AymeriAussi orthographié Aimery, Aimeri, Aimeric, Aymeric, etc. de Narbonne, vicomte de Narbonne de 1105 à 1134, tué à la bataille de Fraga, en Espagne, le , a été le principal allié en Occitanie de son demi-frère, , comte de Barcelone, au cours des guerres menées par ce dernier contre le comte de Toulouse, Alphonse Jourdain et les Trencavel.

Résumé biographique

Aymeri est l’aîné des quatre fils nés du vicomte et de Mahaut, fille de Robert Guiscard et veuve de . Il succède à son père après la mort de celui-ci en Terre sainte, en 1104-1105.

Entre et , son demi-frère, le comte de Barcelone , lui inféode le Fenouillèdes et le Peyrepertusès en échange de son appui militaire dans la guerre que le comte mène alors contre ..

C'est aussi probablement en raison de l'aide que le vicomte fourni à son frère dans la guerre que celui-ci mène contre le comte Alphonse Jourdain de Toulouse pour le contrôle de la Provence que Raimond Bérenger inféode à Aymeri Beaucaire et la terre d'Argence.. Selon les termes du traité de paix négocié entre les comtes de Barcelone et de Toulouse pour le partage de la Provence, traité signé le et auquel souscrit le vicomte de Narbonne à titre de témoin, Raimond Bérenger cède à Alphonse Beaucaire et la terre d'Argence. Le vicomte Aymeri tiendra ces possessions en fief du comte de Toulouse, et Bernard d'Anduze les tiendra en fief du vicomte..

En 1114, Aymeri participe à l'expédition menée par le comte de Barcelone et la république de Pise contre les îles Baléares, alors aux mains des musulmans. Le Liber maiolichinus rapporte la participation à des plus grands seigneurs occitans : et de Narbonne, avec 20 navires chacun, Raymond des Baux, avec sept navires.

est tué le lors de la bataille de Fraga en combattant les Almoravides aux côtés d'Alphonse le Batailleur, roi d'Aragon.

Il est inhumé dans l'abbaye de Lagrasse, dont son frère Bérenger était alors abbéClaudine Pailhès, éd. Recueil des chartes de l'abbaye de La Grasse, : 1117-1279, Paris, Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2000, . ..

Ermengarde, l'aînée de ses filles, lui succède.

Mariages et enfants Ermengarde de Servian et sa descendance La première épouse du vicomte, Ermengarde, est attestée à ses côtés pour la première fois dans une charte du et disparaît des documents après le ... L’apparition d’une nouvelle femme aux côtés d’Aymeri en 1130 pouvait laisser supposer aux historiens la mort d’Ermengarde entre ces deux dates. La médiéviste Jacqueline Caille a cependant signalé en 2005 la découverte du résumé d’un acte daté de 1152, par lequel au prieuré de Cassan. Caille en conclut que la première épouse d’Aymeri n’est pas morte entre 1126 et 1130, mais a plutôt été répudiée. La famille de Servian, à laquelle appartient cette Ermengarde, s’affirme à partir de la fin du comme l’une des plus puissantes de la noblesse biterroise, immédiatement après les vicomtes de Béziers (la famille Trencavel) et les seigneurs de MontpellierClaudie Duhamel-Amado, Genèse des lignages méridionaux, Tome 1 : L'aristocratie languedocienne du , Toulouse, CNRS / Université de Toulouse-Le Mirail, 2001, .. La vicomtesse pourrait être la sœur d'Étienne de Servian, connu de 1103 à 1112, et la tante de Raymond Étienne de Servian (le neveu cité dans l'acte de 1152), attesté de 1127 à 1158Claudie Duhamel-Amado, Genèse des lignages méridionaux, Tome 2 : Portraits de familles, Toulouse, CNRS / Université de Toulouse-Le Mirail, 2007, et tableau généalogique, .. Sa répudiation pourrait peut-être s'expliquer, selon J. Caille, par le retour en grâce des seigneurs de Servian auprès des vicomtes Trencavel, avec qui a eu de nombreux différends.

Ermengarde de Servian est la mère des trois premiers enfants connus du vicomte de Narbonne, deux fils et une fille. Les deux fils, attestés dans diverses chartes du vivant de son époux, sont morts avant ce dernier : l’aîné, portant le prénom dynastique d’Aymeri comme son père et son grand-père, apparaît dans trois documents entre 1126 et 1132; un acte de par lequel le vicomte s’engage avec prouve qu’ils étaient par ailleurs au moins deux à cette date. Sa fille, prénommée Ermengarde comme sa mère, est, selon une chronique juive écrite vers 1160-1161, la du vicomte et lui succède à sa mort en 1134..

Ermessinde et sa fille

La seconde femme d’, Ermessinde, épousée après la répudiation d’Ermengarde de Servian, paraît dans un seul acte du . Sa famille est inconnue, mais son prénom a conduit les historiens à supposer qu'elle était la mère de la deuxième fille du vicomte, également baptisée Ermessinde...

Cette seconde fille, Ermessinde de Narbonne, morte en , est mariée vers 1152-1153 à un grand noble castillan, le comte Manrique de Lara († 1164), seigneur de Molina et membre de l'une des plus puissantes familles du royaume de Castille. Parmi ses nombreux enfants, Aymeri († 1177) et Pedro Manrique de Lara († 1202) sont tour à tour désignés comme héritiers de leur tante la vicomtesse Ermengarde de Narbonne (demi-sœur aînée d’Ermessinde), dépourvue de descendance. Pedro devient vicomte de Narbonne en 1192, fondant la seconde branche des vicomtes de Narbonne qui s'éteindra au avec .

Premiers contacts de Narbonne avec les troubadours

C'est au temps d' que Narbonne est associée pour la première fois avec la lyrique des troubadours, association qui semble remonter aux premiers temps du mouvement, puisqu'elle est l’une des seules cours explicitement mentionnées, avec Poitiers et Ventadour, dans les vers de (1086-1127), le premier troubadour dont les chansons ont été conservées.Ruth Harvey, « Courtly Culture in Medieval Occitania », dans Simon Gaunt et Sarah Kay, éd. The Troubadours : An Introduction, Cambridge / New York, Cambridge University Press, 1999, p. 15. .. La première des deux tornadas (envoi) de la chanson du prince-troubadour Pus vezem de novelh florir est adressée à Narbonne et demande de confirmer la bonne qualité de la chanson. Pour le romaniste Walter Meliga, cet envoi Walter Meliga, « L'Aquitaine des premiers troubadours. Géographie et histoire des origines troubadouresques », dans Jean-Yves Casanova et Valérie Fasseur (dir.), L'Aquitaine des littératures médiévales, Paris, Presses universitaires de Paris-Sorbonne, 2011, p. 48.. dès cette époque.

Guillaume de PoitiersPus vezem de novelh florirvers 37-46Alfred Jeanroy, Les chansons de , duc d'Aquitaine (1071-1127), Paris, Champion, 1913, p. 18-19 . Traduction de Alfred Jeanroy Traduction de Alexander KiriyatskiyAlexander Kiriyatskiy, 10 poèmes du premier troubadour duc d'Aquitaine (1071-1127), page consultée le 17 octobre 2013.Del vers vos dic que mais ne vau Qui be l'enten, e n'a plus lau: Que-ls motz son faitz tug per egau Comunalmens, E-l sonetz, ieu meteus m'en lau, Bos e valens.

A Narbona, mas ieu no-i vau, Sia-l prezens Mos vers, e vueill que d'aquest lau Sia guirens.Je vous dis, au sujet de ce « vers », que celui-là en vaut davantage et mérite plus de louanges qui le comprend et en jouit le mieux ; car tous les couplets sont exactement réglés sur la même mesure, et la mélodie, j'ai le droit de m'en vanter, en est bonne et belle.

Que ce « vers » aille à Narbonne, puisque je n'y vais pas ; qu'il lui soit présenté, et je veux que de cet éloge il me soit garant. Le vers vous chante, celui en vaut Entend la mélodie des mots, Que les plaisirs, couplets égaux, Fassent la mesure L'éloge vante et fait les sons beaux Des chanteurs sûrs.

Qu'à Narbonne, je n'y vais pas, Soit désiré Mon vers, que mon éloge là-bas Me soit gardé.

Cet intérêt de Narbonne pour la poésie des troubadours connaîtra par la suite son apogée sous le règne de la fille du vicomte, Ermengarde.

Références

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Notes

Aymeri 02 Narbonne Aymeri 02 Narbonne Catégorie:Languedoc médiéval Aymeri 02 Narbonne Catégorie:Décès en 1134 Catégorie:Militaire français mort au combat