Le mandan (autonyme: ) est une langue amérindienne de la famille des langues siouanes.

Le mandan était parlé dans la réserve indienne de Fort Berthold, aux États-Unis, dans le Dakota du Nord, dans laquelle les Mandans vivent avec les nations Hidatsa et Arikara. En 1997, Mauricio Mixco estimait le nombre de locuteurs de langue maternelle à moins de 10 personnes plus quelques semi-locuteurs. La langue s'est éteinte avec la mort de son dernier locuteur, Edwin Benson, à l'âge de 85 ans..

Variétés Nous savons peu de choses des dialectes parlés avant l'époque du contact avec les Américains. La destruction de la tribu en 1837, les mariages inter-ethniques avec leurs alliés hidatsas et arikaras et la construction d'un barrage à Fort Berthold en 1951, ont abouti au déclin de la langue et à la disparition des variétés dialectales.

Les seuls témoignages que nous avons sont ceux de voyageurs au . En 1834, le prince Maximilien de Wied-Neuwied relève un vocabulaire du dialecte ruptare à Fort Clark, dans le Dakota du NordRichard T. Carter.

Phonologie Consonnes

BilabialeDentalePalataleVélaireGlottaleOcclusive p t k ʾ Fricative s š x h Affriquée č Liquide r Nasale w

Grammaire La grammaire du mandan est, comme celle des autres langues siouanes, complexe en ce que ces langues sont des langues agglutinantes, c'est-à-dire qu'elle peuvent facilement résumer une phrase entière d'un exemple en français en un seul mot, grâce à un système d'ajout de particules enclitiques.

Articles Le mandan ne possède pas à proprement parler d'articles indéfinis. Ptį́į húuro'sh.Un bison vient.

L'article défini, quant à lui, se forme avec la particule -s ajoutée à la fin du groupe nominal. Ptį́įs húuro'sh.Le bison vient.

Si le nom est qualifié par un adjectif, alors la particule définitive -s s'ajoutera à l'adjectif qui est toujours placé après le nom qu'il qualifie. Ptį́į xí'hs húuro'sh.Le vieux bison vient.

Démonstratifs Le mandan, langue d'un peuple semi-nomade, fait la distinction entre plusieurs distances démonstratives en fonction de l'éloignement de l'objet par rapport au sujet qui parle. Ainsi le mandan distingue-t-il quatre distances, là où le français n'en distingue que deux : -re pour les objets situés à proximité du sujet ; -roo pour les objets situés à proximité du locuteur et de l'interlocuteur ; -oo, le déterminant « médial », pour les objets situés à petite distance du sujet ; -ee, le déterminant « distal », pour les objets éloignés du sujet.

Pour former des pronoms démonstratifs, le mandan s'appuie sur le pronom ą́’t auquel peuvent s'ajouter les particules sus-mentionnées pour plus de précision. ą́’teroo : ą́’t + -e- + démonstratif = celui-ci

Expression de la condition La condition s'exprime en mandan à l'aide de la particule -ki. Ptį́įs húuki, rárootkikto’sh.Si le bison vient, tu pourras le frapper.

Expression de la potentialité La potentialité ou le devoir, qui sont rendus en français par le conditionnel ou le futur, s'expriment en mandan à l'aide de la particule -kt, souvent suivie de la particule perfective de l'indicatif -o'sh. En lakota, une particule analogue kte sert à indiquer la potentialité et le futur. Kúhki ní’o’na naróora, namáakekto’sh.Si elle revient, tu es celui qui devras parler.

Expression de l'indicatif Une action à l'indicatif s'exprime en mandan par la terminaison de l'indicatif -o'sh (pour un sujet masculin) ou -o'na (pour un sujet féminin). Si le radical du verbe se termine par une voyelle longue, le dialecte Núu'etaare interpose une consonne de liaison -r entre les deux, tandis que le dialecte Rúuptaare interposait un coup de glotte -'-. Ptį́įs húuro'sh.Le bison venait / est venu.

Préfixe relatif ko- Le mandan construit des propositions subordonnées relatives à l'aide du préfixe relatif ko-.

Emploi du préfixe ko- comme comparatif et comme superlatif Le préfixe ko- sert à former le comparatif en étant ajouté à un adjectif : Minísweeruut koshí hą́ska’sh.Un meilleur chien est un chien grand.

Quoique le comparatif en ko- soit très usité, si l'on doit comparer deux éléments en revanche, le mandan emploira plutôt une tournure périphrastique avec le verbe káhų’h, « excéder » : Taminís maminísweeruuts óhąshka makáhų’ho’sh.‹br›Son cheval est plus grand que mon chien

Particule directionnelle À la préposition à du français correspond en mandan une particule suffixale -taa, parfois réduite en -t.

Particule instrumentale Le complément circonstanciel de moyen se traduit en mandan par une particule suffixale -hąą.

Noms de qualités abstraites Le mandan forme facilement des noms à partir d'adjectifs ou de verbes signifiant une qualité abstraite à l'aide du préfixe ''ó-''. Par exemple : tké («lourd») › ótke («lourdeur») hą́shka («long») › óhąshka («longueur») xté («grand») › óxte («grandeur»)

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

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Articles connexes Linguistique Liste de langues Langues par famille Langues amérindiennes Langues siouanes

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