Gladzor ou Glajor (en arménien ) est un monastère arménien situé dans le marz de Vayots Dzor, en Arménie. Aux , ce monastère est un centre universitaire et de production de manuscrits enluminés de premier plan en Arménie zakaride.
Histoire
Fondé sous les auspices des princes Prochian et placé sous leur patronage, le monastère est un haut-lieu de la culture de l'Arménie zakaride au . : son université (hamalsaran) est déjà florissante dans les années 1260 selon Vardan Areveltsi et atteint son apogée sous ses deux célèbres vardapet, Nersès de Mouch (de 1280 à 1284) et Yesayi de Nitch (de 1284 à 1338Annie Vernay-Nouri, Livres d'Arménie — Collections de la Bibliothèque nationale de France, Bibliothèque nationale de France, Paris, 2007 , 62.) Thomas F. Mathews et Alice Taylor, The Armenian Gospels of Gladzor: The Life of Christ Illuminated, Getty Publications, 2001 , 28., entourés de plusieurs rabounapet (« chefs de docteurs »).. Elle va jusqu'à compter plus de 300 élèves certaines années (dont certains viennent de Cilicie), et est qualifiée de « seconde Athènes » par les contemporains ; cette université « presque contemporaine d'un des centres principaux de la pensée européenne, l'université de Paris, pouvait rivaliser avec cette dernière autant sur le plan de la formation culturelle que par la richesse de sa bibliothèque et la diversité des matières enseignées » Lévon Khatchikian, Научные труды Ереванского Государственного Университета (L'université de Gladzor et les discours de fin d'études), Travaux scientifiques de l'université d'Érevan, t. 23, 1946.. Le monastère, fief de la lutte contre l'influence de l'Église catholiqueClaude Mutafian (dir.), Arménie, la magie de l'écrit, Somogy, Paris, 2007 , 77., axe une grande partie de ses cours sur l'exégèse biblique.
Après la mort de Yésayi, l'université est déplacée à Tatev. Quant au monastère, il ne survit pas à la période mongole Thomas F. Mathews et Alice Taylor, op. cit., 27. ; son emplacement exact reste inconnuJannic Durand, Ioanna Rapti et Dorota Giovannoni (dir.), Armenia sacra — Mémoire chrétienne des Arméniens (), Somogy / Musée du Louvre, Paris, 2007 , 467.. L'identification à Tanahat est à cet égard parfois retenuePatrick Donabédian et Jean-Michel Thierry, Les arts arméniens, Éditions Mazenod, Paris, 1987 , 582..
Production de manuscrits
Gladzor est également connu pour ses manuscrits et ses miniatures : y ont notamment été formés Momik., Toros de Taron. ou Avag. Seuls soixante-neuf des manuscrits qui y ont été réalisés ont été conservésJannic Durand, Ioanna Rapti et Dorota Giovannoni (dir.), op. cit., 334., dont le fameux Évangile de Gladzor (Université de Californie à Los Angeles, Ms. Arm. 1) ; à la différence d'autres centres, la production est essentiellement destinée à l'enseignement dispensé au monastère Thomas F. Mathews et Alice Taylor, op. cit., 29..
Liens externes
Notes et références
Catégorie:Monastère apostolique arménien en Arménie Catégorie:Miniature arménienne