Département décrit comme « riche et conservateur », la Marne a toujours été dominée par la droite, d'abord par les centristes, puis par les gaullistes et finalement par l'UMP.

Histoire politique et rapports de force

République : du radicalisme à la démocratie-chrétienne

Au printemps suivant la Libération, eurent lieu les élections municipales de 1945. C'était alors la première fois que les femmes pouvaient voter. Les élections se tinrent avant le retour des prisonniers et des déportés. Elles virent une forte poussée de la gauche dans les villes marnaises. Ainsi, le Parti communiste arriva largement en tête du premier tour à Reims puis fit élire Michel Sicre maire de la ville. Les communistes prirent également la municipalité d’Épernay. Les socialistes sortirent victorieux des élections à Châlons-sur-Marne. Malgré une débâcle dans les trois principales villes du département, les radicaux conservèrent Vitry-le-François, Sainte-Menehould et Sézanne ainsi que 185 autres mairies. La droite résistait elle aussi dans les campagnes en obtenant environ un quart des maires du département.

C’est cependant les démocrates-chrétiens qui remirent en cause la domination du Parti radical. Ainsi, les élections à l’Assemblée constituante du 21 octobre 1945 se conclurent par l’émergence du MRP. Ils arrivèrent en tête du scrutin avec 42,39 % des voix et obtinrent deux sièges de député pour Pierre Schneiter et René Charpentier. La liste du PCF, conduite par Marcel Prenant, récolta 31,82 % des suffrages ; la tête de liste fut élue avec Alcide Benoît, maire d’Épernay. Lucien Draveny fut le cinquième député marnais, menant la liste socialiste qui remporta 25,79 % des voix. Seules ces trois listes étaient en compétition. Malgré une baisse des trois grands partis face à la multiplication des listes, le renouvellement de l'Assemblée constituante du 2 juin 1946 marqua la réélection des cinq élus sortants. Ainsi, le MRP conserva sa première position, même s’il se retrouva à 34,5 % des voix. Suivirent le Parti communiste à 26,51 % et la SFIO à 18,31 %.

Aux municipales de 1947, les gaullistes du RPF remportèrent les villes de Reims (Albert Réville) et Châlons (Louis Laforest). Vitry et Sainte-Menehould gardèrent leur maire radical et Épernay resta aux mains du PCF jusqu’en 1948, qui vit l’élection du sénateur MRP Roger Menu. En 1949, à la suite du décès d’Albert Réveille, un radical, Roger Jardelle reprend la mairie de Reims. Les élections municipales suivantes furent marquées par une victoire des démocrates-chrétiens qui firent élire René Bride à Reims et Bernard d’Arbouet à Châlons, tout en conservant la mairie d’Épernay.

République Années 2000 2007 En 2007, à l'élection présidentielle, la Marne a placé Nicolas Sarkozy largement en tête du premier tour avec 33,75 % des voix, suivi de loin par Ségolène Royal et François Bayrou avec respectivement 20,72 et 17,79 % des voix. Viennent ensuite Jean-Marie Le Pen avec 13,86 % et Olivier Besancenot avec ses 4,27 %, aucun autre candidat ne dépasse les 3 %. Alors que tous les candidats de la droite totalisaient plus de 50 % des voix au premier tour, le candidat de l’UMP obtient 59,2 % des suffrages au second tour contre 40,8 % à la candidate socialisteRésultats présidentielle - ministère de l‘intérieur. La victoire de Nicolas Sarkozy est presque totale, seules huit communes sur 619, sont remportées par Ségolène Royal. Les principales villes votent elles aussi pour le candidat de la droite : 51,79 % à Reims, 53,83 % à Châlons, 51,34 % à Épernay, 57,46 % à Vitry-le-François.

Lors des législatives qui suivirent, tous les candidats de la majorité présidentielle furent élus ou réélus. Ce fut le cas au premier tour dans les cinquième et sixième circonscriptions, pour Charles de Courson (NC), seul député non-UMP du département, et Philippe-Armand Martin. Catherine Vautrin et Benoist Apparu viennent facilement à bout des candidats socialistes dans les deuxième et quatrième circonscriptions. Dans les deux autres circonscriptions rémoises, Renaud Dutreil et Jean-Claude Thomas sont élus avec environ 53 % des voix, malgré de mauvais report des candidats divers droiteRésultats législatives - ministère de l‘intérieur.

2008 Les élections municipales et cantonales, sont marquées, comme au niveau national, par une poussée de la gauche.

À Reims, les divisions de la droite entre les deux anciens ministres du gouvernement Raffarin et députés, Catherine Vautrin et Renaud Dutreil, profitent à Adeline Hazan qui prend la tête du premier tour avec plus de 42 % des voix, un score inédit pour la gauche. Arrivé troisième, Renaud Dutreil jette l’éponge et met du temps à apporter son soutien à la liste de Catherine Vautrin qui reçoit l’investiture de l’UMP. Même si la droite obtenait la majorité des suffrages au premier tour, elle ne parvient pas à arrêter la socialiste qui attire sur son nom plus de 56 % des voixJDD.

Dans la préfecture, Châlons-en-Champagne, c’est la gauche qui s’enfonce dans des luttes fratricides. L’ancien député et maire sortant UMP, Bruno Bourg-Broc, obtient près de 49 % des voix au premier tour, la gauche divisée en deux listes atteint les 45 %, le Front national s’en sort avec 6,53 %. Mais au second tour, les listes de gauche ne s’entendent pas, ce qui provoque une triangulaire que remporte BBB à la majorité absolueJDD.

Dans la capitale du Champagne, Épernay, au soir du premier tour, le maire sortant Franck Leroy se retrouve devant le candidat socialiste, Marc Lefevre, avec 41,6 % des voix et 35 % pour le candidat de la gauche. Entre les deux tours, le socialiste fusionne avec une liste divers droite ce qui élimine de facto ses colistiers communistesBlog PCF, voix qui lui manquent cruellement au second tour où la droite l’emporte avec 53,14 % des suffragesJDD.

À Vitry-le-François, l'ancien député-maire PS Jean-Pierre Bouquet remporte la mairie de la ville rose dès le premier tour, face au maire sortant miné par la candidature d’un ancien adjointJDD.

Dans les autres villes du département, tous les maires sortants sont réélus.

En parallèle de son succès aux municipales, le PS conserve largement les cantons d'Anglure, Aÿ, Reims IV, Reims V et à Reims VII. Il reprend également le canton de Fismes face au Nouveau Centre et celui de Reims X au député Jean-Claude Thomas. Le PCF perd son dernier siège à Châlons III, remporté par les Verts en triangulaire contre le PS et l'UMP.

La majorité départementale, quant à elle, garde au premier tour Bourgogne, Dormans, Esternay, Heiltz-le-Maurupt, Marson, Montmirail, Sompuis, Vertus, verzy et Ville-sur-Tourbe. Au second tour, la droite conserve Châlons IV, Givry-en-Argonne et Reims II .

La démission de Renaud Dutreil le , annonçant son retrait de la vie politique, provoque une élection législative partielle au mois de décembre. Les socialistes caressent l'espoir d'une victoire depuis la prise de Reims, au début de l'année mais c'est l'UMP Arnaud Robinet qui l'emporte face au premier-adjoint d'Adeline Hazan avec 52,49 % des voix au second tour.

2009 Lors des élections européennes de juin, la Marne prouve encore une fois son ancrage à droite en votant à 32,53 % pour la liste UMP emmenée par Joseph Daul. La liste socialiste de Catherine Trautmann arrive très loin derrière avec 14,8 % des voix, suivie par Europe Écologie et le MoDem avec leurs 12,72 et 9,93 % des suffrages. La liste FN perd encore du terrain à 7,56 % tandis que le NPA obtient 5,14 %, soit plus du double que cinq ans plus tôt. L'abstention est très forte : plus de 64 % des électeurs ne se sont pas déplacés aux urnes.

Le , Benoist Apparu est nommé Secrétaire d'État chargé du Logement et de l’Urbanisme dans le gouvernement Fillon II. Le maire UMP de Châlons, Bruno Bourg-Broc retrouve son siège de député de la quatrième circonscription de la Marne, fonction qu'il occupa de 1988 à 2007.

Années 2010 2010 2010 est marquée par les élections régionales, en Champagne-Ardenne, le président sortant, Jean-Paul Bachy se représente avec le soutien du PS. Face à lui, Jean-Luc Warsmann, le président (UMP) de la commission des lois, qui l'a toujours battu lors des élections législatives, deux ardennais. Quatre marnais sont tête de liste : Eric Loiselet d'Europe Écologie, Anthony Smith du NPA, Ghislain Wysocinski, pour l'AEI, et Thomas Rose de LO. Au premier tour, le député UMP prend la tête avec 31,2 % des suffrages, un peu moins de deux points devant le président sortant, arrivent ensuite le FN avec 16,06 %, suivi d'Europe écologie (9,63 %), du MoDem (5,06 %) et de la liste NPA-PG (5,02 %).

Au second tour, après la fusion des listes PS et ÉE, la liste de Jean-Paul Bachy sort en tête avec plus de 44 % des voix. La liste de Jean-Luc Warsmann attire 38,52 %des suffrages et celle de Bruno Subtil 17,31 %. Le président sortant améliore donc son score de 2004 où il s'était fait dépasser par la droite dans le département. Cependant, la participation est faible au soir du premier tour, à 40,78 %, au second tour, malgré un léger regain, seulement 46,6 % des électeurs se sont déplacés aux urnes. Au niveau régional, la liste d'union de la gauche, l'emporte aussi, avec des résultats très proches des résultats marnais.

2011

2012

Années 2020

Représentation politique et administrative Préfets et arrondissements

thumb|200px|Carte des arrondissements de la Marne en 2019. Jusqu'en 2017, le département de la Marne était découpé en cinq arrondissements regroupant les cantons suivants : Arrondissement de Châlons-en-Champagne : Châlons-en-Champagne-1, Châlons-en-Champagne-2, Châlons-en-Champagne-3, Châlons-en-Champagne-4, Écury-sur-Coole, Marson, Suippes, Vertus. Arrondissement d'Épernay : Anglure, Avize, Ay, Dormans, Épernay-1, Épernay-2, Esternay, Fère-Champenoise, Montmirail, Montmort-Lucy, Sézanne. Arrondissement de Reims : Beine-Nauroy, Bourgogne, Châtillon-sur-Marne, Fismes, Reims-1, Reims-2, Reims-3, Reims-4, Reims-5, Reims-6, Reims-7, Reims-8, Reims-9, Reims-10, Verzy, Ville-en-Tardenois. Arrondissement de Sainte-Menehould : Givry-en-Argonne, Sainte-Menehould, Ville-sur-Tourbe. Arrondissement de Vitry-le-François : Heiltz-le-Maurupt, Saint-Remy-en-Bouzemont-Saint-Genest-et-Isson, Sompuis, Thiéblemont-Farémont, Vitry-le-François-Est, Vitry-le-François-Ouest.

Depuis le redécoupage cantonal de 2014, un canton peut contenir des communes provenant de plusieurs arrondissements. Cela concerne les cinq cantons marnais suivants : Châlons-en-Champagne-3, Dormans-Paysages de Champagne, Épernay-1, Mourmelon-Vesle et Monts de Champagne et Vertus-Plaine Champenoise.

En 2017, l'arrondissement de Sainte-Menehould est supprimé et ses communes sont rattachées à celui de Châlons-en-Champagne. Par ailleurs, une réorganisation des arrondissements est effectuée afin de les faire coïncider avec les circonscriptions législatives.

+ Liste des préfets et sous-préfets de la Marne (au 25 mars 2024) Identité Circonscription administrative Anciennes fonctions Préfet Henri Prévost (mis à jour le ). Marne Préfet de l'Yonne Sous-préfets Emmanuel Auber (mis à jour le ). Arr. d'Épernay Directeur général des services à Bondy Benoit Lemaire (mis à jour le ). Arr. de Reims Secrétaire général de la préfecture du Loiret, sous-préfet d'Orléans Djilali Guerza (mis à jour le ). Arr. de Vitry-le-François Chef de cabinet de la ministre de la Culture

Députés européens

Anne-Sophie Frigout, conseillère régionale du Grand Est, pour le RN et Anthony Smith pour LFI, sont élus eurodéputés lors des élections européennes de 2024.

Nom Parti Liste Groupe Anne-Sophie Frigout RN La France revient ! Avec Jordan Bardella et Marine Le Pen Patriotes pour l'Europe (PfE) Anthony Smith LFI La France insoumise - Union populaire La Gauche (GUE/NGL)

Députés et circonscriptions législatives

Depuis le nouveau découpage électoral, le département comprend cinq circonscriptions regroupant les cantons suivants . :

: Bourgogne, Reims-II, Reims-IV, Reims-VI, Reims-X