dit Rebrit ou RuibrizRebrit, Ruibriz ou Roebre signifique Roue Breizh, roi breton, en vieux breton., né vers et mort le , fils et successeur de , comte de Rennes et duc de Bretagne, et d’Havoise de Normandie, fut duc de Bretagne de 1008 à 1040. Il lui fut parfois attribué le titre de roi de Bretagne.
Régence Comme il n'est âgé que d'environ à la mort de son père, en 1008, c'est sa mère, Havoise de Normandie (), qui exerce la régenceAndré Chédeville & Noël-Yves Tonnerre La Bretagne féodale . Ouest-France Université Rennes (1987) 37.. Elle s'appuie sur les évêques de Nantes, l'oncle d'Alain Judicaël de Vannes, ainsi que sur l’archevêque Junguenée de Dol-de-Bretagne. , frère d'Havoise, est leur tuteur..
Durant cette période, comme ils n'ont cessé et ne cesseront de le faire durant les , les Normands tentent des avancées en Bretagne. En 1009, , bien que tuteur d'Alain, prend le contrôle de l'abbaye du Mont-Saint-Michel, remplaçant (qui s'était replié à l'abbaye Saint-Sauveur de Redon) par Joëlle Quaghebeur et Bernard Merdrignac (sous la direction de) Breton et Normands au Moyen Âge. Rivalités, malentendus convergences, Presses universitaires de Rennes, Rennes (2008) 148.. En 1014, à la demande de , Olaf Haraldsonidentifié dans sa Saga avec le futur . Régis Boyer La Saga d'Olaf le Saint, (traduite et présentée par), Payot Paris (1987) , 35., s'empare de Dol-de-Bretagne.. Les conflits entre Bretons et Normands permettront à ces derniers de repousser la frontière de la Sélune au Couesnon, vers 1027-1030.
La minorité du duc est aussi marquée par une révolte paysanne qui, selon la vita de saint Gildas (écrite au Acta Sancti Gildæ Ruynensis cité par Dom Morice Preuves « Post mortem Gaufridi ducis… Britanni in seditionem vesi, bella commoverunt. Ham rustici insurgentes contro dominos suos congregantur ».), oblige Félix (moine de l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, qui avait été chargé par le duc de restaurer l'abbaye Saint-Gildas de Rhuys) à repartir précipitamment. Une révolte nobiliaire éclate également ; elle aurait été conduite par un certain « Judicaël, fils de Cham » (Gleudennus Judicael Cham filius), qu'Arthur de la Borderie identifiait, sans doute à tort, avec l'évêque Judicaël de Vannes (fils de Conan le Tort), qui jouera jusqu'à sa mort un rôle important à la cour ducaleAndré Chédeville & Noël-Yves Tonnerre 37-38..
Le jeune duc renouvelle la vieille alliance de Rennes avec les comtes de Blois, en épousant, en 1018, Berthesa mère Havoise était normande et sa grand-mère Ermengarde angevine. (fille d', comte de Blois), qui, selon une tradition, aurait été enlevée pour son compte à son père par Alain CanhiartArthur de la Borderie 8 André Chédeville et Noël-Yves Tonnerre 38 estiment qu'il s'agit d'une « vision évidemment bien romanesque qu'aucune source ne vient étayer ».. Il accède au pouvoir vers 1024-1025 et réaffirme la place des comtes de Rennes dans le duché. Dans un acte des -1025, Alain et son frère Eudes, qui semblent exercer une corégence, se qualifient de « monarques des Bretons » (Britannorum monarchi).
Règne
Sous le règne d', l'autorité ducale se consolide. Le duc laisse authentiques, dont treize chartes, six notices et onze actes privés rédigés par les abbayes bénéficiaires, mais aussi à Rennes par l'archidiacre Moïse, chancelier de l'église et membre de la cour ducale.. Son action militaire dépasse largement les limites du duché : en 1027, il assiège Le Lude et La Ferté-Bernard. À Pâques 1032, il parait même à Orléans dans l'entourage du roi des Francs Hubert Guillotel 49.. C'est également sous le règne d' qu'apparaissent dans les actes ceux que l'historiographie qualifie d'ascendants des principales lignées de seigneurs du Rennais : Riwallon de Combourg, Mainguené de La Guerche, Riwallon « le Vicaire » dont les descendants s'installent à Vitré, , , et Alfred de Fougères puis Main II dont la lignée contrôle Fougères<ref>Michel Brand'Honneur Manoirs et châteaux dans le comté de Rennes ()''' PUR Rennes (2001) 145 .</ref>.
Dans une charte de 1027, il est qualifié de duc de Bretagne « qui est aussi appelé roi par certains ». Il est parfois surnommé Rebrit (roi breton ou roi de Bretagne en vieux-breton) par des chroniqueurs médiévaux. Il semble que le premier à lui attribuer ce surnom fut Walter Map au ..
Alliance avec le Maine
appuie le comte du Maine, Herbert Éveille-ChienA. de La Borderie, Histoire de Bretagne, , 7-8., qui était en conflit avec la puissante famille de Bellême (qui contrôlait l'évêché du Mans et avait fait construire sur le domaine comtal le château de Donneau). En 1027, (qui participe à la coalition unissant le roi et le comte de Blois contre Foulques Nerra) vient assiéger un second château construit par l'évêque à La Ferté-Bernard. Le château est pris, mais une réconciliation, sous l'égide de l'évêque Fulbert de Chartres, met fin aux hostilités. intervient ensuite dans le sud du Maine pour libérer des chevaliers manceaux détenus en otages par Foulques Nerra. L'alliance avec le Maine perdurera avec le mariage, vers 1045/1047, de Berthe, veuve d', avec , le fils d'Herbert Éveille ChienAndré Chédeville & Noël-Yves Tonnerre 40 ..
Contrôle de Nantes Après un conflit assez confus en 1031 avec Alain Canhiart, il se réconcilie avec lui. Il soutient ensuite l'évêque de Nantes contre le comte Budic : en 1033, grâce aux négociations menées par Junguenée, archevêque de Dol, le comté de Nantes abandonne son allégeance à Foulques Nerra et revient dans la fidélité aux ducs de BretagneArthur de la Borderie , 10..
Relations avec la Normandie
En 1030, il entre en conflit avec son cousin, le duc , qui lance une expédition en Bretagne. Alain riposte dans l'Avranchin, mais il est repoussé avec de lourdes pertesAndré Chédeville & Noël-Yves Tonnerre 41.. Leur oncle, Robert le Danois, archevêque de Rouen, sert de médiateur lors d'une entrevue au Mont-Saint-Michel, au cours de laquelle il doit lui prêter l'hommage vassaliqueArthur de la Borderie 9.. er, après leur réconciliation, lui confia la tutelle de son héritier, Guillaume le Bâtard, lors de son départ pour le pèlerinage de Jérusalem, en 1034Joëlle Quaghebeur et Bernard Merdrignac 148..
Relations avec l'église
Lors des troubles du début du règne, le moine Félix avait quitté la Bretagne pour regagner son abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, mais l'abbé Gauzlin de Fleury le renvoie, après l'avoir fait abbé, relever l'abbaye Saint-Gildas de Rhuys et son prieuré de Locminé, où il meurt en 1038. Un autre moine, Teudon, avait été désigné comme successeur de à l'abbaye Saint-Sauveur de Redon ; un troisième moine, nommé Thion, échoue à réformer l'abbaye Saint-Melaine de Rennes, face à l'hostilité des membres de la « dynastie épiscopale » de la cité, qui avaient accaparé cet établissementAndré Chédeville & Noël-Yves Tonnerre 224-225..
fonde avec son frère le prieuré de Livré (1013 à 1022). Il fait des dons au prieuré de Gahard (1015 à 1032), dépendant de l'abbaye de Marmoutier, et donne même le tiers de l'église de Servon à Marmoutier (1015 à 1026). Il est présent lors de la formation du prieuré de Marcillé-Robert par son vassal, Riwallon le VicaireRecueil d'actes inédits des duces de Bretagne « Règne d' (1008-1040) » 3-28..
Entre 1024 et 1034 (en 1032 selon la date traditionnellel'acte contenant les donations primitives n'est pas daté.), établit sa sœur, Adèle ou Adella (1067), qui était déjà religieuse, comme abbesse, et lui donne « porcion de sa comté de Rennes laquelle il luy octoya, et à la requeste d'elle la fist consacrer et dédier en abbaye perpétuelle en l'honneur de Saint-Georges martyr »Pierre Le Baud Histoire de Bretagne 149.. La duchesse Havoise, le comte Eudes et les principaux barons de Bretagne (dont Alain Canhiart, le baron de Vitré, les sires de Porhoët et de la Guerche), ainsi que l'archevêque de Dol et neuf évêques bretons ratifient la donation ducaleLes Abbayes Bretonnes, ouvrage collectif publié par la Biennale des Abbayes Bretonnes B.A.B & Fayard 269-278..
Constitution de l'apanage d'Eudes
Après la mort de leur mère, Havoise, son frère Eudes, « comte de Bretagne », revendique un large apanage dans les évêchés de Saint-Brieuc et de Tréguier, avec pour centres Lamballe et Guingamp. La médiation de Judicaël de Vannes (1037) et de Robert de Normandie aboutit, en 1035, à la constitution de l’apanage de Penthièvre pour Eudes, qui en sera le premier comte. Son ambition le poussera rapidement à tenter d'étendre ses domaines vers l'est, dans les évêchés de Saint-Malo et de Dol-de-BretagneStéphane Morin « Des Comtes de Bretagne aux comtés castraux de Richmond, de Tréguier et de Penthièvre » 186-210..
Fin de règne et mort
Robert le Magnifique meurt en 1035 sur le chemin de retour de son pèlerinage. doit alors intervenir en Normandie en prétextant la protection des droits de l'héritier, Guillaume, menacés par la révolte d’une partie de la noblesse normande. En fait, il revendique le duché pour lui-même, comme petit-fils du duc par sa mère. L'expédition est un échec. Il meurt pendant cette campagne, à Vimoutiers, le Société d’Émulation des Côtes du Nord : « Date de la mort d’ »., victime d’un empoisonnement. Il est inhumé avec les premiers ducs de Normandie, dans la salle capitulaire de l'abbaye de la Trinité de FécampArthur de la Borderie 13..
Union et descendance
Marié en 1018 avec Berthe, fille du comte , il a deux enfants : Conan, duc de Bretagne de 1040 à 1066, sous le nom de ; Havoise de Bretagne, qui épousera Hoël de Cornouaille, successeur de , en 1066, sur le trône de Bretagne.
D'une concubine inconnue, laisse également un fils illégitime :
Geoffroy Grenonat (c'est-à-dire: le Moustachu), comte de Rennes en 1066.
Notes et références
Notes
Références
Annexes Bibliographie . . . Réédition : Mayenne, Joseph Floch, 1975, « Règne du duc (1008-1040) » . Joëlle Quaghebeur et Bernard Merdrignac Bretons et Normands au Moyen Âge'' Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2008 . . .
Articles connexes Duché de Bretagne Liste des ducs de Bretagne
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