La nécropole nationale de Notre-Dame-de-Lorette est un cimetière militaire et mémorial français situé sur la colline éponyme, à d'altitude, sur le territoire de la commune d'Ablain-Saint-Nazaire près de Lens, dans le département du Pas-de-Calais.

Inaugurée en 1925, elle commémore les milliers de combattants morts sur un des champs de bataille les plus disputés de la Première Guerre mondiale entre et . Environ y reposent, dont la moitié dans des tombes individuelles. Le site, comprenant le cimetière, la basilique, la tour-lanterne et le musée, a une superficie de plus de . C'est la plus grande nécropole militaire française.

À l'occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale, le , est inauguré par le président de la République François Hollande un mémorial international comportant les noms de tombés sur le sol du Nord et du Pas-de-Calais entre 1914 et 1918. Il est dénommé Anneau de la Mémoire et situé sur les bords de la colline de Notre-Dame-de-Lorette.

Depuis le , le centre d'histoire du Mémorial 14-18 retrace chronologiquement et thématiquement les événements de la Première Guerre mondiale dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais. Ce centre d'interprétation propose une vue complète et synthétique des batailles dans les Flandres françaises et l'Artois. La bataille de Notre-Dame-de-Lorette et les combats sur le verrou de Souchez sont particulièrement mis en avant.

Le , le site fait partie des 139 sites mémoriels et funéraires de la Première Guerre mondiale inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO..

Histoire du site Le site avant la Grande Guerre Construction d'un sanctuaire vignette|redresse=1.2|La colline de Notre-Dame-de-Lorette vue depuis les hauteurs de Souchez.

La colline de Notre-Dame-de-Lorette doit son nom à un oratoire édifié au . En 1727, une petite chapelle dédiée à Notre-Dame-de-Lorette est édifiée sur le mont Coquaine situé au nord-est de la commune d'Ablain-Saint-Nazaire. C'est à l'initiative du peintre Florent Guilbert, originaire d'Ablain-Saint-Nazaire que l'oratoire est construit en remerciement de sa guérison lors d'un pèlerinage à la Sainte Maison de Lorette à Loreto, dans la région des Marches italiennes.

L'oratoire devint rapidement un lieu de pèlerinage fréquenté par les habitants des environs et au nom originel se substitua celui de Notre-Dame-de-Lorette..

Destruction et reconstruction au L'oratoire fut détruit en 1794 pendant la Révolution française, mais les fidèles continuèrent à se recueillir sous un tilleul situé à proximité.

En 1815, le curé d'Ablain-Saint-Nazaire obtint du préfet du Pas-de-Calais et de l'évêque d'Arras l'autorisation de reconstruire une chapelle qui fut ouverte au culte, le . Le succès fut au rendez-vous, les pèlerins affluèrent et la chapelle fut agrandie. En , au cours de la Première Guerre mondiale, la chapelle fut détruite..

La bataille de Notre-Dame-de-Lorette

vignette|redresse=1.2|Début du feu roulant lancé par les Allemands sur la colline de Lorette en 1915.

D' à , la colline de Lorette, située sur le territoire d'Ablain-Saint-Nazaire, fut l'objet de luttes farouches entre l'armée française et l'armée allemande. Cette position dominante, qui ne s'élève qu'à d'altitude, offre un observatoire exceptionnel sur le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais au nord et la plaine d'Arras au sud.

En une année, , dont , sont morts pour défendre ou prendre « l'éperon de Notre-Dame-de-Lorette »..

Un lieu de mémoire vignette|L'évêque d'Arras Eugène Julien.

Lieu de mémoire de la Première Guerre mondiale Le site de Notre-Dame de Lorette est devenu un lieu de mémoire et de recueillement durant l'entre-deux-guerres. Immédiatement après la guerre, le site de la colline de Notre-Dame-de-Lorette est choisi pour rassembler les dépouilles de soldats provenant de plus de de l'Artois et des Flandres françaises. La nécropole nationale de Notre-Dame-de-Lorette a pour vocation la commémoration des batailles de la Première Guerre mondiale qui ont eu lieu en cet endroit et qui furent des plus disputées et des plus meurtrières du front occidental (Artois, Flandre française, Flandre belge), mais aussi pour la région Nord-Pas-de-Calais.

Le site devenu lieu de pèlerinage accueille le . Le , le maréchal Philippe Pétain et l'évêque d'Arras Eugène Julien posent la première pierre de la nécropole nationaleCent ans de vie dans la région, Tome II : 1914–1939, La Voix du Nord éditions, n° hors série du 17 février 1999, ..

La chapelle fut reconstruite au sein de la nécropole nationale de Notre-Dame-de-Lorette et inaugurée le par le président du Conseil Paul Painlevé. De style romano-byzantin, elle est l'œuvre de l'architecte lillois, Louis Marie Cordonnier. Elle est décorée, à l'intérieur, de fresques religieuses et de vitraux qui évoquent des événements de la Première Guerre mondiale et l'histoire religieuse de la France. Les murs sont revêtus de plaques à la mémoire de soldats. Un triptyque dédié à la Vierge de Częstochowa, patronne vénérée des Polonais a été déposé dans la chapelle..

La colline de Lorette est protégée au titre des sites classé et inscrit du Pas-de-Calais, fiches 62-SC 18, 149-150, et 62 SI-02, 197-198. : c'est un site classé par arrêtés du et du , confirmé par décret du Décret du janvier 1938, JORF 21 du 26 janvier 1938, 1139., et un site inscrit par arrêté du .

En , le cimetière fait partie des 139 sites mémoriels et funéraires de la Première Guerre mondiale inscrits au patrimoine mondial lors de la du Comité du patrimoine mondial..

Lieu de mémoire de la Seconde Guerre mondiale Dans la crypte de la chapelle, fut inhumé, le , en présence de Guy Mollet et de Louis Jacquinot, ministre des anciens combattants, un Soldat inconnu de la Seconde Guerre mondiale. En 1955, la crypte recueillit les cendres de déportés disparus dans les camps nazis.

Lieu de mémoire de la guerre d'Algérie Une tombe du Soldat inconnu de la guerre d'Algérie y a également été inaugurée le ... En 1977, la dépouille du Soldat inconnu de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie y fut inhumée.

Lieu de mémoire de la guerre d'Indochine Le , ce fut le corps du Soldat inconnu de la guerre d'Indochine qui y fut transféré.

Le cimetière militaire vignette|redresse=1.2|Vue d'ensemble des tombes.

Le cimetière est un vaste espace de recueillement de près de (mesurant d'ouest en est, sur du sud au nord). C'est le plus grand cimetière militaire français : y reposent dans des tombes individuelles et dans huit ossuaires. C'est en 1925 que la nécropole est inaugurée avec son immense cimetière, sa place d'Armes, les ossuaires, la basilique et la tour-lanterne.

Les tombes individuelles Surmontées dans un premier temps de croix en bois, comme dans tous les cimetières militaires français, les tombes de Lorette ont été surmontées par une croix en ciment à partir de , sous la direction de . Les croix de bois retirées ont été par la suite repeintes en noir et utilisées dans les cimetières allemands que la France entretenait alors..

Le carré musulman Le carré musulman de la nécropole, qui héberge les tombes de . musulmans de l'Armée française morts pour la France durant la Première Guerre mondiale, a été profané à trois reprises depuis 2007. : dans la nuit du 18 au , 52 tombes musulmanes ont été profanées ; dans la nuit du 5 au , 148 tombes ont été recouvertes d'inscriptions injurieuses anti-islam ; dans la nuit du 7 au , plusieurs centaines de tombes musulmanes ont été profanées..

Les ossuaires vignette|redresse=1.2|L'ossuaire bis. vignette|redresse=1.2|L'ossuaire bis.

La nécropole comporte huit ossuaires : l'ossuaire principal, situé sous la tour-lanterne, recueille des ossements ramassés sur la colline de Notre-Dame-de-Lorette elle-même ; l'ossuaire , situé à la bordure ouest de la nécropole, recueille des ossements provenant : d'Arras (cimetière du Saint-Sacrement), de Bapaume (cimetière communal), de Bucquoy (cimetière communal), de Fresnes-lès-Montauban, de Gavrelle, de Lorette (ancien cimetière), de Neuville-Vitasse, de Neuvireuil (fosse commune), d'Oppy, de Ramillies, de Souchez (la Sucrerie), et de Saint-Nicolas (cimetière communal et ancienne route de Bailleul) ; l'ossuaire , situé à la bordure ouest de la nécropole, recueille des ossements provenant : d'Agny (cimetière militaire), d'Anzin-Saint-Aubin, d'Écurie, de La Chapelle (cimetière 2), de La Targette (en partie), du cimetière de la vallée, de Thélus, de Vimy et de Wancourt ; l'ossuaire , situé à la bordure ouest de la nécropole, recueille des ossements provenant : de la Forestière, de Souchez (la Sucrerie), et de Wancourt (fosse commune) ; l'ossuaire , situé à la bordure ouest de la nécropole, recueille des ossements provenant : d'Hénin-sur-Cojeul, d'Hersin-Coupigny, d'Houdain, d'Hulluch, de La Motte (Belgique), de La Targette, Des Pylones, de Loos-en-Gohelle, Lorette (plateau), de Mazingarbe, de Monchy-au-Bois, de Neuville-Saint-Vaast (Labyrinthe), de Paillencourt, de Roclincourt (Château), de Sailly-sur-la-Lys, Saint-Laurent-Blangy Souchez (Cabaret Rouge), Vermelles, Villers-au-Bois, Villers-Châtel, Villers-Station, Wailly, de Wingles, d'Agny (cimetière militaire), La Targette (fosse commune) et de Saint-Nicolas ; l'ossuaire , situé à la bordure ouest de la nécropole, recueille des ossements provenant : d'Aix-Noulette (Zeffe, Orchard, Wosten), d'Anzin-Saint-Aubin, de La Faisanderie, de Foncquevillers, de Grenay (cimetière du Maroc), d'Hannescamps (fosse commune), d'Hébuterne (cimetière militaire), de Marqueffles, de Saint-Nicolas et de Vaulx-Vraucourt ; l'ossuaire bis, situé à l'est de la tour-lanterne, recueille des ossements provenant : d'Achiet-le-Petit, d'Acq, d'Aix-Noulette, d'Angres, d'Annay, d'Annequin, d’Berles-au-Bois, de Biache-Saint-Vaast, de Boiry-Sainte-Rictrude, de Bois de la haie, de Boisleux-au-Mont, de Bucquoy (ferme Duquesnoy), de Cagnicourt, de Camblain-l'Abbé (cimetière annexe), de Carency, de la côte 119, de la côte 140, de Douchy-lès-Ayette, de Duisans, d'Écoivres, d'Ennetières-en-Weppes (Nord), d'Étrun, de Fresnoy-en-Gohelle, de Gouy-en-Gohelle, de Guémappe et d'Hamblain-les-Prés ; l'ossuaire bis, situé à l'est de la tour-lanterne, recueille des ossements provenant : d'Achiet-le-Grand, d'Arras (Saint-Sauveur), de Bailleul-Sir-Berthoult (fosse commune), de Barastre, de Beaulencourt, de Beaurains, de Beugny (fosse commune), de Blairville, de Bois-Bernard, de Feuchy, de Givenchy-lès-la-Bassée, d'Hendecourt-lès-Ransart, de Liévin, de Neuvireuil, Saint-Hilaire-lez-Cambrai et de Serre-Hébuterne.

La lanterne des morts vignette|redresse=1.2|La tour-lanterne.

La lanterne des morts est l'œuvre de l'architecte Louis Marie Cordonnier (à qui son fils Louis-Stanislas Cordonnier est associé depuis 1919) qui s'est inspiré de celle de Saint-Pierre-d'Oléron. Elle s'élève à de hauteur et repose sur une base carrée de de côté. Celle-ci, qui est éclairée la nuit, servirait à guider les âmes des morts vers l'au-delà, vers le paradis.

La première pierre de la tour-lanterne est posée le par le maréchal Philippe Pétain. Son inauguration, présidée par le président du Conseil Paul Painlevé, a lieu le en présence de ..

Le sommet de la tour contient une lanterne qui tourne à raison de cinq tours par minute et dont la lumière est visible à plusieurs kilomètres à la ronde. La tour abrite une crypte dans laquelle se trouve un ossuaire ainsi qu'une chapelle ardente.

La basilique vignette|redresse=1.2|La chapelle.

La basilique de Notre-Dame-de-Lorette qui est aussi l'œuvre de Louis Marie Cordonnier (à qui son fils Louis-Stanislas Cordonnier est associé depuis 1919), est un édifice de style romano-byzantin de de longueur et de de largeur.. Elle est inaugurée le par le président du Conseil Paul Painlevé, puis bénie le par , évêque d'Arras. La chapelle a été consacrée par Monseigneur Henri-Édouard Dutoit le .

Elle a rang de basilique mineure.