josselin.

Un prêtre de Lanouée victime de la Terreur Pierre Le VergerPierre Le Verger, né le au bourg de Lanouée., chapelain de la chapelle des Forges depuis 1780, suppléa au début de la Révolution le recteur de Lanouée et son vicaire, prêtres réfractaires partis en exil à Jersey, et fut même officier municipal de Lanouée jusqu'au , mais, refusant à son tour de prêter serment à la Constitution civile du clergé, devint lui aussi prêtre réfractaire, mena une vie semi-clandestine à Bréhand pendant la Terreur, fut finalement arrêté :e , condamné à mort et guillotiné à Vannes le et ..

Le L'insurrection légitimiste de 1832 Le le journal Le Mémorial bordelais écrit que la bande de la Houssaie est forte de et qu'elle a déjà désarmé deux brigades de gendarmerie. Elle infeste la forêt de Lanouée..

Lors de l'insurrection légitimiste de 1832, cinquante chouans mirent en déroute une colonne du 43e régiment d'infanterie en forêt de Lanouée. Leur chef, Jean-Marie Caro, né le à Lanouée, scieur de long à Lanouée, fut condamné à mort le pour « avoir fait partie de bandes armées contre l'autorité royale ». Il fut guillotiné le à RennesJoseph Chardonnet, "Rennes et la Haute-Bretagne", éditions France-Empire, 1980 ; il était alors âgé de "Détails sur la Vendée. Exécution des deux chefs des chouans, Caro et Guérineau", consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5551249t/f2.image. Le Journal des débats politiques et littéraires du écrit que « la semaine dernière, quelques drapeaux blancsDrapeau symbole des légitimistes partisans de l'ex-roi Charles X renversé en 1830. ont été arborés en différents endroit de la commune de Lanouée »..

Lanouée en 1843

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée décrivent ainsi Lanouée en 1843 :

La même année 1843 la nomination de Nicolas Marie Bonnet comme maire (il était depuis 1840 et l'avait déjà été précédemment entre 1828 et 1830) fut contestée au motif qu'il n'aurait pas payé suffidamment d'impôts dans la commune, étant seulement, comme régisseur des Forges de Lanouée, occupant à titre gratuit la maison appartenant à M. de JanzéLouis Frédéric de Janzé, dit le Vicomte, né en à Paris, décédé le à Paris., propriétaire des Forges et ne satisfaisant donc pas aux règles du suffrage censitaire, mais il resta maire.

Lanouée dans la seconde moitié du

En 1851 le conseil municipal de Lanouée obtient le changement de date des deux foires existantes (celle de Saint-Hubert passe du au dernier mercredi de mai, et celle de Saint-André du au deuxième mercredi d'octobre), mais le conseil général refuse la création d'une foire supplémentaire à Pomeleuc en raison des très nombreuses foires déjà existantes à peu de distance de Lanouée.

Le le docteur Goupil, médecin des épidémies de l'arrondissement de Ploërmel, se rendit dans le village du Tertre en Lanouée où il constata une épidémie de fièvre typhoïde chez la famille Bonte, qui frappa et fit ; il attribuant cette épidémie à une mare infecte, à demi desséchée, située en bas du village.. En 1867 une épidémie de variole frappe et fit à Lanouée. .

En 1874 « 479 habitants des communes de Saint-Jean-Brévelay, de Lanouée et de Guillac demandent le rétablissement de la monarchie et la proclamation du roi légitime Henri V »..

La vaste commune de Lanouée avait une superficie de hectares et était la deuxième plus vaste de Bretagne ; elle est scindée en deux par la loi du (la première demande de scission date de 1881.) avec la création de la commune des Forges. Vincent Audren de Kerdrel, alors sénateur, s'opposa en vain lors de la discussion du projet de loi, à cette scission, arguant notamment que la commune de Lanouée, certes vaste, a une forme très arrondie et que le bourg est juste placé au centre de la commune, que la commune de Lanouée, dans ses nouvelles limites, n'aurait plus que habitants, alors que la nouvelle commune créée des Forges, serait beaucoup grande ( ha), car c'est elle qui posséderait la majeure partie de la forêt de Lanouée, mais moins peuplée () et que son chef-lieu serait très excentré à l'extrémité ouest de son territoire et que certains de ses hameaux, situés à l'extrémité nord de la future commune seraient éloignés de 11 à du nouveau chef-lieu alors qu'ils ne le sont que de 7 à du bourg de Lanouée. Il ajoute qu'Aimé Jéglot, ancien maire de Lanouée, régisseur du propriétaire des Forges de Lanouée, est à l'origine de cette demande de scission, qu'il sera à l'évidence le maire de la nouvelle commune des Forges si celle-ci est créée, et qu'« au-dessus de lui planera l'autorité un peu d'un roi fainéant peut-être, mais enfin l'autorité du chef seigneur ou du suzerain. On dit que ce très grand propriétaire [Louis Frédéric de Janzé] fait présent à la commune d'un presbytère, d'une église, d'une école, d'un cimetière ... que sais-je? », mais ce « propriétaire possédera presque tout sur son sol (plus des huit dixièmes de la commune) ; il aura sous sa dépendance comme bûcherons, comme charbonniers, comme forgerons, comme charretiers, à peu près tous les habitants de la commune », mais le projet de loi fut quand même adopté. Les partisans de la création de la commune des Forges arguent notamment que dans la composition du Conseil municipal de Lanouée en 1883, sur ses , un seul appartient à la section des Forges..