Cet article présente les aspects liés aux supporters du FC Nantes.

Affluences et abonnements

Des débuts difficiles (1943-1964) La faiblesse des affluences est très longtemps la preuve que les Canaris peinent à passionner le public local : les records d'affluence du stade de Malakoff sont généralement battus à l'occasion d'autres événements, comme des rencontres de coupe de France, en tant que terrain neutre (Sedan-Saint-Étienne le , Minier 2007, p. 56) ; des matches de l'équipe de France ( contre l'Islande le , 8-0Minier 2007, p. 87) ; ou le match des champions entre Reims et Monaco (6-2), le 1960 (). Les exceptions sont les records établis lors du match de la montée en première division, le (), et l'année suivante pour le premier titre, le (Minier 2007, p. 82).

De fait, la moyenne saisonnière de spectateurs en championnat ne dépasse les par match qu'après l'accession en première division, pendant la saison 1963-1964, et ne dépasse les qu'à sept reprises avant le déménagement à la Beaujoire en 1984, malgré une capacité de .. En comparant aux autres stades français, il faut cependant remarquer que le FCN est alors presque chaque année dans le trio de tête des fréquentations du championnat, derrière Marseille et alternativement derrière ou devant Saint-ÉtienneGarnier, p. 252.

Une attraction grandissante (depuis les années 1990) Malgré l'arrivée au stade de la Beaujoire, d'une capacité initiale de plus de , les affluences moyennes restent très basses et avoisinent même de nouveau les par match au début des années 1990. Elles remontent à la faveur de meilleurs résultats, et en raison de l'augmentation constante de la fréquentation des stades en France à partir de la fin des années 1990« Le déferlement de violence finira par nuire à l'économie du football », lefigaro.fr, 15 octobre 2007. Depuis 2000 l'affluence moyenne dépasse ainsi les par match, hormis en 2007-2008 en raison de la relégation. La moyenne demeure à par match en Ligue 2, soit le double de la deuxième affluence (Le Havre)Affluences L2 2007-2008 sur lfp.fr, ce qui aurait constitué la huitième affluence de Ligue 1Affluences L1 2007-2008 sur lfp.fr. Ce chiffre constitue la troisième affluence saisonnière de l'histoire de la deuxième division française, derrière Saint-Étienne en 1998-1999 et Lens en 2008-2009 (RC Lens : )... En revanche, l'affluence moyenne tombe à pour la saison 2008-2009, contre en 2006-2007, indiquant une désaffection profonde du public à l'occasion d'une deuxième relégation en deux ans.

Le chiffre des abonnés a augmenté proportionnellement à l'affluence moyenne, parti de quatre à cinq mille au début des années 1990Le stade de la Beaujoire en chiffres sur fcna.fr, et s'établissant ces dernières années à environ par saison« La campagne d'abonnement 2007-08 est lancée », Ouest-France du 29 mai 2007, après un pic de après le dernier titre, en 2001-2002.. Le chiffre s'est maintenu à en Ligue 2, en 2007-2008« Objectif 20 000 abonnés - Loire Atlantique », Ouest-France, 4 juin 2008.

Tableau des affluences Affluences du FC Nantes depuis la saison 1943-1944.

Ambiance

Un public exigeant Le public nantais, au stade Marcel-Saupin comme au stade de la Beaujoire, est réputé pour son caractère parfois difficile envers ses propres joueurs, mais aussi pour sa chaude ambiance, comme on pouvait le constater dans les années 1970 alors que le FC Nantes connaissait l'une de ses plus belles périodes de domination sportive :

Le public nantais se fait cependant régulièrement remarquer pour ses sifflets envers ses propres joueurs, et ce même dans les saisons de succès : le public ne pardonne à son équipe aucune faiblesse ni facilitéPar exemple contre Sochaux en 1965-1966, alors que le titre est déjà acquis. Miroir Sprint , 16 mai 1966, p. 11. Cette attitude touche notamment certains boucs émissaires, souvent injustement visés : Jean-Claude Suaudeau à la fin de sa carrière, en tant que capitaine, et jugé vieillissant ; Henri Michel en ses débuts, au talent évident mais auquel on reproche son Omar Sahnoun est quant à lui longtemps conspué pour des raisons comparables, un talent vu comme trop facile, mais aussi par pur racisme envers ce fils de harkiVerret 1981, p. 135 ; son apport à l'équipe, notamment pour le titre de 1977, finit par retourner le public en sa faveur. Plus récemment, les joueurs victimes de tels comportements sont notamment Hassan Ahamada, auquel il a été reproché d'être le gendre de l'entraîneur de l'époque Loïc Amisse« "Je me suis laissé aller", Football365.fr, 2006, comme Wilfried Dalmat, en tant que frère de l'ex-marseillais et parisien Stéphane Dalmat, ou comme les recrues Christian Wilhelmsson, Fabien Barthez ou Ivan Klasnic très vite pris à partie pour leurs résultats jugés trop faibles.

Un comportement qui répond également à une exigence : Une attitude qui a pour contrepartie le manque de soutien regretté lorsque l'équipe en a besoin.

Les matches à haut enjeu sont cependant souvent d'une très forte intensité, comme lors des matches décisifs pour les titres (envahissements de pelouse après le coup de sifflet final en 1965, 1973, 1995, 2001) ou contre la relégation (déplacement de 2 000 supporters au Havre en 2000, envahissement de pelouse après coup de sifflet en 2005), ou les rencontres de coupe d'Europe (contre Arsenal en 1999, ou Manchester United en 2002), ou la montée en ligue 1 (Sedan en 2013). À l'inverse le championnat de 1980, par exemple, est remporté dans une ambiance mitigée après le match du titre, le (Nantes-Laval, 4-1)Minier 2007, p. 79.

Tensions et désaffection du fait des mauvais résultats Depuis que le club connaît des heures difficiles, l'ambiance est devenue parfois tendue au stade, avec des chants et des banderoles insultants pour les dirigeants du club, et des actes de violence et de dégradation. Ces tensions se manifestent plus particulièrement lorsque le FC Nantes flirte avec la descente en 2005« Violences - 5 supporters nantais condamnés », lequipe.fr, 8 décembre 2006, puis à l'occasion de la relégation de 2007« Pelouse envahie à Nantes », lequipe.fr, 19 mai 2007, et à l'occasion de la seconde relégation en 2009. Les supporters manifestent leur colère régulièrement au centre d'entraînement, où des débordements sont notés« Tags vengeurs à la Jonelière », lequipe.fr, 28 septembre 2008« Les supporters manifestent », lequipe.fr, 9 mai 2009. En 2009, lors de la dernière rencontre, face à Auxerre (2-1), ces problèmes se révèlent particulièrement avec une grève d'un quart d'heure de la Brigade LoireÉtienne Kiss, « Bal tragi-comique », Presse Océan, 31 mai 2009, des jets de tracts et de cartes d'abonnements. et des actes de saccage, pour un bilan de sept interpellationsAnne-Hélène Dorison (avec P.-M.H et J.-P.L), « Les supporters crient leur colère », Presse-Océan, 31 mai 2009.

Surtout, le stade connaît une chute d'affluence. Alors que l'on notait déjà des affluences plus faibles pour certains matches depuis plusieurs années, le nombre de spectateurs descendant par exemple à pour celle de Strasbourg en 2005 ou pour la venue de Valenciennes en 2007, l'affluence moyenne tombe à pour la saison 2008-2009, contre en 2006-2007. Afin de montrer sa désaffection, la Brigade Loire entame au printemps 2009 une campagne de désabonnement, affirmant .

Le 17 mai 2026, lors du dernier match de la saison 2025-2026, où le club descend, contre Toulouse, les supporters envahissent le terrain à la 22ème minute. Le match est interrompu sur le score de 0-0.

Réveil du public nantais L'ambiance du stade nantais prend une nouvelle dimension lors de la saison 2013/2014 grâce à un renouveau générationnel important du public, et notamment de celui de la tribune Loire (le kop du stade). Le kop nantais, dans lequel les ultras de la Brigade Loire sont situés, est beaucoup plus actif vocalement et visuellement que par le passé, et se montre d'un soutien sans faille à l'équipe, quel que soit le résultat. Un certain nombre d'observateurs décrivent même cette année-là l'ambiance de la Beaujoire comme l'une des meilleures de France, si ce n'est la meilleure.. Le reste du stade est également plus actif, et suit par instant les animations lancées par le kop (chose inédite à Nantes). Le virage opposé, la tribune Erdre, est moins actif que le kop du stade, mais connait lui aussi un renouveau. Il reprend plusieurs fois par match les chants du kop, et manifeste davantage son soutien à l'équipe.

Cette ferveur en tribune Loire se poursuit la saison suivante, en dépit de résultats moyens et d'un jeu médiocre. Elle est la seule tribune à se remplir quasiment à chaque match (15 guichets fermés sur 19 rencontres).

La troisième et ultime saison de l'ère Der Zakarian confirme la tendance. La Tribune Loire est la tribune la plus attractive du stade, et demeure l'une des plus belles de France. Le point culminant sera atteint lors du match face à Marseille le , à l'occasion des 30 ans de supportérisme actif en Tribune Loire. Une série de tifos sont déployés à l'entrée des joueurs, et un craquage massif de torches a lieu à la mi-temps.

Cependant, le jeu peu spectaculaire du FC Nantes, et son incapacité chronique à marquer des buts ( attaque) engendre un léger déclin de l'ambiance au fil de la saison.

L'affluence du stade est, quant à elle, en baisse constante depuis 2013. 28 169 en 2013/2014, 25 985 en 2014/2015, et enfin 25 226 en 2015/2016. Dans le même temps, les prix des places à la Beaujoire suivent une trajectoire opposée, alors que le spectacle reste relativement pauvre sur le terrain. Le club n'enregistre aucun match à guichet fermé lors de la saison 2015/2016. La meilleure affluence est lors du derby face à Angers (32 611) le .

Depuis la crise du covid, la moyenne reste constante avec à peu près 30 000 supporteurs en moyennes.

Groupes de supporters Origines Comme beaucoup de clubs de football professionnel, le FC Nantes dispose de groupes de supporters, la plupart organisés sous forme associative. En 1946 est fondé « Allez Nantes », qui demeure longtemps le seul club de supporters, proche de la directionGarnier, p. 255-256. « Les Canaris » est fondé en 1972 et se structure par sections parrainées par les joueurs, dans les quartiers de la ville et dans les localités voisines. Les deux clubs fusionnent en 1976 sous le nom « Allez Nantes Canaris ».. Cette structure, qui soutient l'équipe depuis le virage Erdre, demeure proche de la direction du FCN et fournit notamment ses stadiersStadiers sur Allez Nantes Canaris. ANC revendique 500 adhérentsAllez Nantes Canaris sur fcnantes.com., et côtoie les « Canaris Sud 44 » (120 adhérents)Canaris Sud 44 sur fcnantes.com. et « Allez Nantes Nord 44 » (150 adhérents)Allez Nantes Nord 44 sur fcnantes.com..

Le Club des Supporters Parisiens du Football Club de Nantes (CSPFCN), créé en est le premier club de supporters du FC Nantes sur Paris et un des plus anciens au niveau national. Ce groupe qui va encourager le FC Nantes à La Beaujoire, mais également pour certains matches à l'extérieur, a la particularité d'avoir également une activité sportive avec son équipe de football qui dispute depuis plus de 30 ans le Championnat des Supporters organisé par la Ligue Parisienne d'Ile de France de Football (LPIFF). Il entretient des rapports cordiaux avec le Président Waldemar Kita qu'il soutient dans son action et sa politique.

Déménagement à La Beaujoire L'arrivée à la Beaujoire en 1984, dans un stade souvent à moitié vide, est difficile sur le plan de l'ambiance. La tribune Loire devient la tribune des plus fervents supporters à partir de 1985, quand est fondé la « Loire Side ». Celle-ci est dissoute en 1990 pour violences alors que les chiffres d'affluence baissent considérablement. Dans les années 1990, la tribune Loire est animée par les « Young Boys », mais aussi des groupes plus violents comme les « Yellow Power » et surtout les « Urban Service » qui se réclament du mouvement hooliganVoir infra. Ces mouvements disparaissent après quelques années.