Mahaut d'Artois, ou parfois Mathilde d'Artois, née vers 1269-1270 à Paris et morte le , est une princesse de la maison capétienne d'Artois, comtesse d'Artois et pair de France, comtesse de Bourgogne par son mariage avec le comte , et belle-mère des rois et par les mariages de ses deux filles.

Elle est surtout connue du grand public pour son rôle dans la suite romanesque Les Rois maudits de Maurice Druon.

Biographie Mahaut est la fille du comte et de sa première épouse Amicie de Courtenay. Sa date de naissance exacte est inconnue, les historiens la situant, à titre hypothétique, aux environs de 1269 ; . ou 1270..

Mariage avec le comte En 1285., elle est mariée au comte de la maison d'Ivrée. Le couple a cinq enfants : Jeanne de Bourgogne (v. 1291-1330), reine de France, épouse de ; Robert (v. 1291-v. 1295) ; Jean (v. 1295-v. 1302) ; Blanche de Bourgogne (1296-1326), première épouse de ; Robert dit l'Enfant (v. 1300-1315).

Héritière du comté d'Artois Le , son père meurt à la bataille de Courtrai, contre les Flamands du comté de Flandre, bataille qu'il mène pour le compte de son suzerain, le roi . Elle lui succède comme comtesse d'Artois en écartant son neveu , alors âgé de 15/16 ans, fils de son frère cadet Philippe d'Artois, mort le après une blessure reçue à la bataille de Furnes contre le comté de Flandre. En effet, les lois de succession du comté d'Artois donnaient priorité, quel que soit leur sexe, aux enfants du comte décédé, au détriment des éventuels petits-enfantsJean Favier, La guerre de Cent Ans, Fayard, 1980, p. 42..

Régente du comté de Bourgogne En 1303, son mari le comte meurt à son tour des blessures reçues à la bataille de Courtrai contre les Flamands. Elle devient veuve et sa fille Jeanne, âgée de 12 ans, succède à son père sous la régence de sa mère.

Mariage de ses filles Conformément aux dispositions du traité d'Évreux signé le par et son mari , et confirmées par le traité de Vincennes en 1295, elle marie ses deux filles aux deux fils puînés du roi de France : l'aînée, Jeanne, épouse en 1307 Philippe, second fils du roi, alors que la cadette, Blanche, est mariée l'année suivante au troisième fils du roi, Charles.

Le roi , son beau-fils, lui cède une de ses propriétés, le domaine du château de Conflans, ensuite connu sous le nom de « séjour de Bourgogne »..

En 1309, son neveu lui fait un premier procès, qu'il perd, devant la cour des pairs du roi de France pour essayer de récupérer son héritage du comté d'Artois.

En 1314, les filles de Mahaut sont compromises dans une affaire d'adultère dans laquelle les trois brus du roi sont impliquées, le scandale de la tour de Nesle. Blanche est reconnue coupable d'adultère avec Gauthier d'Aunay et est enfermée à Château-Gaillard. Jeanne, accusée de complicité dans l'adultère de ses belles-sœurs, est enfermée au château de Dourdan. Par la suite reconnue innocente par le parlement de Paris, elle est libérée entre le 24 et le et retrouve sa place auprès de son époux à la cour de France : ..

En 1316, organise une insurrection du comté d'Artois contre Mahaut, qui fait face.

Sa fille Jeanne devient reine de France vignette| jugeant de la dispute entre Mahaut d'Artois et son neveu Robert d'Artois le 6 août 1332. À la mort de (fils aîné de ) et de , son seul héritier, âgé de 5 jours, et son épouse Jeanne sont sacrés roi et reine de France à la cathédrale Notre-Dame de Reims en .

intente un second procès à Mahaut en 1318 devant la cour des pairs du roi de France pour récupérer le comté d'Artois, qu'il considère comme son héritage légal. Il est débouté. Lors d'un nouveau procès intenté dix ans plus tard, la mise en évidence du faux fourni par Jeanne de Divion fait perdre à Robert son procès. Jeanne de Divion est condamnée au bûcher, et Robert dépossédé de tous ses biens et banni en 1332.

Sa fille Blanche devient reine de France meurt de dysenterie et de fièvre le à Longchamp, près de Paris, sans héritier mâle. Son frère lui succède et est sacré roi de France à Reims le . Blanche, fille de Mahaut, devient reine de France tout en étant en prison pour adultère, et son mariage est annulé le par le pape . Elle finit sa vie dans l'abbaye de Maubuisson près de Pontoise, où elle meurt en .

Le , , dernier des trois fils de , meurt sans héritier mâle à Vincennes, ce qui marque la fin de la dynastie des Capétiens directs et pose un problème de succession au royaume de France, résolu par l'assemblée des barons qui désignent (neveu de ) comme successeur de .

Mort Le , Mahaut d'Artois tombe subitement malade ; son médecin accourt mais les saignées et remèdes divers ne peuvent rien, la comtesse meurt le Christelle Balouzat-Loubet, Le gouvernement de la comtesse Mahaut en Artois (1302-1329), Turnhout, Brepols, 2014, p. 342 et 418. à Paris.

Son corps est inhumé à l'abbaye de Maubuisson, aux pieds de son père, tandis que son cœur est porté à l'église des Cordeliers de Paris dans la tombe de son fils.

Sa fille aînée, Jeanne, lui succède dans le comté d'Artois.

, son neveu s'enfuit et se réfugie en Angleterre, où il soutient les prétentions du roi à la couronne de France, d'où découlera la guerre de Cent Ans.

Ascendance

Mahaut d'Artois dans la fiction : Les Rois maudits Mahaut d'Artois est l'un des protagonistes de la série romanesque Les Rois maudits (1955-1977) de Maurice Druon, apparaissant dans six des sept tomes.

L’œuvre de Druon a fait l'objet de deux adaptations télévisées. Dans la première, réalisée en 1972 par Claude Barma, le rôle de Mahaut est campé par Hélène Duc, consulté le 2 décembre 2017.. Dans la seconde adaptation, réalisée par Josée Dayan en 2005, c'est Jeanne Moreau qui prête ses traits au personnage de la comtesse d'Artois, page consultée le 2 décembre 2017..

Impopulaire en raison de son autoritarisme, certains de ses ennemis l'ont accusée de la mort des rois et . Ces accusations, vraies ou fausses, sont reprises par l'écrivain Maurice Druon dans son œuvre littéraire Les Rois maudits.

Dans la série de romans de Druon et les deux adaptations télévisées, Mahaut d'Artois est décrite comme une conspiratrice et une calculatrice, prête à tout pour conserver l'Artois. Elle spolie son neveu du comté, puis tente de faire de ses deux filles des reines de France en les mariant avec les héritiers du roi Philippe le Bel, et en jouant de poisons et diverses intrigues pour aider ses gendres à accéder au trône. Robert, pour se venger de sa tante qu'il nomme « Mahaut la truie », intrigue dans le sens contraire. Le conflit entre Mahaut et Robert pour le pouvoir contribue à la fin de la dynastie capétienne directe, ce qui provoque la revendication du trône de France par le roi , fils d'Isabelle de France, la seule fille survivante de Philippe le Bel, et mène à la guerre de Cent Ans.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Ouvrages .

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Articles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Marie-Hélène Lavallée, « À propos du gisant de Jean de Bourgogne : archives et matériau », Marbres en Franche-Comté : actes des journées d'études, Besançon, 10-, Besançon, Association pour la promotion et le développement de l'inventaire comtois, 2003, p. 80-84. . . .

Liens externes

. . Christelle Loubet (éd.), Itinéraire de Mahaut d’Artois. Les lieux de séjour de la comtesse d’après les comptes de son hôtel (1309-1328) [base de données], Paris, sur Cour de France.fr, 2017. Interview de Christelle Balouzat-Loubet pour l'émission Fréquence médiévale.

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