Oullins () est une ancienne commune française située dans le Sud-ouest de la métropole de Lyon en région Auvergne-Rhône-Alpes. Elle compte selon le dernier recensement de 2021. Le , elle fusionne avec Pierre-Bénite pour former la commune d'Oullins-Pierre-Bénite.
Oullins est traversée par la rivière Yzeron qui, juste après être passée sous un pont de l'autoroute A7, se jette dans le Rhône, fleuve qui longe l'est de la commune.
Elle est desservie par la ligne B du métro de Lyon depuis , initialement jusqu'au niveau de la gare d'Oullins, avant qu'elle soit prolongée jusqu'à Saint-Genis-Laval Hôpital Lyon Sud en .
Géographie
Localisation La commune de Oullins se situe dans la banlieue sud-ouest de Lyon et fait partie de la métropole de Lyon. Certains quartiers de la commune sont assez pentus, car la ville a été bâtie au pied et sur la colline de Montmein, où se trouve notamment un ensemble d'immeubles résidentiels construit dans les années 1970.
Évolution du territoire Le , la commune d'Oullins fusionne avec la commune de Pierre-Bénite sous le régime de la commune nouvelle, pour former la commune d'Oullins-Pierre-Bénite.. Les deux anciennes communes deviennent communes déléguées. Le chef-lieu est fixé à la mairie de l'ancienne commune d'Oullins.
Géologie, hydrographie et relief L’Yzeron y conflue avec le Rhône mais sa vallée ne correspond pas à une voie de pénétration exceptionnelle avec l’ouest lyonnais. D’ailleurs, quand on le remonte, son cours se transforme très vite en gorge. Quant au fleuve, il se présentait autrefois sous la forme d’un réseau de bras anastomosés sans facilité d’accostage. Le site n’a valu que dans son rapport avec la métropole lyonnaise et aux services que celle-ci pouvait en attendre. Le socle granitique qui forme l’ossature du relief a pu servir comme matériau de construction et il en existait encore plusieurs carrières au milieu du . Cette pierre a été utilisée par exemple pour les bordures de trottoirs et pour les soubassements de la basilique de Fourvière. La grande proximité a été très appréciée par les élites lyonnaises pour s’y construire au leurs maisons des champs et au par les dirigeants de la vie économique. Après la construction de la voie ferrée Saint-Étienne-Lyon (la première de France) au prix de quelques travaux mais en prenant aussi des risques d’inondation, les terrains alluviaux de la rive droite ont pu être aménagés pour le développement de l’industrie fluviale et ferroviaire qui devait transformer l’économie de ce qui n’était encore qu’un village de vignerons.
Urbanisme
Typologie Oullins est une commune urbaine, car elle fait partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'InseeSelon le zonage des communes rurales et urbaines publié en , en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités..... Elle appartient à l'unité urbaine de Lyon, une agglomération inter-départementale regroupant . et en 2017, dont elle est une commune de la banlieue. L'agglomération de Lyon est la deuxième plus importante de la France en termes de population, derrière celle de Paris...
Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lyon, dont elle est une commune du pôle principalLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé, en , celle d'aire urbaine afin de permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (95,3 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (85,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (75 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (15 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (5,3 %), zones agricoles hétérogènes (2,7 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Voies de communication et transports
Autoroute La commune d'Oullins est desservie par l'autoroute A7. Elle possède un demi-échangeur (, sortie et entrée en direction de Marseille) sur la ZAC de La Saulaie. En venant du sud, la commune est accessible à l'échangeur (Pierre-Bénite). Cette section deviendra, d'ici 2030, un boulevard urbain à la suite du déclassement de l'autoroute à partir de Pierre-Bénite.
Transports ferroviaires La ville possède une gare desservie par des TER assurant la liaison entre la gare de Lyon-Perrache et Saint-Étienne/Firminy.
gauche|vignette|Pôle multimodal : avenue du Rhône.
vignette|La gare d'Oullins.
Transports en commun Depuis le , Oullins est desservie par la ligne B du métro lyonnais à la station Gare d'Oullins., qui est complétée par un pôle multimodal de transports, avec un parc relais, une gare de bus, une station de vélos et une de taxis. Dans le cadre du prolongement de du métro par le SYTRAL, une seconde station, Oullins Centre, est mise en service sous la place Anatole-France, face à l'église Saint-Martin, le .. Cette ligne de métro est prolongée jusqu'à la station Saint-Genis-Laval Hôpital Lyon Sud à la même date.
La ville est parcourue par les lignes de bus du réseau TCL. C7, C10, 6, 8, 11, 12, 14, 15, 17, 63, 88 et par les cars du Rhône 119, 120, et 145 accessible également avec un titre TCL.
Transports scolaires Oullins est la seconde ville de France à avoir testé le busing scolaire. Le , Fadela Amara alors secrétaire d'État chargée de la Politique de la Ville se rend à Oullins, à l'école primaire Jean-Macé afin de saluer cette expérience..
Risques naturels et technologiques
Oullins est traversée par l'Yzeron, rivière qui se jette dans le Rhône. Afin de limiter les conséquences des crues et de se réapproprier les berges de l'Yzeron, espace naturel remarquable, le SAGYRC (en accord avec les communes riveraines) a entamé un programme de réaménagement de ce cours d'eau. Les travaux, débutés en 2013, se sont conclus par une inauguration des nouvelles berges de l'Yzeron en ..
La maîtrise des eaux
Les conditions anciennes De la maîtrise des eaux dépendait le développement industriel d'Oullins. Or les conditions naturelles posaient problème. On en a peu conscience aujourd'hui car celles-ci ont été totalement oblitérées par la mise en service en 1967 du barrage de Pierre-Bénite qui a transformé le cours du Rhône en plan d’eau et par la construction de l’autoroute A7 qui depuis 1967 a privé la commune d’Oullins d’accès au fleuve (elle ne lui a été raccordée qu’en 2002 par une bretelle).
Sur la carte de Cassini, le cours du Rhône se présente comme une tresse avec de nombreuses bras secondaires. En 1791, l’estimation faite des biens nationaux dénombre onze îles ou lônes dans le secteur. L’Yzeron ne se jetait pas dans le fleuve mais dans un bras du Rhône qui se formait à La Mulatière à la Tête de Pras et rejoignait le lit principal à Pierre-Bénite, au pont du Noyer. Ce bras s’est peu à peu comblé et a été transformé en mares telles que le Capot du Pras et le Gourd du Seigneur.
Le territoire relevait de trois communautés : Vénissieux en rive gauche qui revendiquait comme sienne l’île de l’Archevêque ; Sainte-Foy-lès-Lyon dont La Mulatière faisait partie et Oullins à laquelle était encore rattachée Pierre-Bénite. La propriété de ces espaces amphibies appartenait à l’Église lyonnaise, à savoir l’archevêque lui-même et le chapitre de chanoines de Saint-Jean qui les cédèrent progressivement à la population paysanne. Celle-ci trouvait dans ces brotteaux des ressources appréciables en bois, broussailles utilisées comme litière et en pâturages avec un usage communautaire. Les litiges étaient d’ailleurs fréquents entre les collectivités oullinoise et fidésienne. Un des procès avait tenté de fixer la part de chacune d’elles. « Le brotteau du nord (jusqu’au Capot de Pras) revient à Sainte-Foy, les bois de celui du milieu aux habitants de Sainte-Foy, les bois de celui du bas (jusqu’à l’embouchure à Pierre-Bénite) aux habitants d’Oullins. Sur les deux brotteaux les plus au sud le pâturage sera commun entre les deux paroisses ». En 1774 un garde-brotteaux est nommé pour éviter les coupes de bois abusives. Un autre procès aboutit à la condamnation de Sainte-Foy pour avoir vendu des terres qui ne lui appartenaient pas
La nécessité permanente et la plus urgente concernait le franchissement de l’Yzeron. L’emplacement du pont qui est aujourd'hui celui de la D486 semble avoir peu changé depuis l’époque gallo-romaine. Au fil des siècles, comme les communications locales en dépendaient, les Oullinois ont bénéficié pour son entretien et sa reconstruction du concours de collectivités intéressées dont le chapitre de chanoines de la cathédrale Saint-Jean. Il faudra attendre 1827 pour qu’il soit rebâti sur les fondations actuelles mais il devra être élargi à plusieurs reprises jusqu’en 1925 de manière à répondre aux exigences du trafic automobile.
Époque contemporaine L’histoire moderne commence en 1800. À cette date l’Yzeron prend son cours actuel en même temps que l’on procède au comblement du bras du fleuve qui isolait les brotteaux de la terre ferme. Ces terrains se transforment en pâturages arborés, les Saulaies, à qui le quartier devra son nom. Dans les zones non boisées, des jardins privés se multiplient, des maisons sont bâties, la rue de la Gare (aujourd’hui Pierre-Semard) est percée à partir de 1830. Seguin, plus tard la société PLM y installent des ateliers de plus en plus envahissants. Perpendiculairement, la route entre La Mulatière et Pierre-Bénite (l’actuelle avenue Jean-Jaurès) est aménagée en 1873).
Les populations attirées par l’essor industriel du quartier sont originaires pour la plupart des provinces voisines avec lesquelles elles ont gardé de solides attaches et dont elles ont conservé la foi ancestrale. Le père Rey crée en 1835 le Pénitencier où il recueille les jeunes délinquants et se préoccupe de leur réinsertion sociale jusqu’en 1883. Ses locaux seront rachetés par le PLM lorsque l’institution sera transférée à Brignais. Le quartier aura son église construite en 1907-1908 et dédiée à Jean-Marie Vianney, le célèbre curé d’Ars. Elle sera désacralisée et rachetée par la municipalité en 1999.