thumb|Transport d'obus de "crapouillot" dans une tranchée. 1916

L'artillerie de tranchée est une artillerie spécifiquement destinée à atteindre, depuis une tranchée et par un tir courbe, l'intérieur d'une autre tranchée, dont les parois verticales renforcées réduisent l'efficacité des armes d'artilleries plus standards. Ce type d'artillerie devient prépondérante au cours de la Première Guerre mondiale.

Première Guerre mondiale

thumb|Servants allemands chargeant un de 250 mm à tube court. thumb|Wilfred Stokes et son mortier de 3 pouces. thumb| , calibre 7.58 cm, version 1916 d'un mortier de tranchée disposant également de capacité anti-char.

Au début de la guerre, la France s'est davantage préparée à une guerre rapide, de mouvement. L'artillerie française s'est principalement orientée vers le développement de canons de campagne de calibre moyen, et souffre d'insuffisances dans l'artillerie lourde :

L'Allemagne se prépare également à une guerre de mouvement, mais possède une artillerie lourde plus importante, destinée à l'attaque de fortifications. Au cours de la guerre russo-japonaise de 1904, les mortiers japonais s'étaient illustrés, notamment pendant la prise de Port Arthur. Tirant les leçons de ce conflit, l'armée allemande s'est aussi dotée de à tir courbe et à tube rayé (les effectifs sont donnés en date d')L'artillerie dans la Première Guerre mondiale : 44 pièces de (sMW) de calibre . 116 pièces de (mMW) de calibre . (leMW a.A.) de petit calibre de . Cette arme n'est encore qu'un prototype, en .

Après la bataille de la Marne, et la course à la mer, le front s'immobilise, et les armées s'enterrent dans de vastes réseaux de tranchées et de fortins souterrains. Le qui sépare les deux armées est souvent de faible distance, et les tirs tendus se révèlent inefficaces.

L'artillerie de tranchée allemande lui permet alors de réaliser des tirs courbes, envoyant des projectiles au pouvoir explosif élevé encerclés dans une mince enveloppe métallique. Les , capables de projeter des mines de 75,8, 170 ou , équipent des unités spéciales du génie à partir d', et provoquent des dégâts importants dans les tranchées françaises. Des petits lance-bombes de calibres très variés, appelés , sont également retirés des forts où ils étaient montés, pour être envoyés sur la ligne de front.

L'armée française réagit en urgence en restaurant de vieux mortiers à âme lisse construits sous Napoléon III, capables de tirs presque verticaux, mais aussi en bricolant des armes de fortune : arbalètes, balistes, mortiers improvisés, etc. Le physicien André Broca et le général Berthelot imposent l'arbalète d'Imphy, un lance-grenades. Le capitaine Jean-Fernand Cellerier met au point un lance-bombes de à partir du corps d'un obus percé d'une lumière, et fixé sur un socle en bois. Cette arme improvisée est chargée de poudre noire qui sert à propulser un projectile formé d'un tube de fonte obturé par un bouchon en bois. Ce projectile contient Ces deux types d'armes, mortier et mortier improvisé, sont baptisées crapouillots par les poilus, et les bombardements de l'artillerie de tranchée sont surnommés « marmitages ». Tous les projectiles d'artillerie de tranchée sont alors désignés sous le vocable de torpille.

En , l'armée française se dote de canons de . Peu précise, cette arme permet de propulser des bombes à ailettes au fort pouvoir explosif et munies d'une queue enfilée par l'avant du tube du canon. À l'automne, chaque division d'infanterie allemande dispose d'une compagnie de équipée de deux pièces lourdes, quatre pièces moyennes et six légères. Au début de 1916, le nombre de compagnies de double, et des bataillons spéciaux sont formés.

Au cours de la guerre, les calibres ne cessent d'augmenter, comme les calibres de 305, 380 et allemands, qui côtoient leurs autres de calibres de 75,8, 170, 175, 180, 245, 250, . En 1916, un modèle très léger, le ou de , fait également son entrée sur le front côté allemand. À la fin du conflit, l'armée française se dote de calibres de 75, 150 et . Les Anglais se dotent également d'une artillerie de tranchée, dont le fameux mortier . L'armée française s'en dote également, en complément de ses mortiers Jouhandeau-Deslandres de et 150 mm T modèle 1917 Fabry (plus lourd). En 1917, elle commande aussi, (dit parfois canon sans recul) qui étaient des bouches à feu en bronze à âme lisse, de calibres de et , montées sur une plate-forme en bois et munies d’un système de pointage simple permettant un tir sous un angle allant 25° à 75°. Mais seuls quelques centaines d'exemplaires auraient été construits.

Unités L'armée française disposait de quatre régiments d'Artillerie de tranchée, spécialisés : d'artillerie de tranchée d'artillerie de tranchée d'artillerie de tranchée d'artillerie de tranchée

En , un régiment est reformé, le .

Bibliographie Crapouillots, Pierre Waline. . Les canons de la victoire. 8° édition du Manuel d'artillerie lourde., Colonel Alvin, Commandant André - Paris, Charles Lavauzelle & Cie, 1923; in-8, 571 pp. (original, 1917)

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Artillerie Tranchée Mortier

Liens externes Historique du Régiment d'artillerie de tranchée

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